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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #René Clair
Le Million (René Clair, 1931)

Michel (René Lefèvre) et Prosper (Jean-Louis Allibert) partagent un atelier dans Paris, sous les toits, en face de chez la belle Béatrice (Annabella). Mais la vie d’artiste n’est pas facile et les créanciers commencent à s’accumuler devant la porte : comment les payer ?

Heureusement, le numéro de Michel est sorti à la loterie : il a gagné un million de florins, ce qui représente une coquette somme. Il ne reste pus qu’à retrouver le billet, qui est dans le veston de Michel. Veston que Béatrice a donné au père La Tulipe (Paul Ollivier), truand notoire et indélicatesse avec la police.

Il ne reste plus qu’à retrouver ce monsieur. Sauf qu’il est fripier (entre autres choses) et qu’il vient de vendre le veston au ténor Sopranelli (Constantin Siroesco). Qu’importe : ils iront tous à l’opéra lyrique pour récupérer le veston, et par conséquent le billet gagnant : toutes les routes mènent au million !

 

Voilà près de quarante-cinq ans que je n’avais pas vu ce film, et le moins que je puisse dire, c’est qu’il n’a rien perdu de sa force et surtout de son brio. René Clair s’en donne à cœur joie après être entré dans le cinéma parlant en passant Sous les Toits de Paris. Mais surtout, il revient à ce qui fit son succès à la fin du muet : la comédie.

Bien entendu, ce veston qui disparaît et réapparaît nous rappelle le Chapeau de paille d’Italie, mais, parlant oblige, Clair insère des numéros musicaux dans cette intrigue à rebondissements. Toujours pas complètement convaincu par le nouveau jouet du cinéma (le son), il recourt de nombreuses fois à la comédie muette, sans pour autant revenir au slapstick.

Les seules interventions sonores doivent être pertinentes et le reste du temps, il se débrouille – très bien – avec des situations qui ne requièrent aucun dialogue.

 

Mieux, il utilise le son pour en faire un autre élément comique impossible auparavant. C’est le cas lors de la réconciliation entre Béatrice et Michel, derrière un décor, pendant que les deux chanteurs vedettes – Sopranelli & la soprano (Odette Talazac) – égrènent leur propre réconciliation : c’est muet et c’est absolument génial, la fougue de Michel détonant complètement avec la retenue des deux chanteurs.

Autre élément sonore brillamment trouvé : la récupération du veston à l’opéra. Ce veston passe de main en main et est même lancé de protagoniste à protagoniste, transformant (c’est le cas de le dire) une course poursuite en véritable action de rugby, avec en prime le coup de sifflet inévitable.

Bref, c’est une utilisation superbe de cette nouvelle technique qui s’impose.

 

Et on s’amuse de cette histoire qui ne fait qu’accumuler les obstacles devant Michel, avec en prime l’aide de Prosper qui voit une occasion facile de s’enrichir. Mais nous sommes dans une comédie alors nous savons que tout se terminera bien pour notre héros et sa jolie fiancée, et que si Prosper n’est pas à proprement châtié, passer aussi près de la fortune est une punition bien suffisante pour ce faux ami.

Mais ce qui fait le charme de ce film, c’est avant tout la bonne humeur qui y règne, une espèce de message d’espoir alors que la crise de 1929 va toucher de plein fouet l’Europe et la France à l’automne : on va retrouver cette même bonne humeur quand d’autres « petits » vont gagner à la loterie, cinq ans plus tard. Mais ce sera Duvivier aux commandes et si Raymond Cordy (ici le chauffeur de taxi) sera à nouveau là, le propos sera beaucoup moins optimiste : ce sera La belle Equipe.


En attendant, il faut voir et revoir ce film qui est devenu – à juste titre – un classique du cinéma français, dont René Clair en fut l’un des maîtres.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #James Edward Grant, #John Wayne
L'Ange et le mauvais garçon (Angel and the Badman - James Edward Grant, 1947)

L’Ange, c’est Penelope «  Penny » Worth (Gail Russell), issue d’une famille de quakers de Pennsylvanie : une fille de paysans qui vivent du côté de Monument Valley.

Le mauvais garçon, c’est Quirt Evans (John Wayne), bandit de grand chemin notoire, pistolero inégalé et cible du shérif McClintock (Harry Carey) qui n’attend qu’un faux pas pour le pendre. Il est aussi la cible de la bande de Laredo Stevens (Bruce « Driscoll » Cabot) qui aimerait bien se débarrasser de ce concurrent.

Mais le Destin veille et amène Quirt, blessé chez les Worth. Ils le soignent et lui procure une autre façon de penser la vie, basée sur la religion. Et en plus, comme Penelope est très belle, il tombe amoureux d’elle…

 

C’est un western somme toute sympathique qui nous est proposé là, avec bien entendu l’immense star Wayne qui s’offre une escapade ailleurs que chez Ford, même si Monument Valley est proche. Autre acteur fordien, Harry Carey apparaît ici dans l’un de ses dernier rôles : il mourra quelques mois plus tard.

Et comme nous sommes dans un western, James Edward Grant nous régale : grands espaces, bagarre dans un saloon et duel final sont au programme, même si la fin – prévisible – peut être décevante.

Mais surtout, ce qui manque ici, c’est de l’action !

Si au début Quirt est blessé et doit garder la chambre, la suite ne nous montre pas vraiment toutes ses capacités. Certes, l’histoire d’amour est centrale, mais on aurait pu avoir un petit peu plus d’animation. Nous en avons tout de même avec la fameuse bagarre ainsi que la poursuite et l’attaque des troupeau. Mais sur près de 100 minutes que dure le film, ça ne fait pas beaucoup.

 

Et il manque un point essentiel du personnage : sa rapidité au revolver.

Dès les premières séquences, nous apprenons que Quirt est le plus rapide du territoire, mais à aucun moment du film – je dis bien à aucun moment – il ne fait feu. Il a très souvent l’arme à la main (pour dormir, entre autre) mais ne tire jamais ! Encore une fois, au début, il ne peut pas : son revolver est vide, mais ensuite, ce n’est plus le cas !

Mais cette absence de coups de feu de sa part nous permet d’assister à une résolution du duel final plutôt inattendu. Certes, les méchants (Laredo et ses acolytes) sont punis, mais pas comme on aurait pu l’imaginer…

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec intérêt cet énième western où Wayne se retrouve à nouveau dans la peau d’un bandit repenti, comme dix ans plus tôt dans le légendaire Stagecoach. On tremble, on s’amuse… Bref, on est au cinéma. Et si Grant n’a pas l’envergure d’un Ford ou d’un Hawks, son film n’en demeure pas moins une curiosité qui vaut le détour, où, près de quarante ans avant Peter Weir, un homme se retrouve plongé dans un univers qui lui est absolument étranger : pensez donc, il n’y a pas d’arme !

Mais alors que John Book (Witness) retourne à sa vie, Quirt, lui, choisit la jeune femme et va donc devenir fermier.

 

John Wayne, un fermier ?

Ben oui, au cinéma, tout est possible !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anticipation, #Michael Radford
1984 (Michael Radford, 1984)

Près de trente ans ont passé depuis la version de Michael Anderson, et cette fois-ci, nous avons droit à une adaptation beaucoup plus fidèle, et surtout beaucoup plus réaliste de cette œuvre emblématique du XXème siècle.

Mais reprenons.

 

Winston Smith (John Hurt) travaille toujours au ministère de l’information et transforme l’Histoire pour les besoins de la Cause : l’Ingsoc. L’Ingsoc, c’est un formidable parti qui a pris en main la Grande-Bretagne et maintient sous sa coupe une population docile pendant que de l’extérieur viennent des informations sur une guerre qui dure contre l’Eurasia. A moins que ce soit l’Eastasia…

Qu’importe, être en guerre évite de se poser des questions sur le système qui régit la population.

C’est pourtant ce que fait Winston, allant jusqu’à écrire un journal intime dans lequel il note ses pensées. Julia (Suzanna Hamilton) a, elle aussi, des pensées déviantes, mais surtout, elle aime Winston, ce qui n’est pas toléré par l’autorité en place.

Et tout cela sous l’œil attentif du supérieur O’Brien (Richard Burton), personnage qui appartient à cette autorité mais qui semble partager certaines vues avec Winston…

 

Si le film de Michael Anderson avait une force en lui, elle est beaucoup moins importante que celle du film de Michael Radford. Le secret de cette force ? Le réalisme de l’intrigue et surtout son utilisation du décor. Si la guerre atomique a fait rage, comme suggéré, ses effets sont toujours visibles : pas de monument caractéristique londonien, seulement des ruines ou des bâtiments à l’abandon. Même le quai de gare – qui accueille toujours des trains – est délabré et nous avons du mal, de prime abord, à imaginer un quelconque trafic ferroviaire dans un tel endroit. Mais quand nous voyons la locomotive transporter ses voyageurs, nous comprenons : il s’agit un vieux modèle à vapeur.

 

Et ce réalisme est renforcé par un élément inhérent au livre de George Orwell : écrit en 1947, il utilise l’année qui vient et inverse les deux derniers chiffres. 1948 devient donc 1984, mais comme l’explique très bien Anthony Burgess (1), les conditions de vie de Winston sont très proches de celles que pouvaient vivre les Anglais à la même période. N’oublions pas non plus les immenses destructions par la Luftwaffe pendant la Deuxième Guerre Mondiale qui expliquent là encore l’état calamiteux de la ville dans le film. Le seul élément caractéristique encore debout dans Londres est la Battersea Power Station, cette centrale électrique qui a cessé son activité l’année qui a précédé la sortie du film. Et montrer cette gigantesque centrale est hautement pertinent par rapport à l’intrigue.

 

Si le blanc dominait dans la première adaptation, ici, c’est avant tout le gris qui inonde l’écran, avec toutefois des séquences pleinement en couleur, qui ne sont pas laissées au hasard. En effet, si Radford n’a pas tourné en noir et blanc, le rendu nous le laisse penser, mais quelques éléments épars nous ramènent à cette couleur bien peu présente : le télécran qui nous montre le Grand Frère n’est pas en noir et blanc.

Et c’est surtout quand Winston s’affranchit du système que la couleur s’impose : les paysages verdoyants, les objets de l’antiquaire Charrington (Cyril Cusack), l’escapade avec Julia…

Mais même la relation avec Julia prend, avec le temps, une teinte un tantinet grisâtre, annonceuse de la fin – brutale – de leur relation.

 

Bien entendu, tout est fait pour installer l’angoisse dans l’esprit de Winston, avec surtout la salle 101 qui est annoncée dès le début et revient telle un leitmotiv, s’ouvrant sur la campagne, et une séquence qui se veut positive, avant que Winston (et le spectateur) y pénètre et la voit telle qu’elle est : l’ultime épreuve avant le lavage de cerveau total.

Michael Radford signe ici une adaptation absolument brillante, même si le gris domine, allant jusqu’à tourner les mêmes jours que ceux du roman original : Une re-lecture totalement dans l’esprit du livre.

 

PS : Au fait, la ressemblance entre le Grand Frère et Staline est tout sauf involontaire. Et la force de ce nouveau personnage dans le film, c’est que le visage est réel et non une sorte de portrait robot.

 

  1. 1985 (Anthony Burgess, Hutchinson, 1978)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anticipation, #Micahel Anderson
1984 (Michael Anderson, 1956)

Il s’agit bien sûr du roman le pus célèbre de George Orwell et cette première adaptation – au cinéma – s’en inspire librement, au grand dam de la veuve de celui-ci qui a tout fait pour le retirer du circuit.
Mais nous sommes au cinéma, alors cette polémique ne nous intéresse pas. Concentrons-nous sur ce qu’il y a à voir !

 

Winston Smith (Edmond O’Brien) travaille au Ministère de la Vérité : il y réécrit l'Histoire pour le Parti, dirigé par la figure tutélaire du Grand Frère (« Big Brother »). Ce Grand Frère qui regarde sans cesse ses sujets, par l’intermédiaire du « télécran » (« Telescreen ») : il voit tout, il sait tout ce que font les gens, même leurs pensées les plus secrètes.

Un jour, Winston rencontre Julia (Jan Sterling), qu’il imagine être en train de le surveiller. Il se trompe : elle le suit parce qu’elle l’aime, chose interdite dans ce monde ultra codifié.

Ensemble, ils vont s’aimer, et surtout rêver qu’ils peuvent s’émanciper de ce système, voire le détruire en rejoignant la Résistance.

Mais y a-t-il vraiment une Résistance ?

 

Michael Anderson nous propose une adaptation très honnête du roman, soutenu par un trio d’acteurs vedettes qui interprètent avec beaucoup de justesse ces personnages créés par Orwell.

O’Brien est un Winston Smith idéaliste à souhait, prêt à tout pour déstabiliser un système qu’il juge né »faste. De son côté Jan Sterling campe une Julia très féminine mais avec des positions sûres.

Quant à Michael Redgrave (O’Connor), il est toujours aussi phénoménal. Son personnage (1) est très certainement le plus intéressant des trois, relevant d’une certaine façon de la figure du méchant indispensable aux spectateurs. De plus, son aspect british accentue la dualité de son rôle : c’est lui qui verse Winston dans la Résistance, mais c’est surtout lui qui va l’interroger une fois sa « trahison » révélée.

 

Michael Anderson découpe son film en trois parties : présentation, résistance au système, sanction. Elles sont de taille à peu près égales et s’enchaînent naturellement. Mais ce qui marque le pus le spectateur, c’est avant tout le décor. Le travail d’Olga Lehmann est à la hauteur de l’événement. Londres est relookée : les monuments incontournables (National Gallery, Trafalgar Square, British Museum) sont toujours là, malgré les explosions atomiques de l’introduction, mais on leur a affublé les portraits du Grand Frère, voire un écran de télévision pour inonder la ville de propagande (et surveiller ses habitants !).

Par contre, quand nous entrons dans les bâtiments officiels de ce système dictatorial, nous changeons totalement d’environnement.

 

En effet, loin des décors grandioses, nous avons droit à des intérieurs sobres mais tout aussi inquiétants, où le blanc prédomine. On ressent un certain malaise qui va en s’accroissant à mesure que Winston se rapproche trop près du soleil. La troisième partie, presque exclusivement intérieure, est la plus angoissante. C’est aussi dû à l’interrogatoire/lavage de cerveau que subit Winston.

Avec bien entendu, la fameuse salle 101, lieu des pires cauchemars de ses visiteurs. Et là encore, quelques éléments suffisent pour rendre ce lieu terrible : une chaîne qu’on tend, un élément de grille qui se lève et des points lumineux tandis que nous entendons de petits cris aigus : des rats.

 

Malgré tout, cette adaptation est fort honorable (et même plus), rendant tout de même la dimension psychologique de l’intrigue originale. Certes nous sommes beaucoup moins dans l’esprit de Winston, mais cela est trop compliqué à réaliser au cinéma. Et les différentes séquences de foules contribuent au succès de ce film. Les « deux minutes de la Haine » sont menées de main de maître, soutenues aussi par un montage absolument maîtrisé par Bill Lewthwaite.

Il faudra attendre près de trente ans avant que le cinéma revienne sur cette intrigue un tantinet angoissante. Mais ceci est, bien entendu, une autre histoire.

 

PS : Parmi les seconds rôles marquants, on trouve Donald Pleasence (orthographié Pleasance) dans le rôle d’un père (Parsons), dénoncé (et donc arrêté) par sa fille Selina (Carol Wolveridge).

 

 

  1. O’Brien dans le livre devient O’Connor à cause d’Edmond…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #Cecil B. DeMille
Les Croisades (The Crusades - Cecil B. DeMille, 1935)

Nous sommes en 1187 et la ville d’Acre est retombée aux mains des Sarrasins. Pierre (?) l’ermite (C. Aubrey Smith) va sillonner l’Europe pour lever une Croisade et reprendre la ville.

Après Philippe (C. Henry Gordon), c’est au tour de Richard (Henry Wilcoxon) de se joindre au vieil homme.

En chemin, il rencontre Bérengère de Navarre (Loretta Young) : il succombe à son charme et renie celle qu’il devait épouser, Aelis de France (Katherine DeMille, la fille – adoptive – de).

Malgré cela, la Croisade arrive aux portes de Saint-Jean d’Acre. La guerre peut donc commencer.

 

Bien entendu, nous sommes bien loin de la vérité historique, mais nous nous y attendions : nous sommes au cinéma. Et comme en plus, c’est Cecil B. DeMille, nous savons que le spectacle est ailleurs.

Ailleurs mais bien là : si la guerre est bien là, elle ne représente qu’un quart du film, l’intrigue se resserrant sur Richard et cet amour naissant qui va l’emporter. L’emporter parce que dès le début, il nous est présenté comme bien éloigné des préoccupations amoureuses : ses fiançailles avec Aelis ne l’intéressent pas et de toute façon, il était trop jeune quand ce fut organisé. C’est pourquoi aussi, épouser Bérengère – pour nourrir son armée – devient une formalité remplie par son épée ! C’est seulement quand il verra Bérengère – et surtout qu’il saura qu’elle est sa femme – qu’il va changer : le fougueux et belliqueux roi se mue en amoureux… Jusqu’à ce que l’appel de la guerre revienne à son oreille.

 

C’est donc un étonnant Richard Cœur de Lion qui nous est proposé ici, bien loin du « Roi Richard » qui émaille les différentes adaptations de Robin des Bois. Il est le meneur d’hommes qu’on attendait mais avant tout un homme comme les autres, comme il le démontre avec son fidèle forgeron (Montagu Love). Et c’est son rapport amoureux avec Bérengère qui est surtout mis en avant, devenant alors un enjeu pour la résolution du conflit qui l’oppose à Saladin (Ian Keith). Comme suggéré précédemment, tout est possible au cinéma, et DeMille le confirme tout au long du film, mélangeant certaines péripéties historiques à son gré – l’ermite concerne la 1ère Croisade, alors que nous sommes ici à la 3ème – pour nous offrir une épopée des Croisades qui ne prend sa véritable dimension que dans les parties de batailles.

 

Nous assistons à la reprise d’Acre avec force combats et morts violentes, avec utilisation de machines de guerre incendiaires et cadavres qui tombent dans des douves. DeMille retrouve la fougue de son Jeanne d’Arc, et la blessure de Bérengère nous rappelle évidemment celle de la Pucelle à Orléans, un autre siège.

L’autre bataille est encore plus engagée et pourrait être celle de Hattin, si nous n’étions aussi près de Jérusalem. Encore une fois, qu’importe, nous sommes au…

Quoi qu’il en soit, cette deuxième bataille semble plus meurtrière que la première, surtout parce que nous avons droit à la recherche du forgeron par Richard, parmi un étalage impressionnant de corps meurtris.

 

Bref, encore une fois, DeMille nous régale avec un film très spectaculaire, même s’il faut tout de même attendre le dernier tiers pour que l’intrigue s’emballe (enfin). Heureusement, nous avons la belle Loretta, et aussi quelques seconds rôles intéressants : le ménestrel n’est autre qu’Alan Hale qui, tout comme Montagu Love retrouvera un autre roi Richard dans Les Aventures de Robin des Bois deux ans plus tard ; un jeune moine tonsuré de frais n’est autre que Mischa Auer. Et aussi quelques figures du muet sont aussi présentes : Joseph Schildkraut (le traître Montferrat), William Farnum ou encore Hobart Bosworth…

Du beau monde !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Marlon Brando
La Vengeance aux deux visages (One-eyed Jacks - Marlon Brando, 1961)

Ils sont deux, coincés au sommet d’une sierra : « Kid » Rio (Marlon Brando) et Dad Longworth (Karl « Big Nose » Malden). L’un des deux doit trouver une nouvelle monture pour permettre aux eux de fuir. C’est Dad qui gagne le tirage au sort. Il laisse donc son Kid et descend l’autre versant. Il trouve des chevaux, mais l’appât du gain est trop fort : il abandonne Kid à on sort et part avec le butin dérobé à la banque.

Cinq ans plus tard, Kid Rio arrive à Monterey, accompagné de Chico Modesto (Larry Duran), avec qui il s’est enfui du pénitencier.

A Monterey, il y a aussi une belle banque.

Mais surtout, il y a un shérif : Dad Longworth…

 

Chaotique.

C’est ainsi qu’on pourrait qualifier le seul film réalisé par Marlon Brando. Chaotique dans sa conception, et aussi dans son exploitation : un four. Donc, tous les ingrédients sont réunis pour en faire un film maudit, et par conséquent culte.

C’est le cas. Et quel film ! Absolument magnifique, et surtout inoubliable. Bien entendu, Marlon Brando est phénoménal. Comme d’habitude. Mais pas seulement lui. Karl Malden, qu’il retrouve à nouveau, est lui aussi à la hauteur de l’événement, tout comme la belle Katy Jurado (Maria Longworth), et bien entendu Pina Pellicer (Louisa). Sans oublier Slim « Hollis Wood » Pickens (Lon Dedrick), personnage d’une veulerie rare. Par contre j’allais oublier un vétéran du genre : Ben Johnson (Bob Amory), à contre emploi de ce qu’il avait l’habitude de faire chez John Ford.

 

Bref, c’est un western crépusculaire de toute beauté, donnant à Brando une occasion de se distinguer autrement : malheureusement pour lui – et donc pour nous – il ne renouvellera pas l’expérience…

Brando tourne ici avec les codes du western – grands espaces, duel aux revolvers, vengeance (etc.) – mais dans une optique qui sera très vite reprise par certains réalisateurs italiens dans les années qui vont suivre : si Brando reste Brando et conserve son charme légendaire, certains protagonistes n’ont pas la même chance. C’est donc le cas de Ben Johnson qui troque sa belle gueule aux yeux bleus pour un visage négligé, voire hirsute qu’on n’attendait pas. Et de manière générale, les personnages du film ne sont pas à proprement parler « beaux ».

 

Et surtout, d’un point de vue moral, on s’éloigne du manichéisme ambiant, voire on inverse les rôles. Kid Rio est le préféré du spectateur alors qu’il n’est rien d’autre qu’un pilleur de banques. Et celui qui représente la loi, Longworth, recueille beaucoup moins les faveurs du public : il faut dire que nous savons ce qu’il a fait, et ce manquement à l’honneur ne nous permet pas de le considérer comme un « gentil ».

Et puisqu’on en est aux caractères, outre Dad, deux autres « méchants » se démarquent : Bob Amory (sa moralité est du même niveau que son apparence, et en plus il tue de sang-froid) et l’adjoint Dedrick. Ce dernier est certainement celui qu’on a le plus de plaisir à détester – preuve d’une certaine réussite du personnage (1).

De plus, Kid Rio s’en sort alors qu’il est un criminel patenté ! Mais n’oublions pas que Brando ne pouvait pas interpréter un vrai méchant, alors si Rio s’en sort, ce n’est pas grave.

 

Au final, c’est un joli coup d’essai que réalise ici Brando, donnant à son western des teintes crépusculaires magnifiquement servies par les prises de vue de Charles Lang. De plus, avoir situé l’intrigue à Monterey nous permet d’admirer l’Océan Pacifique dans toute sa plénitude : les plans proposés sont superbes, et en parfaite adéquation avec le film. Et surtout, il est rare de voir la mer dans un western !

Et je ne résiste pas à en rajouter un peu :

Il y a une dimension freudienne dans le film – merci à Dave Kehr de l’avoir relevée – entre Dad (« papa », donc, en bon français), et son gamin (« Kid »). Et cette relation aboutit inévitablement à la mort du père qui permet au fils de grandir. Sauf que là, la mort est physique, et surtout Rio n’est pas son fils !

 

  1. Et donc du film !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Joseph Losey
Le Rôdeur (The Prowler - Joseph Losey, 1951)

Une femme seule – Susan Gilvray (Evelyn Keyes) – la nuit est une proie facile pour un rôdeur. Heureusement la police veille et les policiers Bud Crocker (John Maxwell) et Webb Garwood (Van Heflin) vont la rassurer. Ce dernier porte à Susan un intérêt très particulier : elle est très jolie et un tantinet délaissée par son (vieux) mari, John Gilvray (Sherry Hall). Bien entendu, ils ont une affaire ensemble.

Une nuit, alors qu’il semble traquer le rôdeur, il tue – accidentellement ? – le mari encombrant. Reconnu coupable d’un homicide involontaire, il est maintenu en liberté. Il va alors épouser celle qu’il aime, Susan.

Le jour des noces, Susan a une grande nouvelle : elle est enceinte depuis quelques mois. Seulement voilà, elle n’était pas censée connaître Webb aussi longtemps avant son mariage…

 

Nous sommes en plein maccarthysme et difficile pour certains scénaristes e travailler : c’est le cas de Dalton Trumbo qui signe ici avec Hugo Butler un scénario brillant, mais n’apparaît pas au générique…
Et quel scénario : deux protagonistes principaux de différentes classes sociales, une histoire d’adultère et un meurtre… Parce que nous savons que Webb a tué de sang-froid Gilvray.

Bref des ingrédients pour un film noir tirant sur le gris (1) filmé avec maîtrise et interprété avec justesse. Avec en prime un brin de scandale : non seulement ils sont amants, mais en plus elle est enceinte hors mariage!

Et encore une fois, Van Heflin est absolument impeccable dans un rôle tout en subtilité : en tant que policier, il a une longueur d’avance quand il s’agit de maquiller un meurtre.

Quant à Evelyn Keyes, elle interprète avec beaucoup de talent cette femme manipulée par cet homme peu clair.

 

Et Losey déroule son histoire, insistant dans le dernier tiers sur les conséquences – fatales, évidemment – de cette relation qui fut avant tout extra conjugale. Ce qui était l’aboutissement devient le début de la fin pour leur histoire : cette annonce ‘une naissance à venir, synonyme de bonheur, devient funeste et surtout relance l’intrigue dans une dimension inattendue !

Dès lors, cela va être la fuite en avant, aussi bien morale que physique : ils doivent cacher cette naissance à venir pour ne pas éveiller de soupçon par rapport à la mort de Gilvray.

Et cette fuite ne peut avoir qu’une issue fatale, la morale l’exigeant.

 

En effet, Webb doit payer pour ce qu’il a fait. Et qui d’autre que la femme qui fut adultère pour le « trahir » ? Et nous abordons alors l’un des reproches qui fut fait au film lors de sa sortie, par certains esprits « bien pensants » : la femme adultère n’est pas punie comme le voulaient les codes de l’époque. Certes. Mais, en trahissant Garwood, Susan ne gagne-t-elle pas d’une certaine façon son salut ?

Et de toute façon, si elle n’est pas punie à la fin du film, on peut raisonnablement imaginer que la suite de son histoire va de nouveau la plonger dans l’élément judiciaire. Mais bien entendu, ceci est une autre histoire qui ne nous intéresse pas ici…

 

Quoi qu’il en soit, Joseph Losey fait ses adieux aux Etats-Unis avec brio, s’exilant définitivement de ce pays qui ne lui pardonne pas certains engagements politiques peu compatibles avec l’état d’esprit ambiant : il faudra tout de même attendre pour qu’il retrouve pleinement sa place outre-Atlantique.

Au fait, Hugo Butler, qui cosigne le scénario – mais apparaît seul – ne tardera pas à rejoindre Trumbo sur la Liste noire.

 

  1. On appelait « films gris » ceux qui incluaient une narration orientée à gauche, à cette époque.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Biopic, #Woody Allen
Zelig (Woody Allen, 1983)

Leonard Zelig (Woody Allen) est un drôle de paroissien : dans un souci d’être intégré et apprécié, il se fond littéralement dans le paysage dans lequel il se trouve. En effet, s’il est avec des médecins, il dissertera médecine avec aisance, en présence d’homme obèses il va rapidement prendre du poids et parmi des gens noirs, sa peau va se mettre à foncer…

On le surnomme l’Homme caméléon.

Mais ces transformations ne sont pas une bonne chose et procèdent d’un désordre psychique fort.

Le docteur Eudora Fletcher (Mia Farrow), psychothérapeute, va le prendre sous son aile et essayer de le guérir.

 

Ce fut une belle surprise quand je suis allé voir ce film. J’aimais beaucoup Woody Allen et son humour particulier, et ce faux documentaire était incroyable ! Monté comme un documentaire de télévision, on y découvrait donc l’histoire improbable de ce petit bonhomme transformiste à l’extrême. Jusque là, rien de bien extraordinaire, me direz-vous, mais c’est la façon de traiter cette intrigue qui fait tout le sel du film. En effet, tout d’abord, il situe son personnage à la fin des années 1920, mêlant avec bonheur – et surtout maîtrise – les images d’archives et les tournages récents : seuls les différents commentateurs – spécialistes, journalistes, écrivains (etc.) sont en couleur, tout le reste est en noir et blanc. Et un noir et blanc souvent travaillé afin de paraître issu directement de cette même époque.

Et comme si cela ne suffisait pas, Woody Allen a même fait retoucher les images pour s’y inclure auprès de personnalités ayant réellement existé.

 

C’est absolument fabuleux, magnifiquement trouvé et surtout, comme nous sommes en 1983 quand le film sort, techniquement parfait : aucune IA n’a été utilisée ni effet numérique !

Quand il s’agit de photos, c’est plus facile, mais quand ce sont des images animées, la gageure est plus élevée, et c’est en cela que ce film de Woody Allen sort de ses sentiers battus, même si Zelig est un personnage tout à fait « allenien », avec ses doutes et ses éléments comiques.

Les différentes transformations de Leonard sont savoureuses, et en particulier quand il se transforme en Grec.

Bien entendu, le point culminant qui le voit côtoyer Hitler est véritablement époustouflant : il réussit même à le faire se retourner !

 

On suit alors avec beaucoup d’intérêt – et le sourire aux lèvres – les différentes pérégrinations de cet homme insignifiant qui passe du jour au lendemain de l’ombre à la lumière, à une époque d’excès qui sera freinée par la grande Dépression.

Il faut voir les différents produits dérivés, tout aussi absurdes les uns que les autres pour se rendre compte de la folie de ces années d’insouciance. Sans oublier les chansons et autres danses absolument absurdes et donc formidables !

 

Mais c’est surtout dans la structure du film que Woody Allen s’épanouit, mêlant les archives et les images récentes avec beaucoup de maîtrise, rendant ce documentaire tout à fait crédible.

Il faut dire que les différents professionnels qui interviennent jouent magnifiquement le jeu et dissertent avec beaucoup d’aisance sur ce personnage inventé comme s’ils l’avaient toujours connu. Ils donnent une existence plus que vraie à Zelig, renforçant le décalage créé par cette invention.

 

C’est brillant. Tout simplement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Chris Sanders
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - Chris Sanders, 2020)

Buck est de retour !

Et cette fois-ci, il ressemble vraiment à celui qui fut décrit par Jack London : un croisement de saint-bernard avec un berger écossais (le chien !). Tout de suite, c’est un chien qui en impose et on comprend plus facilement comment un tel chien peut tracter un traîneau chargé d’une tonne de matériel.

Sauf qu’ici, pas de pari insensé : Buck  est un chien de traîneau et puis c’est tout.

Mais reprenons. Le chien est donc enlevé à son maître le juge Miller (Bradley Whitford) et envoyé dans le Nord afin qu’il rejoigne le Yukon. En chemin, il rencontre un vieil homme qui fruit la civilisation, John Thornton (Harrison « Indiana Jones » Ford).

Après avoir été livreur de courrier avec Perrault (Omar Sy) et Françoise (Cara Gee), il est acheté par Mercedes (Karen Gillan), son mari (Colin Woodell) et surtout son frère Hal (Dan Stevens). Ce dernier est le véritable méchant de l’intrigue.

Finalement, Buck se retrouve avec Thornton, mais ne peut résister à l’appel de la forêt, surtout quand il se présente sous la forme d’une jolie louve blanche.

 

Dernière adaptation en date (la 4ème au cinéma), elle se démarque des autres par une multitude de décors à couper le souffle (merci le numérique), et une utilisation – raisonnée – de ce même numérique pour créer ce chien étonnant. C’est très beau et surtout, il n’y a aucun problème pour que le chien fasse ce qu’on lui demande !

Quoi qu’il en soit, Chris Sanders adopte le plus possible le point de vue du chien et on va suivre – avec plaisir encore une fois – les différentes péripéties qui vont au final le ramener à la nature.

Mais alors que le film d’Annakin (1972) insistait sur la rudesse des personnages et des lieux, celui de Sanders est un véritable produit de son époque, avec surtout en public « ciblé » la famille. La violence est limitée et les traces de mort – animaux et humains tombés sur le chemin de ce nouvel eldorado – ont tendance à être gommées. De même, la façon de filmer les chiens quand ils participent à la tournée postale relève plus d’un film Disney (1) que d’un film réaliste : il ne leur manque que la parole !

De même la violence entre le chien Spitz et les autres n’apparaît pratiquement plus : seul un affrontement entre lui et Buck subsiste. Et de cet affrontement, s’ensuit le départ de Spitz, vaincu.

 

Et avec ce resserrement sur le chien, le film a tendance à perdre en réalisme. Certes, les séquences avec Thornton sont les plus intéressantes et les mieux développées, mais ce qui faisait le charme du film d’Annakin a disparu. Et le monde des hommes est réduit à sa plus simple expression.

Autre élément peu vraisemblable : la présence de Perrault comme employé de la poste. En effet, on a du mal à croire qu’un homme noir ait une telle responsabilité à cette époque (fin du XIXème siècle), et accompagné d’une Indienne.

Mais nous sommes au cinéma, alors tout est permis (2).

Dernier élément qui inscrit le film dans notre époque actuelle : les Indiens qui tuent Thornton ont totalement disparu (3) et c’est l’infâme Hal qui tue le gentil vieil homme.

 

Malgré tout cela, le film se laisse regarder avec plaisir et ce chien est encore meilleur que le Buck 1972 : normal, il n’existe pas.

C’est bien connu, la perfection n’existe pas…

 

  1. Normal, la firme D. a racheté la Fox.
  2. Et puis il y a le cahier des charges du film…
  3. Plus politiquement correct.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Ken Annakin
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - Ken Annakin, 1972)

Buck (dans son propre rôle), est un chien de maison, enlevé par un serviteur peu scrupuleux et vendu à un négociant. Toujours est-il qu’il se retrouve à Seattle, en route pour l’Alaska et surtout le Klondike, où se dirigent John Thornton (Charlton « Ben Hur » Heston) et son acolyte Pete (Raymond « Michel Strogoff » Harmstorf) : on y a trouvé de l’or !

Si Pete est attiré par le métal précieux, il en va tout autrement de John qui ne cède pas à cette fièvre.

Mais, loin de ces considérations trop humaines, Buck est appelé par la nature sauvage qui l’entoure : répondra-t-il à cet appel de la forêt ?

La séquence d’ouverture ne nous laisse aucun doute quand à sa réponse : il est déjà retourné à la nature, dirigeant une meute de loups. Mais ce qui intéresse Ken Annakin, c’est de nous montrer comment il y est parvenu, à travers des péripéties plus ou moins violentes, où nombre de chercheurs d’or perdront la vie, et pas toujours à cause du froid.

 

C’est un drôle de western que nous propose ici Ken Annakin : nature sauvage, paysages somptueux et Indiens agressifs sont de la partie, mais force reste au chien, véritable témoin de cette histoire.

A la différence de la version précédente (avec Clark Gable dans le rôle de Thornton), Annakin reste plus fidèle au livre, même s’il ne peut s’empêcher, à son tour, d’insérer un personnage féminin de premier plan : Calliope Laurent (Michèle « Angélique » Mercier).

Ce personnage n’est pas indispensable, certes, mais il ajoute une touche féminine appréciable, et revoir la belle Michèle est tout de même un plaisir. Et bien entendu, Calliope est séduite par le ténébreux John Thornton…

 

Autant le dire tout de suite, je préfère la version de Wellman, même (surtout ?) si elle s’éloigne du roman original. La distribution internationale obligeant à présenter une version doublée – seul Heston parle vraiment anglais ! – qui peut agacer à la longue (c’est le cas pour moi).

Quoi qu’il en soit, la recréation de cet épisode aurifère est très certainement l’élément le plus intéressant du film, avec certaines séquences qui suivent le chien-loup retourner progressivement à la nature. En effet, même si le film fut tourné en Europe (du nord, surtout), on retrouve tout de même des images issues de cette ruée vers l’or : la passe de Chilkoot (1), avec cette ligne ininterrompue de prospecteurs qui s’essaient à la franchir, ou encore la ville champignon de Dawson qui évolue, la toile des murs, synonyme d’état temporaire, laissant la place au bois, première étape de la pérennité de cette ville.

 

Au final, si ce film n’est pas extraordinaire, il n’en demeure pas moins une adaptation honnête du roman de Jack London, où le chien Buck est un très bon interprète : il en volerait la vedette à Heston !

C’est peut-être la raison inavouée pour laquelle ce dernier n’aimait absolument pas ce film… (2)

 

  1. Sans le Vagabond !
  2. Bien sûr que non.

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