Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Drame, #Enfance, #James Gray, #Anthony Hopkins
Armageddon Time (James Gray, 2022)

« Et ils les rassemblèrent en un lieu appelé en hébreu Harmaguédon. Le septième ange répandit sa coupe dans les airs : une voix forte venant du trône sortit du Sanctuaire ; elle disait : « C’en est fait ! ». Il y eut des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre ; il y eut un grand tremblement de terre : depuis que sur la terre il y a des hommes, il n'y eut jamais de tremblement de terre aussi grand. » (Jean, Apocalypse, 16:16-18)

« Pour la première fois, tout est en place pour la bataille d’Armageddon et la seconde venue du Christ » (Ronald Reagan).

Cet « Armageddon » qu’on nous promet dans le film (interview de Reagan de 1979), c’est la fin d’un monde : celui de Paul Graff (Michael Banks Repeta). Pour lui, 1980, c’est l’entrée au collège (sixième). Et nous allons suivre presque toute la première période d’école, entre la rentrée et l :’approche des élections qui verront s’affronter Jimmy Carter, le président sortant et le cow-boy cité ci-dessus.

 

Et ce cow-boy représente véritablement cet Armageddon qu’il présente : à l’instar de Thatcher en Grande-Bretagne, Reagan annonce une ère nouvelle basé »e sur un capitalisme à outrance – et décomplexé, bien entendu – qui, s’il a vaincu le communisme russe nous a amené une situation actuelle phénoménale, avec un nouvel Armageddon en préparation.

Mais ici, c’est seulement le monde de Paul qui s’effondre, avec d’un côté des parents faibles (Anne Hathaway & Jeremy Strong) et une conduite insolente, et de l’autre un grand-père (Anthony Hopkins) qui est le seul avec qui il peut – et veut – parler.

Et quand se conclut le film, Paul a grandi malgré lui, et il va entrer de plain pied dans les années 1980, avec en prime une nouvelle vision du monde, engendrée par la fin de l’innocence.

 

Ne nous y trompons pas, Paul Graff, c’est avant tout James Gray. Tout d’abord parce que le nom original des grands parents de Paul est Greyzerstein, comme il l’explique à Fred Trump (John Diehl) le père du donald. De plus, les dates concordent pleinement avec la jeunesse du réalisateur.

C’est donc une chronique de l’enfance très courte – à peine plus de deux mois – mais très intense que nous raconte ici James Gray : son enfance sans aucune trace de nostalgie. Et on le comprend parce que l’époque est cruciale, tant pour les Etats-Unis que le reste du monde : le libéralisme triomphe (voir plus haut) et a lieu de second choc pétrolier.

Mais c’est aussi une période de recrudescence du racisme et de l’anti-sémitisme, et de la montée des extrémismes qu’ils soient religieux ou politiques et qui vont s’épanouir dans la décennie qui s’annonce.

 

Et c’est cet enjeu social qui préoccupe le plus Paul, par l’intermédiaire de son ami Jonathan Davis (Jaylinn Webb), cancre labellisé, délinquant en puissance. Délinquant en puissance pour les adultes, tout simplement parce qu’il travaille mal à l’école, mais surtout parce qu’il est noir : il est le souffre-douleur du professeur, et chaque bêtise ne peut provenir que de lui. Même la police entre dans ce jeu et Paul va vivre pleinement l’injustice raciale de son « beau » pays.

Pas étonnant que le petit Paul, onze ans, soit désabusé quand le film se termine, pendant que le père du donald nous abreuve d’un discours qui va porter – hélas – ses fruits, au détriment des petits.

 

Et encore, il n’a pas encore tout vu de cette année qui va encore plus mal finir :

  • 4 novembre 1980 : Ronald Reagan a été élu.
  • 8 décembre 1980 : John Lennon est assassiné.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Policier, #Kenneth Branagh
Mystère à Venise (A Haunting in Venice - Kenneth Branagh, 2023)

Une maison hantée.

Une jeune fille qui tombe d’un balcon.

Une séance de spiritisme.

Un détective semble-t-il abusé.

Nous sommes bien chez Agatha Christie.

Et ce détective, c’est le célèbre Hercule Poirot (Kenneth Branagh) qui nous revient sur les écrans.

Après une croisière sur le Nil un tantinet décalée de l’œuvre christienne, Branagh se reprend et nous rend notre Poirot perdu !

Les moustaches sont là, les cellules grises, si elles ne sont pas mentionnées, fonctionnent à plein régime, et ce malgré les coups pendables de la personne coupable de meurtres.

Mais reprenons.

 

Une maison vénitienne (un palazzo) a été le cadre d’abominations faites sur des enfants et depuis, leurs fantômes se vengent des infirmières et docteurs qui y séjournent. Mais un an auparavant, une jeune femme est tombée du balcon, harcelée par ces mêmes fantômes. Mais était-ce un suicide ?

Une séance de spiritisme est organisée à la fin de laquelle, la victime annonce avoir été tuée. Peu de temps après la séance, la medium (Michelle Yeoh) est retrouvée morte. Chose curieuse, c’est une ancienne infirmière…

A son tour, Poirot est victime d’une tentative d’assassinat.

Et quels sont ces bruits qui ressemblent à des voix d’enfants que lui seul peut entendre ?

Heureusement, Poirot est un rationnel, alors le mystère n’en sera bientôt plus un…

 

Comme je l’ai dit en préambule, Poirot (le vrai) est de retour ! Certes, Branagh s’inspire – par l’intermédiaire de son scénariste Michael Green – du roman La Fête du potiron mais très librement, conservant le temps du roman (Halloween) ainsi que le jeu de la pomme dans l’eau. Mais qu’importe, comme dans les deux premiers films, nous retrouvons le huis clos cher à notre héros, dans une Venise sous la pluie. Certes, transposer l’intrigue à Venise n’apporte pas grand-chose mais elle justifie la volonté de retraite du détective qui cultive ses cucurbitacées – comme dans Le Meurtre de Roger Ackroyd. Cela n’empêche pas de nombreuses personnes à le relancer pour profiter de son éclairage…

 

Mais bien sûr, Poirot reste Poirot et quand le mystère surgit, il est là !

Et question mystère, Branagh s’est surpassé. Ajoutant à cette intrigue criminelle une dose d’ésotérisme – souvent présente chez Christie, ne l’oublions pas – il réalise un film qui flirte avec l’épouvante, faisant apparaître – ou non ? – des revenants là où le petit détective ne les attend pas (ni le spectateur d’ailleurs…).

Cela donne à l’arrivée une dimension gothique à cette enquête, accentuée par le déchaînement des éléments jusqu’à l’explication finale  tant attendue, qui va faire la lumière sur l’enquête et dans le même temps chasser les tempêtes : celle qui se déroule dans les canaux et voit les gondoles livrées à elles-mêmes heurter les parois du palazzo, et celle intérieure où chacun est soupçonné par le petit Belge, donnant au lieu une tension qui va amener un autre chaos.

 

Rassurez-vous, à la fin, le beau temps revient et Poirot a encore réussi !

Il peut donc retourner planter ses légumes. Mais pas longtemps, parce que les solliciteurs sont toujours là, et les affaires reprennent…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Luis Buñuel, #Gérard Philipe
La Fièvre monte à El Pao (Luis Buñuel, 1959)

Quelle année singulière que 1959 !

Si elle a commencé par l’arrivée au pouvoir des Barbudos de Castro, elle se conclut pour Boris Vian (23 juin) et Gérard Philipe (25 novembre).

Heureusement, il nous reste les livres du premier (et ses chansons, articles, etc.) et les films du second. D’ailleurs 1959 nous apporte une belle moisson de cinéma (North by Northwest, Rio Bravo, Ben Hur…), et même une Nouvelle Vague…

 

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est le dernier film de cet acteur mythique qu’était Gérard Philipe, présenté dix jours après son trépas. Et, si Buñuel aurait aimé faire autre chose avec cet immense acteur, il aurait certainement pu faire pire !

L’île de Ojeda est célèbre pour son abbaye et son centre pénitentiaire, dans lequel on envoie sans distinction prisonniers de droits communs et prisonniers politique. Heureusement, pour ces derniers, il y a le secrétaire du gouverneur (et directeur de la prison), Ramòn Vasquez (Gérard Philipe, donc). C’est un idéaliste qui n’est pas toujours en accord avec le gouvernement et tente, à sa façon d’alléger les souffrances de ceux qui sont ici injustement. Quand le gouverneur Vargas (Miguel Angel Ferriz) est abattu par un opposant au régime, Vasquez prend le relais, mais trop peu de temps : arrive Alejandro Gual (Jean Servais) qui compte tout reprendre d’une main de fer, jusqu’à la femme de l’ex-gouverneur, Ines (Maria Felix). Mais cette dernière est aussi la maîtresse de Vasquez…

 

Nous sommes bien loin du Buñuel surréaliste dans cette sombre intrigue politique. Mais malgré cela, le film s’apprécie sans modération, servi par une distribution – essentiellement étrangère certes – mais à la hauteur de l’enjeu. Bien sûr, le rôle convient parfaitement à Philipe, lui-même homme de gauche très engagé et les valeurs portées par son héros lui correspondent totalement. Jusqu’à un certain point : si Philipe défendait des idées généreuses, il ne vivait pas dans une dictature comme c’est le cas de son personnage.

Sa réussite (celle de Ramòn, bien sûr) passe par quelques « coups de canifs » dans son éthique personnelle, indispensable pour se maintenir.

Mais Buñuel et Philipe s’en sortent tout de même avec ce personnage au départ un tantinet équivoque : il déchire le papier (1).

 

Cette intrigue politique est accentuée voire magnifiée par l’histoire d’amour entre Ramòn et Inès, dans laquelle vient s’immiscer Gual. Et Buñuel réussit, avec ce personnage, un méchant de toute beauté, interprété par un Jean Servais au plus haut niveau. Il donne donc raison à Hitchcock et aide, à son tour, à rendre ce film inoubliable : on ne peut que haïr un tel personnage !

De son côté, Maria Felix est superbe, et pas seulement physiquement. Son personnage allie l’humiliation à l’immoralité avec beaucoup de talent, et son regard noir l’est encore plus que le film n’est pas tourné en couleurs !

Même Gual se laisse prendre par son charme, précipitant le film dans la tragédie !

Parce que tout est tragique ici. Non seulement l’amour qui lie Ines et Ramòn, mais aussi le sort des Iliens, jouets aux mains des puissants.

Il ne reste plus grand-chose aux impuissants, que sont les deux amants autant que les prisonniers, et on ne peut que déplorer le gâchis occasionné par la montée de fièvre annoncée par le titre.

 

Décidément, que Gérard Philipe était grand…

 

  1. Il faut avoir vu le film pour comprendre.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Tim Burton
Beetlejuice Beetlejuice (Tim Burton, 2024)

Les revoilà : Lydia (Winona Ryder), Delia (Catherine O’Hara) et bien sûr l’incontournable Beetlejuice (Michael Keaton) qui justifient deux fois le titre !

Nous sommes toujours à Winter River (Connecticut), mais plus personne n’habite la maison sur la colline : Charles (Charlie Hopkinson & effigie de Jeffrey Jones) est mort, dévoré par un requin.

Mais sa femme et sa fille reviennent pour son enterrement, avec Astrid (Jenna « Wednesday » Ortega), la fille de Lydia.

Mais si l’enterrement se déroule presque bien, c’est après que les choses se gâtent, avec l’intervention de Jeremy (Arthur Conti) que la jeune Astrid trouve à son goût au point de l’entraîner dans l’autre monde, celui du dessous…

Il ne reste à Lydia plus qu’une seule solution, appeler trois fois le démon blond…

 

Tim Burton est donc de retour avec l’un de ses personnages fétiches, l’ignoble – et réjouissant – Beetlejuice. Chacune de ses apparitions sont un véritable plaisir, d’autant qu’il est plus présent dans l’intrigue. Bien entendu, il n’a pas spécialement évolué et demeure un rustre parfait mâtiné d’un pignouf absolu. Bref, Beetlejuice EST Beetlejuice !

Et Michael Keaton s’amuse presque autant que nous à interpréter ce démon maléfique – et un tantinet idiot – dans des situations absolument extravagantes (pouvait-il en être autrement ?). A ses côtés, on retrouve avec autant de plaisir Winona Ryder, pour interpréter une Lydia dans la droite lignée de l’adolescente que nous avions laissée trente-six ans plus tôt (eh oui, tout le monde vieillit…). Sauf que sa fascination morbide lui empoisonne la vie : elle voit des revenants – surtout un ! – partout, au grand désespoir de sa fille qui est une véritable cartésienne : pour elle, c’est du flan.

Autre personnage de retour, celui de Delia, donc, et Catherine O’Hara reste dans la même optique que dans le premier opus : artiste – incomprise (nulle ?) – improbable dont la conduite n’est pas toujours supportable.

 

Bref, Burton a repris les personnages qui comptaient pour une nouvelle intrigue complètement brindezingue où tout se termine bien, même si pas pour tout le monde ! Le grand Tim, s’il ne réalise pas son plus grand film, reste dans son domaine de prédilection : la mort. Et donc la vie, parce que l’un ne va pas sans l’autre. D’ailleurs, la mort n’est toujours pas une fin et tout continue après, pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir Mr. B. comme guichetier ! Cet entremonde administratif nous ramène au premier opus, mais aussi à L’étrange Noël de Mr. Jack ou encore La Fiancée funèbre. Normal, Burton est toujours là !

Ce sont donc 105 minutes menées tambour battant dans un monde que nous connaissons bien, mais avec un petit plus tout de même : les effets numériques. Nous sommes loin des effets spéciaux à l’ancienne qui émaillaient le premier film, et nous apprécierons la fluidité voire la quasi réalité des différentes séquences concernées : la réparation de Delores (Monica Bellucci) ou encore les sables de Titan, sans oublier son serpent qui n’est pas sans rappeler l’Alien de Ridley Scott.

 

Par contre, je rejoins certaines critiques qui jugent de l’(in)utilité d’un tel film. On aurait très bien pu s’en passer. Mais nous aurions manqué une nouvelle occasion de nous amuser avec ce personnage autant répugnant qu’attirant.

Ca aurait été dommage, non ?

 

PS : Doit-on voir un lien entre Catherine O’Hara, pardon, Delia Deetz qui offre à son défunt mari une fin à la Cléopâtre, quand on sait que la belle Monica a interprété ce rôle ?

Et poser la question etc…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Lasse Hallström
Les Recettes du bonheur (The hundred-foot Journey - Lasse Hallström, 2014)

Les Kadam, Papa (Om Puri), Hassan (Manish Dayal) ses deux frères et ses deux sœurs ont dû quitter précipitamment l’Inde suite à une élection mal perdue. La mère (Juhi Chawal) est morte et tous les six ont émigré au Royaume-Uni, pour ouvrir un restaurant, comme à Mumbaï. Mais les légumes n’ont pas d’âme, alors ils essaient le continent. De nouvelles saveurs, de nouvelles expérience : une panne de freins et ils s’arrêtent à Saint-Antonin-Noble-Var. C’est là, avec l’aide de Marguerite (Charlotte Le Bon) qu’ils vont ouvrir leur établissement. Pile en face du Saule Pleureur, restaurant étoilé dirigé de main de maîtresse au palais délicat et sûr, par Madame Mallory (Helen Mirren).

Ce n’est  donc pas la fin des ennuis pour les Kadam…

 

Savoureux, tout simplement. Encore un film qui fond dans la bouche, et pas dans la main (heureusement pour les accoudoirs !). C’est une véritable gourmandise que ce long métrage de Lasse Hallström, et il est difficile de faire la fine bouche quand Helen Mirren est présente… Même Papa Kadam tombe sous le charme de Mme Mallory ! Hassan, c’est plutôt Marguerite : question de génération…

Quoi qu’il en soit, c’est presque un conte de fées pour Hassan qui passe d’une situation incertaine – surtout sans les freins ! – à l’un des restaurants parisiens les plus courus, dont le credo de son directeur Paul (Vincent Elbaz) tient en un seul mot : innovation.

 

Conte de fée parce que c’est un coup du destin qui met en relation Hassan et sa bonne fée (Marguerite). On n’échappe pas aux opposants inévitables – les méchants – qui allient la jalousie au racisme pour tenter de chasser cette famille indienne. C’est d’ailleurs cet attentat xénophobe qui va installer définitivement les voyageurs et amener le sacre de Hassan.

Et bien entendu, tout se termine bien à la fin, même si les deux jeunes gens ne se marient pas. De toute façon, nous sommes au XXIème siècle, que diable !

 

Et Hallström, avec l’aide de son prolifique scénariste Steven Knight, relance sans cesse l’intrigue, amenant son héros toujours plus haut, jusqu’à atteindre le sommet : la consécration parisienne. Mais tel le paysan dans le conte de Pouchkine (1), Hassan ne peut renoncer à ses racines, comme le montre Hallström dans une séquence nocturne qui voit Hassan tremper son bout de nan dans un mets préparé par la femme d’un employé subalterne, indien lui aussi.

Encore une fois, l’émotion est là qui ne nous quitte pas tout au long du film, alternant la comédie et des pointes de tragédie, jusqu’au final : attendu certes, mais frustrant s’il n’était pas là !

 

Tout au long du film, véritable ballade (et balade) culinaire, nous rencontrons des individus plus ou moins attachants – Jean-Pierre (Clément Sibony), l’autre chef, appartient définitivement à la deuxième catégorie – avec en prime Michel Blanc, maire du village et déception de son épouse (Shuna Lemoine) qui préfèrerait le voir manger un peu moins…

Mais la primeur revient tout de même à Om Puri (2) et Helen Mirren qui s’entendent à merveille pour faire basculer cette histoire dans une sorte de merveilleux réaliste, à travers une histoire d’amour platonique mais intense.

 

Bref, on en reprendrait volontiers !

 

  1. Du Pêcheur et du petit poisson (1833)
  2. C’est son avant-dernier film : il est mort quelques semaines avant la sortie de son dernier, en 2017.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Drame, #Kristina Buozyte, #Bruno Samper
Vesper (Kristina Buozyte & Bruno Samper, 2022)

Vesper (Raffiella Chapman) est une jeune fille qui vit seule avec son père paralysé – Darius (Richard Brake) – dans un monde post-apocalyptique : les écosystèmes ont été détruits – par les humains, bien entendu – et seules les Citadelles produisent des graines à usage unique aux « paysans » qui vendent leur sang pour les acheter. Ce sang servira aux habitants de la Citadelle de prolonger ad libitum leur vie…

Un jour, un vaisseau de la Citadelle s’écrase, avec à son bord Elias (Edmund Dehn) qui ne survivra pas, et Camellia (Rosy McEwen). Cette dernière est hébergée et cachée par Vesper, parce que la Citadelle veut la retrouver.

 

« Une graine peut tout changer » annonce l’affiche qui voit une silhouette (Vesper) devant une structure difficilement identifiable quand on n’a encore rien vu : le croisement d’un champignon, d’un arbre et d’une pieuvre, dans un décor crépusculaire. Bref, du sensationnel à prévoir. Cette structure est, bien évidemment la Citadelle dont dépend Vesper : un monde supérieur qui n’a que très peu de rapport (voire pas du tout) avec des gens comme elle et son père. Et les deux réalisateurs, Kristina Buozyte et Bruno Samper, vont plus loin dans leur description de ce monde : nous sommes dans une société qui ressemble à celle du Moyen-âge, mais possède tout de même des technologies avancées.  Théoriquement, Vesper ne devait pas rencontrer Camellia, mais il faut bien un déséquilibre pour avoir une intrigue !

 

Et ça marche ! Nous sommes dans un univers très particulier qui, s’il se situait en ville, aurait eu toutes les chances de relever du steampunk : tout est sombre et technologique, dans un univers uchronique…

Mais nous sommes à la campagne, ou plutôt ce qu’il en reste : des arbres et très peu de cultures, contrôlées. Bien entendu, cette campagne est hostile, comme on peut s’en rendre compte lors de la poursuite par deux « soldats » de la Citadelle : nous avons droit à une autre herbe rouge, beaucoup plus dangereuse que celle de H.G. Wells.

Autre danger de la campagne : Jonas (Eddie Marsan). C’est lui qui traite avec la Citadelle, possédant du coup une ferme très productive, et une famille très prolifique puisqu’il s’accorde toutes les femmes de la région. Et en plus, c’est le frère de Darius…

 

Bref, tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment, et les différent€s interprètes sont à la hauteur de l’enjeu. Eddie Marsan est encore une fois impeccable, bien que du côté obscur, mais c’est surtout Raffiella Chapman qui tire pleinement son épingle du jeu. Les deux réalisateurs ont de suite pensé à elle et on ne peut qu’approuver ce choix. Elle joue juste sans tomber dans certains travers possibles comme l’outrance. Certes Vesper vit des choses dures, mais elle exprime les émotions de son personnage avec juste ce qu’il faut de retenue. Bien sûr, le rôle de Richard Brake n’est pas spécialement reluisant : il est cloué au lit (infirme) et tout doit donc passer par son regard qui, s’il semble un peu toujours le même ne l’est pas et va tout de même établir la connexion avec Vesper et, heureusement pour nous, le spectateur.

 

Comme nous sommes dans une œuvre de science-fiction, nous avons droit à quelques effets numériques. Ils vont émailler le film sans pour autant le surcharger, certaines créatures nous rappelant le magnifique Avatar de James Cameron. C’est une utilisation subtile et raisonnable, la primeur étant donné aux différents interprètes.

Bref, une bien belle curiosité, loin du clinquant hollywoodien (1), prouvant, s’il en était besoin, que le cinéma européen a encore de beaux jours devant lui.

 

  1. J’aime bien ça aussi…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Action, #Espionnage, #Simon Kinberg
355 (The 355 - Simon Kinberg, 2022)

Elles sont (presque toutes) jeunes, elles sont belles, elles savent manier les armes… non ce ne sont pas les Drôles de Dames de Charlie, ce sont des agentes secrètes venues de pays différents et qui ont un seul objectif : récupérer une arme technologique capable de contrôler tout le réseau informatique. Oui, oui, tout !

Bien sûr, elles y parviennent, ce dont on ne doute pas un seul instant.

Qui sont élles : Mason Brown (Jessica Chastain) de la CIA, Khadijah Adiyeme (Lupita Nyong’o) du MI6, l’Allemande Marie Schmidt (Diane Kruger), la psychologue colombienne Graciela Rivera et la Chinoise Lin Mi Sheng (Fan Bingbing).

 

Encore un film basé sur une bonne intention !

Et comme je le dis toujours, une bonne intention ne suffit pas, même avec de bonnes interprètes. Parce que les différentes jeunes femmes sont à la hauteur de l’enjeu, mais cet enjeu n’est pas très élevé, ce qui est bien dommage.

La bonne intention ? Avoir une équipe de type Mission impossible mais exclusivement féminin. Par contre, et là, le bât blesse aussi, dès qu’on grimpe dans la hiérarchie, nous retrouvons les hommes ! Paradoxal, non ?

Par contre, toutes ces femmes nous démontrent – si le besoin s’en faisait sentir – qu’elles y arrivent aussi bien (mieux ?) que Ethan (1) ou James (2). Par contre, sans parvenir – heureusement d’ailleurs ! – au niveau d’Austin.

 

Bref, c’est un film d’action avec une belle idée mais qui manque cruellement d’originalité. Alors, ça se laisse voir, mais sans plus. Quant à le revoir…

Et vous savez (peut-être) ce que je pense des films qui ne méritent pas d’être revus… (4)

 

  1. Hunt
  2. Bond
  3. Powers
  4. On dit qu’ils ne méritent pas d’être vus au préalable…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Gary Dauberman, #James Wan
Annabelle : La Maison du mal (Annabelle comes Home - Gary Dauberman, 2019)

Et de trois (pour Annabelle) !

Après une suite très moyenne, Annabelle nous revient, avec celui qui est à son origine : Gary Dauberman. Lui qui avait surfé – scénaristiquement parlant – sur l’histoire de cette poupée, passe derrière la caméra et, avec l’aide de James Wan (celui des deux premiers Conjuring), relance l’intrigue, mais en mêlant directement les deux univers (somme toute proches).

 

Nous sommes chez les Warren et ces derniers se sont absentés, laissant leur fille Judy (Mckenna Grace) avec Mary Ellen (Madison Iseman), sa baby-sitter attitrée. Alors qu’elles préparent un gâteau, arrive une amie de Mary Ellen, Daniela (Katie Sarife). Cette dernière vient de perdre son père et va profiter de sa présence chez les deux parapsychologues pour essayer de rentrer en contact avec lui.

Mais – heureusement pour le spectateur – elle ouvre la cage de verre de la poupée, libérant de nombreux esprits maléfiques, amenant dans la maison une situation apocalyptique avec toutes sortes de phénomènes surnaturels…

Et les Warren qui ne rentrent pas !

 

Il s’agit, d’une certaine façon, d’un film très convenu : on ne s’improvise pas réalisateur comme ça, et Dauberman, s’il réussit à peu près son intrigue, ne fait qu’en chaîner les effets maintes fois éprouvés.

  • c’est la nuit ;
  • des jeunes filles sont livrées à elles-mêmes ;
  • les esprits attaquent ;
  • Annabelle est toujours là.

 

Bref, rien de bien original et les occasions de sursauter sont bien rares et, elles aussi très convenues.

Bref, pas de réelle nouveauté, si ce n’est un plus grand télescopage entre les deux « franchises, Annabelle & Conjuring. Mais Dauberman privilégie les poncifs et écarte très rapidement les deux scientifiques pour se concentrer sur les effets visuels pas toujours convaincants : « déjà vu », comme disent les anglophones…

Et James Wan a beau être crédité pour l’histoire, rien n’y fait, Annabelle n’atteint pas le niveau du premier film de la série (2013).

 

Dommage ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire
Vikings (Michael Hirst, 2013-2020)

Ragnar Lothbrok (Travis Fimmel), Lagertha (Katheryn Winnick), Björn Iron-Side (Alexander Ludwig), Rollon (Clive Standen), Floki (Gustaf Skarsgård), le roi Harald (Peter Franzén) ou encore Ivar the Boneless (Alex Høgh Andersen), tels sont quelques uns des personnages plus ou moins réels que nous rencontrons dans cette incroyable série comportant pas moins de 89 épisodes.

Les différents personnages étant, pour nombre d’entre eux , semi mythiques, la vérité historique s’en trouve un tantinet tordue. Mais qui s’en plaindra ? Nous sommes au spectacle, et Michael Hirst nous en offre un plutôt impressionnant !

Bien entendu, ce sont des Vikings et leurs manières ne sont pas toujours très policées : tout est prétexte à bagarre, guerre comme paix voient toujours des affrontements. Sans oublier quelques raffinements tels que les « ailes de l’aigle » et autres joyeusetés…

 

Bien sûr, nous avons droit à des repères temporels et de véritables personnages historiques  - outre Rollon, on rencontre le roi Alfred (Ferdia Walsh-Peelo), le roi Charles (Lothaire Bluteau) ou encore sa fille Gisla (Morgane Polanski)… Ce qui nous permet de nous repérer dans l’époque. Mais comme souvent dans les sagas vikings, nous retrouvons ce que nous aimons : des guerriers rudes et combatifs, avec un système pileux très développé : peu d’acteurs ne portent pas de barbe ! Bien entendu, les signes vikings sont là : runes et tatouages émaillent la série, et on en arrive même à se demander comment Floki, seul, arrive à se faire lui-même les siens avec autant de précision…

Pour le reste, c’est une véritable épopée qui s’étend sur une bonne moitié du monde tel que nous le connaissons : Europe du Nord (Scandinavie, bien entendu) et du Sud, pourtour méditerranéen et incursions en Afrique, route de la soie… Et même un étonnant nouveau monde, plus à l’ouest !

 

Et surtout, Hirst et les différents réalisateurs qui se sont succédés recréent magnifiquement cette époque sombre et polythéiste, en donnant aux femmes une place prépondérante : non seulement elles se battaient aux côtés des hommes, mais certaines dirigeaient même des territoires, et décidaient alors sans contestation.

Et au milieu de tout cela, une intrigue (très) librement inspirée de la Saga de Ragnar Lothbrok, qui voit les périples et combats de ce héros mythique et sa succession entre ses quatre principaux fils : outre Björn et Ivar, Hirst a utilisé Hvitserk (Marco Illsø) et Ubbe (Jordan Patrick Smith), avec des destins forts différents des deux autres.

Mais ce sont ces deux autres fils qui vont permettre aux Vikings de s’intégrer au monde, autrement que par la conquête : une époque s’est terminée, une autre commence. Les dieux nordiques sont chassés, le christianisme va progressivement s’installer.

 

C’est grandiose (encore meilleur sur grand écran), palpitant et violent. Les morts s’enchaînent et même les personnages principaux ne sont pas épargnés, amenant d’autres développements dans la série, pour notre plus grand plaisir.

Quant à l’interprétation, elle est impeccable. De plus, les costumes et maquillages (élaborés) sont remarquables et nous aident à mieux nous plonger dans cette épopée médiévale. On retiendra les yeux bleus de Travis Fimmel et de Jordan Patrick Smith, mais aussi la présence de quelques noms connus, tels Steven Berkoff (le roi Olaf) ou Gabriel « Keaton » Byrne (le jarl Haraldson), ou encore Jonathan Rhys-Meyers (Heahmund), sans oublier Ray « Titus Pullo » Stevenson dans un rôle ambigu mais très pertinent.

 

Une série qui se laisse voir, et bien entendu revoir !

 

PS : ma préférence va au personnage de Floki, faux innocent mais véritable Viking…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Robert Zemeckis, #Tom Hanks
Here : Les plus belles Années de notre vie (Here - Robert Zemeckis, 2024)

La vie, l’amour, la mort.

Le film de Robert Zemeckis est une singulière ode à ces trois moments inévitables dans l’existence de chaque être humain.

Singulière, parce que vue à travers un seul cadrage, qui évolue en fonction des différentes époques évoquées : des repères chronologiques des Etats-Unis : avant l’arrivée des colons avec l’histoire d’amour entre une jeune indigène (Dannie McCallum) et un jeune homme qu’on n’appelle pas encore Indien (Joel Oulette) ; et après avec les différents propriétaires qui se sont succédés, d’avant 1776 jusqu’au COVID-19 et même (un peu) après, avec en fil rouge l’histoire des Young qui occupèrent la demeure le plus longtemps.

A quoi ressemble cette demeure ? On ne le saura qu’au dernier moment, quand le film se referme et que la caméra s’en éloigne progressivement.

 

Oui, c’est un film bien singulier que nous propose encore une fois Robert Zemeckis. Loin des blockbusters plus ou moins mâtinés de (super) héros invincibles, il resserre ses nombreuses intrigues autour d’un lieu arrêté qui évolue avec le temps : de la nature sauvage – et préhistorique – à la société actuelle, et en particulier le XXème siècle. Et si le plan proposé est toujours le même, c’est le montage qui retient toute notre attention et donne à ce film sa dimension esthétique et pleinement humaine. On y naît, on y vit, on y meurt, voire on y est enterré. C’est un magnifique concentré de Vie, avec ses joies et ses peines, ses espoirs et ses tragédies. Et la vie des Young à elle seule reprend tous ces thèmes, livrant aux spectateurs toute l’humanité des personnages, télescopant au passage les autres périodes, en reprenant quelques faits marquants de celles-ci.

 

Et ce télescopage se fait à la manière d’un album de photos qu’on feuillette, au hasard (pour celui qui le compulse, pas pour le réalisateur) des pages, hasard exprimé par des cadrages insérés dans le plan fixe qui envahissent tout l’écran pour nous plonger dans une période précise :

  • Avant les colons anglais ;
  • Au temps de la Révolution américaine autour de Benjamin Franklin (Keith Bartlett) ;
  • Les années 1910 avec Pauline (Michelle « Mary Crawley » Dockery) et John Harter (Gwilym Lee), as de l’aviation encore balbutiante ;
  • Les années 1940 (jusqu’à la guerre) avec Stella (Ophelia Lovibond) et Leo l’inventeur (David Fynn) ;
  • L’après guerre avec Rose (Kelly Reilly) & Al (Paul Bettany), leur fils Richard (Tom « Forrest » Hanks et sa femme Margaret (Robin « Buttercup » Wright) ;
  • Le XXIème siècle avec Devon (Nicholas Pinnock) et Helen Harris (Nikki Amuka-Bird).

Et c’est à chaque fois un élément du décor, encadré qui nous fait passer d’une époque à une autre. Une merveille.

 

Et encore une fois, Tom Hanks est impeccable, tout comme Robin Wright qu’il retrouve trente ans après Forrest Gump. Le duo fonctionne encore une fois à merveille, épaulé par l’autre duo des parents. Bref, ça fonctionne parfaitement et on ne peut qu’avoir le sourire une fois que la caméra s’éloigne lentement, alors que le film se termine.

Et c’est une fin douce mais un brin amère qui nous est proposée, les deux protagonistes (Richard & Margaret) fermant définitivement le livre des souvenirs – le sous-titre français – et toutes ces années qui ne furent pas obligatoirement les meilleures, mais resteront gravées dans l’esprit de leurs participants.

 

Et la rédemption, dans tout ça ? Je vous laisse juge(s), mais je l’ai trouvée dans la dernière séquence, entre ces deux personnages très attachants, avant qu’on les laisse définitivement….

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog