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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Dev Patel
Monkey Man (Dev Patel, 2024)

Dev Patel (« Kid ») a mûri. Il s’est laissé poussé la barbe et n’a plus l’allure du jeune homme un tantinet gauche, ressort comique plus ou moins volontaire.

Il est ici un lutteur, orphelin, dont la mère a été tuée par le chef de la police indienne, Rana Singh (Sikandar Kher). Son but dans la vie : venger sa mère de celui qui l’a tuée et de son commanditaire.

Mais même s’il est habitué à encaisser, s’attaquer à Rana est autre chose qu’un combat arrangé. Et la première rencontre se termine plutôt mal. Par contre, la deuxième rencontre qui se profile penche nettement plus en sa faveur…

 

Autant le dire tout de suite, ce premier film de Dev « slumdog » Patel est très violent. Et ce malgré l’utilisation – pertinente – de la musique. Il n’y a pas de ballet à véritablement parler, et les coups – et les morts – s’enchaînent à un rythme effréné, et de manière peu feutrée.

Et, outre la violence physique déployée par ce drôle de héros, nous assistons à une violence politique personnalisée par le même Rana, et régie par une alliance qui a fait ses preuves depuis de nombreux siècles : le pouvoir (et la police) et la religion.

Et Patel nous expose progressivement les liens entre ces deux institutions régnantes : de nombreux flashbacks qui émaillent la première partie avant d’être regroupés par une longue séquence qui nous permet de comprendre comment il en est arrivé là.

 

Certes, cette histoire est celle d’une vengeance ordinaire – pour le cinéma – alors il faut y trouver l’intérêt ailleurs : Patel révise ses classiques et on peut – croit ? – y trouver quelques références antérieures.

La vengeance et le déferlement de violence qui s’en suit nous ramène bien sûr à Gangs of New York (2002), mais le dernier affrontement lui, nous rappelle celui d’Opération Dragon. Sans oublier une poursuite en voitures (derrière) alors que notre héros pilote le tuk-tuk  (rickshaw) d’Alphonso (Pitobash), tel James Bond dans Octopussy (1). Quant à la préparation physique, vous pouvez en trouver un peu partout, Alors ce qui  la distingue des autres, c’est l’accompagnement rythmique de Zakir Hussein (qui mourut quelques mois plus tard), en parfaite harmonie avec l’acteur, pour une séquence qui nous replonge dans la mythologie indienne.

 

Pare que cette mythologie est omniprésente : la séquence d’ouverture voit Neela (Adithi Kalkunte) raconter à son fils (Jatin Malik) l’histoire de Hanumān, divinité très populaire de l’hindouisme, à la tête de singe (d’où le titre). Bien entendu, Notre « Kid » porte un masque de singe quand il combat dans l’arène (le ring), mais à l’instar de son modèle, il va libérer l’Inde du Mal, représenté par Rana et bien sûr, son commanditaire – d’une si grande humilité qu’elle en devient suspecte – le gourou Shakti (Makrand Deshpande).

Bref, la lutte contre la corruption prend une valeur mythique : Hanumān  (le « Kid ») contre  le roi des démons Râvana (Rana & Shakti).

 

Mais ce qui ressort le plus de ce film, c’est son aspect sensoriel, voire sensuel. Dev Patel user (abuse ?) de caméras subjectives qui nous plongent à l’intérieur de son personnage, mais la proximité générale de la caméra dans le film nous permet de ressentir ce film : chaleur, douleur, rêve, délire… Tout y est, jusqu’au sang qui ne cesse de couler, à différents débits.

Nous sommes toujours au cœur de l’action, sinon à la place du personnage.

 

Bref, encore une fois, Patel nous offre une belle prestation, et il ne déroge pas à la règle en donnant la part belle à ses interprètes, masculins et féminins. C’est un film plutôt équilibré, même si les combats y prennent une grande place : il rend ainsi hommage au cinéma qu’il aime, de Corée ou avec Bruce Lee.

Toutefois, cette grande place donnée aux combats peut lasser…

Quoi qu’il en soit, pour un premier film, Dev Patel réussit son coup (surtout aux Etats-Unis), et je ne serai pas étonné qu’il récidive…

 

PS : On notera la présence (presque incongrue) de Sharlto Copley, dans un rôle qui, s’il n’est pas totalement indispensable à l’intrigue, à de quoi réjouir…

 

  1. Quand il tape dans le sac de riz, si vous ne pensez pas à Rocky, c’est que vous ne l’avez pas vu…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chronique, #David Lynch
Une Histoire vraie (The Straight Story - David Lynch, 1999)

Alvin Straight (Richard Farnsworth dont c’est le dernier film) a 73 ans, un début d’emphysème, du diabète et toute cette sorte de choses. Alors quand il apprend que son frère Lyle (Harry Dean Stanton) a eu une attaque, il décide d’aller le voir par ses propres moyens. Seulement, quand on boite et qu’on ne peut pas conduire à cause d’une vision défaillante, ça devient très compliqué.

Pas grave, il va y aller avec sa tondeuse (autoportée). Après tout, il n’y a que 404 kilomètres de Laurens (Iowa) à Mount Zion (Wisconsin) !

S’ensuit alors un road-movie très singulier…

 

Oui, un road-movie bien singulier parce que, pour une fois, ce n’est pas le personnage principal qui évolue. Au contraire, et c’est expliqué dès le début, Alvin est un être têtu – tout autant que son frère – et quand il a décidé quelque chose, rien ne pourra le faire changer d’avis. A part peut-être la mort, mais ce ne sera pas de son propre fait !

Alvin va donc parcourir cette distance à bord de son engin, croisant d’autres voyageurs ou des sédentaires, laissant à chaque fois un petit quelque chose qui fait que leur vie ne sera plus la même.

Avec un dénominateur commun pour (presque) toutes ses rencontres : la famille. Les seuls qui y échappent (à la famille), ce sont les jeunes cyclistes. Mais malgré tout, il va leur laisser son empreinte, pleine de sagesse (ordinaire) et d’expérience : eux aussi ne repartiront pas comme ils étaient arrivés. Jusqu’à son frère, tout aussi têtu que lui, et qu’il n’a pas revu en dix ans, qui va plier devant l’exploit réalisé, la simple invitation à s’asseoir effaçant d’un coup dix ans d’isolement et de rancœur.

 

Il y a aussi un soupçon de western dans cette étrange épopée. Alvin est un cow-boy solitaire qui parcourt les grandes plaines du Midwest, sur sa monture fidèle qui, si elle n’a pas quatre sabots possède tout de même quatre roues. Et l’analogie entre le cheval et la tondeuse est développé jusqu’à l’extrême : quand sa première « monture » le lâche, il l’abat, tel un cheval de course à la patte brisée.

Et la vieille carne (une John Deere de 1966) qui la remplace tiendra son rôle jusqu’au bout, amenant cette réalisation d’intrigue – attendue certes – remplie d’émotion(s).

Autre élément de western : les bivouacs. A l’instar des cow-boys traditionnels (ceux des films, surtout), Alvin va s’installer pour la nuit dans un champ retiré – ou ailleurs – allumant l’inévitable feu pour faire cuire sa nourriture. Seul le jardin des Riordan (James Cada & Sally Wingert) y échappe : ça ne se fait pas trop de faire un feu chez des gens qui t’accueillent… Mais on retrouve chez ces mêmes Riordan la mythique hospitalité de l’Ouest chère aux westerns : ce n’est pas une grange, mais malgré tout, c’est un abri en attendant les soins pour sa monture…

 

Au final, David Lynch – qui ne fait pourtant pas partie de mes réalisateurs fétiches – réussit un film admirable, où domine l’humanité. Celle d’Alvin, bien entendu, dans ce qu’il apporte de positif aux autres, plus ou moins malgré lui. Mais aussi une humanité qui nous rappelle que nous sommes faillibles, que nous faisons des erreurs (1), volontaires ou non, avec en point d’orgue les réminiscences de la deuxième guerre mondiale avec Verlyn Heller (Wiley Harker), autre vétéran comme lui, tout aussi marqué par la guerre.

Et bien entendu, nous ne pouvons échapper à la sempiternelle rédemption, étape obligée des films américains…

Il y a une dimension religieuse dans la démarche d’Alvin auprès de son frère : entre ses propres problèmes de santé et ceux de son frère, il prend conscience de la fragilité de son existence qui se termine (2) : ce serait idiot de disparaître sans avoir revu celui qu’il aime malgré les différends qui les ont opposés (attisés par un abus d’alcool…). Et ce périple improbable – mais réel ! – est une sorte de pèlerinage qui va lui permettre d’expier, condition sine qua non d’obtention du Salut. Et là encore, Alvin, de par ce pèlerinage, obtiendra en même temps celui de son frère, qui effacera d’une phrase (voir plus haut) les dix années de discordes.

 

Un grand film.

 

PS : Avec en prime la formidable Sissy Spacek (Rose, la fille d’Alvin), malheureusement bien rare sur les écrans.

 

  1. Errare humanum est, c’est bien connu…
  2. Le véritable Alvin Straight mourra deux ans après son exploit.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Joseph Losey, #Costa-Gavras
Monsieur Klein (Joseph Losey, 1976)

Robert Klein (Alain Delon) est un homme d’affaires. Et dans le Paris du début 1942, les siennes marchent très bien : l’art se vend à vil prix. Il faut dire que les propriétaires qui veulent s’en dessaisir n’ont pas beaucoup d’opportunité ni surtout de temps : ils sont juifs.

Oui, monsieur Klein est ce qu’on appelle un « profiteur de guerre ».

Mais un matin, alors qu’il raccompagne un client (Jean Bouise), il trouve un journal qui lui est adressé sur le pas de sa porte. Ca ne pourrait pas porter à conséquence si cet imprimé n’était Information Juives, distribué uniquement à des abonnés. Or, Robert Klein n’est pas juif, donc aucune raison de recevoir cela.

A moins qu’il existe un homonyme, juif, qui essaie de se faire passer pour lui, ou de le piéger…

 

C’est du sur mesure – un scénario commencé par Costa-Gavras et achevé par Franco Solinas & Fernando Morandi – pour un Alain Delon au fait de sa gloire – et de son talent. Nous sommes loin du spectacle, et proche du jeu melvillien du Samouraï quelques années plus tôt : tout est dans la retenue et la sobriété.

Robert Klein, celui que nous suivons, n’a rien d’exceptionnel. Il est ce qu’on appelle un « bon Français », bien au fait de la situation générale, et comme beaucoup d’autres, il s’en satisfait puisqu’il s’enrichit progressivement sur le dos des persécutés.

Et Losey nous donne la clé de son film dès le début : une femme (Isabelle Sadoyan) est auscultée par un médecin (Jacques Maury) afin de confirmer ou non sa judéité. Dans le même temps, son mari subit la même humiliation. Et quand ils se retrouvent, ils se mentent.

 

Et le film de Losey est le développement d’un incroyable mensonge qui a, hélas, permis la mort de millions de personnes. Et si le contexte n’était pas si grave, on pourrait presque qualifier cette intrigue d’absurde, tant la vie de ce Robert Klein bascule. C’est, pour lui, un autre monde, où il n’est plus complètement lui-même, ni tout à fait un autre. Et le plan qui illustre au mieux cette idée voit Klein parler à un chasseur (de restaurant) qui lui explique (lui aussi) que le véritable Klein (l’autre, donc) lui ressemble : en face de Delon-Klein, un miroir qui lui renvoie, évidemment, son image !

Mais alors que tout ceci n’aurait pu être qu’un malentendu, Klein (Delon), évidemment, nous ne voyons jamais l’autre) va entrer dans le jeu et – fatalement – mettre son doigt dans un engrenage qui – inévitablement – va le broyer.

 

Et parallèlement, Joseph Losey va installer la perte de Klein : les cadres de la Préfecture de Police qui se réunissent, la collecte des noms et les vérifications des adresses qui leur correspondent par des fonctionnaires de police bien appliqués. Ce sont de courtes séquences qui émaillent l’intrigue principale, jusqu’à l’opération finale qui, si elle n’est jamais nommée ressemble beaucoup à la Rafle du Vel’d’Hiv’ (15 & 16 juillet 1942).

La perte de Klein car ce dernier, à poursuivre son homonyme va certainement le retrouver : il n’est plus qu’à quelques mètres de lui quand le film se termine dans un train qui part pour les camps de la mort… Où se trouve aussi l’acheteur du début, celui qui lui avait souhaité plus ou moins ironiquement « bonne chance »…

Et Losey, à travers cette erreur judiciaire (1) – mais c’en est aussi une, et encore plus grande, pour les Juifs raflés – Losey fait subir à son personnage principal le même sort que ceux qui sont persécutés : justification d’aryanité, interdictions diverses, saisie des biens. Et bien sûr, arrestation puis déportation.

 

Bien sûr, il y a du Kafka dans cette histoire, entre la Métamorphose et Le Procès, nous trouvons un homme qui va progressivement être broyé par un système inique pour disparaître et, au final (après le film ?) n’être plus rien, un visage dans la foule qui disparaît pour ne plus exister : la mort l’attend, là encore inévitablement. Et à qui s’adresse la dernière réplique ? A son ami Pierre (Michael Lonsdale) ? A lui-même ? Au spectateur ?

A personne. Nous savons tous qu’il ne reviendra pas.

 

Et Delon nous offre à nouveau une prestation phénoménale, interprétant cet homme aux prises à une situation autant absurde que tragique. Mais à nouveau, soulignons la kyrielle de seconds rôles qui supportent admirablement le jeu de la star. A chaque coin de rue plan, une tête plus ou moins connue qui interprète, elle aussi au même niveau que la vedette : Michel Aumont (le commissaire), Juliet Bertho (Jeanine), Gérard Jugnot (le photographe), Louis Seigner (le père de Robert)… La liste est longue et réjouissante.

De plus Losey recrée avec sobriété cette période on ne peut plus troublée, dans les beaux décors du vétéran Alexandre Trauner.

 

Les grands absents sont étonnamment (?) les soldats allemands : alors que les images d’archives de l’époque nous les montrent à chaque coin de rue, ici, deux séquences nous les présentent : à Strasbourg nous en croisons un, et dans un cabaret, quelques uns profitent d’un spectacle antisémite de (très) mauvais goût (pléonasme).

Pourquoi cette absence ? Tout simplement pour faire mentir la femme juive qui a été raflée et qui ne veut pas croire que la police française  peut (et donc va) les livrer aux Allemands…

Eh oui, c’est la police française, toute seule, qui s’est permise cette infamie…

Ne l’oublions pas !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Guerre
Lee Miller (Lee - Ellen Kuras, 2023)

Saint-Malo, été 1944.

Une femme en tenue militaire essaie d’éviter les bombes qui pleuvent dans la rue. Cette femme, c’est Elizabeth Miller, plus connue sous le nom de Lee (Kate Winslet). Après avoir été mannequin, modèle et même muse de Man Ray (Seán Dugan), elle est passée derrière l’objectif, réalisant d’incroyables photographies. Mais surtout, elle fut la première femme correspondante de guerre (pour Vogue), couvrant le déploiement des Alliés après le débarquement jusqu’à la fin du conflit, avec – en prime, hélas – la visite des camps de concentration de Buchenwald et Dachau, dont elle tira les premières photos publiées par ce même magazine (aux Etats-Unis).

Chiddingly (Sussex), été 1977.

Un jeune homme (Josh O’Connor) interviouve la photographe, peu de temps avant sa mort (qui survient le 21 juillet). Elle se souvient, alors…

 

Si les premiers souvenirs – outre Saint-Malo, furtivement (voir ci-dessus) – sont teintés de nonchalance – des airs de vacances sur la riviera – la réalité crue va bientôt prendre le dessus, donnant à la guerre un point de vue différent : féminin. Comme le montrent les séquences anglaises, il n’est pas bon d’être une femme pour nos amis british : des boulots subalternes malgré l’énergie et l’engouement déployés par ces femmes. Mais heureusement pour elle, Lee est américaine et il lui est plus facile d’obtenir quelques accréditations pour débarquer en Normandie.

 

Ellen Kuras, d’après le livre du propre fils de Lee va développer cette période relativement courte sur une vie, mais qui justifie pleinement son titre : The Lives of Lee Miller (1). On pourrait presque parler de road-movie dans ce cas-là tant elle a parcouru de distances et a changé pendant un petit peu plus d’un an : la Lee qui sort de la guerre n’est plus la jeune femme qui se prélasse avec ses amies, aussi prestigieuses soient elles, entourées d’artistes incroyables (Picasso, Eluard, Man Ray…).

Et Kate Winslet est encore une fois phénoménale, interprétant avec justesse cette femme hors du commun, « libérée » comme on ne disait pas encore à l’époque. Bien sûr, cette Lee Miller que nous voyons ressemble beaucoup aux femmes d’aujourd’hui, mais par petites touches, Ellen Kuras nous la remet dans le milieu attendu pour les femmes d’alors : la cuisine. Mais, heureusement, cela ne dure pas.

Lee est sur le front, capturant des moments de vie et de mort.

 

Bien sûr, le film de Kuras n’est pas parfait et on peut lui reprocher un démarrage un brin laborieux. Mais très rapidement, alors que la guerre commence et surtout arrive dans sa dernière phase (été 44), le film prend son rythme de croisière et nous décrit avec beaucoup de justesse cette période, sans pour autant entrer dans un voyeurisme qui aurait été facile. C’est là la grande différence avec le véritable journalisme pratiqué par cette femme hors du commun. Nous restons toujours sur le point de vue de Lee qui, femme avant tout, ne voit pas les choses comme ses confrères et les différents soldats qu’elle va rencontrer : normal, ce  ne sont que des hommes (2).

Par contre, d’un point de vue esthétique, c’est admirable. Il faut dire que même si c’est le premier film de cinéma réalisé par Kuras, elle a tout de même une trentaine d’années passées derrière la caméra.

 

Bref, un film fort, porté de bout en bout par l’incroyable Kate Winslet qui s’est battue contre un milieu plutôt viril pour imposer ce film de femmes : par des femmes, sur une femme, pour tous !

 

  1. Les Vies de Lee Miller (1988)
  2. Double sens possible…
Elizabeth « Lee » Miller (1907-1977)

Elizabeth « Lee » Miller (1907-1977)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Roger Kay
Le Cabinet du docteur Caligari (The Cabinet of Caligari - Roger Kay, 1962)

Jane Lindstrom (Glynis Johns) est en vacances et conduit négligemment à l’aventure. Malheureusement pour elle, un pneu éclate et elle se retrouve à pieds. A la recherche d’une maison accueillante, elle arrive chez un homme étrange et fascinant : Caligari (Dan O’Herlihy). Il l’accueille à bras ouverts et la loge même pour la nuit, sa voiture nécessitant des réparations. Au matin, elle veut repartir mais n’y arrive pas : sa nourriture est droguée.

Au réveil (le soir) elle rencontre les invités de Caligari, tout aussi étranges que lui.

Mais toujours aucune occasion de partir…

 

Il fallait bien qu’à un moment Hollywood s’empare de cette histoire étrange. C’est donc chose faite (et une deuxième fois depuis !), et de façon pas si mauvaise que ça… En effet, nous retrouvons d’une certaine manière (très) basique la structure de l’intrigue de Carl Mayer & Hans Janowitz, mais alors que dans l’œuvre originale, le cabinet était une sorte de placard dans lequel dormait Cesare (Conrad Veidt), ici, il s’agit d’un véritable cabinet de médecine : Caligari, comme son prédécesseur (Werner Krauss) est médecin.

Mais il n’a pas le rôle magnifique que lui prêtait le personnage principal et narrateur (Friedrich Fréher). Tout d’abord parce que le personnage principal est une femme !

 

Ici aussi, tout est vu du point de vue de cette femme qui se retrouve prisonnière d’un lieu qu’on pourrait qualifier « de liberté » : les portes ne sont pas verrouillées sauf la grille à certaines heures (pour la nuit) et il n’y a aucune pression sur les « pensionnaires » de cet établissement. Parce que nous sommes bel et bien dans un institut psychiatrique, comme initialement chez Wiene.

Normal : c’est un remake. Par contre, il aurait été un tantinet plus honnête de préciser dès l’ouverture que le scénario « original » de Robert Bloch ne l’était pas tant que ça !

 

Quoi qu’il en soit, Roger Kay, avec l’aide son chef-op’ (John L. Russell), nous propose un film (de série B certes) d’une facture très honorable. Et l’apport du technicien y est très certainement pour beaucoup : le dernier long métrage auquel ait participé Russell était alors Psychose, on pourrait rêver pire ! Et cette façon de filmer se retrouve ici dans cette intrigue aussi oppressante que mystérieuse.

Bien sûr, Kay n’est pas Hitchcock, mais il réussit à nous tenir en haleine jusqu’au dénouement final, là aussi un basculement de dernière minute souligné par une caméra subjective insistante, mais tellement pertinente.

 

Et la fuite de Cesare avec dans ses bras Lil Dagover ? (1) Certes, il était exclu de la reproduire, et surtout de la même façon : l’Expressionnisme est terminé depuis bien longtemps, surtout que le film de Wiene n’en faisait pas partie. Mais nous avons droit tout de même à une très belle séquence dans laquelle Jane va tenter de s’évader. C’est la véritable catharsis attendue, dans un décor qui rappelle (enfin ?) le film de 1919.

Nous ne sommes plus dans l’Expressionnisme, donc, mais on y retrouve tout de même quelques touches surréalistes bienvenues.

 

Au final comme pour beaucoup de remakes, on peut se poser la question de l’intérêt d’une nouvelle adaptation. Bien sûr que celle-ci ne s’imposait pas, mais puisqu’elle est là, autant se laisser tenter, et la savourer pour ce qu’elle est, avec toutefois la sensation de le faire en cachette, comme quand on fume pour la première fois…

 

  1. Dont le personnage se prénomme elle aussi Jane…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Navet, #Ford Sterling, #Charles Chaplin
The thief Catcher (Ford Sterling, 1914)

Le policier Suspicious John (Ford Sterling) se promène avec son chien, quand il croise le chemin de trois brigands (dont Edgar Kennedy & Mack Swain). Il les prend en photo mais est rapidement  repéré. S’ensuit une poursuite à laquelle vont participer les inévitables Keystone Cops, avec parmi eux un jeune homme de 24 ans qui a déjà fait parler de lui : Charles Spencer Chaplin…

 

Nous sommes donc toujours dans les débuts de Chaplin, et s’il participe à ce petit film un tantinet médiocre de Sterling, ce n’est pas pour sa qualité… N’oublions pas que lui aussi est sous contrat chez Sennett.

Et comme c’est Sterling qui dirige, c’est aussi lui qui tient le premier rôle. Certes, son apparence est assez réussie – on a du mal à reconnaître celui qui sera Aubry Piper dans The Show-off quelques années plus tard – mais son jeu est des plus sommaires, sinon très outré (euphémisme). Bref, nous sommes dans une comédie de chez Sennett où tout est bon pour ridiculiser la police, sans faire dans la finesse.

De toute façon, ce n’était pas ce que le public venait chercher. Et s’il n’y a pas l’inévitable (elle aussi) tarte à la crème, un seau d’eau envoyé dans la figure de notre héros la remplace tout aussi efficacement, mais là encore sans grande distinction.

 

Peut-être est-ce dû au fait que Sterling est encore novice dans le domaine de la réalisation (c’est son second film de l’autre côté de la caméra), mais c’est tout de même un film très mineur où le niveau d’humour est assez bas et surtout sans subtilité.

Pour sa part, Chaplin a sa moustache caractéristique, mais son personnage fétiche n’a pas été appelé et son jeu se perd dans la médiocrité ambiante. Certes, on ne peut pas le rater, mais ça ne suffit pas.

Et Ford Sterling ne réussit pas vraiment à nous soutirer le moindre sourire, et ce malgré mon indulgence naturelle pour la période muette. Je me suis ennuyé malgré le format (un peu plus de 12 minutes) devant cette intrigue rachitique où même la fin n’est pas spécialement réussie ni logique.

 

Et au final, un tout petit film – et pas seulement dans la longueur – où le seul véritable intérêt qu’on peut en tirer, c’est d’essayer de retrouver les différents interprètes : aucune mention, sauf dans quelques livres et sur les sites spécialisés… On remarquera aussi un policier qui n’est pas sûr de la fixation de sa moustache, mais surtout que le véritable héros de cette histoire, c’est le chien : il est le seul à accomplir un exploit !

Bref, un film à oublier, ce que Chaplin ne fera certainement pas : on peut penser qu’il le prendra un peu comme modèle de ce qu’il ne faut pas faire… Mais ça, ça reste à prouver.

 

Sterling n’insistera pas trop dans le domaine de la réalisation et reviendra au seul jeu, avec seulement dix-sept films réalisés sur une période de 8 ans, dont quinze avant l’année 1916…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jean-Paul Le Chanois, #Jean Gabin
Les Misérables (Jean-Paul Le Chanois, 1958)

Et de dix !
Le film de Jean-Paul Le Chanois est la dixième adaptation cinématographique du roman d’Hugo (sur quatorze), et la quatrième française (seulement !)Et pour cette œuvre épique, on n’a pas lésiné sur la distribution : rien de moins que Gabin (Valjean), Blier (Javert) et Bourvil (Thénardier).

Et le résultat est à la hauteur des espérances, mais pas celles de Le Chanois qui a dû couper dans son film (ça me rappelle quelqu’un…) pour plaire aux distributeurs. Et encore, la version disponible actuellement ne fait que trois heures et trois minutes, ce qui est bien loin des cinq heures heures et quart originales, ramenées à quatre heures par le réalisateur !

On aurait aimé, là encore, voir ce qui a été enlevé…

 

Toujours est-il que Le Chanois, sur un scénario de René Barjavel, nous offre un spectacle somptueux, servi, outre par le trio évoqué, par quelques noms du cinéma français et même quelques protagonistes de la version de Raymond Bernard (1).

Côté intrigue, on retrouve tous les épisodes incontournables de cette histoire édifiante : Fantine et le salaud de bourgeois (Bernard Musson) ; Cosette (Martine Havet) et son seau ; l’Auberge du Sergent de Waterloo (Thénardier)… Sans oublier la veulerie de Thénardier ni l’intransigeance de Javert.

Et ça fonctionne ! On suit encore une fois avec intérêt cette histoire qu’on connaît par cœur, avec Jean Topard et sa fabuleuse voix comme narrateur.

 

Malgré tout, comme moi, on peut lui préférer la version de Bernard. En effet, Gabin est beaucoup trop beau pour être Valjean. Il n’a pas l’aspect brutal voire bestial que pouvait avoir Harry Baur – et qu’aura Ventura (1982) – dans le même rôle. Même avec la coiffure réglementaire du bagnard, il reste Jean Gabin. Certes, il nous offre une prestation pluis que correcte, mais il lui manque quelque chose pour être pleinement son personnage. A moins que ce soit un petit quelque chose en trop… Sa belle gueule par exemple. Mais, et surtout, ce qui le sauve, c’est qu’il ne fait pas encore du Gabin, et ça c’est très appréciable.

Par contre, Bourvil est un mémorable Thénardier. A contre-emploi par rapport à ce que nous connaissons de lui, il campe un personnage fourbe et méprisable avec beaucoup de conviction et de justesse. Quant à Blier, en Javert, ce n’est pas non plus totalement ça. Lui aussi n’est pas le Javert idéal, et il est même un cran au-dessous de Vanel (1934). (2)

 

Bref, c’est une très belle version qu’on pourrait qualifier d’ »académique », dans laquelle Le Chanois se contente d’adapter sobrement le chef-d’œuvre d’Hugo. Mais cette « académisme » est bien lisse quand on le compare avec celle de 1934. Certes Bourvil est un formidable Thénardier, ;  mais il n’atteint pas le sommet que représente Charles Dullin qui, lui, avait une Thénardier à la hauteur de son talent : ici, Elfriede Florin (La Thénardier, donc), est elle aussi trop lisse et nous apparaît moins rouée que la Moréno. Peut-être est-ce dû au casting international (elle est allemande), qui amoindrit leur performance, ou chose plus vraisemblable, la présence de trois monstres sacrés à côté desquels il faut sa voir tirer son épingle du jeu.

 

Alors merci à Pathé qui nous offre cette belle version restaurée !

 

  1. Vingt-quatre ans se spont écoulés entre les deux films : c’est le même temps qui le sépare de celui de Robert Hossein (1982), dans lequel on retrouvera Fernand Ledoux qui passera du rôle de monseigneur Miriel (ici) à Fauchelevent (chez Hossein).
  2. De toute façon, mon préféré c’est Michel Bouquet (1982).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bertrand Blier
Les Valseuses (Bertrand Blier, 1974)

« On n’est pas bien, là ?... »

Ca, c'est le leitmotiv de Jean-Claude (Gérard Depardieu) à ses compagnons de route : Pierre (Patrick Dewaere), l’ami de toujours, et Marie-Ange (Miou-Miou), shampouineuse frigide.

Et il ne leur en faut pas beaucoup pour être « bien » : de l’argent et des femmes.

De l’Ardèche au Pas-de-Calais, en passant par la Drôme, la Côte d’Or, ou encore la Normandie, les Valseuses est un film qui raconte l’errance de deux paumés dans la France de la fin des Trente Glorieuses…

Un road-movie très particulier oscillant entre comédie et noirceur, avec, bien entendu de nombreux coups : la gifle phénoménale que prend Marie-Ange ; les minables coups pour récupérer de l’argent ; les bons avec les femmes rencontrées, transformant un harcèlement en consentement…

Pas étonnant que le film ait fait parler de lui dès sa sortie !

 

Et surtout, c’est LE film qui a permis à Bertrand Blier de s’imposer au cinéma et être autre chose que le fils de son père. Et quel film ! C’est un véritable feu d’artifices où le réalisateur nous offre un savant mais équilibré mélange porté par une distribution qui n’est pas encore prestigieuse (1), mais à la hauteur de l’enjeu. De plus, on retrouve auprès d’eux quelques figures elles aussi prestigieuses (Jeanne Moreau, Brigitte Fossey) entourées de seconds couteaux souvent présents dans la décennie (Jacques Rispal, Michel Peyrelon…) ou encore des tout petits rôles qui vont éclater à la fin de cette même décennie (Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Isabelle Huppert…). Bref, du premier choix !

 

Il est étonnant qu’on ne qualifie pas souvent ce film de road-movie dans les différentes critiques qu’on peut lire ailleurs : on insiste surtout sur la noirceur et l’érotisme, alors qu’il s’inscrit pleinement dans le genre. Tout d’abord, les deux acolytes passent leur temps sur la route, utilisant les voitures qui se trouvent sur leur chemin, dont une Traction Avant 15 qu’ils échangent contre une DS, voiture elle aussi mythique s’il en est.

C’est aussi un road-movie parce que le trio va évoluer au fil du temps, pour changer de statut social : de petits braqueurs occasionnels, les deux hommes deviennent assassins, et Marie-Ange devient une complice qui a enfin connu l’extase !

Cette errance est magnifiée par les bons mots  distillés par Blier tout au long de cette balade qui devient alors un nouveau « Voyage au bout de la Nuit », avec une fin malheureuse inévitable, bien que le scénario ne nous la révèle pas vraiment (2).

 

Bien entendu, ce film porte ce qu’on va appeler la « patte » du réalisateur : des répliques cinglantes et des situations provocantes, qui vont affoler les censeurs. Mais heureusement réjouir les spectateurs ! Bien entendu, un tel film est difficilement concevable cinquante ans (et même plus !) après, les mentalités ayant fortement changé – ce qui n’est pas plus mal sur certains points, même si l’humour (plus ou moins) noir y a perdu…

Malgré tout, cette façon de tourner va perdurer pendant quarante-cinq ans, avec à l’arrivée « seulement » seize autres films… Mais quels films !

Et avec des valeurs sûres, dont plusieurs seront récurrentes (Depardieu, Dewaere…).

 

Ce 20 mars, c’est confirmé : un grand réalisateur est né !

 

 

  1. Le trio vedette n’a pas encore la notoriété qu’on leur connaît, mais tout va changer après le 20 mars (1974), jour de sortie du film !
  2. Blier a préféré finir sur l’entrée de la voiture dans un tunnel (noir, évidemment), laissant les spectateurs se faire leur propre opinion sur la suite de cette cavale, faisant défiler le générique de fin dans ce tunnel qui, lui, n’en a pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Jonathan English
Le Sang des Templiers (Ironclad - Jonathan English, 2011)

Les Templiers sont de retour !

Enfin, surtout l’un d’entre eux : Thomas Marshal (James Purefoy – ça ne s’invente pas), un tantinet las de ces années passées sous la bannière d’Ordre.

Cet Ordre qui a combattu Jean Sans Terre (Paul Giamatti) en Angleterre, jusqu’à la signature de la Magna Carta (1215).Mais Jean est revenu sur sa signature et le baron William d’Aubigny (Brian Cox) lève une armée pour tenir une place stratégique en attendant l’arrivée des troupes du roi Louis.

Tout se joue dans le château de Rochester, possession du baron de Bornhill (Derek Jacobi) et sa charmante femme Isabelle (Kate Mara, la sœur de).

Marshal sur les injonctions de l’archevêque Langton (Charles Dance) a rejoint d’Aubigny.

Ce qui n’est pas sans laisser indifférente la belle Isabelle…

 

Donc, c’est au tour de Jonathan English de surfer sur la vague templière, qui déferle depuis le retour des Pauvres Chevaliers du Christ, grâce entre autres, au roman de Dan Brown, le Da Vinci Code.

Bien entendu, le titre français insiste beaucoup plus que l’original sur la participation de l’Ordre dans l’intrigue. « Ironclad » signifie – tout simplement – « cuirassé », en armure, quoi. Enfin surtout en cotte de maille. Et Thomas Marshal est un Templier exemplaire, dévoué totalement – fanatiquement ? – à l’Ordre.

Mais, heureusement, nous avons droit à une fin heureuse, un brin prévisible en ce qui le concerne. Il en va presque de même pour Jean qui ne survivra pas longtemps, terrassé par la dysenterie, comme on peut le lire dans les livres d’Histoire.

 

Pour le reste, nous sommes au cinéma, et l’Histoire pourra repasser : ce n’est pas ce qui nous intéresse le plus.

Par contre, le « sang des Templiers » dont il est question est une chose avérée dans l’intrigue (1) : les chevaliers dont il est question ici sont les compagnons de Marshal qui seront massacrés par les hommes de Jean (toujours lui !) pour lui permettre de s’enfuir.

Bien entendu, comme tous les Templiers, Thomas est partagé entre la religion et les armes, bien que ces dernières semblent – ou tout du moins nous sont présentées ainsi – avoir sa )préférence. Et, à l’instar de leur réputation, Marshal est un guerrier invincible, connaissant toutes les techniques permettant de se défaire de n’importe quel assaillant.

 

Et Jonathan English en plus de s’être adjugé les services de David Egby (le chef-op’ du Mad Max original !) pour le rendu esthétique de l’énergie viscérale qui anime tous ces guerriers, s’appuie sur les stéréotypes médiévaux, mis au goût de notre jour.

EN effet, le Moyen Age est considéré comme un âge sombre, alors il n’hésite pas à jouer sur l’absence de couleur, filmant dans un faux noir et blanc parfois émaillé de teintes colorées.

Bien sûr, la croix sur le tabard de Marshal est rouge –è condition sine qua non de l’appartenance à l’Ordre – mais c’est quasiment la seule véritable couleur qui perdure dans un tableau plutôt grisâtre.

Et cette absence de couleur est la marque de cette rébellion (qui a commencé avant le début de l’intrigue proprement dite), amenant malgré tout une distance par rapport à la violence des combats.

 

Et si le film se laisse regarder agréablement, c’est avant tout parce que English a respecté le précepte inamovible qui veut que le méchant – le roi Jean, donc – soit bien caractérisé ainsi. C’était plutôt facile, puisque depuis Allan Dwan et son Robin des Bois (1922), Jean a toujours le mauvais rôle. Difficile alors pour Paul Giamatti de passer après Sam DeGrasse (1922) ou Claude Rains (1938), Alan Rickman ou encore Jason Isaacs en 2010...

Rassurez-vous, il y arrive très bien, et nous propose un Jean tout aussi haïssable que les autres !

 

  1. Pour une fois (?), le titre n’est pas trop racoleur…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #James Wan
Conjuring 2 : Le Cas Enfied (Conjuring 2 - James Wan, 2026)

Délaissant Annabelle qui a fait parler d’elle après le premier opus, James Wan se penche sur un nouveau cas élucidé par les Warren (Vera Farmiga & Patrick Wilson) : la maison des Hodgson dans le comté d’Enfield, partie septentrionale du Grand Londres.

Nous sommes en 1977, et Janet et ses quatre enfants – encore de nombreux enfants ! – ont remarqué des phénomènes étranges dans la maison qu’ils occupent.

A un moment, une seule solution s’impose : l’intervention des deux démonologues.

Et ça tombe bien, parce que Ed et Lorraine sont le jouet d’une apparition récurrente : une nonne (Bonnie Aarons) inquiétante (euphémisme).

Ca tombe bien, parce que c’est cette même nonne qui tourmente les Hodgson. Lorraine et Ed se rendent donc en Angleterre…

 

On prend les mêmes, et on recommence. Enfin le même duo vedette et une grande partie de l’équipe technique. Pour le reste, beaucoup de nouveaux, surtout dans la distribution des rôles, ce qui est logique. Nous sommes à nouveau aux prises du Mal, personnifié par deux protagonistes très réussi : la nonne donc, mais aussi l’Homme Tordu (1) – « The crooked Man » (Javier Botet) – qui personnalisent ce Mal envahissant.

Mais, hélas, nous sommes dans une suite, et n’est pas Irving Kershner ou Francis Ford Coppola qui veut : le film de James Wan est à nouveau très bien léché, mais on y ressent une baisse d’intensité. Ce qui faisait la force de l’opus s’est émoussé et on frissonne beaucoup moins. Nous avons droit aux mêmes ressorts dramatiques – laideur des monstres, lévitation, phénomènes paranormaux (etc.) – mais on y croit moins.

 

Il faut dire que Wan avait fait très fort trois ans plus tôt et il était difficile de reprendre tout ce qui faisait le sel de la première intrigue sans tomber dans une espèce de répétition, évidemment lourdingue. Un point tout de même a été changé : l’exorcisme (un tantinet empesé la fois précédente) – inévitable – est expédié rapidement, avec toutefois le même effet : le monstre retourne d’où il vient, libérant à la fois la maison anglaise et les esprits des deux personnages principaux.

Mais si l’introduction précise que l’intrigue s’inspire d’une histoire vraie, on a du mal à pleinement entrer dedans. Même la musique de Joseph Bishara, qui avait beaucoup d’importance dans le premier film a tendance à seulement accompagner ce qu’il se passe, comme reléguée au second plan. Pire : on ne sent aucune tension dramatique dans sa présence – ou son absence.

Et c’est peut-être là qu’il faut chercher cette baisse générale de l’intensité du film.

 

Quoi qu’il en soit, on suit tout de même avec intérêt –moindre, donc – cette histoire de possession, encadrée tout de même par quelques fugaces clins d’œil à des éléments antérieurs :

La séquence d’ouverture se situe dans une maison aux fenêtres en forme de quarts de disque (eh oui, Amityville…) ; quand Ed dépose son trophée parmi ceux de ses chasses précédentes, on retrouve la boîte à musique de l’épisode 1, et bien sûr, fidèle au poste dans sa cage de verre, la terrible Annabelle, et sourire figé plus qu’énigmatique !

 

PS : Aïe, aïe, aïe, ils ont tourné un troisième opus…

 

  1. « Tordu » physiquement et moralement.

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