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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anticipation, #Stanley Kubrick
Orange mécanique (A clockwork Orange - Stanley Kubrick, 1971)

Formidable.

Malgré la fin qui diffère du livre de Burgess (celui-ci en voudra à Kubrick). On retrouve les épisodes marquants du livre et la distribution est on ne peut plus pertinente. Evidemment, Malcolm Mc Dowell l'emporte, même s'il est un peu vieux pour jouer Alex (qui a normalement 14 ans).

Et la violence, me direz-vous ? Et moi, je vous répondrai(un petit peu par provocation) : quelle violence ? Cette violence est essentiellement exprimée en musique. Nous assistons à une violence orchestrée, voire un ballet. Le moment qui pourrait être le plus violent du film (dans le théâtre contre Billy Boy) est rythmé par l'ouverture de La Pie Voleuse de Rossini. Les acteurs tapent en rythme, tombent sur le temps... Magistral !

Mais autrement, quelle critique ouverte de la société britannique, et de son système pénitentiaire (pourtant édulcorée par rapport au livre).

Un film magistral tourné par l'un des plus grands cinéastes.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Georges Lautner, #Michel Audiard
Les Tontons flingueurs (George Lautner, 1963)

« Alors, Il dort le gros con ? Ben il dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule. Il va entendre chanter les anges, le gugusse de Montauban. J'vais l'renvoyer tout droit à la maison mère, au terminus des prétentieux. » (Raoul Volfoni)

 

Je pense que cette réplique est l'une des meilleures du film, et en plus, c'est Bernard Blier qui la dit. Mais les Tontons Flingueurs, c'est aussi un film de son temps : nous sommes en 1962-63. De Gaulle est au pouvoir. (« J'aurai pu aussi organiser un référendum » dit Louis Le Mexicain/Jacques Dumesnil). La guerre d'Algérie est terminée, mais ces gangsters-là ont connu l'Occupation (« [...] pendant les années terribles, sous l'Occup', il butait à tout va. Il a quand même décimé toute une division de panzers. » Me Follasse/Francis Blanche) et la guerre d'Indochine (« Tu sais pas ce qu'il me rappelle ? C't'espèce de drôlerie qu'on buvait dans une petite taule de Bien-Ho-Har, pas tellement loin de Saigon. » Raoul Volfoni).

Peut-on penser que ces truands ont été un jour des patriotes et ont eu une rémission pour acte de Résistance, ce qui expliquerait l'entreprise légale de Fernand Naudin.

 

Les Tontons Flingueurs, c'est l'époque des yéyés et des surprises parties (la musique de Michel Magne est assez caractéristique : paroles -> « yéyé / lala »). Antoine Delafoy (Claude Rich), comme tout Français de l'époque possède une télévision et un frigo électrique. Bref, les Tontons flingueurs permettent d'avoir une idée de la France du début des années 60, et surtout c'est un film qui tient la route (et comment !) par ses acteurs et surtout les répliques de Michel Audiard qui ne sera jamais aussi bon. Même dans Les Barbouzes ou Ne nous fâchons pas).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Merian C. Cooper, #Ernest B. Schoedsack, #Fantastique

Merveilleux.

Sur beaucoup de points, et surtout parce que Kong est « la 8ème merveille du monde ».

Quel film ! J'ai toujours pensé qu'après ce film plus rien n'était à inventer. Tout était à perfectionner. Tous les trucages - instaurés par le grand Georges Méliès - seront par la suite améliorés. Mais pas vraiment d'innovation. (sauf peut-être la 3D dans les années 50, mais je sens là un terrain glissant...)

Nous sommes, avec ce film, à deux sommets : celui de L'Empire State Building (récemment construit), et aussi le sommet du film d'aventure des années 30.

Il y a tout : le brouillard, l'île maudite, les sauvages, les créatures préhistoriques, la jeune femme qui ne fait que crier de peur, et bien entendu, la Bête. [On trouvera d'ailleurs certaines similitudes avec le Tarzan de Woody S. van Dyke de l'année précédente] La référence constante entre la Belle et la Bête de Mme Leprince de Beaumont n'est pas anodine. A la différence toutefois que la Belle ne se marie pas avec la Bête. Et en plus elle meurt. (j'espère ne pas trop dévoiler la fin) Mais on se prend à apprécier la Bête et détester ceux qui veulent l'éliminer.

Et cette Bête qui meurt est tragique. Elle aime mais n'est pas aimée en retour, et elle est chassée pour ce qu'elle est. La fin est d'ailleurs magnifique : nous en venons à regretter la mort de notre "héros" poilu.

[pour ceux qui ne connaissent pas : lire Ping Pong de Harvey Kurtzman & Will Elder dans Mad.]

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Charles Chaplin
Les Lumières de la ville (City Lights - Charles Chaplin, 1931)

Voici l'un des films les plus sensuels que je connaisse.

Chaplin en a fait un festival des sens :

- Odorat : Peu de références formelles, mais une qui m’a toujours marqué, c’est le passage de l'éléphant.

- Goût : C’est un film où on mange beaucoup : Chez l’homme riche, au restaurant, à la pause-déjeuner et bien entendu, chez elle, quand il arrive avec ses courses.

- Ouïe : Elle l’entend passer, elle croit l’entendre repartir. On ne comprend rien des discours d’inauguration de la statue, seul le timbre est important : aigu pour une femme, grave pour un homme (Henry Bergman). Les sons, justement. Chaplin avait décidé de passer outre la mode du Parlant, et il use donc de sons pour parfois soutenir son action (spaghetti avalées, gong de boxe)

- Toucher : Le seul sens de reconnaissance pour elle. Elle ne (re)connaît son bienfaiteur que par la texture du revers de sa veste. C’est d’ailleurs leur premier contact, ainsi que leur dernier. Elle ne l’identifie que par le toucher. Et leur contact final est d’une forte intensité, rehaussée par les visages.

- Vue : Tout d’abord, elle est aveugle. Elle a un regard vide. Il lui raconte ses « parties de chasse »… en mimant ! Même si elle ne le voit pas, il fait tout pour paraître. Il escalade le tonneau devant chez elle pour la regarder. Leur deux regards finaux sont des plus éloquents : elle est triste (déçue ?), lui est mi-gêné/mi-triste.

 

C’est aussi une très belle histoire d’amour (comme dans la plupart des Chaplin), où cet homme de rien va tout faire pour celle qu’il aime, jusqu’à aller en prison. Mais là encore, cet amour est impossible. Et pour s’en convaincre, il faut se souvenir de leur dernière rencontre, quand elle se moque gentiment de lui avec ses employées, allant même jusqu’à lui faire l’aumône. L’autre signe de cet amour malheureux, c’est cette fleur qui perd ses pétales alors qu’il réalise qu’elle a changé.

 

Et puis terminons par le dernier échange parlé à double sens (que NOUS n'entendons pas) :

« You can see now? (vous voyez maintenant ?)

- Yes I can see now. (oui, je vois maintenant.) »

Non, aucune chance pour lui. Hélas.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #William A. Wellman, #Guerre

Quel film !

William Wellman, ancien pilote de la première guerre mondiale (Escadrille Lafayette) maîtrise son sujet. Et en plus, il a pris un couple merveilleux : Clara Bow (Mary) et Charles "Buddy" Rogers (Jack).

Elle (Mary) l'aime, lui (Jack) aussi (mais il ne le sait pas) mais il en préfère une autre Sylvia - Jobyna Ralston -  un tantinet collet monté. Cette dernière aime l'autre homme - David (Richard Arlen) -, le riche ami de Jack, qui l'aime en retour.

Ca a l'air compliqué comme ça, mais non. Ils partent tous les deux à la guerre (Jack & David). Et comme elle (Mary) aime Jack, elle s'engage et se retrouve infirmière au front. Jack et David sont pilotes et enchaînent les succès jusqu'à... (voyez le film pour le savoir !)

Clara est plus belle que jamais, femme libre (libérée), elle se laisse accuser pour sauver Jack (en prime, une vue furtive sur sa poitrine). Charles "Buddy" Rogers est naïf à souhait (et donc sympathique), surtout quand il chasse les bulles de champagne. Et puis arrive Gary Cooper, le "vétéran" de l'aviation, premier personnage tragique de ce film. Rassurez-vous, le film se termine bien.

Et les séquences aériennes (à couper le souffle, bien entendu, ne seront égalées que dans Hell's Angels (H. Hughes, 1930)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gustav Machaty, #Comédie dramatique

Voici un film à part. Il s'agit, à mon avis du seul film parlant muet. A ne pas confondre avec Les Temps modernes qui est le seul film muet parlant.

 

Quelle histoire ? Une femme se marie, et rapidement (dès le soir des noces) son mari se révèle d'un ennui mortel. Alors elle s'évade. Elle chevauche, se baigne (nue, d'où la réputation "sulfureuse" du film), et rencontre l'autre. Il est grand, il est beau, il sent bon... Hem. Il est libre, et pas seulement dans sa relation.

 

Il saura la contenter. Elle le choisit, malgré son père. Un film sonore mais muet ? Oui. Les sons utilisés nous parlent, mais le dialogue n'est pas pertinent : il suffit de voir l'échange entre la femme et son père pour s'en convaincre.

Nul besoin de parler la langue utilisée, la situation, les regards suffisent à comprendre la situation.

 

De plus, Hedy Lamarr, qui, en plus, était une mathématicienne de génie, possédait une plastique qui laisse difficilement indifférent [on comprend mieux pourquoi son mari, jaloux, a voulu détruire toutes les copies du film], et en outre un jeu très juste.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Richard Lester, #Audrey Hepburn
La Rose et la flèche (Robin and Marian - Richard Lester, 1976)

Voici enfin un film sur les "superhéros" comme on aime en voir de temps en temps. Robin des Bois est toujours lui-même, Marianne est toujours belle, le Prince Jean, pardon le Roi Jean est détestable, bref tous les ingrédients sont là.

Mais en plus, il y a Richard qui est haïssable au possible et un shérif de Nottingham tout en subtilité. Une distribution de rêve : Audrey Hepburn, Sean Connery et Robert Shaw sont les piliers de ce film. Et quel film ! Les héros sont vieux, usés, fatigués. Mais Robin y croit encore. Il est le seul qui n'a pas changé malgré l'âge. Toujours fougueux, toujours prêt à en découdre. Marianne a vieilli et s'est assagie, le Shérif a juste ce qu'il faut pour être sympathique, et les "merry men" de Robin sont eux aussi sur le déclin.

Bref, enfin un film où le superhéros ne l'est plus, où il est devenu un homme vieillissant et faiblissant, où celle qu'il aime a vieilli elle aussi, bref, des personnages qu'on ne rencontre que trop rarement dans ce genre de film. Un film aussi où l'humour de Lester laisse peu à peu la place à l'émotion qui nous emmène vers la scène finale, fin logique de ce crépuscule.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Charles Laughton
La Nuit du chasseur (The Night of the hunter - Charles Laughton, 1955)

Le film manichéen par excellence. Le seul de son auteur, Charles Laughton, et c'est bien dommage.

Dans ce film, tout est bien ou mal, noir ou blanc. Du côté blanc, il y a John et Pearl, leur mère (Shelley Winters) et Rachel Cooper (inoubliable Lillian Gish). Du côté noir, l'inquiétant et formidable Harry Powell (Robert Mitchum). Même Harry Powell possède ce manichéisme en lui-même : ses mains où sont tatoués les mots Love & Hate et qu'il compare à Abel et Caïn. Et si dans sa parabole, l'amour (Love) l'emporte sur la haine (Hate), dans l'histoire, il n'en va pas de même. [Sauf si on se place du côté du méchant !]

Harry Powell, faux pasteur, abuse de son titre pour séduire. Ca marche avec Willa Harper, mais pas avec ses enfants qui ne voient en Powell qu'un truand à la poursuite du magot de Ben Harper (Peter "Mr Phelps" Graves). Et le film nous conte la poursuite des enfants par Powell. Et c'est là que le noir et blanc prend toute sa dimension. Laughton a filmé de main de maître la nature (hostile, bien entendu) et ces paysages nocturnes où se découpe la silhouette de Mitchum sont tout bonnement inoubliables. On en regrette que ce ne fût pas filmé en Cinémascope, même si les plans ont tendance à élargir l'écran.

Et puis il y a Lillian Gish et ses enfants abandonnés, sa bible et - bien entendu - son fusil. Sa confrontation avec Mitchum est l'un de ses rôles les plus marquants du cinéma parlant. Un film qui, soixante ans après sa sortie a gardé sa force et sa beauté. 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raoul Walsh, #Western, #John Wayne

Le western initial.

D'autres suivront et reprendront les mêmes thèmes, les mêmes personnages, les mêmes situations. Walsh vient de chez Griffith, comme Ford, ce qui n'est pas innocent. Et ce western a plus d'une similitude avec ceux de Ford :

- Un gentil, beau, jeune, courageux, John Wayne, quoi. La belle, farouche qui ne se laisse pas faire.

- Un méchant. Ou plutôt TROIS méchants : Flack (la brute), Lopez (l'idiot) et Thorpe (le sournois).

- Le vieux ronchon (Zeke)

- Le paysan émigré et sa belle-mère acariâtre, source de gags.

- Ward Bond.

Mais en plus, il y a tous les ingrédients de la migration des pionniers qui repoussaient sans cesse les limites de la Frontière et qui continuaient malgré les éléments (hostiles, bien sûr) Et les éléments sont là : le désert (aride), la pluie (diluvienne), la boue qui enlise les chariots et la neige.

Mais il y a aussi des moments magiques comme la description de la vie de trappeur par Coleman, où John Wayne nous montre qu'il n'a pas été qu'un cow-boy justicier. Autre moment magique : les naissances multiples, humaines et animales, qui accompagnent la progression de la caravane.

Et puis il y a les Indiens. Les Pawnees qui aident Coleman, et puis les autres. Ceux qui tolèrent les colons et les autres, ceux qui les attaquent (ce seront les seuls qui seront tués par les pionniers). Là encore, John Wayne/Coleman rend hommage aux Indiens. [On est encore loin du principe « un bon Indien est un Indien mort.»]

Ajoutez à cela un format d'image audacieux pour l'époque et vous obtenez l'un des westerns les plus accomplis qui soient. Des paysages grandioses avec des prises de vues magnifiques.

Vraiment, un grand moment de cinéma qu'il ne faut pas avoir vu qu'une seule fois. Et puis la rencontre entre Ruth et Breck se termine comme elle a commencé : par un baiser. Volé au début, donné passionnément à la fin.

[Ces ingrédients serviront aussi à Morris et Goscinny pour la bande dessinée La Caravane (1964)]

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Road Movie

Zi road movie.

Mais cela reste un duel.

Un jour, un pauvre type double un camion lent et polluant. Le camionneur le double et ralentit. Alors il le redouble. Le routier le double à nouveau. Le duel est commencé. Le but ? Etre le roi de la route (King of the Road!). Enfin pour le conducteur du camion. Pour le pauvre type, c'est juste se tirer de ce guêpier et arriver à son rendez-vous. Mais nous savons qu'il n'y arrivera pas.

 

Le camionneur relance sans cesse notre pauvre bougre, qui n'est pas autant sans histoire qu'on pourrait le penser. En effet, c'est un homme lâche qui n'a pas réussi à défendre sa femme lors d'une soirée. Et l'émission de radio qu'il écoute le concerne autant que le témoin qu'on entend. Et le camionneur, en le choisissant, ne pouvait pas mieux tomber. Cet être veule est la cible idéale pour son jeu mortifère.

Et ce jeu les amènera au bout. Au bout de la route, au bout du défi.

 

Et c'est là que Spielberg nous démontre qu'il était déjà un génie. Cela commence par une caméra subjective ambitieuse qui nous met tout de suite du côté de David Mann. Et après avoir été ses yeux, nous serons dans sa tête et suivrons sa pensée. Ensuite, les plans choisis pour illustrer le bourreau sont tous formidables (n'ayons pas peur des mots). Jamais on ne voit cette espèce de déséquilibré. Seulement son bras, son épaule pour les plans plus larges. Et puis le camion. Sa calandre, sa silhouette. Le véritable personnage malfaisant, c'est ce camion. C'est un être vivant qui respire (plans récurrents du pot d'échappement) et qui rugit.

Alors on est vissé à son siège, on tremble et on regarde passivement ce duel qui ira jusqu'au bout.

Et celui qui s'en sortira, en sera-t-il grandi ?

 

 

 

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