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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Richard Lester, #Audrey Hepburn
La Rose et la flèche (Robin and Marian - Richard Lester, 1976)

Voici enfin un film sur les "superhéros" comme on aime en voir de temps en temps. Robin des Bois est toujours lui-même, Marianne est toujours belle, le Prince Jean, pardon le Roi Jean est détestable, bref tous les ingrédients sont là.

Mais en plus, il y a Richard qui est haïssable au possible et un shérif de Nottingham tout en subtilité. Une distribution de rêve : Audrey Hepburn, Sean Connery et Robert Shaw sont les piliers de ce film. Et quel film ! Les héros sont vieux, usés, fatigués. Mais Robin y croit encore. Il est le seul qui n'a pas changé malgré l'âge. Toujours fougueux, toujours prêt à en découdre. Marianne a vieilli et s'est assagie, le Shérif a juste ce qu'il faut pour être sympathique, et les "merry men" de Robin sont eux aussi sur le déclin.

Bref, enfin un film où le superhéros ne l'est plus, où il est devenu un homme vieillissant et faiblissant, où celle qu'il aime a vieilli elle aussi, bref, des personnages qu'on ne rencontre que trop rarement dans ce genre de film. Un film aussi où l'humour de Lester laisse peu à peu la place à l'émotion qui nous emmène vers la scène finale, fin logique de ce crépuscule.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Charles Laughton
La Nuit du chasseur (The Night of the hunter - Charles Laughton, 1955)

Le film manichéen par excellence. Le seul de son auteur, Charles Laughton, et c'est bien dommage.

Dans ce film, tout est bien ou mal, noir ou blanc. Du côté blanc, il y a John et Pearl, leur mère (Shelley Winters) et Rachel Cooper (inoubliable Lillian Gish). Du côté noir, l'inquiétant et formidable Harry Powell (Robert Mitchum). Même Harry Powell possède ce manichéisme en lui-même : ses mains où sont tatoués les mots Love & Hate et qu'il compare à Abel et Caïn. Et si dans sa parabole, l'amour (Love) l'emporte sur la haine (Hate), dans l'histoire, il n'en va pas de même. [Sauf si on se place du côté du méchant !]

Harry Powell, faux pasteur, abuse de son titre pour séduire. Ca marche avec Willa Harper, mais pas avec ses enfants qui ne voient en Powell qu'un truand à la poursuite du magot de Ben Harper (Peter "Mr Phelps" Graves). Et le film nous conte la poursuite des enfants par Powell. Et c'est là que le noir et blanc prend toute sa dimension. Laughton a filmé de main de maître la nature (hostile, bien entendu) et ces paysages nocturnes où se découpe la silhouette de Mitchum sont tout bonnement inoubliables. On en regrette que ce ne fût pas filmé en Cinémascope, même si les plans ont tendance à élargir l'écran.

Et puis il y a Lillian Gish et ses enfants abandonnés, sa bible et - bien entendu - son fusil. Sa confrontation avec Mitchum est l'un de ses rôles les plus marquants du cinéma parlant. Un film qui, soixante ans après sa sortie a gardé sa force et sa beauté. 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raoul Walsh, #Western, #John Wayne

Le western initial.

D'autres suivront et reprendront les mêmes thèmes, les mêmes personnages, les mêmes situations. Walsh vient de chez Griffith, comme Ford, ce qui n'est pas innocent. Et ce western a plus d'une similitude avec ceux de Ford :

- Un gentil, beau, jeune, courageux, John Wayne, quoi. La belle, farouche qui ne se laisse pas faire.

- Un méchant. Ou plutôt TROIS méchants : Flack (la brute), Lopez (l'idiot) et Thorpe (le sournois).

- Le vieux ronchon (Zeke)

- Le paysan émigré et sa belle-mère acariâtre, source de gags.

- Ward Bond.

Mais en plus, il y a tous les ingrédients de la migration des pionniers qui repoussaient sans cesse les limites de la Frontière et qui continuaient malgré les éléments (hostiles, bien sûr) Et les éléments sont là : le désert (aride), la pluie (diluvienne), la boue qui enlise les chariots et la neige.

Mais il y a aussi des moments magiques comme la description de la vie de trappeur par Coleman, où John Wayne nous montre qu'il n'a pas été qu'un cow-boy justicier. Autre moment magique : les naissances multiples, humaines et animales, qui accompagnent la progression de la caravane.

Et puis il y a les Indiens. Les Pawnees qui aident Coleman, et puis les autres. Ceux qui tolèrent les colons et les autres, ceux qui les attaquent (ce seront les seuls qui seront tués par les pionniers). Là encore, John Wayne/Coleman rend hommage aux Indiens. [On est encore loin du principe « un bon Indien est un Indien mort.»]

Ajoutez à cela un format d'image audacieux pour l'époque et vous obtenez l'un des westerns les plus accomplis qui soient. Des paysages grandioses avec des prises de vues magnifiques.

Vraiment, un grand moment de cinéma qu'il ne faut pas avoir vu qu'une seule fois. Et puis la rencontre entre Ruth et Breck se termine comme elle a commencé : par un baiser. Volé au début, donné passionnément à la fin.

[Ces ingrédients serviront aussi à Morris et Goscinny pour la bande dessinée La Caravane (1964)]

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Road Movie

Zi road movie.

Mais cela reste un duel.

Un jour, un pauvre type double un camion lent et polluant. Le camionneur le double et ralentit. Alors il le redouble. Le routier le double à nouveau. Le duel est commencé. Le but ? Etre le roi de la route (King of the Road!). Enfin pour le conducteur du camion. Pour le pauvre type, c'est juste se tirer de ce guêpier et arriver à son rendez-vous. Mais nous savons qu'il n'y arrivera pas.

 

Le camionneur relance sans cesse notre pauvre bougre, qui n'est pas autant sans histoire qu'on pourrait le penser. En effet, c'est un homme lâche qui n'a pas réussi à défendre sa femme lors d'une soirée. Et l'émission de radio qu'il écoute le concerne autant que le témoin qu'on entend. Et le camionneur, en le choisissant, ne pouvait pas mieux tomber. Cet être veule est la cible idéale pour son jeu mortifère.

Et ce jeu les amènera au bout. Au bout de la route, au bout du défi.

 

Et c'est là que Spielberg nous démontre qu'il était déjà un génie. Cela commence par une caméra subjective ambitieuse qui nous met tout de suite du côté de David Mann. Et après avoir été ses yeux, nous serons dans sa tête et suivrons sa pensée. Ensuite, les plans choisis pour illustrer le bourreau sont tous formidables (n'ayons pas peur des mots). Jamais on ne voit cette espèce de déséquilibré. Seulement son bras, son épaule pour les plans plus larges. Et puis le camion. Sa calandre, sa silhouette. Le véritable personnage malfaisant, c'est ce camion. C'est un être vivant qui respire (plans récurrents du pot d'échappement) et qui rugit.

Alors on est vissé à son siège, on tremble et on regarde passivement ce duel qui ira jusqu'au bout.

Et celui qui s'en sortira, en sera-t-il grandi ?

 

 

 

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Publié le par Djayesse

Et c'est reparti. Après avoir pollué spaceblog, je débarque ici.

Les lieux sont spacieux, la peinture fraîche et l'exposition idéale. Mes voisins ne sont pas trop ronchons, et en plus, je me rapproche de mon grand ami Allen John (http://allenjohn.over-blog.com/, allez le voir !).

C'est donc reparti pour des articles insipides sur des sujets oiseux et des commentaires inutiles.

Bonne visite !

Djayesse

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