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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

cinema

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Cecil B. DeMille
The Captive (Cecil B. DeMille, 1915)

1913. C’est la guerre dans les Balkans, ces territoires confetti du sud est de l’Europe. Au Monténégro, l’armée turque a débarqué. Les Monténégrins, appelés s’en vont chasser ces envahisseurs. C’est le cas de Marko Martinovitch qui répond à l’appel, laissant seuls sa sœur Sonya (Blanche Sweet) et son petit frère Milos (Gerald Ward). Malheureusement, il est tué pendant la capture d’un peloton d reconnaissance turc emmené par Mahmud Hassan (House Peters). Ce dernier tombe sous le coup d’un décret qui assigne les prisonniers de guerre à une ferme pour combler la pénurie de main d’œuvre due à la guerre.

Il se retrouve donc chez Sonya.

 

Transfuge de chez Griffith, Blanche Sweet signe ici son deuxième film avec DeMille, qui en est lui-même à son cinquième en 1915, soit presque la moitié de sa production de cette année faste et riche (1). Alors évidemment, une telle production peut gréer un certain déséquilibre dans les différents films qui sortent. C’est le cas de ce The Captive, à un niveau moindre des trois films cités ci-dessous (1).

Mais si ce film est tout de même une référence dans la production demillienne, c’est avant tout parce que pour la première fois, l’actrice Jeanie McPherson (elle interprète ici Milka) collabore au scénario avec le maître (2).

 

Et on y trouve donc ce qui va être la marque de ses travaux : une (jeune) femme forte moralement et qui ne s’en laisse pas compter, usant la force si nécessaire. C’est le cas de Sonya ici, qui mène à la baguette (ou plutôt au fouet) ce grand gaillard turc : il faut dire que le revolver que lui a laissé son frère aide beaucoup…

Mais évidemment, on sait que cette relation de soumission (forcée) ne va pas durer : elle est très belle et lui fort séduisant : ils ne peuvent que terminer ensemble. Surtout que le petit frère a pris fait et cause pour ce prisonnier (3) singulier. Tellement singulier qu’il va même à l’encontre des ordres de son supérieur qui était venu le délivrer (4) : l’amour fait faire de ces choses…

 

Mais si The Captive reste un film mineur dans la production prolifique de DeMille en 1915, il n’en demeure pas moins soigné et bien monté (5) : Alvin Wyckoff y signe encore de très belles images.

Et parmi les interprètes, on peut retrouver quelques noms qui vont accompagner Cecil B. pendant ces quelques années : Raymond Hatton, William Elmer et bien sûr l’incontournable Theodore Roberts (le bourgmestre).

 

 

  1. Onze films en cette année dont The Cheat et Carmen
  2. Qu’elle va très vite gérer toute seule.
  3. Le titre original, donc…
  4. Et accessoirement piller la ferme et violer la jeune femme.
  5. et en plus, il est présenté dans une copie très bien conservée.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Drame, #Lee H. Katzin
Le Mans (Lee H. Katzin, 1971)

« OK. »

C’est la trente-septième minute du film, et on entend enfin la voix de Steve McQueen. Auparavant, pas de véritable dialogue (comme on l’entend au cinéma) : des annonces au haut parleur ; des échanges en italien (incompréhensible si on ne parle pas la langue de Dante), et des images, des bruits de moteurs et d’accident.

 

Samedi 13 juin 1970 : Le Mans (et alentours) s’apprête à accueillir la course prestigieuse qui a fait sa renommée mondiale (après les rillettes). Les grandes écuries – prestigieuses elles aussi – sont présentes (Porsche, Ferrari, Lola…) et les pilotes chevronnés aussi.

A 16 heures, c’est le grand départ pour une course longue, fatigante et dangereuse.
L’année passée, Michael Delaney (Steve McQueen a eu un accident avec Belgetti qui est mort. Cette année, Delaney est revenu, et Lisa (Elga Andersen) la femme de Belgetti aussi : elle suit la course de Claude Aurac (Luc Merenda).

Et cette année, c’est Erich Stahler (Siegfried Rauch) qui est le grand rival de Delaney.

 

C’est spectaculaire, grandiose et en plus il y a Steve McQueen. Ce dernier était très fier d’avoir fait ce film, même si ce fut un échec retentissant aux Etats-Unis. Il faut dire que ce n’est pas un film comme on l’entend d’habitude, mais plus un documentaire sur le monde automobile. On y retrouve les différentes constituantes de ce monde de l’endurance, du pilote au simple mécanicien, dans une atmosphère enfiévrée où la moindre erreur, aussi minime soit-elle, peut conduire à la catastrophe mortelle.

Et si ce n’est qu’un film, on déplore tout de même un accident (très) grave qui coûta sa jambe à un des pilotes (1).

 

Si l’intrigue est très légère, voire inexistante, il faut plutôt voir le film comme un témoignage d’un milieu très particulier dont on peut se demander, comme Lisa Belgetti, son intérêt. Et surtout cinquante ans après (déjà !), alors que la pollution aux hydrocarbures a grandement contribué au réchauffement climatique qui n’est encore qu’une chimère pour certains ramollis du bulbe.

Surtout, ce film est un formidable témoignage du déroulement de cette épreuve sportive, côté route, bien sûr, mais aussi autour, avec ce rassemblement populaire de tous âges et de tous horizons.

 

Et à l’instar de Leni Riefenstahl pour ses Dieux du Stade (1936), Lee H. Katzin (et avant lui John Sturges qui démissionna) a pléthore de caméras (là s’arrête la comparaison) pour rendre compte de cette course assez unique dans son genre. Ces caméras sont positionnées tout autour du circuit, bien entendu, mais aussi au plus près de l’action : sur les voitures voire dans les cockpits des pilotes. Et si beaucoup d’images sont tirées de la véritable épreuve qui eut lieu cette année-là, les séquences de raccord montrent très bien les différents plans utiles pour la montée en puissance de la course. Et si Steve McQueen n’a pas pu réellement participer à la course comme il en avait envie, il va tout de même conduire un de ces prototypes pendant ces mêmes séquences.

 

Il est clair que si le sport automobile ne vous intéresse pas particulièrement, voire vous rebute, je vous conseille de passer votre chemin. Pour ma part, je ne sais pas si sans McQueen ce film m’aurait intéressé. Mais je dois avouer que l’atmosphère de la course y est très bien rendue. Et pour moi le meilleur moment reste les minutes avant le départ qui voient une tension monter progressivement à mesure que l’heure fatidique arrive et que les bruits de la course laissent la place au(x) battements de(s) cœurs qui s’&accélèrent jusqu’à la libération quand le drapeau s’abaisse, signal du début de la course.

Et ces battements de cœur(s) sont amenés de manière progressive et régulière jusqu’à envahir le silence qui précède l’envoi. C’est un silence qui va doucement s’atténuer pour laisser place à la fureur des moteurs : un de ces silences qui précèdent les grandes batailles. Parce que c’est une grande bataille qui va opposer les pilotes et un seul duo (2) l’emportera sur les autres.

Et puis quand la course est entamée, l’intérêt s’émousse (3), avec tout de même quelques accidents spectaculaires, même s’ils ne sont pas mortels.  Celui de Delaney en deux temps illustre très bien l’environnement sonore du film.

En effet, malgré le ronflement des moteurs, la, musique Michel Legrand (4) s’accorde très bien avec la course, utilisant le rythme des défilés de voitures comme tempo. De même, Delaney va revivre les quelques secondes de son accident juste après l’avoir éprouvé, une fois son véhicule immobilisé : il ne retient comme éléments sonores que les différentes fois où il va buter contre les rampes de sécurité, les déplacements de la  voiture, emportée par son élan, d’un côté à l’autre de la chaussée se faisant dans un silence absolu, et au ralenti.

 

Bref, un film plutôt atypique où les regards sont aussi importants que les rares phrases échangées. Et pour ça, Steve McQueen était vraiment dans son élément.

 

  1. David Piper, qui est cité en fin de film.
  2. Ils sont deux par voiture.
  3. C’est mon impression, voir un petit peu plus haut.
  4. Je n’aime pas la musique de Michel Legrand !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Musique, #Danny Boyle, #Robert Carlyle
Yesterday (Danny Boyle, 2019)

Imaginez un monde sans les Beatles (1). Un monde où il n’y a ni champs de fraises, ni longue rue venteuse, ni sous-marin jaune, ni guitare qui pleure. Une horreur !

C’est pourtant ce » qu’il arrive à Jack Malik (Himesh Patel) qui est renversé par un bus pendant une panne d’électricité mondiale de 12 secondes. Quand il se réveille à l’hôpital, il se rend compte que personne n’a jamais entendu des Fab Four. Alors lui qui est un musicien un tantinet raté, c’est l’occasion d’accéder au succès avec des chansons qui, plus de cinquante ans après, ont conservé toute leur force.

C’est donc Yesterday qui ouvre le bal, rapidement suivie par Let it be, et les autres.

Bien entendu, le succès est là. Mais avec l’amertume de celui qui sait qu’il endosse le talent des autres…

 

Si vous n’avez pas (encore) vu ce très beau film de Danny Boyle (2), je vous conseille de revenir demain, une grande partie de l’intrigue va être révélée ici: difficile en effet de faire autrement que d’en parler tant elle baigne l’esprit du film. Je m’explique : il est très difficile de disserter dessus sans révéler des éléments essentiels de cette semi supercherie. Parce que d’une certaine manière, il s’agit bel et bien d’une arnaque morale mais qui se retourne contre son instigateur : Jack sait que ce qu’il fait est malhonnête et une fois l’opération enclenchée son malaise va aller de plus en plus grandissant.

Vous voyez, je n’y arrive pas. Sauvez-vous pendant qu’il est encore temps. Enfin, ce que j’en dis…

 

A nouveau, Danny Boyle continue son œuvre originale, réussissant à dérider les spectateurs avec des sujets pas toujours très réjouissants. Et un monde sans Beatles est une idée là encore assez terrible, n’en déplaise à leurs détracteurs. Parce que sans Beatles, pas non plus d’Imagine ou de Mull of Kintyre, My sweet Lord… Bref, quelques très belles chansons (à mon avis, mais qui est partagé) en moins, et donc un recul culturel.

Mais, et c’est là qu’est aussi le côté réjouissant du film, malgré l’absence de John Paul George et Ringo (3), leurs chansons s’inscrivent tout de même dans ce monde décalé : Jack est celui qui leur permet d’exister (aux chansons).

 

Et c’est là que Danny Boyle réussit le tour de force du film : actualiser ces chansons. EN effet, pas une fois nous n’entendons l’un des 4 de Liverpool (4), Himesh Patel chantant tous ces grands succès (et en jouant des instruments, s’il vous plaît). Mais ils restent malgré tout très présents, jusqu’à presque faire une apparition : on a beau l’attendre, cette apparition, elle ne viendra jamais.

Par contre, celui qui apparaît et qu’on n’attendait (presque) pas, c’est John. Tout comme la première apparition d’Ed Sheeran (qui joue son propre rôle), celle de John est tronquée et c’est au tout dernier moment qu’elle a lieu : les spectateurs ont la même surprise que Jack en voyant un John vieilli ouvrir la porte. Juste avant on avait droit à un plan sur un dessin coloré : les dessins de John sont actuellement très prisés, comme le montre ce site.

 

Mais la rencontre – logique et magnifique – avec Lennon, est à mon avis l’un des plus beaux hommages qui ait pu être fait à ce musicien hors norme : avec Jack, c’est l’ensemble de ses fans qui l’enserrent dans leurs bras pour un câlin (hug) posthume. C’est celui qu’on voudrait lui faire, tellement il nous a manqué » depuis le 8 décembre 1980.

Et pour l’interpréter, Boyle s’est tourné vers son vieux complice Robert Carlyle qu’il venait de retrouver pour T2 deux ans plus tôt. La ressemblance est frappante et la séquence qui s’ensuit est magnifique de subtilité et de sensibilité.

 

Alors, Yesterday, une comédie ? Pas totalement, parce que le principe posé après l’accident de Jack est des plus tragiques : que serait un monde sans les Beatles et leur musique ? Mais une comédie tout de même parce que le film se termine bien : comme écrit plus haut, malgré l’absence des musiciens dans ce monde parallèle (5), les chansons sont là, amenant toujours le même bien-être à ceux qui les écoutent ou/et les chantent (séquence finale).

 

PS : J’aurais pu parler des différentes références du film mais vous pouvez les trouver sur n’importe quel site expliquant le film.

 

  1. Pas facile, même en essayant…
  2. Pléonasme, en ce qui me concerne, j’aime (très) beaucoup son œuvre !
  3. Tout du moins à un niveau de célébrité mondiale.
  4. A part…
  5. Il y manque aussi d’autres éléments que je vous laisse énumérer (ou découvrir si vous n’avez pas vu le film ni suivi mon conseil initial)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Malcolm St. Clair, #Frank Tuttle, #Louise Brooks
Le Meurtre du Canari (The Canary murder Case - Malcolm St. Clair & Frank Tuttle, 1929)

On a tué « le Canari. »

Margaret O’Dell (Louise Brooks) a été étranglée par un mystérieux agresseur. Il lui a volé une partie de ses bijoux et a disparu sans laisser de trace. Pourtant des traces, il y en a, surtout que quelques messieurs traînaient autour de son appartement cette même nuit : un mégot de cigare (enfin pas vraiment) et un journal avec des inscriptions qu’on gribouille quand on attend et qu’on n’a rien de mieux à faire. Sans oublier que l’un d’eux a vu un autre et surtout qu’il y avait du monde dans cet appartement : un témoin caché dans le placard.

Mais qui voulait donc se débarrasser de cette danseuse de cabaret au charme irrésistible : chacun de ces hommes qui traînait ce soir là. Pourquoi ? Elle voulait en épouser un – Spotswoode (James Hall) qui voulait quant à lui épouser une autre femme dont il était vraiment amoureux – Alice LaFosse (Jean Arthur) – et faisait chanter les autres qui avaient eu une relation plus ou moins approfondie avec elle…

 

Le parlant s’installe et ce film, qui s’inscrit donc dans ses balbutiements est une très belle illustration de ce nouveau procédé : en effet, la résolution de l’intrigue n’aurait pas pu être possible au temps du muet. Ou du moins, elle aurait été beaucoup plus difficile à mettre en place. Certes une version muette avait été tournée mais l’avènement du procédé Vitaphone (1) avait contraint les producteurs à changer leur fusil d’épaule et de passer à cette nouvelle technique (2). Dès lors, voici le deuxième film dans lequel on entend la voix de Louise Brooks. Parce que là encore, ce film profite de la notoriété de cette actrice singulière. Pourtant, encore une fois, elle n’est que très peu utilisée puisqu’elle meurt au bout de vingt minutes seulement (3).

 

Le véritable héros du film, c’est Philo Vance (William Powell), un détective qui vient prêter main forte et son concours à la police dirigée par Markham (E.H. Calvert) le District Attorney. Il faut dire que la police en a bien besoin, parce que celui qui mène l’enquête, c’est le sergent Heath (Eugene Pallette) et que ses déductions ne tiennent pas vraiment compte de la psychologie du meurtrier (habile) auquel on a affaire. Et Pallette nous livre ici un numéro qu’on lui connaît bien, tout en comédie et truculence. Il faut dire que son physique s’y prête admirablement.

 

Mais comme il y a meurtre, la comédie cède le pas au sérieux et William Powell nous montre qu’il est un grand enquêteur (enfin son personnage), ce qui sera confirmé dans plusieurs films de la décennie qui va suivre, montrant qu’on peut aussi avoir de l’humour et enquêter (et boire !). Mais pour l’instant, Vance est un détective sérieux,  qui va résoudre ce mystère en un tournemain (4). De plus, ridiculiser la police était un classique des histoires de détectives comme on a pu le voir depuis.

 

Au final, un petit film policier habile dont on retient tout de même, outre la performance de William Powell, la tenue de canari de la belle Louise Brooks qui participera beaucoup au succès (visuel) du film. Ainsi qu’une utilisation intelligente du son, ce qui n’était pas toujours le cas en 1929…

 

  1. Celui qui a sauvé la Warner Bros.
  2. C’est pourquoi on fit appel à Frank Tuttle pour une adaptation parlante du film.
  3. Son refus de revenir d’Allemagne où elle tournait pour Pabst, pour enregistrer sa voix, a beaucoup contribué aussi au sabotage de sa carrière américaine.
  4. Enfin moins d’une heure de notre temps

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Terry Gilliam
L'Imaginarium du Docteur Parnassus (The Imaginarium of Doctor Parnassus - Terry Gilliam, 2009)

Le docteur Parnassus (Christopher Plummer) est un vieil homme (mille ans, paraît-il) qui parcourt l’Angleterre avec son show ambulant : l’Imaginarium. Des décors des personnages intrigants et un miroir qui s’ouvre. Où ? Vers sa propre imagination, stimulée par le docteur, un ancien moine, gardien des histoires.

IL déambule avec Valentina (Lily Cole) sa fille, Percy (Verne « Mini Me » Troyer) un nain et Anton (Andrew Garfield), ce dernier assurant le boniment. Un soir, ils décrochent un pendu sous un pont. C’est un amnésique qui s’appelle en fait Tony (Heath Ledger).

L’apparition de ce personnage énigmatique coïncide avec les 16 ans de Valentina : à cette date, Mr. Nick (Tom Waits) - le diable – viendra réclamer la jeune fille (femme ?), seule condition d’un pacte passé avec Parnassus.

 

Comme il le présente au début, Terry Gilliam signe ici un film synthèse de tout son travail, retrouvant pour l’occasion son vieux complice Charles McKeown (qui peut être reconnu parmi les spectateurs si on est très attentif). Bien sûr, on y retrouve l’atmosphère onirique qui baigne tous ses films, mais avec une utilisation des effets numériques qui les rend encore plus extraordinaires. Les différentes séquences qui se passent à travers le miroir sont de magnifiques compromis entre le numérique et le réel, empreints du style pictural du réalisateur qu’on avait découvert avec Monty Python’s Flying Circus : beaucoup de couleurs et de rondeurs.

Mais on y retrouve aussi certains éléments de films comme Les Aventures du Baron de Munchausen surtout pour ces mêmes décors et les costumes. Le personnage de Valentina, sur certains points rappelle même Uma Thurman : sa composition dénudée (1) rappelle l’apparition de Vénus et ses cheveux, là encore cachent ses appas. Et ce n’est Vénus que nous voyons mais un autre femme tout aussi mythique : Eve (il y a une pomme juste devant elle. Voir ci-dessous).

 

Et Parnassus lui-même n’est pas très éloigné de Munchausen: tous les deux proposent à leur auditoire un spectacle extraordinaire qui va modifier le monde qui les entoure. Mais il y a chez Parnassus une dimension théologique totalement absente chez son aîné. La compétition entre Nick et lui rappelle celle entre Dieu et le Diable, mais dans une acception particulière : Nick n’est pas un individu monstrueux comme on en trouve dans certaines gravures médiévales. Il ressemble plus à un homme distingué, même si ses marchés sont toujours de la même teneure : récupérer un maximum d’âmes.

Et Parnassus, de par son apparence devient alors Dieu, celui qui sauve les âmes du Malin (ce qu’est Nick, dans tous les sens du terme).

 

Et au milieu de cette lutte éternelle, on trouve donc ce Tony qui apparaît comme par enchantement, dès que Parnassus retourne le Pendu de son jeu de tarots. Mais Tony est un électron libre, relié à aucun des deux même s’il se raccroche à Parnassus par opportunisme. Et son apparition amène une nouvelle dualité dans le film : Tony, le diminutif d’Anthony est le même prénom que l’autre jeune homme de l’Imaginarium, Anton. Et cette dualité concerne surtout Valentina qui se retrouve face à un dilemme. Ces deux hommes l’attirent : Anton représente un amour sûr et de la stabilité alors que Tony est plus aventureux, véritable rejeton de cet Imaginarium. Et ses différentes incursions dans ce(s) monde(s) onirique(s) le voient à chaque fois très à l’aise, voire épanoui.

 

Malheureusement, ces différentes incursions ne sont pas réalisées avec Heath Ledger, l’acteur étant décédé en cours de tournage. Et quel dommage : Non pas que ses successeurs soient mauvais, mais on aurait aimé le » voir évoluer lui-même dans ces mondes semi imaginaires. Il faut dire qu’encore une fois, la prestation de Ledger est formidable, montrant à nouveau un personnage complexe, admirablement intégré dans cette histoire fantastique (2).

Alors l’hommage final de Gilliam et de toute la production n’en prend que toute sa dimension, une fois le rideau baissé et que se lancent les crédits de fin.

 

Du Gilliam, encore plus beau que du Gilliam.

 

PS : On notera la présence – furtive – de Peter Stormare dans le rôle du Président qui n’est pas sans rappeler Franklin Roosevelt.

 

  1. Rassurez-vous, là encore, pas de quoi se rincer l’œil.
  2. Dans tous les sens du terme !
L'Imaginarium du Docteur Parnassus (The Imaginarium of Doctor Parnassus - Terry Gilliam, 2009)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Stuart Walker, #Mitchell Leisen
L'Aigle et le vautour (The Eagle and the hawk - Stuart Walker & Mitchell Leisen, 1933)

Si le titre français oppose un aigle – animal censé noble – et un vautour – oiseau qui le serait beaucoup moins – le titre original oppose lui un même aigle et un faucon. Et ces deux oppositions ont leur pertinence dans ce film. Jusqu’à un point.

L’Aigle, c’est Jerry H. Young (Fredric March), un jeune pilote américain de la RAF qui opère en France début 1918. Depuis son arrivée dans les airs, ce ne sont que citations et médailles qui pleuvent sur lui, les balles l’ayant évité jusque là.

Le Vautour, ou plutôt le Faucon, c’est Harry Crocker (Cary Grant), qui a fait ses classes (aériennes) avec Young mais n’avait pas les mêmes aptitudes aériennes. Young s’est donc retrouvé pilote pendant que Crocker n’était que « observer » : celui qui accompagne le pilote, prend des photos et joue de la mitrailleuse quand l’équipage rencontre des avions ennemis. Cette différence amène une inimitié farouche qui se terminera avec le film, pas avant.

Mais on comprend aussi pourquoi Crocker est appelé Faucon plutôt que Vautour en VO : cet « observer » est celui qui veille et doit repérer les escadrilles ennemies, d’où cette métaphore (visuelle).

 

Depuis le formidable Wings (1927), William Welman a fait des émules : Capra et son Flight  (1929) ou Hughes et son Hell’s Angels l’année suivante, et bien sûr ce film de Stuart Walker et Mitchell Leisen. C’est donc une histoire d’aviateurs et d’avion, mais avec une dimension anti-militariste qui pointe avec le personnage de Young, ce héros qui tue des (jeunes) soldats.

Mais nous ne sommes pas chez Welman et si les combats sont presque aussi spectaculaires, le propos est plus près du sol : ce jeune héros qui supporte de moins en moins bien de perdre ceux qui volent avec lui : 6 en deux mois, dont le dernier qui était tout frais émoulu de l’initiation et qui n’avait jamais volé.

 

Bref, ce n’est pas qu’un film spectaculaire qui vante les mérites de l’aviation américaine comme ses aînés : on y trouve aussi les doutes et surtout les fantômes de ces pilotes admirés par les plus jeunes. Et ce dernier aspect est accentué par la rencontre de Young avec un jeune garçon, le fils de Lady Askin (Virginia Hammond) qui l’a invité pendant sa permission : l’enfant est impressionné par cet as de l’aviation et lui pose mille questions en rapport avec ses « prouesses ». Mais le pilote accuse de plus en plus le coup : ces questions innocentes et détachées de leur contexte prennent toute leur dimension dans l’esprit de Young qui ne peut que songer à ceux qu’il a enterrés ou tués.

 

Cette Lady Askin est l’une des rares femmes du film : elles sont trois et outre cette aristocrate, nous en trouvons deux autres fort différentes, voire archétypales.

La première que nous rencontrons, c’est Fifi (Adrienne d’Ambricourt) que Mike Richards (Jack « Napaloni » Oakie) ne cesse d’appeler Fanny. C’est une femme plantureuse qui répond beaucoup à certains canons de la beauté de 1918 loin de Hollywood. L’autre, c’est une femme mystérieuse et blonde dont on ne saura même pas le nom, mais qui va tenir compagnie à Young après son « entrevue » avec le petit garçon. Qu’on s’entende bien, même si le Code Hays n’est pas encore entré en vigueur, il s’agit d’un soutien plutôt chaste : boire un verre de champagne dans le parc (1).

Cette est (très) belle et distinguée, et si nous ne connaissons pas son nom, on connaît surtout celle qui l’interprète : Carole Lombard.

 

Je terminerai sur l’interprétation en disant que Fredric March était déjà bien lancé dans la carrière et qu’il interprète magnifiquement encore une fois un personnage tourmenté (moins que Jekyll, heureusement) et qu’à ses côtés Cary Grant qui n’est encore qu’un jeunot à Hollywood (il a commencé deux ans plus tôt seulement) interprète un personnage à double face : c’est un pilote très moyen (2), à la mentalité plutôt douteuse : cela ne le dérange pas d’abattre des parachutistes, ce qui lui vaut la désapprobation et le mépris des autres membres de son escouade.

Mais comme nous sommes dans un film américain, il ne faut pas oublier la part de la rédemption : elle sera la conclusion du film, réunissant les deux oiseaux du titre (français ou américain), juste résolution aux teintes sombres de l’intrigue qui ne l’est pas moins.

 

  1. Bien entendu, une fois cette séquence terminée, nous retournons au front. S’est-il passé autre chose entre ces deux personnes ? Nous ne le saurons jamais. Et de toute façon, on s’en fiche un peu.
  2. Il nous apparaît pour la première fois après avoir fait atterrir son avion… Sur le dos !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #B. Reeves Eason
Cornered (B. Reeves Eason, 1932)

Voilà 10 ans que Tim Laramie (Tim McCoy) est shérif. Sauvé par Moody Pierson (Niles Welch) dans une procédure policière (1), il retrouve ce dernier accusé (et emprisonné) d’avoir tué – d’une balle dans le dos – Dan Herrick (William McCall), le père de sa fiancée, la belle Jane (Shirley Grey), qui ne voulait pas de leur union.

Bien sûr, McCoy n’y croit pas une seconde, mais après l’évasion de Moody, il est désavoué et doit quitter la ville. Il en profite alors pour faire son enquête à propos de cette mort troublante et surtout pour innocenter son ami. On parle d’un certain « Laughing » Red Slaven (Noah Beery, le frère de), qui serait chef d’une bande de hors-la-loi et qui ne s’entendait pas avec Herrick.

 

Tim McCoy fait partie de ces cow-boys d’Hollywood qui ont malheureusement été oubliés avec le temps. Pourtant, il a été en activité surtout entre 1925 et 1942 et on le retrouve même une dernière fois en 1965, soit 40 ans après ses débuts. S’il n’a pas la stature d’un John Wayne ou d’un Randolph Scott, il n’en demeure pas moins un archétype de shérif, dont le sens du devoir est la première des qualités. Il y a dans ce personnage une droiture et une efficacité qu’on retrouve – rien d’étonnant à cela – dans un personnage de bandes dessinées des plus célèbres : Lucky Luke.

Il est clair que Morris a été inspiré par les westerns hollywoodiens (2) de son enfance (et d’après) et le personnage interprété par McCoy rassemble beaucoup de ses qualités : le sens du devoir, l’honneur, la loyauté et la fidélité, avec une bonne rapidité à dégainer (3).

 

Bien entendu, Slaven est le méchant qui a abattu le père de Jane, et Noah Beery campe une nouvelle fois un méchant fort acceptable, dont le rire puissant contribue à faire de lui un personnage antipathique : il est arrogant et sûr de lui (l’un va rarement sans l’autre), sans pitié ni compassion pour ses ennemis et même ses « amis » (4). Un affreux, quoi.

 

Pour le reste, c’est un western qu’on qualifiera de classique, où le manichéisme fonctionne à fond avec ces deux archétypes (Laramie & Slaven). On a tous les ingrédients nécessaires pour un beau western : paysages naturels, poursuite à cheval, duel final…

Et pour ajouter à l’analogie luckylukienne, on notera une fin qui inspirera Morris (et ses scénaristes) : une fois les problèmes réglés, Laramie s’en va vers d’autres aventures, laissant ceux qu’il a aidés dans leur nouvelle vie. Certes, le soleil ne se couche pas, mais l’impression reste la même.

 

Dernier détail emprunté par Morris : le cheval de Tim Laramie ressemble beaucoup à Jolly Jumper, la parole en moins, évidemment (voir ci-dessous)…

 

  1. Poursuite et arrestation de desperados.
  2. Pléonasme, non ? Les westerns n’étaient pas vraiment l’apanage des autres productions cinématographiques mondiales…
  3. Non, Tim Laramie ne tire pas plus vite que son ombre. Tirer plus vite que ses ennemis est suffisant.
  4. Moody, en fuite, s’est rallié à sa bande.
Cornered (B. Reeves Eason, 1932)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Paul Mesnier
Bébés à gogo (Paul Mesnier, 1956)

Stéphane Petitbourgeois (Raymond Souplex) porte très bien son nom : chef comptable d’un grand magasin (Prisunic), il habite un bel appartement parisien avec sa femme Isabelle (Jeanne Sourza), sa fille Pat (Andréa Parisy) et le mari d’icelle, Hubert (Jean Carmet).

Mais si sa situation financière est on ne peut plus correcte, il n’en va pas de même pour sa situation familiale : non seulement sa fille (unique) vit chez lui avec son mari, mais en plus elle a des enfants. Et pas seulement trois comme annoncé quand ils se sont installés, mais 7. Puis 8. Et 9 ! Il n’a plus un moment ni un lieu à lui : il faut que cela cesse !

Sauf que le grand père de 50 ans (maximum) qui aura 12 petits-enfants se verra attribuer un prix de 20.000.000 de francs (de 1956).

Seulement voilà, Hubert ne veut plus procréer.

 

Voilà un exemple typique du genre de comédie familiale qu’on pouvait produire dans les années 1950. Une comédie légère avec juste ce qu’il faut d’osé (1), un brin pépère, surtout avec la présence du grand Raymond Souplex, et d’un autre comédien cantonné encore aux seconds rôles mais qui va bientôt éclater : Louis de Funès.

Souplex est impeccable dans un rôle de ronchon au grand cœur, soutenu avec brio par Jeanne Sourza. Mais un acteur comme Souplex prend beaucoup de place sur l’écran (2) et il est difficile de tirer son épingle du jeu en face de lui. C’est ce qu’arrive à faire de Funès, même si on est encore bien loin du jeu nerveux (3) qui fera son succès et, malheureusement, précipitera sa disparition.

 

On a aussi plaisir à y découvrir un autre jeune acteur (4) en la personne de Jean Carmet, un brin empâté, dans un rôle de gros mou apathique, tenant la dragée haute à un beau-père somme toute pas si débonnaire.

On peut tout de même se poser la question de la morale de ce bourgeois (pas si petit que ça) : exaspéré par la prolifération progressive de sa descendance, il change complètement d’avis dès qu’on parle gros sous (20 millions, c’est une somme !). Bref, comme le dit le présentateur de gala : « un grand Français ! »

 

N’attendez pas une grosse rigolade ni des gags toujours très fins, sans pour autant tomber dans la franchouillardise ni la lourdeur, on appréciera quelques situations cocasses voire quelques répliques amusantes, dont l’irrésistible répétition sur tous les tons, par Raymond Souplex, de cette expression immortelle : « La peau de mes fesses. »

Au final, rien de bien nouveau sous le soleil (de France) et on peut préférer d’autres productions de la même époque, avec Philipe, ou Gabin… 

 

  1. Les seins de Mademoiselle (Andrée Servilanges) qui se baigne (normal, c’est vendredi matin)
  2. Certes il avait des rondeurs, mais ce n’est pas ce que je veux dire…
  3. Qui se remarque tout de même.
  4. Il n’a que 36 ans !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Frank Tuttle, #Louise Brooks
Le galant Etalagiste (Love 'em and leave 'em - Frank Tuttle, 1926)

« On les prend, on les jette », tel pourrait être une traduction du titre original, bien loin de ce galant étalagiste – Bill Bilingsley (Lawrence Gray) – qui au final n’est pas si galant que ça.

En effet, il travaille dans le grand magasin de Ginsburg, et on lui propose, suite à une bonne idée, d’en décorer la vitrine. Sauf que cette bonne idée, c’est Mame Walsh (Evelyn Brent) qui l’a eue. Mame est orpheline et veille sur sa petite sœur Janie (Louise Brooks) depuis la mort de leur mère.

Bien sûr, Mame et Bill tombent amoureux et ce dernier ne rechigne pas d’avoir l’aide de cette dernière pour composer ses « propres » vitrines. Mais Mame part en vacances et Bill demande à Janie de remplacer sa sœur. Ce remplacement va même se prolonger en dehors du temps de travail, puisque Bill ne va pas résister longtemps au charme de cette petite sœur…

 

Le titre original s’explique surtout par une sortie de Mame, désespérée d’avoir découvert que Bill avait une relation avec sa sœur : elle nous explique que c’est elle qui prend les hommes et les jette, alors pourquoi s’en faire avec Bill. Sauf que si elle est désespérée, c’est avant tout parce qu’elle l’aime toujours, malgré cette aventure contrariante. Et s’il y a une femme qui passe d’un homme à l’autre, c’est bien entendu Janie qui sait utiliser son corps – et un peu son esprit, n’en déplaise à Bill- pour « réussir. »

Et ce film nous montre bien où en était la société quant à la place de la femme : c’est Bill qui reçoit les honneurs pour les brillantes idées e vitrine de Mame. Et c’est Janie qui est prête à tout pour réussir : sous entendu flatter voire coucher (1).

 

Bien sûr, si ce film conserve quelque intérêt 95 ans après, c’est avant tout à Louise Brooks qu’on le doit. Mais encore une fois, elle n’a pas le premier rôle, même si elle est très importante à l’intrigue. Et ce qui manque à son personnage, c’est avant tout une certaine dose (2) de moralité : non seulement, elle saute sur tout ce qui bouge et qui est masculin, mais en plus, elle n’est pas d’une probité exemplaire puisqu’elle n’hésite pas à jouer l’argent du bal aux courses par l’intermédiaire de son voisin de palier, Lem Woodruff (Osgood Perkins).

Et c’est d’ailleurs ce dernier qui est le véritable méchant du film : certes Janie joue aux courses mais ce monsieur déplaisant l’arnaque (dans les grandes largeurs) sans aucune vergogne, amenant Mame dans cette sous intrigue financière dégradante pour elle (3).

 

Mais heureusement Townsend Martin (le scénariste) veille et par l’intermédiaire de Frank Tuttle et son chef opérateur (George Webber) il va démêler cette situation intenable pour cette jeune femme. Jeune femme certes, mais loin d’être faible : sa façon de récupérer l’argent barboté par Lem vaut son pesant d’or : ça commence par un bras qui l’attire violemment dans sa chambre, et ça se termine dans un lit pliant… Plié !

Et Louise Brooks dans tout ça ? Elle est très belle (normal) et tout de même le véritable moteur de cette intrigue : elle amène l’élément tragique indispensable à toute comédie et favorise de la même façon la réunion – inévitable – des deux jeunes amoureux.

 

Bref, tout est bien qui finit bien, et puis c’est tout !

 

  1. Attention, il n’est pas dit que Janie couche avec tout ce petit monde, mais sa résolution d’intrigue ne laisse que très peu de doute…
  2. Voire une dose certaine.
  3. Miss Streeter (Marcia Harris), la véritable organisatrice du bal veut dénoncer Mame à la police si elle ne rend pas l’argent qu’elle croit qu’elle a volé.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Alan Hale
Risky Business (Alan Hale, 1926)

Mrs. Stoughton (Ethel Clayton) est dans une mauvaise passe. Heureusement, elle a une fille  - Cecily (Vera Reynolds) – que poursuit de ses assiduités le riche Richard Coults-Brown (Ward Crane). L’union avec cet homme l& sauvera financièrement, surtout qu’il s’est engagé à l’aider.

Mais seulement voilà, Cecily en aime un autre : le docteur Edward « Ted » Pyncheon, un médecin de campagne. Pour la dégoûter de ce dernier, Mrs. Stoughton réussit à ce qu’elles soient invitées chez la sœur de Ted, Agnes Wheaton (Zasu Pitts), qui a deux enfants et une vie bien remplie.

Alors évidemment, cette vie autrement trépidante et surtout l’attente éternelle de cet homme qui passe plus de la moitié de sa journée auprès de ses patients vont avoir raison des espérances de la jeune femme. Et le riche Coults-Brown va repointer le bout de son nez…

 

Alan Hale n’était pas seulement un acteur truculent : il lui est arrivé de passer de l’autre côté de la caméra pour signer quelques petites comédies pas si légères, où les bons sentiments côtoient avec bonheur les éléments comiques, pour notre plus grand plaisir. C’est le cas de cette petite comédie, où tous les ingrédients sont là, même la Rédemption à travers l’histoire de cet enfant percuté par la voiture de l’infâme Coults-Brown (1) qui ramenait Cecily chez lui.

Là encore, s’il ne s’agit du film de l’année, il se regarde tout de même sans déplaisir, le jeu de Vera Reynolds valant à lui seul le visionnage.

 

Et puis il y a Zasu Pitts. Elle partage la vedette avec Vera Reynolds et a en plus l’honneur d’être la porte-parole du réalisateur (ou du scénariste, si vous préférez). C’est une personnalité des plus vivantes, véritable femme assumant des responsabilités : l’inverse de notre jeune héroïne qui ne vit que dans la facilité. Alors son séjour chez elle va l’éveiller à autre chose qu’elle n’a jamais connu, bien loin des réceptions alcoolisées (2) du riche Coults-Brown et ses amis oisifs et sauvages (3). Et cet éveil va être pénible puisqu’il amène le point de rupture et par conséquent le point culminant tragique indispensable à toute bonne comédie.

 

Mais cet emprunt au tragique n’est là que pour faire éclater la comédie : la vie « rêvée » que lui promet le doublement richard se révèle être un cauchemar et termine la mutation qui s’était déclenchée chez la sœur de Ted : elle ne peut vivre dans cette opulence malsaine et comprend que c’est bien Ted et sa vie mouvementée (pour la bonne cause) qui lui convient.

Bref, une de ces comédies réjouissantes où encore une fois un acteur passé de l’autre côté de la caméra laisse s’exprimer ceux qu’il filme, avec générosité.

 

On notera en outre la présence de Louise Cabo dans le rôle de Hefty Helga, la servante des Wheaton, seul personnage burlesque de ce film : outre sa ressemblance (par temps de brouillard) avec un camion, elle &a tendance à casser tout ce qu’elle touche. Sauf l’escalier de la cave.
Encore que…

 

  1. Non seulement il a un nom absurde, mais en plus c’est une espèce de salaud qui écrase les enfants sans pour autant s’arrêter voir s’il y a des dégâts.
  2. Nous sommes en 1926, ne l’oublions pas. Nous sommes à la moitié (seulement) de la Prohibition.
  3. Comme l’explique un intertitre et la séquence qui le suit.

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