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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

drame

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Fritz Lang

Le Docteur Mabuse (Rudolf Klein-Rogge), c’est l’incarnation du Mal. A l’instar de Fantômas, il est un véritable génie du crime. Son activité est sans limite : vol, meurtre, enlèvement, fausse monnaie…

Après l’Allemagne éternelle (Les trois Lumières), Fritz Lang revient avec un film plus contemporain. Nous sommes donc dans l’Allemagne d’après guerre 14-18. Les œuvres d’art exposées sont expressionnistes – avec en prime une prédilection pour les sculptures africaines.

Plusieurs fois, il est fait référence à l’année de tournage : 1922. C’est un an avant une récession sans précédent : c’est l’opulence, les night-clubs fleurissent, ainsi que les cercles de jeux y attenant. Mabuse est un criminel moderne. Sa couverture : psychanalyste de renom.

 

Il a recours aux techniques criminelles habituelles, bien entendu, mais il est aussi capable d’affoler la bourse. Et de ses yeux bleus et froids, il hypnotise ses victimes, les faisant jouer inconsidérément et dilapider leur fortune.

Ses victimes : les gens riches. Edgar Hull (Paul Richter) sera assassiné, le Comte Told (Alfred Abel), déshonoré puis poussé au suicide.

Ses sbires sont sans foi ni loi : Hawash (Charles Puffy) qui s’occupe aussi de la fausse monnaie ; Spoerri (Robert Forster-Larrinaga) un cocaïnomane qui l’aide à se grimer ; Georg, le chauffeur et assassin ; et Pesch (Georg John) le chimiste. Ses hommes le craignent et lui obéissent sans hésiter, jusqu’à la mort.

 

Contre lui : le procureur von Wenk (Bernhardt Goetzke), qui use des mêmes artifices pour le confondre et arriver à son arrestation, mais toujours sans réussir.

Et puis il y a les femmes :

  • Cara Carozza (Aud Egede Nissen), la femme qui l’aime.
  • Dusy, comtesse Told (Gertrude Welcker), la femme qu’il aime.

Ce sont elles qui sont les catalyseurs de l’alchimie mabusienne.

 

Cara – l’ancienne maîtresse – est le jouet de Mabuse contre Edgar Hull. Elle l’aime absolument. Même emprisonnée, elle mourra plutôt que de le trahir.

Dusy, c’est celle qui l’a – malgré elle – envouté. Il désire cette femme et va même faire se déshonorer le comte pour pouvoir l’enlever. Mais cette femme – qu’il pensait dominer – va lui échapper. On peut même avancer que c’est le désir pour cette femme qui va précipiter sa chute.

 

Lang nous montre les différentes techniques utilisées par Mabuse pour réaliser ses néfastes desseins. Des la séquence d’introduction, nous savons que Mabuse use d’artifice : c’est un jeu de photos qui nous montre l’étendue de ses personnalités. C’est un homme dangereux, parce qu’avec ses déguisements, il passe inaperçu. De plus, sa technique hypnotique lui permet d’abuser des gens à leur insu, les poussant vers la mort sans scrupule.

Mabuse est une menace. Pour les riches, mais aussi pour la société : la manipulation boursière et son atelier de fausse monnaie sont là pour en témoigner.

 

Mais Mabuse est un extrémiste : il ne se rendra pas – la liberté ou la mort, pourrait-on dire, si cet homme n’était pas ce qu’il est. Mais la mort ne viendra pas pour lui. C’est la folie qu’il trouvera, exprimée par ses victimes venant le tourmenter, grâce à des surimpressions récurrentes (c’était déjà le cas avant la mort de Told).

Mabuse est peut-être le personnage le plus prémonitoire du cinéma allemand, car il opère à l’échelon de la société. Il hypnotise ses victimes, les forçant ainsi à accomplir des actions contre leur gré. Ses hommes lui sont dévoués corps et âmes. Ils n’ont pas vraiment de libre arbitre. Seul le Docteur compte.

 

L’analogie avec Hitler et le régime nazi – que l’on peut trouver dans les films allemands de cette époque – n’a jamais été aussi claire. En effet, après la guerre, nombre d’Allemands ont déclaré avoir été comme hypnotisés par le nazisme. L’avis de Mabuse sur l’art (l’Expressionnisme) est des plus méprisants, tout comme celui des nazis qui qualifieront cet art de « dégénéré ».

 

Le film est sorti en 1922.

Hitler sera élu en 1933.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Ferdinand Zecca
Histoire d'un Crime (Ferdinand Zecca, 1901)

A l’origine, c’est une commande. Mais d’autres ont fait de magnifiques films qui n’étaient que des commandes (Elephant Man, Fisher King…). Mais cette commande st avant tout une suite d’effets cinématographiques.

Zucca, pionnier du cinéma, nous montre l’histoire d’un homme, de son enfance à sa décapitation.

EN effet, c’est un criminel.

On commence tout de suite par le crime : crapuleux, sordide.

Puis cet homme est arrêté, confondu

Première technique :

L’ellipse.

Il se retrouve en cellule. Pas de procès. Nul besoin : on a compris. De toute façon, vu le métrage de pellicule alloué, il fallait aller à l’essentiel.

Deuxième technique :

Le flashback.

Alors qu’il se morfond dans sa cellule, sur un des murs, se déroule sa vie. On pense au dernier jour d’un condamné de Victor Hugo. Et on le voit. Enfant tout d’abord. Puis adolescent. Adulte enfin, dans un café où vient boire un receveur du trésor. Ce même receveur qu’il a assassiné au début du film.

Puis vient l’exécution. Des messieurs viennent le chercher, le préparer et le conduire à l’échafaud.

Troisième technique :

Champ.

On ouvre une porte à double battant et on aperçoit la guillotine qui attend notre homme. L’homme a un mouvement de peur et de recul.

Contrechamp.

Nous sommes près de la guillotine précédemment vue. L’homme est allongé sur la planche. Le couperet tombe. Le corps est basculé dans le panier d’osier. Fin.

Pas de commentaire. Pas de discours. Ni condamnation du geste, ni de la sentence.

C’est une fiction documentaire. Comme le dit mon ami Allen John, la peine de mort vient d’entrer dans le cinéma. Elle n’en sortira pas.

Mais ici, comme dans la ligne verte, elle n’est pas remise en cause. Elle est une suite logique de ce qui s’est passé auparavant.

Au-delà des images, il est intéressant de voir un même sujet 72 ans avant Deux Hommes dans la ville. La condamnation du crime d’état en moins. Mais en 1901, il n’est certainement pas question de remettre en cause la peine capitale. Il faudra attendre encore 80 ans.

 

Et tout ça en 5 minutes et 22 secondes.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Yves Boisset, #Drame

Le cinéma d’Yves Boisset n’est pas spécialement délicat.

Dans les années 70, il faisait du cinéma engagé. Il dénonçait. Il a toujours dénoncé. Et c’est efficace.

Ici, c’est l’ordinaire qu’il dénonce. Les gens ordinaires, le racisme ordinaire, la connerie ordinaire.

Dans la première heure du film, il dresse un portrait de la société française assez juste à travers les différents vacanciers dans un camping du sud de la France. Et en particulier l’un d’eux : Georges Lajoie, restaurateur, enfin plutôt tenancier de bistrot. Un bistrot bien français, où on boit français, on pense français, on a la cuite française. Et bien sûr, on a son franc parler. Surtout sur les étrangers, et encore plus s’ils sont un peu bronzés.

 

En vacances, monsieur Georges retrouve ses amis : Colin, qui vend des soutiens-gorges sur les marchés, et Schumacher, un huissier de justice. Malgré leur diversité sociale, ils se fréquentent depuis longtemps. Ils s’entendent très bien ensemble. Ils boivent le coup ensemble. Ils passent ensemble des vacances ordinaires.

Ils ont aussi des idées sur les « étrangers » assez similaires. Sur les étrangers en général, mais sur les Arabes en particulier. Rien de bien méchant, n’est-ce pas, mais chacun chez soi tout de même. Et là, on est dans le racisme ordinaire.

Un jour, Georges tente de violer la fille de Colin. Elle refuse. Il la tue. Et c’est là que commence la connerie ordinaire.

Rapidement, des ouvriers – dois-je préciser qu’ils sont d’origine algérienne ? – sont soupçonnés. Et comme la police ne va pas assez vite, les braves Français décident de lui donner un coup de main.

Résultat : un baraquement mis à sac, un blessé grave, un mort.

Mais comme le dit le substitut de la République : « des histoires comme ça, on en a trois pas mois… »

L’enquête est confiée à l’inspecteur Boulard (Jean Bouise, épatant). Boulard, c’est le porte-parole de Boisset. Il ne veut pas étouffer l’affaire. Il dénonce ce climat de racisme ordinaire et la lâcheté des pouvoirs publics par rapport à ces événements.

Mais il faut aussi vivre. Alors, en fin de compte, il étouffe l’affaire. Il sera commissaire. Mais il résume très bien la situation : « Du point de vue personnel, je trouve ça dégueulasse. Mais du point de vue professionnel, je m’exécute. » Mais on sent tout son dégoût dans cette décision de justice (on dirait aussi « parodie »).

 

Et les racistes ordinaires ?

Lajoie (Jean Carmet). Le personnage central. Le veule. Il parle beaucoup, et laisse agir les autres. Il n’a un bâton en main qu’une fois l’homme mort. Et quand il en parle dans son café, ce n’est plus une meute déchaîné qui se rue sur cinq pauvres types désarmés ? Ce sont trois quatre justiciers contre une horde de barbares. Pas étonnant que son fils s’en éloigne.

Colin (Pierre Tornade). Le père de la jeune fille tuée. Il a des circonstances atténuantes, sa fille est morte. Il est même prêt à se dénoncer mais les autres l’en dissuadent. C’est peut-être le plus humain de cette bande.

Schumacher (Michel Peyrelon). L’huissier de justice. Le notable. Le respectable. Mais aux idées extrêmement nauséabondes. Idées courtes, bien entendues, distillées avec sa diction impeccable et si particulière. Pour citer Napoléon à propos de Talleyrand : « de la merde dans un bas de soie. »

L’ancien d’Algérie (Victor Lanoux). Parce qu’il y en a toujours un dans ces situations-là. C’est le bras armé de cette justice. C’est lui qui incite et excite les autres. Il se recrée son Algérie. Il se venge d’une victoire qu’il n’a pas pu avoir. Lanoux est, là encore, formidable.

Les autres. Les pauvres cons qui se laissent entraîner et paraissent le regretter. Les plus dangereux, parce qu’on ne les distingue pas.

 

Quarante ans après, je ne suis pas sûr que les mentalités aient beaucoup évolué.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #F. W. Murnau, #Karl Freund

La mise en scène magnifique de Friedrich Wilhelm Murnau, la caméra vivante de Karl Freund et les décors semi-expressionnistes de Walter Röhrig. Plus le jeu tout en subtilité du grand Emil Jannings. Tous les ingrédients pour faire un film inoubliable.

Certainement le film muet par excellence. Ici, seulement des images. Pas d’intertitre d’explication. Une mise en garde au début et une annonce de fin alternative. Pour le reste, un film universel.

L’histoire est très simple : le portier d’un hôtel de luxe sombre dans la déchéance en y devenant le « monsieur-pipi ».

Mais c’est la façon de la raconter qui est magnifique.

Chaque degré de cette déchéance est filmé avec justesse. Murnau transforme cette petite histoire banale en tragédie classique. Ce portier devenant pour l’occasion le chef de l’armée de l’hôtel : ceux qui accueillent les clients. De son sifflet, il dirige grooms, porteurs et valets. Le tout dans un habit de brandebourg doré. Ce n’est plus un portier, c’est le maréchal Hindenburg lui-même.

Mais le temps laisse des traces et la vieillesse s’installe. Le portier, devenu faible est « dégradé ». On lui ôte son uniforme de lumière qui ira moisir dans un placard. Et lui ira s’occuper des toilettes, au sous-sol. Cette descente professionnelle s’accompagne donc d’une descente physique : les autres sont au-dessus, lui est en-dessous. Il n’y a pas plus bas dans l’hôtel : il est devenu le dernier. Et comme si ce n’était pas suffisant, il doit en plus faire son travail à quatre pattes. Il n’est presque plus un homme.

Mais il faut sauver la face. Alors il subtilise son habit de lumière et rentre chez lui comme si de rien n’était. L’honneur est sauf.

Sauf ? Sauf que le mensonge est éventé et la nouvelle se propage dans son quartier où chacun se gausse de sa déchéance, d’autant plus franchement qu’elle permet à tous d’oublier ses tracas. Cette nouvelle se répand comme une traînée de poudre et quand notre homme rentre chez lui, il est méprisé de tous, sa fille y compris. Il ne pourra plus parader dans son habit prestigieux. Il n’a plus sa place parmi eux.

Il doit retourner dans les bas-fonds.

Ceci était la première fin. Jugé trop pessimiste (réaliste ?), le film comporte donc une autre fin (alternative, dirait-on aujourd’hui) : mais elle est trop peu crédible pour tenir la route. Je préfère en rester là.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #F. W. Murnau, #Drame, #Fantastique

Le diable est sur la ville. Il apporte la peste, la fumée noire, les ténèbres.

Faust, c’est avant tout une légende allemande. Marlowe et Goethe en ont écrit une version, mais Murnau l’a mise en image. [Magnifiques images de Carl Hoffman sur des décors qui ne sont pas sans rappeler ceux du Cabinet du Dr Caligari]

Il y a tout : un diable malfaisant, un vieillard à la recherche de sa jeunesse, une pure jeune fille, les bijoux (Ah ! Je ris…), le rouet, l’archange. Tout est là.

Mais Faust, ce sont avant tout deux personnages : Méphisto et Marguerite.

Méphisto, c’est – évidemment – Emil Jannings. C’est du sur mesure. Il est le diable sous toutes ses formes. Et bien entendu, il est méchant. Après avoir trompé Faust, il va s’employer à détruire son bonheur, et – bien entendu – y arriver.

Le bonheur de Faust ? C’est Marguerite (Camilla Horn). La belle, la blonde, la pure Marguerite. On ne peut que tomber sous son charme. Mais dès le moment où elle tombe sous le charme de Faust ? Sa déchéance se déclenche : sa mère meurt, son frère est tué par Méphisto – en faisant croire (ben tiens…) que c’est Faust le meurtrier – et quand vient l’hiver, son bébé meurt et elle est condamnée au bûcher. Il y a de quoi devenir folle. D’ailleurs, elle le devient.

Mais le pilier du film, c’est Jannings. Il est un Faust cruel. Mais il sait aussi être comique. Et pendant que Faust et Gretchen flirtent, Faust en fait de même avec la tante Marthe. Et ce jeu amoureux est une pause avant la tempête qui s’annonce.

Parce que Faust va déclencher une tempête et détruire tout ce que Faust aura entrepris.

Mais Méphisto, c’est un être noir. Seule sa figure est blanche et ressort. Et Jannings se déchaîne pour accentuer cette noirceur. Un an après Le dernier des Hommes (F. W. Murnau, 1925), où il jouait un portier en pleine déchéance, il se lâche : son visage s’anime, il fait moult grimaces qui collent à son personnage. Il rappelle celui de Tartuffe dans le film éponyme (encore de Murnau !), quand il montrait sa véritable personnalité. Mais ici, il en fait dix fois, cent fois, mille fois plus. Et ça marche !

Et Faust, dans tout ça ? C’est un prétexte. Il n’a que peu d’épaisseur. Il est égoïste et insouciant. Il a une belle gueule, certes, mais c’est bien tout. Il faut dire que devant Méphisto-Jannings, il ne fait pas le poids.

Il n’empêche, quel film fantastique ! (dans tous les sens du terme !)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Carol Reed, #Drame
Le troisième Homme (The third Man - Carol Reed, 1949)

Un film d’ambiance et de ténèbres.

L’ambiance d’abord. C’est Viennes, au sortir de la seconde guerre mondiale. Mais pas la Viennes romantique ou celle des cartes postales. C’est la vraie, celle des vaincus de la guerre. La ville a été bombardée et beaucoup de ruines figurent dans les plans du film. Et au milieu de toute cette désolation, la grande roue, symbole de ce que fut Viennes avant-guerre, une ville de plaisirs.

Mais cette ville n’est plus, et Carol Reed nous fait entrevoir ce qu’elle est devenue : ruines, gens pauvres, ville quadrillée par les armées victorieuses. On aperçoit un homme qui fouille dans les poubelles ; la logeuse de Anna Schmidt (Alida Valli) qui se promène avec sa vieille couverture sur le dos ; un ancien aristocrate qui joue du violon dans un restaurant pour subsister ; l’importance des cigarettes dans ce monde où sévit le marché noir ; un marchand de ballons.

C’est une Viennes sombre, noire, ténébreuse.

 

Parlons alors des ténèbres.

L’ombre, par opposition à la lumière, est le personnage le plus important du film. C’est aussi l’ombre des protagonistes de cette histoire. La plupart du film se déroule la nuit, et Reed joue avec talent de l’opposition entre la lumière et l’ombre. Ce sont presque toujours des silhouettes démesurées sur des murs rarement blancs. Ce sont aussi d’autres profils noirs se découpant en contre-jour dans de longs couloirs. C’est aussi le mélange entre les personnes et leurs ombres dans les égouts de la ville.

C’est aussi l’âme noire de Harry Lime (Orson Welles) qui s’est enrichi de manière ignoble. Et c’est un chat noir et blanc qui le dénonce à son ancien ami Holly Martins (Joseph Cotten). Sans ce chat, Holly n’aurait pas crié et réveillé une femme qui allume et éclaire ainsi le visage doux et ironique de Harry, le sortant de l’ombre où il s’était réfugié.

 

L’endroit le plus lumineux du film se situe à l’hôpital. C’est là que sont a litées les enfants victimes de Harry et de sen trafic mortifère. Reed nous suggère ce que peuvent être ces enfants ravagés par de faux médicaments.

Dernier lieu de ténèbres, les égouts. Cette scène illustre à elle seule qui était Harry Lime. Il fut l’ami de Holly, mais depuis leur séparation, alors que l’un écrivait des histoires de cowboys, l’autre s’enfonçait dans un marché noir de plus en plus terrible. Mais là, sa descente, après avoir été morale devient physique. Il se retrouve dans l’enfer des égouts. Un lieu noir où se déversent les eaux corrompues – comme lui – de la ville. Et sa tentative ultime de s’en sortir – de remonter vers le ciel – est vouée à l’échec, ce qui n’est que justice, tellement l’âme de ce personnage est noire.

 

Quand il arrive à Viennes, tout est réuni pour annoncer à Holly que ça va mal se passer : Harry n’est pas là pour l’accueillir. Ensuite, en se rendant chez son ami, il passe sous une échelle. Le major Calloway (Trevor Howard) lui conseille de repartir d’où il vient et de passer à autre chose.

Mais il ne sait pas lire ce qui l’entoure et va tout de même enquêter sur ce drôle d’ami. Jusqu’à le perdre totalement.

Et pour quoi ? Pour rien. La femme qu'il convoiterait passe devant lui sans s’arrêter.

Il reste aussi seul qu’au début. Peut-être même plus.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #G.W. Pabst, #Louise Brooks
Loulou (Die Büchse der Pandora - Georg-Wilhelm Pabst, 1929)

Tout le monde aime Loulou (Louise Brooks) : le Dr Schön (Fritz Kortner), Alwa (Francis Lederer), Schigolch (Carl Goetz), la comtesse Geschwitz (Alice Roberts) et même Jack (Gustav Diessl).

Le Docteur Schön, c’est l’amant attitré. Sa relation avec elle est de notoriété publique, même si ça le gêne un peu aux entournures. Surtout qu’il aimerait se marier avec une autre jeunesse.

Alwa, c’est le fils du précédent. Il est donc jeune et beau. Il semble distant au début, mais en fin de compte, lui aussi aime Loulou.

Schigolch, c’est l’instrument du destin. C’est lui qui mène Loulou. Tour à tour son père ou son premier client, on peut même penser qu’il est son souteneur quand il entre chez elle et se sert dans son pot d’économies. C’est un homme simple, Schigolch, il aime le confort, son bien-être et le pudding.

Geschwitz, c’est la Comtesse. Elle aussi aime Loulou, mais ce n’est pas très bien vu à la fin du XIXème siècle (ni en 1929 !). Elle aime Loulou sans retour et sans espoir. Mais elle l’aide quand elle peut.

Jack, c’est l’éventreur. Il aime les femmes. Alors Loulou…

 

Loulou, ce sont trois phases : la liberté, le mariage, la déchéance.

On aurait pu appeler ce film Grandeur et décadence d’une jeune fille allemande, mais non. C’est La boîte de Pandore, le titre original. Et qui est Pandore ? Loulou, bien entendu.

Autrement, Pandore, c’est celle qui ouvre la boîte où sont enfermés tous les maux de la terre, et qui la referme avant que l’espoir puisse en sortir.

Alors pas étonnant que tout se délite, et que l’issue sera fatale.

Et tout dans le film nous indique la déchéance annoncée de la jeune femme.

 

Au début, Loulou est une femme libre, installée dans un appartement lumineux ouvert. Elle reçoit, surtout le Dr Schön, son régulier.

Ensuite, elle épouse Schön, mais celui-ci la force à le tuer. La maison où ils auraient dû vivre est plus foncée. Loulou est mariée, elle n’est plus aussi libre.

Puis, ils sont à Londres, dans la nuit, dans le brouillard. Elle n’a plus le choix, elle doit se prostituer pour subsister.

Et donc, elle meurt.

 

Le film se teinte de sombre progressivement pour emporter Loulou dans la mort et Alwa dans la nuit, à la suite de l’Armée du Salut.

Et Schigolch, dans tout ça ?

Il poursuit son chemin. Il s’en sort toujours.

C’est lui qui met la puce à l’oreille de Schön dans l’appartement de Loulou, quand il apparaît. Il est alors son « premier client ».

Puis, il a Loulou sur ses genoux après le mariage, alors que Schön entre dans la chambre. Il est alors son « père ».

Enfin, c’est lui qui la fait évader, lui qui l’encourage à se prostituer pour « goûter une dernière fois » au pudding.

Et quand Loulou est morte, que le malheureux Alwa part avec l’Armée du Salut, il déguste un énorme pudding, une matrone souriante à ses côtés.

 

Loulou, c’est tout ça à la fois. Mais c’est surtout cette femme libre qui s’enferme de plus en plus et qui perd son sourire. Malgré tout, tous l’aiment. Même l’éventreur qui en lâche son couteau, subjugué par cette femme extraordinaire au sourire incomparable. Parce que c’est ce sourire qui la perd. Sans lui, Jack repartait.

Loulou, c’est Louise Brooks, et Louise Brooks, c’est Loulou, tellement ce rôle lui a collé à la peau. Mais c’est aussi une jeune femme moderne. Elle n’est pas de son temps. Quand les hommes séduisants sont des notables ou des gens fortunés et installés bien en chair, elle est mince, fraîche et légère. Quand la société aime les unions préparées dans une même caste (Marx dirait « classe »), elle aime qui lui plaît, quelle que soit son origine.

 

Quand les bourgeoises ont toute une allure convenue et standardisée, elle a des cheveux courts coupés au carré. Alors que les rombières sont couvertes jusqu’au cou, elle a des vêtements légers et (très) aérés. Elle n’est pas de son temps. Surtout quand on apprend que « son temps », c’est aux alentours de 1888… (Jack l’Eventreur oblige)

Mais Loulou, en plus de son sourire, ce sont des yeux qui brillent. Ils ne cesseront de briller que quand elle sera morte. Même quand elle a touché le fond et monte avec Jack, elle le regarde avec ses yeux pétillants.

 

Alors oui, j’aime ce film. J’aime Louise Brooks, et puis c’est tout.

 

P. S. : Il est dommage d’avoir comparé cette femme avec Pandore – l’Ève de de la mythologie grecque – parce qu’elle n’en a ni l’ignorance ni les défauts. Mais à la fin du XIXème siècle, quand on était une femme hors norme, malheureusement, on était considérée comme une créature maléfique.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marcel Carné, #Drame, #Jacques Prévert
Les Enfants du Paradis (Marcel Carné, 1945)

Chef d’œuvre absolu.

D’un côté, il y a Frédérick Lemaître (Pierre Brasseur). L’acteur.

De l’autre, Baptiste Debureau (Jean-Louis Barrault). Le mime.

Il y a aussi Pierre-François Lacenaire (Marcel Herrand). Le criminel.

Et enfin Edouard de Montray (Louis Salou). Le riche.

Entre et au milieu, Garance (Arletty). Le nom d’une fleur.

Tous ces personnages se retrouveront à un moment dans le cercle rouge cher à Melville.

Mais en attendant, chacun vit sa vie et gravite autour de Garance.

Tous l’aiment. Chacun à sa manière.

Pour Frédérick, c’est charnel.

Pour Montray, c’est une situation.

Pour Lacenaire, c’est ambigu.

Pour Baptiste, c’est absolu.

Alors chacun évolue et fait ce qu’il sait faire mieux.

Frédérick joue et gagne.

Montray se bat en duel.

Lacenaire joue et perd.

Baptiste ne dit rien et c’est un triomphe.

Et Garance les aime tous. Chacun à sa manière.

 

Parce que c’est une histoire d’amour. Le seul sujet qui vaille la peine.

Et Prévert, après avoir écrit le scénario, nous gratifie d’un dialogue merveilleux. Les répliques se succèdent et font mouche.

On s’amuse avec Frédérick qui a la meilleure répartie. Mais on rêve avec Baptiste qui attend le grand amour et n’est pas capable de le reconnaître quand il est à sa portée. On sourit de l’esprit tortueux de Lacenaire, mais on en frémit. On en arrive aussi à mépriser Montray, ce comte d’en haut qui n’a aucune considération pour ceux qui sont en bas.

Mais surtout, on aime Garance et sa simplicité, sa beauté et sa sensualité. Elle n’a besoin que d’être là pour illuminer l’écran : « Une petite lueur » aime-t-elle à répéter.

Car ce ne sont que des petites lueurs, tous ces personnages qui se côtoient, s’aiment et se perdent. Mais toutes ces lueurs assemblées font un merveilleux feu d’artifices.

 

Et Garance, celle qui est aimée de tous, saisit ces amours et en jouit. Elle est simple. Elle n’a pas besoin de grand-chose.

Mais le destin veille, et tout ne se passe pas comme il faut. Nathalie, qui aime Baptiste le résume : « tu aimes Garance, mais Garance aime Frédérick. »

Alors quand Garance revient, Nathalie (Maria Casarès) en est avertie et fait tout pour les séparer. Elle ne sait pas que le destin veille et les séparera. Pour son malheur, malgré tout. Car même si Garance repart, Baptiste est perdu pour elle.

Et puis il y a tout ce Paris pittoresque cher à Prévert. Même si l’action se situe au XIXème siècle, les humains sont tous pareils. On va découvrir les bas-fonds du Boulevard du Crime, emmenés par Lacenaire. On découvre Fil-de-Soie, l’aveugle qui recouvre la vue une fois le pas de la porte de l’auberge passé. On découvre aussi Avril (Fabien Loris), l’ami de Lacenaire, qui est plus dans l’action que dans la réflexion. Et enfin Jéricho (Pierre Renoir), dit Josué, dit…

Jericho, c’est le mal-aimé. Le solitaire. Le Juif errant. Il est répugnant, avare, veule et indiscret. A l’origine, c’est Le Vigan qui devait l’interpréter, mais la Libération arrivant, il s’enfuit et fut remplacé par Pierre Renoir. On y a certainement perdu.

Alors que Garance attire l’amour de tous, Jericho attire la haine générale. Il est méprisé de tous, sauf Nathalie qui n’est pas capable de haïr quelqu’un, même pas celle qui lui vole Baptiste.

 

Et puis, il y a les regards.

Le regard calculateur et amusé de Lacenaire, le regard jaloux de Frédérick quand Garance revient, le regard enjoué de Garance à chaque instant.

Le regard de Baptiste pendant la pantomime quand il s’aperçoit que Garance et Frédérick sont plus que des amis. Son regard se voile progressivement et se transforme en haine, effrayant Nathalie.

Un autre regard éloquent, celui d’Avril, quand Lacenaire tue Montray. Son regard assuré de mauvais garçon perd progressivement de sa contenance jusqu’au coup de couteau fatal qui le fait sursauter et l’anéantit.

Et puis la musique de Joseph Kosma, dans la clandestinité, qui décline ses thèmes à différents moments du film.

Après l’égarement des Visiteurs du Soir, Carné est de retour avec un chef-d’œuvre. Hélas, tout ce qui suivra ne pourra plus jamais atteindre un tel sommet.

Contentons-nous donc de savourer cette magnifique histoire d’amour, où le personnage central est une femme, ce qui n’était pas souvent le cas des films de Carné.

PS : qui sont les enfants ? Sont-ce ceux qui assistent au spectacle au dernier étage, près du ciel du théâtre ? Ou plutôt ceux qui sont admirés et aimés par ces spectateurs, les acteurs eux-mêmes de cette histoire, les vrais enfants de ce Paradis ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Weir, #Drame

Saint Valentin, été 1900.

Nous sommes en Australie, dans un pensionnat de jeunes filles - européennes.

Dès le générique, nous savons que les jeunes filles n'ont pas été retrouvées.

Peu importe. Le propos n'est pas là.

Quatorze ans avant Le Cercles des Poètes disparus, Peter Weir décrit l'univers d'un internat. Ce sont des jeunes filles anglaises, issues de familles riches. Il s'agit d'une petite institution (une quinzaine de jeunes filles seulement) où elles apprennent à devenir des femmes accomplies : on y enseigne la musique, la peinture, la broderie... Bref, tout ce qui est considéré comme improductif. Leur avenir est tout tracé, en sortant, elles seront bonnes à marier et avoir des enfants. Parce que nous sommes dans la dernière année de règne de Victoria (que nous apercevons sur un médaillon). Même si l'action se passe bien loin de l'Angleterre, les valeurs de la société victorienne sont très prégnantes.

C'est une période de dissimulation. On cache ses sentiments, on cache son corps. Les femmes sont engoncées dans un corset. Alors que le monde se tourne résolument vers l'avenir, cette institution reste engluée dans le passé. Pas étonnant alors que ces jeunes filles disparaissent.

Il y a chez ces jeunes filles (et leur prof de maths) un besoin de s'émanciper. Miranda (Louise Lambert), la plus charismatique, va les y aider. C'est elle la première qui ôte ses chaussures et surtout ses bas, ce qui horrifie Edith (Christine Schuler), la quatrième jeune fille qui n'ira pas jusqu'au bout. C'est trop pour elle : elles marchent jambes nues ! [En outre, la première préoccupation de la directrice de l'internat est de savoir si la jeune fille n'a pas été violentée - avec ou sans « ent »]

Et lors de son interrogatoire, tout le puritanisme victorien sortira quand elle parlera de Miss MacCraw (Vivean Gray). Elle n'ose dire tout haut qu'elle l'a aperçue en jupons. Et la pudibonderie de cette époque est exprimée par leur professeur de Français, Melle de Poitiers (Helen Morse) : « les pantalons » dit-elle en Français dans le film, pour ne pas dire le mot anglais.

Mais l'une d'elles est retrouvée, inconsciente et amnésique. Sans corset. Le corps libre. Et les deux femmes de service qui le savent vont cacher ce détail au policier.

L'escalade vers le sommet de Hanging Rock par les trois jeunes filles se transforme progressivement en élévation spirituelle. En effet, le temps s'est arrêté (les deux montres indiquent midi). Nous sommes donc à un instant où tout est possible. Et les jeunes filles continuent de s'élever alors que la musique du film (Ascent de Bruce Smeaton) les soutient dans leur ascension.

Et plus elles montent, plus elles se débarrassent de leurs entraves : chaussures, bas, corsets. Elles poursuivent toujours leur montée et finissent par disparaître : la liberté absolue !

Et puis il y a Sara (Margaret Nelson). Sara l'orpheline, Sara la pauvre. Pas étonnant qu'elle soit la cible de la directrice (Rachel Roberts). C'est la seule qui ne va pas au pique-nique. Elle doit apprendre un poème qui n'a aucun sens pour elle. Aucun sens poétique pour elle, qui écrit. Et quand elle propose à la directrice de lui réciter son propre poème, elle est rapidement muselée.

Miranda était son amie, son amour. Alors elle va la rejoindre, se libérer elle aussi.

Mais si Miranda s'élevait vers la liberté, Sara y descendra.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Peter Weir
Le Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society - Peter Weir, 1989)

Vingt-six ans après son premier visionnage, l'émotion est intact. L'histoire de ce pédagogue et ses élèves n'a rien perdu de sa force.

Je me souviens. Il y avait ceux qui aimaient et ceux qui n'aimaient pas. Et entre les deux ? Rien. Personne.

Je faisais partie de ceux qui aimaient, bien entendu. Mais comment peut-il en être autrement ? Robin Williams, en plus d'être un grand acteur a cette lueur dans les yeux qui fait qu'on le suivrait partout.

Alors quand des jeunes garçons poussent la porte qu'il vient d'entrouvrir pour eux, pas étonnant que leur vie bascule.

 

1959. Welton. Une école (fictive !) où la jeunesse aisée et brillante se retrouve afin de pouvoir ensuite occuper les postes prestigieux de la bourgeoisie américaine. Et puis il y a Neil, dont les parents n'ont pas une grande fortune mais qui ont tout sacrifié pour qu'il soit là. Les piliers de cette école sont : Tradition, Honneur, Discipline et Excellence. Tout un programme. Un programme en adéquation avec la société américaine de la Nouvelle Angleterre. L'école de l'élite, de l'Amérique originelle.

 

Nous sommes dans un endroit protégé. La seule incursion du monde extérieur, c'est la radio que bricolent Pitts et Meek en cachette. Pour le reste, les élèves vivent en vase clos selon les principes énoncés.

Alors quand le professeur Keating arrive dans cet univers, pas étonnant que ça dérape. Il enseigne la littérature. Pourquoi pas. La poésie ? Dans un tel établissement, cela ne sert à rien. Quelle perte de temps pour certains élèves, qui montreront leur agacement.

Et pour d'autres, c'est une révélation. C'est l'éveil des consciences. Alors que l'établissement les considère trop jeune pour penser par eux-mêmes, Keating va leur montrer que finalement, lqa poésie, ça ne sert qu'à une chose : emballer les filles !

 

C'est ce que Knox va faire. C'est ce que Charlie Nuwanda Dalton a compris, quand il invite des filles à leur réunion.

Mais pour Neil, c'est la possibilité de choisir sa vie qui s'ouvre à lui. Contre son père. Avec les conséquences funestes que l'on imagine.

Mais Keating est en avance. En avance sur son temps, en avance sur la société. Ses préceptes n'ont pas leur place dans cette institution sclérosée garante de l'Ordre.

Il faudra attendre encore quelques années pour la jeunesse américaine se retourne contre cette conception sociétale de la vie : être éduqué, se marier, avoir des enfants et mourir. 1967 est encore loin. La contestation, si elle couve, n'est pas de mise. Ce monde standardisé n'est pas prêt.

Neil et Nuwanda sont prêts à bousculer cet état de fait : ils ne reviendront plus à l'école.

 

Pour les autres, la société des adultes les rattrapera et ils rentreront (presque complètement) dans le rang. Ils seront de parfaits petits citoyens, mais on peut espérer que quand les mentalités vont évoluer, ils sauront accepter les changements et se souviendront vaguement de leur professeur.

Mais à la fin, ce professeur, le fauteur de trouble, celui qui apporte la lumière, est sacrifié et renvoyé d'où il vient. L'institution n'est pas prête. Keating repart après un dernier hommage de ses élèves.

La morale est sauve. Mais pour combien de temps ?

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