Depuis la mort de son père, Mickey (Mabel Normand) vit avec le !meilleur ami et associé de celui-ci, Joe Meadows (George Nichols) et sa femme de ménage Minnie Ha-Ha (Minnie Devereaux/Provost), une Indienne plus que plantureuse.
Alors que Joe exploite une mine qui n’a rien donné en 20 ans, Mickey a une certaine tendance à le faire tourner en bourrique. C’est pourquoi il décide de l’envoyer chez sa tante, Mrs Drake (Laura La Varnie), qui est heureuse d’avoir dans sa famille une jeune fille intéressée dans une mine d’or.
Mais dès qu’elle apprend que la mine ne donne rien, Mickey est cantonnée à des tâche subalternes qui relèvent rarement d’une fille de bonne famille.
Mabel Normand était une grande star à l’époque de la sortie du film, et pourtant ce film a mis longtemps à sortir, puisqu’il fut commencé deux ans plus tôt, les télégrammes de l’intrigue étant datés, eux, de 1917.
C’est un vrai plaisir de pouvoir admirer cette grande actrice dans un long métrage, la majorité de ses films qui nous sont parvenus sont des courts, où elle côtoie d’autres grands noms de la comédie : Charles Chaplin et Roscoe Arbuckle pour ne citer qu’eux.
Bien sûr, c’est un film sur mesure pour elle dans lequel elle donne toute l’immensité de son talent, jouant tour à tour les jeunes filles espiègles, ainsi que l’amoureuse, sans oublier une propension à l’aventure et aux exploits sportifs comme dans la course hippique.
Bref, Mabel était une actrice totale, et on ne peut que regretter sa disparition brutale et un peu injuste (1).
Produit par Mack Sennett, ce film contient certains éléments qui rappellent ce géant du cinéma : la poursuite du train par la voiture, avec les croisements des deux véhicules ; ou encore la baigneuse nue (Mabel ?) que regarde Herbert Thornhill (Wheeler Oakman) avec la lunette de géomètre…
Mais si l’humour n’atteint pas la finesse de la décennie suivante, on rit tout de même surtout qu’on retrouve le même genre d’humour pratiqué par les autres grands, essentiellement basé sur les situations. Et tout de même en évitant le recours systématique aux tartes à la crème et autres coups de pied dans le derrière. (3) Et la séquence où Mabel fait le ménage est l’un des moments les plus drôles du film.
Mabel est (très) amusante et on ne peut rester insensible à cette jeune femme/fille : le rôle de Mickey n’est pas sans rappeler ceux de Mary Pickford à la même époque, une femme-enfant espiègle mais pas non plus naïve. Sa taille et ses attitudes lui permettent à elle aussi de passer aisément de la (très) jeune fille qui joue des tours à la jeune femme effarouchée par l’amour et qui s’y abandonne avec excitation.
Bien sûr, on trouve des méchants, mais dans une moindre mesure : si la tante et la nièce ne sont pas des plus subtiles mais plutôt hypocrites – l’argent transforme les gens, bien sûr, mais dans le cas de ces deux femmes, la transformation avait déjà eu lieu – et c’est dans le cousin Reggie (Lew Cody qui épousera Mabel en 1926) qu’on trouve le personnage le moins recommandable. Reggie, fêtard impénitent, n’est pas insensible aux charmes de Mickey, ainsi que de sa mine qui donne enfin. Mais surtout, c’est un véritable escroc, comme on peut le voir dans la séquence hippique.
Afin de déjouer les noirs desseins de ce triste personnage, nous aurons droit à une bagarre terrible entre lui et le beau et noble Thornhill, amenant un sauvetage de dernière minute comme on en connaissait beaucoup à l’époque.
On s’amuse alors, tout comme Mabel qui s’en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir.
On retrouve aussi des éléments de Cendrillon : Mabel devenue bonne à tout faire s’invite à un bal au grand dam de sa tante et sa pimbêche de fille (Minta Durfee), qui lui reprendront ses beaux atours et la renverront vers l’Ouest et sa mine improductive.
Bref, c’est un film qui a tous les ingrédients pour être un grand succès, ce qui fut le cas : pour 300.000 dollars (2) de budget, il en récolta 8 millions.
- Impliquée dans l’affaire du meurtre de William Desmond Taylor (1922), elle sera blacklistée à Hollywood, tout comme son ancien partenaire Roscoe Arbuckle.
- Nombre utilisé dans la promotion.
- Je vous laisse découvrir qui de prend le seul coup de pied au cul.
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