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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Rémi Bezançon
Le Mystère Henri Pick (Rémi Bezançon, 2019)

« En Bretagne, il ne pleut que sur les cons. » (vieux dicton breton (1)).

Pas étonnant que quand Jean-Michel Rouch (Fabrice Luchini) se déplace à Crozon (29), il pleuve.

Il faut dire que ce monsieur est un sacré con quand on le rencontre. Animateur d’une émission littéraire à la télévision, ancien chroniqueur d’une revue dirigé par un quotidien de barbier, Il se retrouve dans une situation apocalyptique suite à la parution d’un roman au succès incroyable.

Mais reprenons.

 

Un jour, la jeune éditrice Daphné Despero (Alice Isaac) trouve un manuscrit dans une drôle de bibliothèque de Crozon : celle des livres refusés. Touchée par cette œuvre improbable, elle décide de la publier : c’est un succès inouï voire inespéré : son auteur, le mystérieux Henri Pick était pizzaïolo et aurait écrit en cachette cette bombe littéraire. « Aurait » écrit, puisque Jean-Michel Rouch crie à la mystification.

Résultat, ce livre ne fait pas que changer sa vie, elle la chamboule totalement : sa femme le quitte, il est viré de la télévision.

Qu’importe, imbu et orgueilleux, il va mener son enquête.

 

Qu’on se rassure tout de suite, le spectateur a le fin mot de l’histoire, mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la clé du mystère.

Oui, quand Rouch apparaît dans son émission, on ne peut refouler un sentiment de mépris pour ce personnage capable d’influencer le public quant aux différents livres qui paraissent chaque jour.

C’st d’ailleurs cette influence qui est la cause de son échec. Il faut dire que l’émission qu’il dirige à propos du livre de Pick est chaotique : Madeleine (Josiane Stoléru), la veuve de l’auteur, quitte le plateau, énervée par l’attitude fortement déplacée du critique. Et on peut facilement le comprendre : il est d’une incorrection incroyable et plutôt indigne pour un présentateur de télé.

Voilà pourquoi il pleut quand il arrive dans la ville de résidence de l’auteur…

 

Mais, à mesure que Rouch progresse dans son enquête, le temps se bonifie : reparti sur des bases plus saines et sereines, il arrive à entraîner Joséphine Pick (Camille Cottin) dans sa quête pour la vérité. Cette dernière est exactement l’aide dont il avait besoin : une personne critique – par rapport à l’attitude de ce drôle d’enquêteur – mais aussi refusant la thèse de la duperie sans pour autant fermer totalement son esprit : le doute qu’il a instillé s’est installé en elle et elle veut finalement savoir, quoi que soit l’issue.

Et ce qui fait que le film fonctionne, c’est bien cette association elle aussi improbable, qui amène son lot d’humour et d’émotion, indispensables dans un tel film.

 

Encore une fois, Luchini est impeccable mais sa partenaire ne l’est pas moins. Et il est amusant de constater que le père de Camille Cottin était lui-même un bibliothécaire renommé.

Et si les livres sont la toile de fond du film, il s’agit avant tout d’une enquête : une quête de la vérité, et comme toute quête de cet acabit, il ne laissera pas indemne ses participants, en bien comme en mal. Tout comme Joséphine, nous apprécions progressivement ce personnage très désagréable au début et qui, à force de se retrouver seul parce que têtu, va petit à petit revenir vers ce qu’il avait un peu oublié pendant son ascension irrésistible.

 

Alors on peut penser – et je fait partie de « on » qu’on n’aurait peut-être pas dû donner la clé du mystère et laisser un petit peu de doute à la fin du film, mais ce n’est pas trop grave, cette promenade dans les milieux littéraires, que ce soit dans une grande maison d’édition (Grasset, alors que le livre original a été publié par Gallimard…), sur un plateau de télévision ou encore dans une sombre petite bibliothèque du fin fond de la Bretagne (2) est des plus réjouissantes et rend au final un bel hommage à ces livres, qu’ils soient publiés ou non.

De plus, le cercle littéraire de Crozon, où Rouch débarque, nous amène un bel instant d’humour (encore une fois), ce dernier se retrouvant plutôt mal à l’aise (3).

 

Au final un film réjouissant et généreux où on assiste à une métamorphose, la transfiguration inévitable qu’on trouve dans une histoire bien racontée. Cette transfiguration de Rouch peut d’une certaine manière s’apparenter à une rédemption, cette idée de salut n’est pas la propriété exclusive du cinéma américain…

 

 

PS : Décidément, j’aime de plus en plus Luchini…

  1. Le dicton complet est : « En Bretagne, il ne pleut que sur les cons, moi je lutte pour rester à l’abri. »
  2. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Rouch.
  3. Et on comprend pourquoi : ce ne sont que des femmes dont la passion commune est la littérature policière, mais allez voir vous même…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tim Story, #Marvel
Les 4 Fantastiques (Fantastic Four - Tim Story, 2005)

Une expédition spatiale qui tourne mal et les vies de Reed Richards (Ioan Gruffud), Susan Storm (Jessica Alba), Johnny Storm (Chris Evans) et Ben Grimm (Michael Chiklis) sont changées : ils ont maintenant des pouvoirs spéciaux (chacun le sien).

Mais si ces quatre-là s’en servent pour faire le bien, il n’en va pas de même pour le chef de l’expédition spatiale – Victor Von Doom (Julian McMahon) – qui passe du côté obscure et use ses pouvoirs – terrifiants – pour son propre intérêt.

 

Bien avant que les films de la franchise Marvel inonde le marché du cinéma, d’autres productions avaient été réalisées dès 2000 avec les deux premiers volets des X-Men, et donc ces 4 fantastiques, parmi lesquels on retrouve celui qui sera bientôt Captain America.

Bien sûr Stan Lee produit ce film, et comme à son habitude, il y apparaît (1).

Et déjà on y trouve ce qui fera la marque des films ultérieurs : des effets spéciaux à couper le souffle, de l’humour et un indispensable méchant aux prétentions un tantinet mégalomaniaques.

 

Déjà, on y trouve une réflexion sur l’utilisation de ces super pouvoirs, qui inquiètent leurs propriétaires, sauf Johnny qui se conduit comme un électron libre (jusqu’à un certain point) mais jouant d’un élément finalement pas toujours exploité dans les films ultérieurs : il trouve cela « cool ».

Dès lors, on assiste à des scènes absolument sans rapport avec le rôle qu’on attend des superhéros, Johnny utilisant ses facultés prodigieuses afin d’emballer des jeunes femmes.

 

Pour le reste, on assiste à une intrigue très classique – un méchant qu’il faut arrêter – où finalement la réflexion est peut-être aussi importante que l’action. En effet, tout comme le dit l’oncle Ben (2), Richard et Susan ont conscience de l’importance de leur rôle à venir, et ne prennent pas ce nouvel état à la légère. Mais si ces pouvoirs n’affectent pas leur apparence – sauf quand ils les usent – il n’en va pas de même de Ben/La Chose : son aspect repoussant permanent n’est pas là pour lui faciliter la vie.

Mais comme nous sommes aux Etats-Unis, ce problème trouvera sa solution : la beauté intérieure qui prend ici tout son sens.

Sans oublier que son aspect tranchant avec celui de Johnny amène un nouvel élément comique : il faut dire que le côté irresponsable de Johnny était déjà une source de conflit avant la mutation.

 

Bref, un film plaisant où le rythme n’est pas effréné, ce qui est une bonne chose, et qui ne dépare pas du reste de la production Marvel à venir.

Deux ans plus tard, une suite nous sera même proposée.

 

  1. Il s’appelle Willy.
  2. « avec de grands pouvoirs… »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Star Wars, #Richard Marquand, #George Lucas
Le Retour du Jedi (Return of the Jedi - Richard Marquand 1983)

Et de trois !

Le triptyque se termine : les différents intrigues se résolvent, mais plus important : l’équilibre revient.
En effet, avec ce film, Richard Marquand termine ce que Lucas a commencé 6 ans plus tôt.

Les personnages ont mûri et se sont assagis : Luke Skywalker (Mark Hamill) n’est plus un jeune homme naïf s’émerveillant des propriétés de la force ; Han Solo (Harrison Ford) a perdu son insouciance et son esprit frondeur ; Leia (Carrie Fisher) ne se contente plus de diriger, elle agit aussi.

Quant aux « méchants » on peut toujours compter sur eux : Vader (David Prowse & la voix de James Earl Jones) est toujours impitoyable, mais des doutes s’insinuent dans son esprit par rapport à son fils ; et l’Empereur (Ian McDiarmid) n’a jamais été aussi malfaisant.

 

Mais… On est déçu. Non pas par l’intrigue, mais plus par son traitement. Et surtout, l’introduction des habitants de la planète Endor – les Ewoks (1) – était-elle vraiment nécessaire ?

Certes on s’amuse de ces personnages qui ne sont ni plus ni moins que des peluches au cerveau limité, et de leur ingéniosité contre les forces de l’Empire, mais on aurait aimé un peu plus de panache pour un dernier épisode qui devait se finir en apothéose. Et l’ajout (en 1997) d’éléments n’apporte finalement rien de plus.

 

Même les scènes de combats spatiaux n’atteignent pas l’intensité des deux autres épisodes. On ne sent pas la même tension ni la même importance des enjeux. C’est comme si le réalisateur avait fait son travail, sans plus. Quant à la dimension mystique de la Force, il n’en est pas vraiment question.
Et les révélations familiales, pour étonnantes qu’elles soient tombent tout de même un peu trop bien : la parenté Luke-Leia-Vader arrive à point nommé mais aurait mérité un traitement plus long, surtout en amont. En effet, on dégage ainsi la jalousie Han/Luke en laissant le terrain libre un peu trop facilement au maraudeur.

Cette parenté assujettit alors un élément qui sera présenté en conclusion de l’Episode III (2005).

Tout cela est bien dommage car le magnifique épisode précédent laissait espérer un final plus flamboyant. Au lieu de cela, on a l’impression d’un travail bâclé qui, même s’il est indispensable à la série, aurait mérité un meilleur traitement.

 

Au lieu de cela, on a toute une collection d’êtres plus étonnants les uns que les autre, surtout dans le palais de Jabba, et avec la disparition de ce dernier suit de peu celle de Boba Fett (Jeremy Bulloch), et annonce la fin du règne de tous les méchants.

C’est aussi la fin de maître Yoda (Frank Oz), mais au bout de 900 ans (2), c’est un petit peu normal…

 

Au final, c’est un film qui déçoit, même s’il met enfin un terme aux exactions de l’Empire et de ses représentants.

Et le plan final qui montre les trois grands Jedis qui ont précédé Luke – Yoda, Obi-Wan Kenobi & Annakin Skywalker – est certainement l’ajout le moins intéressant : c’est Hayden Christensen (Annakin dans les épisodes II et III) qui a été préféré à Sebastian Shaw qui apparaissait lors de la sortie en 1983. Cette substitution, si elle a quelque pertinence, est tout de même peu logique : alors qu’on aperçoit Obi-Wan (Alec Guinness) et Yoda tels qu’ils sont dans les épisodes IV (pour Kenobi) et V (pour les deux), pourquoi ne pas avoir gardé Vader tel qu’il apparaît à la fin du film ?

 

PS : l’épisode aurait dû s’intituler La Revanche du Jedi. Mais c’est bien connu, un Jedi ne se venge pas puisqu’il ne cède pas à la facilité et évite le côté obscure de la Force…

 

  1. Pourtant les studios Disney n’avaient pas encore racheté la franchise…
  2. Encore une fois, le temps est on ne peut plus relatif : qu’est-ce qu’une année dans le monde de Starwars ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Caton-Jones, #Histoire
Rob Roy (Michael Caton-Jones, 1995)

De la musique celtique (1), des lacs (« lochs » bien sûr), des montagnes et du tartan : pas de doute, nous sommes en Ecosse et plus précisément dans les Highlands. C’est ici que vivait Raibeart Ruadh MacGriogair, plus connu sous le nom de Rob Roy McGregor (Liam Neeson). Il dirige un clan d’éleveurs et décide d’emprunter au riche Anglais du coin – le Marquis de Montrose (John Hurt) – pour se lancer. Mais le protégé du marquis, le bâtard Cunningham (Tim Roth), aidé de Killearn (Brian Cox) l’homme d’affaire de Montrose, vole l’or prêté.

Sommé de rembourser et refusant les magouilles de Montrose, McGregor entre en clandestinité.

 

On a souvent comparé Rob Roy et Robin Hood, ces deux héros légendaires qui détroussaient les riches. Mais si Robin des Bois rendait l’argent aux pauvres, Rob Roy a un autre dessein, espérant obtenir justice. De plus, si l’existence de Robin est sujette à controverse, Rob Roy fut un homme en chair et en os.

Mais trêve d’arguties.

 

Depuis La Liste de Schindler, Liam Neeson est passé définitivement au premier plan. Nouveau personnage historique, ce Rob Roy attire la sympathie comme le fera Michael Collins l’année suivante. L’humanité de Neeson transpire sur ses nouveaux rôles depuis le film de Spielberg. En effet, vous souvenez-vous du jeune réalisateur de clips vidéo qui tenait la dragée haute à Callahan-Eastwood (The dead Pool) ? Rien à voir avec ce héros écossais aux vertus nobles et fidèle à la parole donnée.

En face de lui, on trouve un méchant magnifiquement campé par Tim Roth. Cunningham est non seulement une crapule, mais il est aussi un salaud fini. Ses différentes exactions sont toutes plus révoltantes les unes que les autres, et on ne peut qu’applaudir à sa chute finale.

Pas étonnant qu’il fût nommé de nombreuses fois pour une distinction : elle viendra d’Angleterre, de la BAFTA (3).

 

Cette chute a lieu lors d’un duel à l’épée mémorable.  Certains le considèrent comme le meilleur jamais tourné. Pourquoi pas. Mais on en revient alors à Robin des Bois et cet autre fameux duel entre Errol Flynn et Basil Rathbone.

L’affrontement est assez terrible et d’une très grande justesse (2) et surtout très réaliste. Les passes de Tim Roth sont sublimes et les parades de Neeson à la hauteur : du très grand spectacle.

 

Si Tim Roth est magnifique, on a plaisir à retrouver John Hurt, dans le rôle de ce lord anglais aux mœurs plutôt louches (un jeune page noir est toujours à ses côtés), exprimant comme souvent le flegme britannique avec talent. Autre grand nom : Jessica Lange (Mary McGregor), qui ne peut plus jouer les jeunes premières mais est encore une très belle femme jeune, mais son accent écossais est beaucoup moins prononcé que celui de son partenaire.

 

Un film sympathique, tout compte fait. Et l’Ecosse est tellement magnifique…

 

 

  1. Interprétée par le groupe Capercaillie et sa chanteuse Karen Matheson.
  2. Je sais : on voit parfois l’épée de Tim Roth un tantinet courbée.
  3. British Academy of Film and Television Arts.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Fitzmaurice, #Greta Garbo, #Espionnage
Mata Hari (George Fitzmaurice, 1931)

Mata Hari.

Ce nom seul évoque à la fois aventure et mystère, dans et espionnage.

Alors si en plus, c’est Greta Garbo qui l’interprète, nous passons dans une dimension supérieure, légendaire, voire mythique...

 

Il faut dire aussi que le 5 mars 1931 sortait Agent X 27, où Marlene Dietrich – la concurrente directe de Garbo à la Paramount  – interprète un même rôle d’espionne pendant la même guerre.

Qu’importe, la MGM veut proposer (toujours) plus grand. Ce sera un film sur une véritable figure de l’espionnage et de la séduction : Mata Hari (1).

Et qui d’autre que Greta Garbo pour interpréter une figure aussi charismatique ?

Depuis le succès d’Anna Christie où elle parlait enfin, Greta Garbo continue sa prodigieuse carrière et enchaîne les films plus mythiques les uns que les autres. Mais dans le même temps, elle se rapproche inexorablement de la fin de sa carrière, Mata Hari entrant parmi les dix derniers films tournés par l’actrice.

 

A ses côtés, Ramon Novarro est un jeune officier russe (tiens, tiens, l’agent X 27 espionnait auprès des soldats russes…), idéaliste et naïf, bien sûr, mais irrésistible malgré tout pour cette immense séductrice.

On trouve aussi deux piliers de la MGM : Lionel Barrymore (le général Shubin) et Lewis Stone (Andriani, le chef de l’intelligence allemande). Ces deux-là seront à nouveau avec Garbo dans son film suivant – Grand Hotel mais cette fois-là ce sera John, le petit frère de Lionel, qui la séduira.

Bref, rien n’est laissé au hasard pour produire un grand film, et accessoirement un succès au box-office. Ce fut un grand succès, mais malheureusement, le Code Hays, une fois entré en vigueur refusa d’accepter la re-sortie du film sans certaines coupes indispensables : la scène de la danse des voiles (il n’y en a pas 7) est bien sûr censurée, la performance de Garbo par là même édulcorée, voire amoindrie.

 

Mais il n’en demeure pas moins qu’elle est sublime, encore une fois, dans ce rôle de femme réputée forte – sa seule maîtresse, déclare-t-elle – qui tombe amoureuse de ce jeune homme (2).

Et à cela deux raisons :

  • les tenues vestimentaires du célèbre Adrian (1903-1959), qui rappellent celles de la véritable Mata Hari, et qui étincelle à chaque ondulation du corps de Garbo. Et ces tenues extrêmement élaborées qu’elle porte en société, n’ont d’égal que la sobriété de son dernier costume – celui qu’elle porte en partant vers la mort – un ensemble entièrement noir, où seuls la tête et les mains ressortent, lui donnant une allure très moderne, au-delà de la période où sortit le film.
  • La caméra de William Daniels (3). Encore une fois, on ne peut que louer les différents cadrages du chef-opérateur utilisant avec bonheur (comme d’habitude) les jeux d’ombres et de lumière. Deux ombres ressortent du film : celle des soldats au tribunal alors que la sentence doit être prononcé ; et celle de Mata qui descend l’escalier avant de se rendre à l’exécution.

 

Si George Fitzmaurice n’est pas Clarence Brown (le meilleur selon moi pour diriger Garbo), il n’en demeure pas moins un grand réalisateur – The Son of the Sheik en témoigne – tournant à nouveau une très belle histoire d’amour avec la flamboyance nécessaire et surtout la grande star du moment (3).

Et si Ramon Novarro est un tantinet trop naïf, et tranche avec d’autres rôles précédents un petit peu plus viriles, Barrymore est toujours aussi magnifique, roué comme il faut dans cette histoire de faux semblants. Quant à Lewis Stone, il reste toujours aussi digne, malgré son appartenance au camp adverse.

 

Bref, l’année 1931 se termine très bien pour la MGM…

 

  1. Ce’ n’est pas la première apparition de cette femme au cinéma : en 1927, le cinéaste autrichien Friedrich Fehér propose déjà sa version, Mata Hari, die rote Tänzerin.
  2. Il a bien existé un jeune pilote qui devint aveugle après un accident d’avion, mais ce dernier n’a pas souhaité aller plus loin avec Mata Hari (la vraie) une fois ses forfaits révélés.
  3. Même quand elle se réveille, elle est magnifique…
  4. Après Rudolph Valentino, la Divine !
Margaretha Geertruida Zellei alias Mata Hari - Greta  Lovisa Gustafsson alias Greta Garbo

Margaretha Geertruida Zellei alias Mata Hari - Greta Lovisa Gustafsson alias Greta Garbo

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Frank Lloyd, #Drame
A Tale of two worlds (Frank Lloyd, 1921)

Chine, 1899 : la Révolte de Boxers amènent des soulèvements dont l’un d’eux conduit au meurtre de deux Américains, les Carmichael (T.D. Crittenden & Irene Rich). Parmi les leaders chinois, le dangereux Ling Jo (Wallace Beery). Dans la confusion, Ah Wing (E. Alyn Warren), un serviteur fidèle, réussit à sauver leur fille et l’emmène loin de cette violence.

Nous les retrouvons alors à San Francisco, dans Chinatown, bien sûr, une vingtaine d’années plus tard.

La petite fille – « adoptive » du vénérable Ah Wing – est devenue la belle Sui Sen (Leatrice Joy), que convoite l’infâme Ling Jo, maintenant le puissant maître d’une triade.

 

Les deux mondes du titre concerne d’un côté les Chinois et de l’autre les Blancs, mais surtout la barrière qui les séparent : aucune union matrimoniale n’est possible entre un « Jaune » et un « Blanc » !
On retrouve ici le même principe que dans Le Lys brisé : la malheureuse Lucy Burrows (Lillian Gish n’a aucunement envie d’une histoire d’amour avec le jeune Cheng Huan (Richard Barthelmess).

Ici, le Chinois malheureux de cette barrière, c’est The Worm (Yutaka Abe), littéralement « le Ver », qui est l’amoureux transi qui n’aura pas le droit de toucher à la femme blanche.

 

Mais le titre induit aussi un conte (« a tale ») et d’une certaine façon une fin heureuse. La belle Sui Sen ne finira pas ses jours avec l’ignoble Ling Jo. C’est là qu’intervient le héros : Newcombe (J. Frank Glendon). C’est un jeune sinophile averti, tout comme l’était le père de la jeune fille, qui fait la connaissance de Ah Wing, lui achetant divers objets et autres ouvrages. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Sui Sen, et qu’il tombe éperdument amoureux d’elle.

Et comme le scénario nous avait appris que la fille était de naissance américaine (entendre : « blanche »), il n’y a aucun obstacle pour une union entre eux deux.

 

Nous sommes ici encore une fois dans ces films exotiques qui vont régulièrement émailler le cinéma américain pendant les années 1920-1930. Ici comme dans beaucoup de ces films, nous avons une vision très stéréotypée des Chinois qui représentent d’une certaine façon toutes les peuplades d’extrême orient à la peau jaune. On  y retrouve aussi un racisme assumé qui considère la différence entre les deux ethnies comme tout à fait normale (1).

Alors évidemment, Wallace Beery dans le rôle de Ling Jo est un méchant de haut vol.

 

Un an après avoir été un Indien fourbe malgré son physique (2), il endosse à nouveau le costume d’un autre fourbe non-blanc : le Chinois. Et comme il est chinois, il porte une fine moustache tombante, et est un tantinet fourbe mais surtout cruel, comme le sera Boris Karloff quelques années plus tard (3). En effet, nous assistons trois fois à un de ses supplices préférés, où un homme est enfermé dans une pièce dont le plafond descend progressivement jusqu’à écraser le malheureux pris au piège. Bien sûr, ici, c’est beaucoup moins spectaculaire que quand c’est Indiana Jones qui a affaire à ce même genre de réjouissances (4), mais le résultat est plus radical. Quoi que…

 

Si le propos du film n’est pas des plus relevé, on ne peut pas non plus ignorer une certaine esthétique intéressante : beaucoup de jeux de lumière et d’ombre ajoutent au mystère intrinsèque des films de ce genre. La majeure partie du film se déroule dans la pénombre où ce ne sont parfois que quelques éléments d’un personnage qu’on peut voir, accentuant l’aspect angoissant des situations, ainsi que la noirceur de Ling Jo.

 

Avec ce « Conte de deux mondes », Frank Lloyd nous livre un film intéressant, pas un chef-d’œuvre certes, mais certainement pas un navet . Lloyd savait tourner et nous le prouve ici, encore une fois.

 

  1. Les choses vont heureusement évoluer…
  2. Ici aussi, on a du mal à le prendre pour un vrai Chinois… Mais comme c’est Wallace Beery, on ne fait pas trop la fine bouche.
  3. Cf. The Mask of Fu Manchu (Charles Brabin, 1932).
  4. Cf. Indiana Jones and the Temple of Doom (Steven Spielberg, 1985).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henri Verneuil, #Comédie, #Michel Audiard
Cent mille Dollars au soleil (Henri Verneuil, 1964)

« Quand les types de 130 kilos disent quelque chose, ceux de 60 kilos les écoutent. »

Cette maxime très juste est prononcée par Rocco (Jean-Paul Belmondo), au volant de son camion, à propos des pérégrinations d’un autre chauffeur, Mitch-Mitch (Bernard Blier).

Parce qu’il s’agit ici d’une histoire de camion, et surtout de la cargaison de l’un d’eux.

Evidemment, c’est plutôt une histoire d’hommes.

Mais il y a aussi des femmes. Sans compter les hôtesses de la séquence finales, elles sont deux : Angèle (Anne-Marie Coffinet) et surtout Pepa (Andréa Parisy).

Si Angèle n’a qu’un rôle anecdotique, Pepa est l’un des centres de l’attention, mais surtout de celle de Rocco : c’est avec elle que ce dernier se fait la malle, emportant un chargement aussi mystérieux que prometteur, vers un acheteur qui ne semble pas trop regardant.

 

Mais reprenons : nous sommes dans le désert marocain, où Castagliano (Gert Fröbe) tient une entreprise de transport transsaharien. Parmi ses employés, on trouve quelques personnes au passé trouble voire bien noir, des hommes rompus qui n’ont peur de rien et boivent sec.

Pas étonnant alors qu’on retrouve derrière tout ça le dialogue ciselé du grand Michel Audiard.

Les différents protagonistes ne sont pas bien différents des autres personnages qu’Audiard a fait parler. Le changement est essentiellement dans le décor.

C’est un désert de pierres et de sable à perte de vue, une piste parfois difficile à suivre mais qui relie quelques villes les unes aux autres, et les pays les uns aux autres. Et sur ces routes, les camions de Castagliano, et leurs chauffeurs.

 

D’une certaine façon, il s’agit d’un road movie, mais sans pour autant avoir une quelconque dimension spirituelle : il n’y aura pas quelque transfiguration que ce soit : les hommes restant des hommes, et leurs rêves s’étant envolés depuis bien longtemps.

D’ailleurs au final, rien ne change : les hommes sont toujours des paumés qui retournent toujours d’où ils viennent (chez Castagliano), c’est juste la durée du voyage qui change.

 

La situation initiale, ces hommes revenus de tout, embauchés pour effectuer des livraisons sans poser de question, pourrait faire penser à ceux qu’on rencontre dans Le Salaire de la peur. Mais très rapidement, le comique s’impose, emmené par les répliques déjà évoquées.

C’est d’ailleurs au moment où on retrouve Lion Ventura et Bernard Blier et leur suite à nouveau ivres, recherchant un semblant de dignité allié à un pas mal assuré, que le basculement se fait définitivement.

 

Cette poursuite, le chargement, le désert, tout ça n’est pas bien sérieux.

J’en veux pour preuve les différentes interventions (elles sont 3) de Mitch-Mitch à la rescousse de Marec, dit le Plouc (Lino Ventura). A chaque fois c’est le même schéma : on aperçoit son camion, la musique se fait sautillante est comique (elle aussi), Blier arrive en se gaussant des infortunes du Plouc. La première fois, le camion est enlisé ; la seconde, le moteur est en panne ; quant à la troisième, il n’y a même plus de camion !

 

La seule chose qui est sérieuse, ce sont les cadrages du désert. Le format 2,35:1 permet de magnifiques panoramas des différents paysages du désert, entrecoupés par les rares villes traversées par les camions et leurs occupants.

Mais le film est en noir et blanc, et les teintes colorées qu’on aurait pu distinguer (surtout dans la cour de la séquence finale). De là à coloriser le film comme ce fut le cas à une période, il y a une marge que je me refuse à franchir.

 

Nous sommes donc dans un film comme il y en avait beaucoup à l’époque, filmant selon les mêmes codes que la décennie précédente, à l’écart de cette nouvelle vague qui s’installait et qui fut finalement plus une vaguelette qu’un tsunami, Audiard et son verbe restant les grands vainqueurs de cette période : ses répliques sont toujours autant célébrées plus de 50 ans après.

 

Certes, 100.000 Dollars n’arrive pas au niveau des Lautner de la même époque, servis par le même maître de la parole, mais on y retrouve avec plaisir les mêmes acteurs, généreux et liés par une grande amitié, et ce au-delà du film.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Ken Loach
Looking for Eric (Ken Loach, 2009)

La vie d’Eric Bishop (Steve Evets) est une vie de merde. Il a la cinquantaine, séparé tout juste après son mariage, vit dans une maison en désordre avec deux garçons (1) qui n’en font qu’à leur tête quand ils ne lui manquent pas de respect.

Pas étonnant alors qu’il essaie de sortir de cet enfer… Définitivement. En prenant un rond-point à  contre-sens, par exemple.

Et puis un soir qu’il est toujours seul, après avoir roulé un joint avec ce que cache Ryan, l’un de ses « enfants », il fait une rencontre. Non, LA rencontre : Eric Cantona.

Pour Eric (le facteur), rencontrer Eric (Cantona), c’est comme une apparition divine (2).

Alors bien entendu, sa vie va changer.

 

On retrouve dans cette comédie – dramatique, mais comédie tout de même – la teinte sociale qui baigne les films de Ken Loach. La vie d’Eric n’a rien à envier à celles d’autres « héros » du réalisateur. Mais cette fois-ci, les choses évoluent dans le bon sens.

Pourtant, ce n’était pas gagné : les films et le football n’ont pas toujours fait bon ménage. Mais surtout, on n’attendait pas Loach ici.

 

Certes le football et les supporters sont une donnée importante du film, mais c’est plus une toile de fond et une échappatoire pour sortir de la grisaille de Manchester. C’est surtout le dédoublement entre les deux Eric qui fait tout le sel du film. La première apparition est de l’ordre hallucinatoire : Cantona tient une grande place dans la vie d’Eric. Il revit sans cesse ces moments magiques (pour lui) quand le footballeur a fait les beaux jours de Manchester (3). Bien sûr, on a quelques images de cette période, mais le plus frappant, c’est le poster en taille réelle dans la chambre d’Eric. Cette chambre est d’ailleurs le seul endroit de la maison à peu près en ordre. Mais il faut dire que les deux garçons n’y viennent jamais.

 

Mais au fur et à mesure du film, les apparitions deviennent moins imaginaires : bien qu’il soit le seul à le voir, il n’a plus besoin d’un adjuvant pour le voir et lui parler : il l’accompagne dans ses tournée, court avec lui.

Cantona qui était sur le mur est entré dans sa vie, le motivant pour changer.

 

J’ai beau avoir du mal à supporter Cantona, je trouve que l’alchimie fonctionne. Le destin de ce « petit homme » (petit comparé Canto) est influencé par ce footballeur qui n’est même pas anglais. C’est une conséquence du postulat mancunien : « Cantona est le roi, Cantona est Dieu. » Et l’apparition devient alors tout à fait logique : Eric (Bishop) a vu son dieu et il va suivre ses préceptes pour changer sa vie. Doucement au début, puis de plus en plus fortement jusqu’au point culminant lors d’un déplacement de l’équipe des « diables rouges », déplacement en deux temps dont seul le premier nous intéresse.

 

Pas besoin d’aimer le football pour aimer ce film, mais je pense que mon grand ami le professeur Allen John aurait beaucoup de mal à le visionner : son aversion pour le football est palpable, et je ne peux vraiment pas lui en vouloir…

Et malgré tout, on se laisse gentiment aller devant cette belle comédie (5), où on retrouve une grande générosité chez les différents protagonistes dont beaucoup sont réellement originaires de Manchester.

Mais, et c’est là qu’est peut-être le plus intéressant, Cantona est supportable. On ne lui fera pas jouer Shakespeare pour autant, mais tout de même, jouer son propre rôle sans tomber dans la grandiloquence ou la parodie demande un tantinet de talent, et surtout une bonne mise en scène. On a les deux.

 

Et on se réjouit dans limite de cette « petite » destinée, celle d’un homme ni mieux ni mire que les autres, mais qui essaie d’arriver à quelque chose, et ainsi de donner le sens qui manquait à sa vie.

 

C’était peut-être cet Eric-là qu’il cherchait…

 

 

PS : vous aviez remarqué que Steve Evets était un palindrome ?

  1. Tous les deux (Gerard Kearns & Stefan Gumbs) sont les enfants de deux « ex » d’Eric.
  2. L’un des « hymnes » des supporters mancuniens (= de Manchester) est clair : Jésus c’est Cantona.
  3. United. City, ce sont les autres (pouah !).
  4. Red Devils : il n’y a pas que les Belges qui ont une équipe qui s’appelle ainsi.
  5. Par essence, une comédie se termine toujours bien.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Sturges, #Clint Eastwood, #Robert Duvall
Joe Kidd (John Sturges, 1972)

Complet marron, chapeau, faux-col et cravate, Joe Kidd (Clint Eastwood) a des allures de pied-tendre. Mais ne vous y fiez pas: notre première rencontre avec lui se situe en prison où il a terminé après avoir fait du scandale au saloon. Mais ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve dans une telle situation.

Après un procès (très) rapide, il est condamné à des travaux d’intérêt général : nettoyer le tribunal et ses alentours.

Mais quand des Mexicains, menés par Luis Chama (John Saxon), viennent libérer des prisonniers à eux, les choses changent.

Joe Kidd se retrouve engagé par Frank Harlan (Robert Duvall) – un riche propriétaire terrien qui voit d’un mauvais œil ces Mexicains lorgner ses terres acquises d’une manière peu orthodoxe – pour tuer ce Chama qui soulève le Nouveau Mexique contre les

 

A nouveau, John Sturges raconte une histoire où des Mexicains sont oppressés. Mais alors que Les 7 Mercenaires était un western magnifique, celui-ci semble être le western de trop.

Il est clair que le format du film (83 minutes) ne permet pas une mise en place trop détaillée ni un développement très fourni. Et c’est certainement là que le bât blesse.  

En effet, le script original mettait plus en avant Chama, ce que Clint Eastwood ne voulait pas : il fallait qu’il soit le héros. En effet, ses trois collaborations avec Sergio Leone l’avaient propulsé en haut de l’affiche et le cowboy de la décennie. Il ne pouvait donc pas interpréter un personnage de second plan.

 

Alors évidemment, tout ce qui avait trait à Chama a été réduit au maximum, allégeant le film et donc ce qui aurait pu en faire un très grand western. Et au final, on ne retient pas grand-chose : des armes insolites dans un western – en fait elles sont plus en rapport avec l’époque (1896-1907) – et deux grandes fusillades.

On y croise des personnages sans véritable relief – la courtisane Elma (Lynne Marta) qui aurait très bien pu ne pas exister sans rien modifier de l’intrigue ou le shérif Mitchell (Gregory Walcott) qui ne fait pas beaucoup plus que de la figuration – et qui ne sont que des esquisses. Même le personnage de Chama n’est pas beaucoup caractérisé, tout comme Harlan, pourtant le « méchant attitré ».

 

On retrouve bien sûr ce qui a fait le succès et le charme des 7 Mercenaires – un homme seul qui s’attaque à une bande – mais de manière beaucoup trop rapide. La grande frustration étant la mort de Lamarr Simms (Don Stroud, qui avait déjà travaillé avec Eastwood dans Un Shérif à New York) : on attendait un affrontement grandiose, le châtiment étant alors à la mesure de la noirceur du personnage. Mais non. Une mort certes spectaculaire mais pas vraiment pertinente au vu du reste.

 

On a l’impression que Sturges n’arrive pas à se positionner : il nous rappelle bien qu’il fut le réalisateur des 7, mais la présence de Clint Eastwood le fait pencher vers Sergio Leone : la fusillade finale avec les hommes sur les toits nous ramène Il était une fois dans l’Ouest ou Le Bon, la brute et le truand, sans la flamboyance ni le panache de ces deux films.

 

Finalement, je trouve ce film décevant car la rencontre entre ces deux géants du western aurait mérité une autre intrigue ou alors un contexte et des personnages plus étoffés.

Le western de trop, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alfred L. Werker, #Sherlock Holmes, #Policier
Les Aventures de Sherlock Holmes (The Adventures of Sherlock Holmes - Alfred L. Werker, 1939)

Il est de retour, et à nouveau c’est Basil Rathbone qui l’interprète. Il ? Sherlock Holmes, bien sûr, accompagné de son inséparable compère et ami le docteur  Watson, qui est lui aussi à nouveau interprété par Nigel Bruce.

Moins de six mois ont passé depuis Le Chien des Baskerville, et cette fois, il affronte son plus terrible ennemi : le professeur Moriarty (George Zucco).

 

C’est d’ailleurs Moriarty qui ouvre dans la première séquence : à  son procès, le juge est obligé de le relâcher du fait du manque de preuves. Et quand Holmes arrive muni de ces indispensables preuves, c’est trop tard : Moriarty est libre et prêt à exécuter ce qui sera le couronnement de sa carrière : le vol des Bijoux de la Couronne.

Bien sûr, il n’y arrivera pas, mais ce sera tout de même très proche.

 

Si ce film n’a pas révolutionné le cinéma, on peut tout de même remarquer un fait extrêmement important pour la suite des diverses adaptations des aventures du héros de Conan-Doyle : pour la première fois est prononcée la fameuse réplique « Elémentaire, mon cher Watson. » (1)

De plus, la Fox qui avait déjà produit le premier opus abandonna le projet d’adapter d’autres histoires, sentant que ce ne serait pas une bonne opération financière.

Comme quoi on peut être producteur et se tromper : trois ans plus tard, les studios Universal reprendront le filon et le même duo d’acteurs pour une série de 12 films entre 1942 et 1946 (2).

 

Mais revenons à nos moutons.

Si Holmes et Watson restent les préférés du spectateur, le personnage de Moriarty est des plus intéressants. Et George Zucco est un Moriarty fort honnête, si on peut qualifier ainsi un tel personnage. Et quand il rase sa barbe, le résultat est là : on ne le reconnaît pas.

La première confrontation avec Holmes est une scène extrêmement british où Holmes et Moriarty se jaugent, ne cachant aucune de leurs intentions l’un envers l’autre : il ne pourra en rester qu’un !

 

Pour le reste, l’intrigue laisse tout de même un peu à désirer. En effet, alors que nous savons tous que Holmes et Moriarty disparaissent ensemble dans les chutes du Reichenbar, ici, le scénario ne s’encombre d’aucune subtilité et élimine carrément l’infâme dans la Tour de Londres (3). Ce qui est bien dommage, mais cela s’explique aussi par le renoncement de continuer la série par la Fox.

Et bien sûr, on retrouve l’indispensable brouillard qui, ajouté aux nombreuses séquences nocturnes, donne une atmosphère de mystère supplémentaire. L’utilisation de la lumière, est d’ailleurs l’un des points forts de ce film, surtout dans l’affrontement final entre ces deux immenses cerveaux. Cet affrontement physique devenant inévitable : leurs intelligences respectives ne pouvant les départager objectivement.

 

Alors, un film à voir ? Pourquoi pas, mais surtout pour le plaisir de retrouver Basil Rathbone qui sait être autre chose qu’un bretteur sournois, toujours aux prises avec Errol Flynn !

Et puis aussi pour la belle Ida Lupino...

 

 

  1. Cette réplique on ne peut plus célèbre, célébrée et récupérée n’apparaît d’ailleurs jamais dans les différentes aventures écrites par Sir Arthur.
  2. Par contre, usant d’un subterfuge un tantinet capillo-tracté, ils feront revenir Holmes et Watson pendant la deuxième guerre mondiale, transformant la série en œuvre de propagande.
  3. Tour qui, comme vous le savez tous, abrite le précieux trésor royal.

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