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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henri Verneuil, #Comédie, #Michel Audiard
Cent mille Dollars au soleil (Henri Verneuil, 1964)

« Quand les types de 130 kilos disent quelque chose, ceux de 60 kilos les écoutent. »

Cette maxime très juste est prononcée par Rocco (Jean-Paul Belmondo), au volant de son camion, à propos des pérégrinations d’un autre chauffeur, Mitch-Mitch (Bernard Blier).

Parce qu’il s’agit ici d’une histoire de camion, et surtout de la cargaison de l’un d’eux.

Evidemment, c’est plutôt une histoire d’hommes.

Mais il y a aussi des femmes. Sans compter les hôtesses de la séquence finales, elles sont deux : Angèle (Anne-Marie Coffinet) et surtout Pepa (Andréa Parisy).

Si Angèle n’a qu’un rôle anecdotique, Pepa est l’un des centres de l’attention, mais surtout de celle de Rocco : c’est avec elle que ce dernier se fait la malle, emportant un chargement aussi mystérieux que prometteur, vers un acheteur qui ne semble pas trop regardant.

 

Mais reprenons : nous sommes dans le désert marocain, où Castagliano (Gert Fröbe) tient une entreprise de transport transsaharien. Parmi ses employés, on trouve quelques personnes au passé trouble voire bien noir, des hommes rompus qui n’ont peur de rien et boivent sec.

Pas étonnant alors qu’on retrouve derrière tout ça le dialogue ciselé du grand Michel Audiard.

Les différents protagonistes ne sont pas bien différents des autres personnages qu’Audiard a fait parler. Le changement est essentiellement dans le décor.

C’est un désert de pierres et de sable à perte de vue, une piste parfois difficile à suivre mais qui relie quelques villes les unes aux autres, et les pays les uns aux autres. Et sur ces routes, les camions de Castagliano, et leurs chauffeurs.

 

D’une certaine façon, il s’agit d’un road movie, mais sans pour autant avoir une quelconque dimension spirituelle : il n’y aura pas quelque transfiguration que ce soit : les hommes restant des hommes, et leurs rêves s’étant envolés depuis bien longtemps.

D’ailleurs au final, rien ne change : les hommes sont toujours des paumés qui retournent toujours d’où ils viennent (chez Castagliano), c’est juste la durée du voyage qui change.

 

La situation initiale, ces hommes revenus de tout, embauchés pour effectuer des livraisons sans poser de question, pourrait faire penser à ceux qu’on rencontre dans Le Salaire de la peur. Mais très rapidement, le comique s’impose, emmené par les répliques déjà évoquées.

C’est d’ailleurs au moment où on retrouve Lion Ventura et Bernard Blier et leur suite à nouveau ivres, recherchant un semblant de dignité allié à un pas mal assuré, que le basculement se fait définitivement.

 

Cette poursuite, le chargement, le désert, tout ça n’est pas bien sérieux.

J’en veux pour preuve les différentes interventions (elles sont 3) de Mitch-Mitch à la rescousse de Marec, dit le Plouc (Lino Ventura). A chaque fois c’est le même schéma : on aperçoit son camion, la musique se fait sautillante est comique (elle aussi), Blier arrive en se gaussant des infortunes du Plouc. La première fois, le camion est enlisé ; la seconde, le moteur est en panne ; quant à la troisième, il n’y a même plus de camion !

 

La seule chose qui est sérieuse, ce sont les cadrages du désert. Le format 2,35:1 permet de magnifiques panoramas des différents paysages du désert, entrecoupés par les rares villes traversées par les camions et leurs occupants.

Mais le film est en noir et blanc, et les teintes colorées qu’on aurait pu distinguer (surtout dans la cour de la séquence finale). De là à coloriser le film comme ce fut le cas à une période, il y a une marge que je me refuse à franchir.

 

Nous sommes donc dans un film comme il y en avait beaucoup à l’époque, filmant selon les mêmes codes que la décennie précédente, à l’écart de cette nouvelle vague qui s’installait et qui fut finalement plus une vaguelette qu’un tsunami, Audiard et son verbe restant les grands vainqueurs de cette période : ses répliques sont toujours autant célébrées plus de 50 ans après.

 

Certes, 100.000 Dollars n’arrive pas au niveau des Lautner de la même époque, servis par le même maître de la parole, mais on y retrouve avec plaisir les mêmes acteurs, généreux et liés par une grande amitié, et ce au-delà du film.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Ken Loach
Looking for Eric (Ken Loach, 2009)

La vie d’Eric Bishop (Steve Evets) est une vie de merde. Il a la cinquantaine, séparé tout juste après son mariage, vit dans une maison en désordre avec deux garçons (1) qui n’en font qu’à leur tête quand ils ne lui manquent pas de respect.

Pas étonnant alors qu’il essaie de sortir de cet enfer… Définitivement. En prenant un rond-point à  contre-sens, par exemple.

Et puis un soir qu’il est toujours seul, après avoir roulé un joint avec ce que cache Ryan, l’un de ses « enfants », il fait une rencontre. Non, LA rencontre : Eric Cantona.

Pour Eric (le facteur), rencontrer Eric (Cantona), c’est comme une apparition divine (2).

Alors bien entendu, sa vie va changer.

 

On retrouve dans cette comédie – dramatique, mais comédie tout de même – la teinte sociale qui baigne les films de Ken Loach. La vie d’Eric n’a rien à envier à celles d’autres « héros » du réalisateur. Mais cette fois-ci, les choses évoluent dans le bon sens.

Pourtant, ce n’était pas gagné : les films et le football n’ont pas toujours fait bon ménage. Mais surtout, on n’attendait pas Loach ici.

 

Certes le football et les supporters sont une donnée importante du film, mais c’est plus une toile de fond et une échappatoire pour sortir de la grisaille de Manchester. C’est surtout le dédoublement entre les deux Eric qui fait tout le sel du film. La première apparition est de l’ordre hallucinatoire : Cantona tient une grande place dans la vie d’Eric. Il revit sans cesse ces moments magiques (pour lui) quand le footballeur a fait les beaux jours de Manchester (3). Bien sûr, on a quelques images de cette période, mais le plus frappant, c’est le poster en taille réelle dans la chambre d’Eric. Cette chambre est d’ailleurs le seul endroit de la maison à peu près en ordre. Mais il faut dire que les deux garçons n’y viennent jamais.

 

Mais au fur et à mesure du film, les apparitions deviennent moins imaginaires : bien qu’il soit le seul à le voir, il n’a plus besoin d’un adjuvant pour le voir et lui parler : il l’accompagne dans ses tournée, court avec lui.

Cantona qui était sur le mur est entré dans sa vie, le motivant pour changer.

 

J’ai beau avoir du mal à supporter Cantona, je trouve que l’alchimie fonctionne. Le destin de ce « petit homme » (petit comparé Canto) est influencé par ce footballeur qui n’est même pas anglais. C’est une conséquence du postulat mancunien : « Cantona est le roi, Cantona est Dieu. » Et l’apparition devient alors tout à fait logique : Eric (Bishop) a vu son dieu et il va suivre ses préceptes pour changer sa vie. Doucement au début, puis de plus en plus fortement jusqu’au point culminant lors d’un déplacement de l’équipe des « diables rouges », déplacement en deux temps dont seul le premier nous intéresse.

 

Pas besoin d’aimer le football pour aimer ce film, mais je pense que mon grand ami le professeur Allen John aurait beaucoup de mal à le visionner : son aversion pour le football est palpable, et je ne peux vraiment pas lui en vouloir…

Et malgré tout, on se laisse gentiment aller devant cette belle comédie (5), où on retrouve une grande générosité chez les différents protagonistes dont beaucoup sont réellement originaires de Manchester.

Mais, et c’est là qu’est peut-être le plus intéressant, Cantona est supportable. On ne lui fera pas jouer Shakespeare pour autant, mais tout de même, jouer son propre rôle sans tomber dans la grandiloquence ou la parodie demande un tantinet de talent, et surtout une bonne mise en scène. On a les deux.

 

Et on se réjouit dans limite de cette « petite » destinée, celle d’un homme ni mieux ni mire que les autres, mais qui essaie d’arriver à quelque chose, et ainsi de donner le sens qui manquait à sa vie.

 

C’était peut-être cet Eric-là qu’il cherchait…

 

 

PS : vous aviez remarqué que Steve Evets était un palindrome ?

  1. Tous les deux (Gerard Kearns & Stefan Gumbs) sont les enfants de deux « ex » d’Eric.
  2. L’un des « hymnes » des supporters mancuniens (= de Manchester) est clair : Jésus c’est Cantona.
  3. United. City, ce sont les autres (pouah !).
  4. Red Devils : il n’y a pas que les Belges qui ont une équipe qui s’appelle ainsi.
  5. Par essence, une comédie se termine toujours bien.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Sturges, #Clint Eastwood, #Robert Duvall
Joe Kidd (John Sturges, 1972)

Complet marron, chapeau, faux-col et cravate, Joe Kidd (Clint Eastwood) a des allures de pied-tendre. Mais ne vous y fiez pas: notre première rencontre avec lui se situe en prison où il a terminé après avoir fait du scandale au saloon. Mais ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve dans une telle situation.

Après un procès (très) rapide, il est condamné à des travaux d’intérêt général : nettoyer le tribunal et ses alentours.

Mais quand des Mexicains, menés par Luis Chama (John Saxon), viennent libérer des prisonniers à eux, les choses changent.

Joe Kidd se retrouve engagé par Frank Harlan (Robert Duvall) – un riche propriétaire terrien qui voit d’un mauvais œil ces Mexicains lorgner ses terres acquises d’une manière peu orthodoxe – pour tuer ce Chama qui soulève le Nouveau Mexique contre les

 

A nouveau, John Sturges raconte une histoire où des Mexicains sont oppressés. Mais alors que Les 7 Mercenaires était un western magnifique, celui-ci semble être le western de trop.

Il est clair que le format du film (83 minutes) ne permet pas une mise en place trop détaillée ni un développement très fourni. Et c’est certainement là que le bât blesse.  

En effet, le script original mettait plus en avant Chama, ce que Clint Eastwood ne voulait pas : il fallait qu’il soit le héros. En effet, ses trois collaborations avec Sergio Leone l’avaient propulsé en haut de l’affiche et le cowboy de la décennie. Il ne pouvait donc pas interpréter un personnage de second plan.

 

Alors évidemment, tout ce qui avait trait à Chama a été réduit au maximum, allégeant le film et donc ce qui aurait pu en faire un très grand western. Et au final, on ne retient pas grand-chose : des armes insolites dans un western – en fait elles sont plus en rapport avec l’époque (1896-1907) – et deux grandes fusillades.

On y croise des personnages sans véritable relief – la courtisane Elma (Lynne Marta) qui aurait très bien pu ne pas exister sans rien modifier de l’intrigue ou le shérif Mitchell (Gregory Walcott) qui ne fait pas beaucoup plus que de la figuration – et qui ne sont que des esquisses. Même le personnage de Chama n’est pas beaucoup caractérisé, tout comme Harlan, pourtant le « méchant attitré ».

 

On retrouve bien sûr ce qui a fait le succès et le charme des 7 Mercenaires – un homme seul qui s’attaque à une bande – mais de manière beaucoup trop rapide. La grande frustration étant la mort de Lamarr Simms (Don Stroud, qui avait déjà travaillé avec Eastwood dans Un Shérif à New York) : on attendait un affrontement grandiose, le châtiment étant alors à la mesure de la noirceur du personnage. Mais non. Une mort certes spectaculaire mais pas vraiment pertinente au vu du reste.

 

On a l’impression que Sturges n’arrive pas à se positionner : il nous rappelle bien qu’il fut le réalisateur des 7, mais la présence de Clint Eastwood le fait pencher vers Sergio Leone : la fusillade finale avec les hommes sur les toits nous ramène Il était une fois dans l’Ouest ou Le Bon, la brute et le truand, sans la flamboyance ni le panache de ces deux films.

 

Finalement, je trouve ce film décevant car la rencontre entre ces deux géants du western aurait mérité une autre intrigue ou alors un contexte et des personnages plus étoffés.

Le western de trop, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alfred L. Werker, #Sherlock Holmes, #Policier
Les Aventures de Sherlock Holmes (The Adventures of Sherlock Holmes - Alfred L. Werker, 1939)

Il est de retour, et à nouveau c’est Basil Rathbone qui l’interprète. Il ? Sherlock Holmes, bien sûr, accompagné de son inséparable compère et ami le docteur  Watson, qui est lui aussi à nouveau interprété par Nigel Bruce.

Moins de six mois ont passé depuis Le Chien des Baskerville, et cette fois, il affronte son plus terrible ennemi : le professeur Moriarty (George Zucco).

 

C’est d’ailleurs Moriarty qui ouvre dans la première séquence : à  son procès, le juge est obligé de le relâcher du fait du manque de preuves. Et quand Holmes arrive muni de ces indispensables preuves, c’est trop tard : Moriarty est libre et prêt à exécuter ce qui sera le couronnement de sa carrière : le vol des Bijoux de la Couronne.

Bien sûr, il n’y arrivera pas, mais ce sera tout de même très proche.

 

Si ce film n’a pas révolutionné le cinéma, on peut tout de même remarquer un fait extrêmement important pour la suite des diverses adaptations des aventures du héros de Conan-Doyle : pour la première fois est prononcée la fameuse réplique « Elémentaire, mon cher Watson. » (1)

De plus, la Fox qui avait déjà produit le premier opus abandonna le projet d’adapter d’autres histoires, sentant que ce ne serait pas une bonne opération financière.

Comme quoi on peut être producteur et se tromper : trois ans plus tard, les studios Universal reprendront le filon et le même duo d’acteurs pour une série de 12 films entre 1942 et 1946 (2).

 

Mais revenons à nos moutons.

Si Holmes et Watson restent les préférés du spectateur, le personnage de Moriarty est des plus intéressants. Et George Zucco est un Moriarty fort honnête, si on peut qualifier ainsi un tel personnage. Et quand il rase sa barbe, le résultat est là : on ne le reconnaît pas.

La première confrontation avec Holmes est une scène extrêmement british où Holmes et Moriarty se jaugent, ne cachant aucune de leurs intentions l’un envers l’autre : il ne pourra en rester qu’un !

 

Pour le reste, l’intrigue laisse tout de même un peu à désirer. En effet, alors que nous savons tous que Holmes et Moriarty disparaissent ensemble dans les chutes du Reichenbar, ici, le scénario ne s’encombre d’aucune subtilité et élimine carrément l’infâme dans la Tour de Londres (3). Ce qui est bien dommage, mais cela s’explique aussi par le renoncement de continuer la série par la Fox.

Et bien sûr, on retrouve l’indispensable brouillard qui, ajouté aux nombreuses séquences nocturnes, donne une atmosphère de mystère supplémentaire. L’utilisation de la lumière, est d’ailleurs l’un des points forts de ce film, surtout dans l’affrontement final entre ces deux immenses cerveaux. Cet affrontement physique devenant inévitable : leurs intelligences respectives ne pouvant les départager objectivement.

 

Alors, un film à voir ? Pourquoi pas, mais surtout pour le plaisir de retrouver Basil Rathbone qui sait être autre chose qu’un bretteur sournois, toujours aux prises avec Errol Flynn !

Et puis aussi pour la belle Ida Lupino...

 

 

  1. Cette réplique on ne peut plus célèbre, célébrée et récupérée n’apparaît d’ailleurs jamais dans les différentes aventures écrites par Sir Arthur.
  2. Par contre, usant d’un subterfuge un tantinet capillo-tracté, ils feront revenir Holmes et Watson pendant la deuxième guerre mondiale, transformant la série en œuvre de propagande.
  3. Tour qui, comme vous le savez tous, abrite le précieux trésor royal.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Cameron, #Science-Fiction
The Abyss (James Cameron, 1989)

Un sous-marin nucléaire est pris dans une tourmente : il se crashe au bord d’un abîme (d’où le titre), engloutissant les différents membres de l’équipage.

La Navy envoie un commando sur place : les ogives nucléaires qu’il transportait ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains (russes).

Et c’est l’équipe de Virgil « Bud » Brigman (Ed Harris, avec encore des cheveux) qui doit les aider.

Un détail tout de même : parmi les nouveaux arrivants on trouve Lindsey Brigman (Mary Elizabeth Mastrantonio, tellement rare au cinéma) qui n’est autre que la femme de Bud, séparée de lui depuis quelques temps.

Bien sûr, rien ne se passe comme prévu, et rapidement, la situation court à la catastrophe.

 

The Abyss est la première incursion maritime de James Cameron. Mais alors qu’on y retrouve des éléments de film-catastrophe – le sous-marin qui coule – il faut plutôt aller chercher dans le domaine de la science-fiction voire de l’espace.

Si l’environnement est maritime, l’intrigue et l’esthétique rappellent plus Rencontres du troisième type que Le Monde du silence.

Le tout dans un environnement qui rappelle plus l’espace que les fonds marins.

Certes, l’eau joue un rôle très important, mais on ne peut pas nier l’influence spatiale. De plus, la combinaison qu’enfile Bud pour sa dernière descente ressemble plus à celle d’un astronaute qu’à celle d’un scaphandrier.

 

Situé entre Terminator et Terminator 2, on retrouve, outre Michael Biehn, un souci esthétique et surtout des effets spéciaux à couper le souffle : l’exploration de la station par l’entité annonce le morphing et donc le numérique qui mettra encore quelques années avant de se développer. D’une certaine façon, Titanic est un prolongement logique de ce film, du point de vue technique.

Les deux inondations – le sous-marin – puis la station préfigurent celle des différents espaces du navire dans Titanic.

 

Mais malgré cela, l’analogie avec l’univers de Spielberg est prononcée : le premier « contact » des entités abyssales (1) est une sorte de module lumineux, rappelant la boule lumineuse qui accompagne les trois vaisseaux qui apparaissent à la population.

De plus, le propos pacifique final rappelle celui du film de 1977. Il y a d’ailleurs une chose amusante (pas de quoi rire à gorge déployée non plus) pendant l’exploitation du film : le Mur de Berlin est tombé. La « menace  rouge » devenant alors de plus en plus faible dans les semaines et les mois qui suivirent.

 

Qu’importe, le reste se tient et c’est ça qui est le plus important. Le personnage de Coffey (Michael Biehn, donc) est celui qu’on peut qualifier de méchant – ce qui change des films précédent et suivant de Cameron – mais est avant tout un homme paranoïaque dont les motivations sont purement militaires, et rappellent d’une certaine façon celles de Weyland dans Aliens deux ans plus tard (2).

 

Et puis il y a les images. Comme je l’ai déjà dit, on retrouve une parenté avec le film de Spielberg : les lumières qui prennent vie sont du même ordre et les différents contre-jours donnent un effet vaporeux et rassurant.

Et c’est Lindsey qui découvre cela la première : normal, c’est une femme, et son premier réflexe n’est pas de tirer dans tout ce qui bouge. Cette attitude va conditionner l’apparition ultérieure dans la station, quand un tentacule liquide et solide à la fois (3) va à leur rencontre. Jusqu’à l’intervention de Coffey, on assiste à une très belle séquence : hors du temps, hors de tout espace, des humains émerveillés face à une entité étonnante et désarmante qui essaie de communiquer, créant une pause onirique bienvenue dans une situation des plus tendues.

Et bien sûr, c’est encore un militaire qui détruit tout !

 

Alors laissez-vous faire et partez pour un voyage qui, s’il ne se situe pas 20.000 lieues sous les mers, est tout de même merveilleux, réalisé par un metteur en scène doué, et qui annonce ses deux monuments à venir : Titanic, bien sûr, mais aussi Avatar.

 

  1. Il est difficile de leur trouver un nom : extra ou intra-terrestres ?  O.N.N.I. (Objets Nageant Non Identifiés) ? Autres ?...
  2. Dans les autres films de la série aussi d’ailleurs…
  3. Je sais, ce n’est pas possible, mais c’est pourtant ce qu’il se passe à l’écran.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mel Brooks, #Comédie, #Western
Le Shérif est en prison (Blazing Saddles - Mel Brooks, 1974)

1974 fut une année faste pour Mel Brooks : outre Young Frankenstein qui fut un sommet de la parodie d’horreur, il avait commencé l’année avec ce western absolument foutraque, autre magnifique parodie d’un genre né avec le cinéma.

Ce sont 88 minutes de bonheur qui nous sont proposées là : faisant feu de tout bois, Mel Brooks exploite les différents éléments qui constituent le genre et les détourne avec bonheur.

 

Nous sommes après la Guerre de Sécession,  et pour éviter une zone de sables mouvants, le parcours va traverser la petite ville de Rock Ridge, habitée par les descendants des colons qui portent tous le patronyme de Johnson.

Après avoir essayé d’intimider par la force cette population, le procureur Hedley Lamarr (Harvey Korman) leur envoie un shérif pour maintenir l’ordre : Bart (Cleavon Little).

Le seul petit problème pour les habitants de Rock Ridge, c’est que ce shérif est noir.

 

Encore une fois, je rappelle que pour faire une brelle parodie, il faut absolument exagérer les différents éléments qui la composent. Et encore une fois, Mel Brooks le fait. Et en plus avec talent.1

Nous avons, outre les grands espaces, toute une galerie de personnages représentatifs du far-west. Autour du shérif, on y trouve : un tireur ultra-rapide – Jim « the Waco Kid » (Gene Wilder) ; une chanteuse de cabaret en bas et porte-jarretelles – Lily von Schtüpp (Madeline Kahn) ; un trappeur plus vrai que nature, parlant un langage parfois difficile à saisir – Gabby Johnson (Jack Starrett) ou encore le révérend Johnson et ses citations bibliques ; et bien sûr l’institutrice Harriet Johnson… Et bien sûr les Indiens dont le chef s’exprime en yiddish : normal, c’est Mel Brooks qui l’interprète. J’allais oublier la scène des cowboys autour du feu mangeant des haricots. Et comme c’est Mel Brooks, nous avons droit à une série de pets monumentaux (1).

Ce shérif noir est l’élément-clé du film : en choisissant un acteur de couleur, il va à l’encontre des rôles qui furent très (trop ?) longtemps proposés aux Noirs. En effet, mis à par Woody Strode, peu d’acteurs noirs ont tiré leur épingle du jeu dans un western. Ils devaient en règle générale occuper des rôles de figuration,  ou alors avec quelques répliques, sans avoir beaucoup d’influence sur l’intrigue.

Avec Mel Brooks, ce cliché explose et Cleavon Little nous fait un numéro épatant de shérif/redresseur de tort, dans un décor grandiose, le tout filmé en 35mm.

On a même droit à un départ dans le soleil couchant, une fois la ville nettoyée et débarrassée de ces desperados à la solde de l’infâme Lamarr.

 

Mais Little n’est pas seul et les acteurs qui l’entourent sont eux aussi impeccables : de Harvey Korman à Madeline Kahn, sans oublier Gene Wilder c’est un festival d’humour et d’absurde.

Mais en restant exclusivement dans le genre, jusqu’à la bagarre finale qui rejoint sans problème celles de L’Homme tranquille ou de 1941.

Il faut dire aussi que Mel Brooks, s’il garde les codes spécifiques du genre, n’oublie jamais qu’il est au cinéma. En effet, non seulement tout est possible, mais surtout, il le fait : entre Lamarr qui s’adresse aux spectateurs et l’intervention de danseurs qui répètent dans un studio voisin, on ne sait plus où donner de la tête.

On retrouve aussi quelques allusions au premier film de Mel Brooks, Les Producteurs. En effet, parmi les figurants de la bagarre finale, on retrouve un acteur qui interprète Hitler et s’agite furieusement pendant que les tartes à la crème volent ; un (tout petit) peu plus tôt, c’était Madeline Kahn qui chantait avec des soldats allemands (3) une chanson de ce film.

Sans oublier les jeux de mots qui fleurent à chaque coin de scène : Lamarr que tout le monde appelle Hedy ; les lauriers que Johnson (John Hillerman) offre de bon cœur (2)…

 

Bref tout est là pour faire rire, et à ce jour, seuls les cadres de la Warner n’ont pas trouvé le film drôle.

 

PS : Hedy Lamarr (la vraie) a tout de même intenté un procès à Mel Brooks…

PPS : Seules deux répliques ont été coupées au montage, elles concernent un échange entre Bart et Lily, dans le noir (hum). Je vous laisse aller voir ce qu’elles disaient

 

  1. Il est dit que c’est la première fois qu’on a une telle débauche de tels bruitages…  De plus, Mel Brooks interprète un gouverneur qui répond au doux nom de « Le Pétomane » (en français dans le texte).
  2. Jeu de mots homophonique intraduisible. Un indice tout de même : « laurier » se dit « laurel ».
  3. Ils font partie d’une série de méchants recrutés par Lamarr pour éliminer Rock Ridge. On y trouve aussi des Mexicains et quelques Hell’s Angels…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Sidney Olcott, #Marion Davies
Little old New York (Sidney Olcott, 1923)

Le vieux O’Day vient de mourir, laissant derrière lui une fortune immense qu’il lègue à son neveu Patrick. Larry Delavan (Harrison Ford), beau-fils du mort et héritier présomptif, voit alors ses espoirs de devenir riche s’envoler.

Malheureusement ce dernier malade ne peut se rendre en Amérique pour toucher son héritage. A sa place, le père O’Day (J.M. Kerrigan) débarque à New York avec son fils Pat. Ce dernier ressemble beaucoup à sa sœur Patricia (Marion Davies).

Delavan est désespéré, lui qui pensait faire fortune en investissant de l’argent dans une nouvelle invention : le steamer de Robert Fulton (Courtenay Foote).

 

Non, Marion Davies ne fut pas seulement la bonne amie de William Randolph Hearst. Elle fut aussi une actrice formidable, un tantinet méprisée pour ses relations intimes avec le magnat de la presse (1).

Pourtant, on ne peut pas ignorer son talent, la belle étant capable de jouer sur différents registres, dont celui de cette Patricia à la personnalité ambiguë.


En effet, le film joue essentiellement sur la personnalité double de Patricia : « Patrick » à la ville. Tout comme Mary Pickford deux ans plus tôt (The little Lord Fauntleroy), Marion Davies joue un jeune garçon. Mais si le rôle de Pickford était clairement masculin, le rôle de Davies est avant tout celui d’une fille (« a girl », révèle-t-elle) qui doit se comporter comme un homme ou plutôt un jeune homme. Et si ce rôle prête à l’ambiguïté, il n’en possède pas moins un aspect comique.

Le « jeune homme » se comportant peu de manière masculine : la séquence du bal est on ne peut plus parlante. Quant aux élans amoureux que Patricia a envers Delevan, il est obligé d’y mettre le holà, le jeune homme se comportant « comme une fille ».

 

Pourtant, c’est cette relation équivoque qui fait tout le sel du film. Et la conclusion – attendue – laisse tout de même planer un léger parfum de scandale pour 1923 : tout comme la pièce dont est issue l’intrigue, on sent une homosexualité latente dans les rapports entre Pat et Larry. En effet, Larry se dit satisfait que Pat ne soit pas un garçon : ressentait-il quelque désir pour ce jeune homme aux très si fins ?

Bien sûr, cette équivoque se perd dans l’issue heureuse, et de toute façon, il n’était pas question de lancer une quelconque polémique.

De plus, Marion Davis interprète avec sobriété ce personnage double, n’exagérant en rien tel ou tel aspect de sa personnalité.

 

Parmi la distribution impeccable, on a plaisir à voir certains personnages historiques qui ont beaucoup fait pour New York et l’Amérique. Outre Fulton on croise l’écrivain Washington Irving (Mahlon Hamilton) ainsi que quelques noms illustres des grandes et prestigieuses familles new-yorkaises : John  Jacob Astor (Andrew Dillon) et Cornelius Vanderbilt (Sam Hardy).

De plus, Sidney Olcott recrée ce « Vieux petit New York » (2) avec beaucoup de bonheur – et ce malgré un incendie qui ravagea les studios mais laissa intacte le négatif – rappelant qu’avant d’être la mégalopole que nous connaissons, la ville était de taille raisonnable et les routes étaient essentiellement des chemins de terre (qui devenaient boueux avec l’humidité).

On y retrouve aussi quelques éléments qui seront utilisés par Walsh dans The Bowery : la brigade de pompiers possède son champion de boxe, ce qui nous permet de nous régaler devant un match fort disputé et qui aurait tendance à se terminer en émeute.

Olcott montre alors qu’il sait – lui aussi – diriger une foule et on atteint un sommet quand Pat, pour sauver Larry, se dénonce d’avoir truqué » le match. Elle est conduite par une foule en effervescence au pilori (ou au poteau juste à côté) pour y être fouettée. Cette scène n’a pas dû laisser les spectateurs de l’époque indifférents (surtout les hommes) : après quelques coups le bourreau – qui n’est autre que le boxeur (Louis Wolheim)  - arrache une partie de la chemise de Pat (l’arrière), mais heureusement (pour la morale), elle avoue être une fille et le supplice cesse aussitôt.


Bref, encore une fois, une curiosité qui mérite qu’on s’y intéresse.

 

  1. Ce magnat fut pour beaucoup dans la déchéance de l’immense (dans tous les sens du terme) Roscoe Arbuckle.
  2. Le titre original.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #James W. Horne, #Comédie, #Pirates
Le Pirate aux dents blanches (The Cruise of the Jasper B - James W. Horne, 1926)

1725.

Cleggett (Rod La Rocque), le second du James B. prend le commandement du navire après avoir défait le capitaine. Il en profite pour épouser la jeune Espagnole qu’ils hébergeaient, créant ainsi une dynastie dont chaque héritier doit se marier sur le navire le jour de ses 25 ans, sous peine d’être déshérité.

1925.

Jerry Cleggett (Rod La Rocque) voit sa maison et tout ce qu’elle renferme mis aux enchères : la fortune des Cleggett va lui passer sous le nez, car en ce jour de ses 25 ans, il est toujours célibataire.

Heureusement, le destin veille et lui envoie la jeune et belle Agatha Fairhaven (Mildred Harris), qui a elle aussi des soucis d’héritage.

 

Le titre original aurait pu se traduire par l’odyssée du Jasper B. mais le traducteur a opté pour une périphrase qui n’est pas si idiote que ça. En effet, la caractéristique du pirate Cleggett est, outre son torse imberbe sous une chemise ouverte et son ceinturon qu’il serre à chaque nouvelle épreuve, un sourire éclatant qui n’est pas sans rappeler celui de Douglas Fairbanks : ce pirate aux dents blanches, de plus, porte une fine moustache et est aussi athlétique que son aîné (1). Mais rapidement le pirate est abandonné, car c’est le Cleggett actuel (pour les spectateurs : 1925 était l’année dernière pour eux) qui nous intéresse.

 

Nous sommes avant tout dans une comédie. James W. Horne est surtout connu maintenant pour avoir réalisé quelques-uns des films de Laurel et Hardy. Mais son travail avant leur rencontre n’est pas à négliger (2). Et ici, dans cette fausse histoire de pirates, il y a vraiment de quoi se réjouir. Il faut dire aussi que le scénario n’a pas été écrit par n’importe qui puisqu’il s’agit de Tay Garnett.

Bref, nous sommes en de bonnes mains, et on s’amuse beaucoup dans ce film qui joue avec brio sur les accumulations. On assiste à des situations qui progressent sans cesse, faisant progresser le comique toujours plus loin mais avant d’en arriver à la saturation.

Evidemment, les situations sont des plus improbables, mais le spectateur est averti dès l’intertitre d’introduction : le public visé est celui qui croit au Père Noël, aux contes de fées et autres éléments merveilleux bien qu’utopiques (voir ci-dessous). Rien de bien sérieux en somme, et tant mieux !

 

Rod La Rocque est magnifique dans cet héritier très « fin de race » mais qui se montre, le moment venu le digne héritier de son ancêtre pirate. La première séquence qui voit ses affaires adjugées et donc retirées est superbe : il passe la plus grande partie habillé par le strict nécessaire – une serviette éponge en guise de pagne – et doit de mander aux visiteurs de se retourner le temps qu’il se vête correctement. S’ensuit un nouveau gag concernant les femmes qui assistent au spectacle…

 

Parallèlement, nous suivons la jeune Agatha qui a du mouron à se faire : son oncle lui lègue toute sa fortune et rien à son propre beau-frère, l’infâme Maltravers (Snitz Edwards). Ce dernier d’ailleurs porte un nom qui lui sied à ravir… Pour peu qu’on parle le français.

Edward Snitz, pour une fois, a un rôle important, ne se contentant pas de faire de la figuration comme c’était très souvent le cas. Son physique de demi-portion conjugué à son visage caractéristique en fait un méchant fort acceptable et surtout très drôle (3).

Autre personnage comique très réussi : Wiggins, le serviteur de Cleggett (Jack Aykroyd).

 

Il est ce qu’on appelle un serviteur zélé voire totalement dévoué. C’est souvent avec lui que les choses empirent, dont l’épisode de la boîte : alors qu’il croit avoir tué Maltravers, il décide de placer le corps dans une caisse. Funeste erreur qui amènera un dénouement pas si attendu que ça mais sonnera tout de même la fin de l’odyssée du James B. donnant alors raison au titre original.

Cette résolution est d’ailleurs tellement incroyable et d’une portée gigantesque qu’on en regrette presque de ne pas voir le président des Etats-Unis (4) à sa conclusion…

 

Bref, à voir absolument !

 

 

  1. Le Pirate noir est sorti en mars de cette même année. De plus, Douglas Fairbanks avait 15 ans de plus que Rod La Rocque.
  2. C’est lui qui dirigera Buster Keaton dans College, excusez du peu.
  3. On le retrouvera l’année suivante dans l’inoubliable 7 Chances, aux côtés de Buster Keaton (encore lui).
  4. A l’époque c’était Calvin Coolidge.
Le Pirate aux dents blanches (The Cruise of the Jasper B - James W. Horne, 1926)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité
Marre...

Depuis un peu plus de trois mois, les samedis sont occupés par une actualité étonnante : les Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, on entend pis que pendre des Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, la révolte gronde au sein des masses (1).

Depuis un peu plus de trois mois, le pouvoir en place méprise les Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, la démocratie s’efface, laissant de plus en plus place à la violence, à la bêtise, et à ce qui faisait de ce pays un parangon de la Liberté, un état guidé par l’esprit des Lumières. (2)

 

Il semble que les Lumières se soient éteintes, comme l’Amérique au lendemain de la passation de pouvoir entre Barack Obama et son successeur. Le monde sombre peu à peu dans le chaos, sans que ceux qu’on nommait les « intellectuels de gauche » ne s’en émeuvent, fascinés qu’ils sont par leur souci de ne déplaire à personne, incapable d’appeler un chat un chat et un intégriste un intégriste – on parle alors de désésquilibré, de peur de froisser toute une communauté – ou un terroriste par ce qu’il est vraiment : quelqu’un qui use de la violence pour faire peur, pour intimider une institution ou un état et ses membres, les « citoyens ».

 

Le terme « citoyens » a, bizarrement (?) disparu des discours des gens en place, ceux qui savent et qui essaient d’expliquer à coup de com’ ou de matraques (3) à ces mêmes « citoyens » (qui sont donc devenues des « cibles ») qu’ils ne comprennent pas ce que le gouvernement fait de bien pour eux, et qu’il faut à nouveau lancer une campagne de com’ pour faire preuve de « pédagogie » et mieux expliquer ce qu’il se passe.

 

C’est exactement ce qui se passe actuellement dans ce beau pays de France (comme on dit). D’un côté on a une masse hétéroclite de gens qui ne sont pas contents, et de l’autre un gouvernement qui applique un programme pour lequel il a été à peu près élu. « A peu près » ? Oui, beaucoup ont voté au deuxième tour contre une candidate plutôt que pour un ancien ministre des finances. Il n’est pas question ici de remettre en cause la légitimité de ce gouvernement : les élections ont été régulières, et il n’y a pas à revenir là-dessus.

 

Par contre, ce qu’il est nécessaire de revoir, c’est l’attitude de ce gouvernement par rapport à ces électeurs. Depuis, presque 2 ans, nous assistons à un broyage en règle de ce qui fut la démocratie « à la française ». Après avoir commencé à casser le Code du Travail (4), le gouvernement continue sur sa lancée et réduit progressivement les libertés : le droit de manifestation devient soumis – encore plus – à l’autorisation du Préfet ; la nouvelle Loi Education qui s’appelle déjà « Blanquer » et qui réduit comme peau de chagrin la liberté d’enseigner quand ce n’est pas la Liberté elle-même. (5)

 

Et puis il y a les manifestations.

Depuis quelques siècle, le peuple de France à l’habitude de s’exprimer contre certaines mesures en défilant et parfois remettant en cause physiquement certain des pratiques plus ou moins liberticides.

Depuis donc un peu plus de 3 mois, les manifestations s’enchaînent à une cadence hebdomadaire, contre une mesure qui, à l’origine semblait inique  pour les militants: le prix des carburants et surtout son augmentation.

Le mot d’ordre appelant les manifestants et autres personnes solidaires concernait une obligation récente pour les conducteurs : le gilet jaune.

Nous avons alors assisté à de nombreuses démonstrations de force (c’est à ça que servent les manifestations) dans chaque coin de notre beau pays.

Bien sûr les manifestants n’étaient pas tous issus des meilleures familles, ni titulaires de diplômes prestigieux. Mais malgré tout, comme dans toute démocratie, ils avaient le droit de manifester pour exprimer leur mécontentement.

Ce mécontentement fut écouté et même entendu, puisque des mesures « en urgence » furent prises et moult promesses furent émises par un gouvernement qui montrait alors qu’il avait peur.

 

Peur ? Comment un gouvernement démocratique peut-il avoir peur ? Par essence, ce gouvernement applique une politique pour laquelle il a été mandaté et est donc dans son bon droit quand il le fait.

Sauf qu’on en revient à l’élection : beaucoup ont voté pour l’un pour ne pas voter pour l’autre, désigné « naturellement » comme beaucoup plus dangereux.

Mais depuis ces trois mois et quelques, on peut se poser la question de cette préférence. Si le régime actuel n’est pas ce que proposait l’alternative présidentielle, les retombées n’en sont pas moins anti-démocratiques.

Les forces (6) de l’ordre, après un préambule  neutre voire parfois en faveur de ce mouvement qui fut à l’origine – n’en déplaise à ses détracteurs – un mouvement citoyen, se sont retournées et se livrent à des exactions qui sont indignes d’une démocratie, quelle qu’elle soit. A une protestation, il oppose une violence aveugle et inutile, amenant le contraire de ce qu’il voudrait.

 

La violence est cette utilisation irraisonnée de la force, qui caractérise les pays totalitaires. Or depuis plusieurs semaines, si certains policiers/gendarmes s’opposent légitimement à des hordes plus ou moins barbares et qui ne sont en rien représentatives d’un quelconque mouvement social, il n’en demeure pas moins que certains policiers outrepassent leur mandat : ce sont les lycéens de Mantes-la-Jolie qui sont humiliés et pire, dont le calvaire est partagé sur des réseaux qui n’ont de sociaux que le titre ; des manifestants qui sont roués de coups sans véritable justification que le fait qu’ils étaient venus manifester ; voire des quidams qui ont eu le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment (tout le monde n’est pas les Beatles).

 

Dernière exaction qui m’a (enfin) fait réagir (ici) : un manifestant qui est emmené par ces fameuses forces de l’ordre et qui perd ses lunettes pendant l’interpellation (musclée, cela va sans dire).

Pour ces gendarmes mobiles, il semble qu’embarquer le jeune homme ne soit pas suffisant : pour le même prix, l’un d’entre eux à délibérément piétiné les lunettes au sol, exprimant sans doute quelque chose que je n’ai pas bien saisi. Y aura-t-il des retombées pour ce gendarme si « consciencieux » ?

 

J’en doute.

 

PS : Certains pourront s’indigner/s’insurger/râler/réagir (etc.) devant cette diatribe qui n’a que très peu de rapport avec le cinéma. Mais la page d’accueil du blog ne laisse aucun doute : nous sommes ici dans la rubrique « toute cette sorte de choses »…

 

  1. Non, ce n’est pas une contrepèterie, n’en déplaise au grand Pierre Desproges…
  2. Depuis quelques années, nous voyions l’émergence d’idées aussi nauséabondes que dangereuses ayant pour nom « identité nationale », « communautarisme » et toute cette sorte d’aberrations rationnelles.
  3. Quand ce ne sont pas des balles en caoutchouc qui ne s’appellent pas « flashballs » mais ont le même effet sur les victimes.
  4. Loi El Khomri, qui devrait s’appeler plus justement Loi Macron, en rapport direct avec celui qui n’était alors que Ministre des Finances (excusez du peu).
  5. En clair : dire du mal de l’institution et donc du ministère sera mal et passible de révocation (le « licenciement » de la fonction publique) et induit d’elle-même une interdiction de faire grève.
  6. La force est ce que la démocratie a à opposer pour faire appliquer ses lois considérées comme justes quand une partie de la population les refuse.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Anna Boden, #Ryan Fleck, #Marvel
Captain Marvel (Anna Boden & Ryan Fleck, 2019)

Et 1 de plus !

Les studios Marvel viennent de nous pondre une nouvelle entité supérieure : Captain Marvel (Brie Larson).

Et en plus c’est une femme ! Et ça, c’est une bonne nouvelle, parce que le panthéon Marvel est tout de même bien masculin : hormis la Veuve Noire (Scarlett Johansson) et Gamora (Zoe Saldana), il faut reconnaître que ça manque de femmes chez les super-héros (1).

Voici donc Captain Marvel, qui n’est jamais appelée ainsi pendant tout le film, et qui montre qu’elle est une super-héroïne extrêmement puissante.

Mais avec ce film, on nous ramène une vingtaine d’années en arrière : 1995. Et même 1989 pour les séquences les plus anciennes (2).

 

Reprenons : Vers (Brie Larson, donc) fait des cauchemars. Elle habite la planète Hala, habitée par les Krees qui se battent depuis de longues années (3) contre les Skrulls, qui ont la particularité de changer d’apparence et donc de personnifier n’importe qui.

Un jour, Vers est capturée par ces fâcheux qui lui révèlent des pans oubliés de sa mémoire.

La voilà alors sur Terre, découvrant alors ce qui fut sa vie d’avant, et surtout à la recherche de Wendy Larson (Annette Bening), une des clés de sa mémoire.

 

L’intrigue, encore une fois est un brin confuse, mais elle a tout de même l’intérêt de nous plonger dans le passé, et en particulier dans celui de Nicolas Joseph « Nick » Fury (Samuel L. Jackson). Ce dernier est un homme dans la force de l’âge possède deux yeux perçants, et travaille pour le SHIELD avec pour partenaire une jeune recrue : l’agent Coulson (Clark Gregg).

Nous allons donc assister à la genèse des Avengers, même si on ne parle pas encore d’eux. Et accessoirement, nous saurons pourquoi Fury  un bandeau sur l’œil gauche.

 

Pour le reste, rien de bien nouveau, si ce n’est quelques clins d’œil au cinéma : une séquence qui semble – encore une fois – sortie de Starwars, et un duel qui n’est pas sans rappeler certains westerns d’un réalisateur italien…

Sans oublier un rythme très (trop) soutenu qui enchaîne des plans innombrables en peu de temps, chose qui avait un peu tendance à s’estomper depuis quelques années.

La musique joue encore un rôle important et on y entend quelques standards de cette année-là, dont Come as you are (Nirvana) ou encore Man on the Moon (R.E.M.).

 

Et puis, il y a Stan Lee. Bien que ce grand monsieur soit mort, il avait tout de même participé aux derniers opus des studios M. Outre un hommage dans la présentation des studios (les pages qui sont feuilletées), où on le voit dans différents films de la licence, Captain Marvel fait (rapidement) sa connaissance dans un métro. Et, chose rare, elle lui sourit avec beaucoup de reconnaissance.

 

Une sorte d’hommage prémonitoire ?

 

  1. D’ailleurs, le film est coréalisé par Anna Boden, seule femme qui réalise un épisode de la saga à l’heure actuelle. Comme pour tous ses autres films, c’est avec Ryan Fleck qu’elle travaille.
  2. Hasard de l’intrigue ou du casting ? Il se trouve que la belle Brie est née en 1989…
  3. S’il y a une constante dans les films de sciences fiction, c’est la relativité du temps qui n’est pas perçu de la même manière selon les lieux et les espèces. Or, ici, il semble que le temps terrestre soit un temps universel. Certes, c’est une aberration scientifique, mais on s’en moque : au cinéma tout est possible.

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