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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Neill Blomkamp
District 9 (Neill Blomkamp, 2009)

1982.

Un immense vaisseau spatial s’immobilise au-dessus de Johannesburg.

Après moult discussion, un commando est envoyé l’explorer : il contient de très nombreux extraterrestres humanoïdes en piètre condition.

Il est alors décidé de les accueillir et on réserve un grand emplacement où ils vont vivre pendant 20 ans : le District 9.

Mais la population est lasse de ces créatures indésirables : on missionne alors Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley) pour les expulser et les reloger ailleurs.

C’est à ce moment que tout va basculer (1).

 

Ca commence comme un reportage. On découvre des images d’un immense vaisseau avec une date incrustée : nous sommes en 1982. Nous sommes donc dans une intrigue complètement uchronique : on part du passé des spectateurs et on  crée une histoire parallèle à celle qu’on connaît (2).

La première partie va nous résumer l’état de la situation pour arriver à l’intrigue – à peu près – actuelle jusqu’à ce que le point de vue devienne partie intégrante du film : le documentaire est (-presque) terminé et nous voyons ce qu’il va arriver à Wikus et les autres créatures.

 

Tout d’abord, et c’est aussi remarqué dans le film, on n’est pas aux Etats-Unis, le pays qui a le plus reçu d’extraterrestres depuis l’invention du cinéma. Non, nous sommes en Afrique du Sud, et en plus pendant l’apartheid : on retrouve – mais ce n’est pas vraiment le propos du film – une ségrégation terrible qui se traduit par des affichages et un enfermement des aliens (ils sont environ 1.500.000 au début des affrontements de 2002).

L’aspect le plus important est plus la volonté d’évacuer ces « intrus » : il s’agit ni plus ni moins d’une expropriation scandaleuse et à la limite de la légalité, les humains profitant de la crédulité et de l’ignorance des aliens. Et bien sûr, la moindre résistance est alors prétexte à tuer le récalcitrant, ce que Koobus (David James), le chef des opérations militaires, apprécie tout particulièrement.

 Et le film continue l’aspect documentaire jusqu’au basculement irréversible – au bout de 40 minutes environ – quand Wikus est contaminé et va lentement se transformer en alien.

 

Les aliens d’ailleurs, sont de forme humanoïde mais avec une tête qui ressemble plutôt à celle d’une crevette ou d’un insecte, avec mandibules. Si le spectateur ne comprend pas ce que disent ces étrangers, les différents humains qui parlent avec eux ont parfaitement intégré leur langage et on assiste alors à des dialogues à deux langues, ce qui nous change encore une fois des procédures habituelles : non seulement les extraterrestres débarquaient aux Etats-Unis, mais en plus, il parlaient presque tous l’anglais.

 

Et puis il y a Wikus. D’une certaine manière, il est une sorte d’élu, arrivant à survivre à une contamination, le transformant irrémédiablement en créature de l’espace. Sharlto Copley est encore une fois impressionnant dans le rôle de ce fonctionnaire zélé et au QI un tantinet bas. Un magnifique exécutant pour le M.N.U. (MultiNational United), une organisation qui semble gouvernementale jusqu’à ce qu’on découvre le pot-aux-roses : c’est une firme d’armement qui veut exploiter la technologie extraterrestre et développer leurs armes terribles. La transformation de Wikus permet cette utilisation : elles sont commandées par l’ADN de ces curieuses créatures. On assiste alors à une exploitation de notre héros des plus terribles.

Et d’une manière générale, Neill Blomkamp ne fait pas dans la dentelle : les armes ont des effets effroyables, rappelant le rayon des Martiens dans La Guerre des mondes de Spielberg.

 

Je terminerai en disant qu’il s’agit d’une extension d’une court-métrage du même Blonkamp – Alive in Joburg (2006) – dans lequel participait déjà Sharlto Copley.

Une curiosité fort intéressante, si on passe sur quelques moments très violents.

 

  1. Comme d’habitude, sinon pas de film…
  2. Cf. Retour vers le Futur 2, Doc Brown explique ça très bien.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Joe Wright
Les Heures sombres (Darkest Hour - Joe Wright, 2017)

Nous sommes en mai 1940 : les armées allemandes s’enfoncent irrésistiblement dans l’Europe occidentale. Neville Chamberlain (Ronald Pickup) est contraint à la démission et pour le remplacer, on ne trouve qu’un seul homme consensuel : Winston Churchill (Gary Oldman).

Seul problème : pendant la première Guerre Mondiale, en tant que Lord de l’Amirauté » on lui reproche le fiasco de Gallipoli.

Mais la voix sinon du peuple du moins de ses représentants amène Sir Winston (1) au premier plan.

 

Alors que Joe Wright signe ici un magnifique de guerre, à aucun moment nous ne verrons un quelconque combat : nous restons dans les arcanes du pouvoir, dans ces cabinets qui façonnèrent le monde que nous connaissance. Même l’internationalisation du conflit restera circonscrit à la Grande Bretagne et pour être plus précis Londres.

 

Pourtant le film s’ouvre sur une vision de l’armée allemande. Alors qu’on devrait y voir une menace, il n’en est rien. Il faut dire que la Grande Bretagne à cette époque était dirigée par Neville Chamberlain et son cabinet, dont le mot d’ordre était – et restera – la paix. Rappelez-vous, vous avez tous en tête Chamberlain brandissant les accords de Munich que vous avez vu dans vos livres d’Histoire. Mais alors que Daladier eut cette réflexion ô combien prémonitoire – « Les cons ! – Chamberlain reste campé sur ses positions pacifistes, relayées par Halifax (Stephen Dillane), l’homme du moment dans cette mouvance (2).

Il est à noter que seul Churchill, à ce moment avait compris la dangerosité du régime nazi, et de son vassal le fascisme de Mussolini.

 

Nous allons alors suivre ce qu’il s’est presque passé – on n’est jamais à l’abri d’une approximation (3) – à partir du moment où l’offensive allemande fut déclenchée, le 10 mai 1940. Les jours vont alors s’égrener (irrégulièrement) jusqu’aux opérations de sauvetage et surtout d’évacuation des troupes anglaises à Dunkerque et alentour.  De cette opération – qualifiée de suicidaire – on est obligé d’associer le film de Christopher Nolan  (Dunkirk) qui se situe exactement au même moment. De plus, dans ce film, à aucun moment on n »e voit quelque membre de l’état-major prendre quelque décision que ce soit.

 

Mais Ce film est avant tout une performance d’acteur : Gary Oldman est extraordinaire. Pour ceux qui n’en étaient pas encore convaincus, je vous renvoie à ses différentes prestations dans les films antérieurs, mais sachez qu’il fut Sirius Black, le parrain d’Harry Potter (rien que ça),  le Dracula de Coppola, ou encore George Smiley dans La Taupe.

Il faut dire que le maquillage est époustouflant : non seulement on a l’impression d’avoir affaire à Winston, mais les autres protagonistes – Chamberlain en tête – sont du même acabit.

La plongée dans ces années terribles est compète.

 

Et puis il y a les envolées lyriques: elles sont deux et se passent au Parlement, avec la rigueur et la gravité qui est de mise.

On vibre en entendant Churchill nous proposer que « des larmes, du sang et de la sueur » quand il doit officier en tant que premier ministre, et surtout on vibre encore plus quand il annonce qu’il n’y aura jamais aucune négociation.


Cette condition nous amène à l’une des scènes emblématiques du film : Churchill, qui n’a jamais pris le métro se retrouve dedans, un tantinet perdu. Son contact avec les différents occupants du wagon dans lequel il se trouve va être le terreau de son discours final : on le voit alors transformer (4) les propos qu’il a entendus dans son bref – et malgré tout long – passage dans ce véhicule souterrain, les reprenant à son compte et amenant le magnifique discours qui fut – entre autres – emprunté dans Fool’s Overture de l’album Even in the quietest Moments de Supertramp (1977).

 

Gary Oldman est Churchill, secondée par la toujours belle Kristin Scott-Thomas (Clementine, sa femme), et vu (en partie) à travers Elizabeth Layton (Lily James) qui ne souffre pas de la comparaison avec la précédente.

 

Décidément, le cinéma britannique est véritablement dans une phase de renouveau, et à ce niveau, on peut décemment considérer que cette « tendance » s’est installée sur le cinéma mondial.

Dont acte.

 

 

  1. Bien sûr, ce titre n’est pas venu en même temps…
  2. Neville Chamberlain mourut six mois après les événements décrits dans le film.
  3. Nous sommes au cinéma, ne l’oubliez jamais…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #José Giovanni, #Gangsters
Le Gitan (José Giovanni, 1975)

Hugo Senart alias « Le Gitan » est un homme qui a réellement existé (1) et qui fut déjà interprété par Lino Ventura dans Le Rouge est mis.

Ici, José Giovanni adapte son propre roman Histoire de Fou (1959), dans lequel il évoque son passé de gangster, côtoyant ces mêmes truands, pendant et après la seconde Guerre Mondiale.

 

C’est donc le bel Alain Delon qui reprend ce rôle, dans une situation mise au goût du jour : le véritable Gitan évoluait (hum…) dans les années 1940s.

Nous sommes dans au milieu des années 1970s, à la période fin DS–début R12 (sortie en 1973), et le film s’ouvre sur un camp de gitans, en bord de mer au sud de la Belgique, montrant des gens qui vivent dans des conditions plutôt terribles. Et comme si cela ne suffisait pas, nous assistons à une descente de police avec chiens, pour retrouver Senart. Il est d’ailleurs étonnant de voir cette intervention musclée se dérouler le plus calmement du monde, comme si c’était chose banale. Cette intervention, faut-il le préciser, se termine sur un échec, ce qui est le plus important pour le spectateur, puisque nous devons voir quelques-uns de ses « exploits ».

 

Il y a chez José Giovanni réalisateur un parti pris pour les truands qui est assez unique dans le cinéma français. Mais son propre passé de truand y est pour beaucoup. Nombre de ces héros (2) sont basés sur des personnalités qu’il a connues et/ou fréquentées pendant sa période sombre. Ainsi, Lino Ventura (encore lui) interprète Abel Davos dans Classe tout risque, inspiré d’Abel Danos (3) dit Le Mammouth, qui fut membre de la même bande que Le Gitan, le « Gang des tractions avant ».

En transposant cette histoire à l’époque des spectateurs, il gomme les aspects polémiques de la Collaboration, dont il fut lui aussi un exécutant.

 

En plus d’une intrigue « mise à jour », José Giovanni s’inscrit complètement dans le cinéma français des années 1970s, à l’aube de la crise pétrolière, mise en évidence par la profusion de voitures tout au long du film. La R12 étant le véhicule le plus représenté : les forces de police se déplaçant dans la version « break ».

De plus, on peut voir différents acteurs de second rôle qui ont participé à nombres de films de la même période : de Maurice Biraud à Maurice Barrier, en passant par Michel Fortin et Jacques Rispal, sans oublier Marc Eyraud ou encore Mario David, ils sont presque tous là. Il ne manque que Lionel Vitrant.

 

De plus, le quatuor vedette est tout de même assez prestigieux puisqu’aux côtés de Delon, on trouve un Paul Meurisse (Yann Kuq) en truand vieillissant et Annie Girardot (Ninie) en tenancière d’un hôtel où on ne pose pas trop de questions aux clients. Son apparition est très courte, l’intrigue se concentrant sur les rapports entre Senart et Kuq. En face d’eux, on trouve un Marcel Bozzuffi (Le commissaire divisionnaire Blot) enfin du bon côté de la loi, personnifiant Georges Clot, qui fut réellement spécialisé dans la traque des anciens membres de la Gestapo française.

 

Il faut dire que cette relation est à chaque fois plus ou moins fortuite : là où se trouve Kuq, apparaît Senart, sans qu’il y ait un quelconque lien entre eux. L’apparition de Senart oblige à chaque fois Kuq à se réfugier ailleurs, Senart amenant toujours avec lui les policiers qui le recherchent. Et au vu du passé plus ou moins récent de Kuq, la présence policière n’est pas souhaitable (4).

 

Mais à force de se croiser, ils vont finir par se rencontrer (le dernier quart d’heure du film), et cette rencontre au sommet est un grand moment du film.

Mais Giovanni réussit tout de même à donner aux autres moments (les « petits ») une dimension humaine très forte. Cette dimension est d’ailleurs l’un des atouts du film : le Gitan, en tant que tel est un paria de la société (en 1975 comme aujourd’hui), ce qui explique l’accent qui est mis sur les rapports humains. L’un des plus beaux exemples est la rencontre avec le vétérinaire (Jacques Rispal).

 

Un film à redécouvrir, véritable témoignage d’une époque révolue, et où Alain Delon ne meurt pas à la fin.

 

  1. De son vrai nom Marcel Ruard, dit « Pepito », dit « Le Gitan ».
  2. Ou « antihéros » ?
  3. Danos, en plus d’être un truand notoire et très dangereux fut aussi un des membres de la Gestapo française et tortura nombre de résistants dans ce cadre, rue Lauriston.
  4. Il faut dire que Kuq est un cambrioleur de haut vol qui a causé – un peu malgré lui – la mort de sa femme.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Wright, #Comédie, #Fantastique
Pan (Joe Wright, 2015)

Merveilleux.

Joe Wright réécrit Peter Pan, et c’est fabuleux…

 

Moi qui ai été élevé en partie à coup de Disney, j’avais déjà eu un choc – culturel et agréable, rassurez-vous – quand Loisel avait fait paraître son Peter Pan (1990-2004), replaçant le héros dans la période victorienne mâtinée de Jack l’Eventreur.

Mais ici, rien de tout ça. Tout d’abord, on assiste à une sorte de mise à jour : ça se passe toujours à Londres mais pendant le Blitz. Peter (Levi Miller) est l’un des nombreux enfants abandonnés qui fréquentent l’orphelinat Lambert Home for Boys dirigé par l’infâme Mère Barnabas (Kathy Burke). Une nuit, il est enlevé par des pirates pendant un bombardement allemand. Il est ensuite conduit au Pays Imaginaire (Neverland), qui est beaucoup moins féérique qu’on avait pu le croire étant enfant…

Là, il fait la connaissance de l’ignoble Barbe-Noire (Hugh Jackman), et surtout d’un allié précieux, James Hook (Garrett Hedlund)…

 

En fait, le scénario de Jason Fuchs nous propose un grand retour en arrière avant ce qu’a imaginé J.M. Barrie, une genèse improbable d’une histoire maintenant très célèbre. Très célèbre mais pas tant adaptée que cela au cinéma, avec des acteurs en chair et en os s’entend. En effet, depuis le film d’Herbert Brenon (1924), on ne compte qu’une seule version, celle de Paul J. Hogan (2003). La version de Spielberg (1991) étant le pendant postérieur de la version qui nous occupe aujourd’hui.

 

Nous sommes donc 90 ans après le premier muet et on y retrouve tout de même les ingrédients principaux : les enfants perdus (pas pour tout le monde), des pirates, des fées, des autochtones plus ou moins sauvages (1), des sirènes (2), le tout dans un pays où tout est possible, même de faire voler des bateaux !

C’est d’ailleurs ce dernier point qui est la source d’émerveillement du spectateur.

En effet, les progrès numériques donnent – enfin ? – la mesure du merveilleux du monde de Barrie. Lui qui avait supervisé le film de Brennan (il avait d’ailleurs imposé Betty Bronson pour le rôle titre) aurait très certainement apprécié le traitement visuel qui est fait de son univers.

 

Non seulement c’est beau, mais on assiste à des changements de rythmes très pertinents amenant par moment des ruptures salutaires et merveilleuse : quand le galion se retrouve dans l’espace après avoir été pourchassé par des Spitfires (3) le calme abrupt donne une touche de magie, voire de poésie, qu’on retrouve dans Les Aventures du Baron de Munchausen quand leur vaisseau lui aussi se retrouve dans l’espace. Cet effet étant accentué par l’effet de pesanteur et permet à Peter de voler pour la première fois.

Autre moment magique : quand Peter, Hook et Tiger Lily (Rooney Mara) sont attaqués par des crocodiles et sont alors sauvés par les sirènes. On trouve de la grâce dans leur évolution dans l’eau ainsi qu’un éclairage de leurs corps en rapport avec leurs ondulations qui reproduit ce même effet de calme et de sérénité.

Et à propos d’eau, l’évolution de Peter dans les airs pendant le combat final rappelle plus un poisson qui nage qu’un oiseau qui vole.

 

Bref, c’est un festival de féérie, de merveilleux et de magie où on a plaisir à se perdre, et on se dit, une fois le film terminé, que c’est maintenant que les choses commencent réellement.

Et encore, on ne parle pas de Wendy et compagnie : beaucoup de choses doivent survenir avant !

 

 

PS : Je vous laisse savourer la dernière réplique…

  1. Est-ce dû à la tendance identitaire qui veut pourfendre les racismes et encourage à édulcorer même les histoires les plus belles de peur de froisser les susceptibilités qu’on ne parle de çà aucun moment d’Indiens ?
  2. Elles sont trois et interprétées par une seule et même actrice, la très belle Cara Delevingne.
  3. Petit détail réjouissant : l’état-major qui s’occupe de la bataille aérienne est exclusivement composé de femmes !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Matt Ross, #Road movie, #Viggo Mortensen
Captain Fantastic (Matt Ross, 2016)

Le titre est trompeur : alors qu’on a droit très régulièrement à des superproductions narrant les aventures de super-héros, ici, ce Captain Fantastic n’a rien à voir avec ceux-là.

Captain Fantastic, c’est Ben Cash (Viggo Mortensen), père de six enfants (trois filles et trois garçons), qu’il élève en pleine nature avec sa femme Leslie (Trin Miller).

Malheureusement, Leslie bipolaire, met fin à ses jours, plongeant sa famille dans une immense tristesse.

Ben et ses enfants vont alors traverser une partie des Etats-Unis à bord de Steve, leur car aménagé – pour assister aux obsèques de leur mère et épouse.

 

C’est donc un road-movie. Mais un peu différent des autres, comme il se doit. Pas de violence, pas de substances illicites, rien de tout ça. Une chronique familiale, tout simplement.

Evidemment, cette famille n’est pas conventionnelle. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un rite que passe le fils aîné Bodevan (George MacKay) : il tue à mains (presque) nues un chevreuil qui sera plus tard dépecé et préparé par la famille ; Bo est devenu un homme.

Et nous continuons alors à suivre le curieux mode de vie de ce microcosme familial. Curieux car il va à l’encontre de la société actuelle, utilisant au mieux les ressources naturelles et tirant partie de chaque expérience. Sans oublier une éducation livresque phénoménale (roman, essais politiques ou/et philosophiques…).

Mais, et c’est là que le bât blesse(rait) : à l’écart du monde, en plein milieu d’une vaste forêt dans le Washington (Nord-ouest des E-U).

 

La mort de Leslie va alors devenir un révélateur : chacun va expérimenter de nouvelles choses, vivre de nouvelles expériences et surtout se confronter à la société des hommes qui n’est pas vraiment dans la même lignée que son mode de vie. Certaines expériences sont amusantes, mais certaines deviennent éprouvantes voire conflictuelles.

Parce que c’était inévitable, le fossé entre cette famille et (presque) le reste de l’humanité est gigantesque, c’est une véritable faille.

Mais comme nous sommes dans un road-movie, on peut décemment attendre une sorte de transfiguration des différents protagonistes.

Et c’est la mort de leur mère/épouse qui va être le catalyseur de ce changement.

 

Bien entendu, on les trouve aux prises avec un environnement hostile : comment peut-on vivre ainsi au 21ème siècle ?

C’est le père de Leslie (Frank Langella) qui, brisé par la perte de son enfant unique, se montrera le plus hostile : si sa fille est morte, c’est de la faute de Ben.

La confrontation en devient un moment fort et terrible à la fois. Ce recours aux codes sociaux que rejetaient Ben et Leslie s’impose à la famille dans toute sa rigueur voire sa violence : Ben est expulsé de l’église et son beau-père veut récupérer la garde des enfants.

 

Rassurez-vous, tout se termine bien à la fin – qui en doutait ? – mais sans pour autant donner une quelconque leçon, d’un côté – naturel, celui de la famille – comme de l’autre – social, celui des grands-parents – même si on ne renvoie personne dos à dos. Parce que pour magnifique que paraît ce retour à la nature, il omet un élément indispensable : m’homme est un être social. Et cette famille coupée du monde la plupart du temps se retrouve totalement inadaptée au reste du monde. Et si Ben se passe aisément des parents de son épouse, les enfants eux, ont plaisir à retrouver leurs grands-parents.

Le scénario subtil et la direction de Matt Ross amènent un consensus inévitable mais sans toutefois obliger notre famille à renier ses idéaux.

 

Et si message il doit y avoir, c’est bien qu’une autre façon de vivre est possible, car elle est en plus indispensable à la survie de l’espèce humaine.

 

Mais cette fameuse espèce humaine mérite-t-elle vraiment de survivre ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #William Friedkin, #Policier
The French Connection (William Friedkin, 1971)

Magnifique.

Sordide.

Magnifiquement sordide.

 

1962.

D’un côté Marseille où Alain Charnier (Fernando Rey) est un homme d’affaires qui réussit. Tellement qu’il est surveillé par la police. Ce n’est pas bien grave, après avoir acheté le pain, le policier est tué par Pierre Nicoli (Marcel Bozzuffi).

De l’autre côté (de l’Atlantique), à New York, Jimmy « Popeye » Doyle (Gene Hackman) lutte avec son partenaire Buddy « Cloudy » Russo (Roy Scheider) contre le trafic de drogue.

Le lien entre ces deux côtés ? Charnier fournit les revendeurs américains : c’est lui qui dirige la « French Connection ».

 

William Friedkin signe ici son premier grand succès : il faut dire que ce film est absolument fantastique. Il donne une nouvelle vision du film de gangsters spécialisés dans la drogue. Alors qu’en France, on est resté à Razzia sur la Chnouf, les Américains nous remontrent, - comme s’ils avaient vraiment besoin de le faire – qu’ils sont certainement les leaders du cinéma mondial.

 

Si on retrouve un duo de policiers qui semble tout à fait classique, c’est dans la façon de montrer leur(s) action(s) qui change. Dans le même temps, n’oublions pas que Donald Siegel nous a proposé un nouveau genre de flic peu habituel : Harry Callahan.

Ici, on retrouve le même ton : nulle violence n’est épargnée au spectateur, seul le résultat compte.

Mais surtout, le film possède une portée documentaire qui fait défaut au film de Siegel (1). En effet Friedkin, en adaptant le scénario d’Ernest Tidyman (qui se basait sur un livre de Robin Moore), raconte une histoire qui a réellement eu lieu (2) : les noms des protagonistes ont été changés et certains personnages sont des condensations de plusieurs.

Et Friedkin va sans cesse aborder cette histoire d’une façon réaliste, reprenant des techniques du reportage : de nombreux plans sont réalisés caméra sur l’épaule, sans oublier la poursuite en voiture – après un métro ! – qui est réellement effectuée par Gene Hackman (3).

 

Cette poursuite est d’ailleurs extraordinaire de réalisme, voire de vérité. On a longtemps eu l’habitude de voir des acteurs en voiture réaliser des poursuites assez spectaculaires. Mais la plupart du temps, une fois l’acteur (c’était rarement une actrice…) dans l’habitacle, on avait droit à un fond bleu qui permettait d’y incruster des images afin de donner un semblant de réalisme (4).

Ici, C’est Gene Hackman qui conduit comme le montrent les images extérieures à l’habitacle qui sont on ne peut plus vraies. Cette poursuite est d’ailleurs considérée comme l’une des meilleures du cinéma (avec celle de Bullitt, cela va sans dire…).

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec beaucoup d’intérêt cette intrigue à propos de narcotiques qui nous laisse bien éveillés !

Certes, certaines séquences montrent une violence terrible, mais le côté documentaire du sujet (reconstitution) l’exigeait. Il était important de montrer que les tenants et les aboutissants de ce trafic n’étaient pas une promenade de santé, pour les policiers comme pour les trafiquants.

De plus, les décors utilisés ajoutent au cachet authentique du film. Nul endroit extrêmement clinquant, mais plutôt des lieux miteux, crasseux, loin des atmosphères plutôt aseptisées habituelles : sordides (voir présentation ci-dessus). Même l’immeuble où vit Doyle est minable. Sans parler de son intérieur…

 

Le film fut un succès planétaire, l’exploitation américaine rapportant près de 30 fois la mise de départ…

Alors évidemment, on en a fait une suite.

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire…

 

  1. Ce n’est d’ailleurs pas le propos de ce film.
  2. Gérard Oury s’est inspiré de cette histoire pour Le Corniaud, reprenant la voiture sur-chargée véhicule de contrebande. Comme quoi…
  3. C’était une des conditions pour décrocher le rôle.
  4. Je ne voudrai pas avoir l’air de cafter, mais dans La Mort aux trousses, cette technique n’est pas toujours bien maîtrisée…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Tim Story
Les 4 fantastiques et le Surfer d'argent (Fantastic 4: Rise of the silver Surfer - Tim Story, 2007)

Deux ans plus tard, ils ont de retour !

Les 4 Fantastiques ont passé ces deux dernières années à sauver le monde et surtout l’Amérique et le temps semble être aux bilans : il est temps de prendre ses responsabilités.

C’est pour Johnny (Chris Evans) que c’est le plus difficile, il est resté un grand adolescent qui ne pense qu’à l’argent et aux filles. Pour Reed (Ioan Gruffud) et Susan (Jessica Alba), il est temps de se marier, mais à chaque fois, la date est postposée, Reed ayant du mal à lâcher son activité. Et Ben « La Chose » Grimm (Michael Chiklis) me direz-vous ? Il file le parfait amour avec la belle Alicia (Kerry Washington).

Toujours est-il que pendant la cérémonie du mariage, un événement terrible arrive : le Surfer d’Argent (Doug Jones, voix de Laurence Fishburn) intervient, amenant avec lui Galactus, entité qui se nourrit des planètes qu’il visite et ainsi détruit.

 

Encore une fois, nous avons droit à une suite qui, si elle est plaisante à regarder, ne se hisse pas au niveau du premier opus. Certes, on s’amuse un peu des pouvoirs de ces surperhéros, mais le côté sérieux l’emporte et donne une gravité inutile. Les personnages se prennent alors un peu trop au sérieux et l’intérêt du film en pâtit.

De plus, notre ami Victor Von Doom (Julian McMahon) fait son grand retour, même si sa réapparition est fort discutable du point de vue réaliste.

Quant à l’intrigue autour du Surfer, elle est on ne peut plus convenue, et diffère énormément de la bande dessinée.

 

Le seul point intéressant et malheureusement peu développé est la célébrité acquise par nos quatre héros et surtout les retombées plus ou moins agréable qu’elle leur amène.

D’un côté on a Johnny fidèle à lui-même, jouisseur invétéré, et de l’autre le couple qui n’assume pas totalement cette réputation : le court extrait d’une émission de télé-poubelle est d’ailleurs caractéristique. Sans oublier la couverture médiatique du mariage, qui atteint des sommets royaux : « le mariage du siècle » est-il mentionné.

En fin de compte, nous sommes bien loin de ce qui faisait le charme du premier épisode.

 

Bref, cette suite était-elle nécessaire ? Peut-être pas. Surtout que les studios Marvel ont montré depuis qu’on pouvait avoir des suites de meilleures factures.

 

Alors à voir, ou pas.

 

 

PS : Une petite consolation tout de même, la présence de Stan Lee dans son propre rôle…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Philippe Le Guay, #Comédie
Les Femmes du 6ème étage (Philippe Le Guay, 2010)

Le sixième étage, c’est là qu’on trouve ce qu’on appelle des « chambres de bonnes ». Pas étonnant alors d’y trouver des bonnes. Les sont 5 et toutes espagnoles sauf la plus âgée qui est bretonne (1). Mais depuis la mort de la mère de monsieur Joubert (Fabrice Luchini), rien ne va plus pour elle : elle décide même de partir.

Les Joubert vont donc engager une nouvelle domestique, qui est elle aussi espagnole : Maria (Natalia Verbeke).

Dès lors, tout ne sera plus comme avant.

 

Nous sommes en plein dans la France des années 1960s, juste après les accords d’Evian (2). De Gaulle est au pouvoir (la radio le mentionne) et la société est aussi sclérosée qu’on nous la décrit de nos jours : la vie des Joubert est un exemple frappant de la routine, voire de l’uniformisation des vies des français à la même époque.

Tout est bien net et bien (ar)rangé : même les enfants de Joubert sont ennuyeux, bourrés de principes un tantinet archaïques.

Alors cinq Espagnoles, sous les toits qui chantent pour se sortir de leurs petites vies, c’est un vrai rayon de soleil dans un après-midi pluvieux.

 

Bien sûr, on retrouve dans la concierge – Madame Triboulet (Annie Mercier) – un fond d’intolérance qui s’apparentera plus avec du racisme dans les années qui suivront quand ce seront les Algériens qui viendront. Ce sera la même chose quand Joubert invitera ses nouvelles amies à placer leurs économies par l’intermédiaire de sa société de courtage.

Mais si la majorité de la population voit d’un œil soupçonneux ces « étrangères », il n’en va pas de même pour Joubert : c’est mai 68 avant l’heure, une véritable révolution.

Enfin, il prend conscience qu’il existe une autre vie que la sienne. Et surtout qu’elle n’est pas si dorée que cela.

 

Philippe Le Guay réussit ici une très belle comédie, mâtinée de ce qu’il faut d’émotion (3), et décrit avec beaucoup de subtilité un choc des cultures voire de civilisation. D’un côté cet homme installé, avec pignon sur rue, et de l’autre ces femmes tout à fait ordinaire à une exception près : elles sont déracinées.

Mais ce déracinement concerne seulement le domaine géographique car en fait, elles ne sont jamais seules : quand elles n’habitent pas le même « grenier », elles se retrouvent au square ou à l’église espagnole (6 heures du matin). Sans oublier les différentes soirées festives qu’elles passent entre elles où elles rient, elles s’amusent, elles chantent. Elles vivent.

 

Elles vivent d’autant plus que la société française autour d’elle est grise et triste, et pas seulement à cause des couleurs. Ce sont elles, le soleil.

Joubert le comprend très vite, le jour où il s’aventure dans les combles, pour y remiser des vieilleries. Il y découvre un autre monde, à mille lieues du sien, et pourtant si proche.

C’est une révélation, et cette révélation va progressivement et subtilement (le maître-mot du film) l’ouvrir à autre chose et l’amener finalement au bonheur : de la différence naît la richesse, comme l’ont oublié beaucoup de ces gens  qui appellent à la haine de l’autre de nos jours encore.

 

Mais ce bonheur – je crois l’avoir déjà mentionné – ne va pas sans liberté. Et là encore, Philippe Le Guay montre cette quête de liberté qui baigne ce film, alors que dans le même temps, Franco est toujours le chef suprême - et incontestée, ceux qui contestent sont éliminés – comme le rappelle Carmen (Lola Dueñas), la seule bonne espagnole communiste, dont les positions tranchent franchement avec celles de ses amies toutes de bonnes catholiques. Mais ces différences ne sont pas pour autant des barrières (voir plus haut).

Et si ce film est une réussite – ainsi qu’un succès au box-office – c’est aussi grâce au jeu des différents protagonistes. Fabrice Luchini est magnifique (4), d’une humanité et surtout d’une grande modernité dans ce monde qui n’est plus fait pour lui.

A ses côtés, Sandrine Kiberlain est elle aussi très juste dans le rôle de cette provinciale qui, comme son ancienne bonne, a débarqué à Paris, et s’est noyée dans cette société presque inhumaine. Elle aussi va changer et gagner la liberté qu’elle avait perdue en arrivant dans la capitale.

Mais surtout, ce sont les Femmes du 6ème étage qui sont les plus attachantes, quand elles ne sont pas les plus belles, elles possèdent une joie de vivre qui tranche avec leur condition et leur logement, et surtout qui sont heureuse de vivre dans ce pays où les gens sont libres alors que leurs compatriotes ont encore de nombreuses années à supporter Franco.

Mais surtout, ces femmes sont généreuses : elles donnent, de leur temps, de leur joie, de leur amour. Et c’est là qu’est le talent de Philippe Le Guay : il arrive à partager cette générosité avec les spectateurs.

 

Et encore une fois, quand la salle se rallume, ces mêmes spectateurs sortent avec me sourire aux lèvres.

 

 

  1. La France a une longue tradition de personnel de maison qui arrive de Bretagne à Paris, dont la plus célèbre fut Bécassine.
  2. L’année est confirmée au salon de coiffure, l’une des clientes lit Jours de France relatant le mariage de Juan Carlos et Sofia de Grèce (14-5-1962)
  3. Vous savez, la « larme éventuelle » d’une comédie de 1921…
  4. Je tiens à le souligner : j’ai souvent du mal avec cet acteur quand il « fait du Luchini » et qu’il donne l’impression de découvrir ses lignes en même temps que le spectateur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Morgan Freeman, #Drame
Bopha! (Morgan Freeman, 1993)

Dans la langue zouloue, « bopha » signifie « arrestation », « détention ». Ces deux termes résumés en un seul indiquent une certaine logique verbale et physique : la détention suit l’arrestation, et arrêté ou emprisonnés, on n’est plus libre.

Et Morgan Freeman, en adaptant la pièce de théâtre de Percy Mtwa, rend magnifiquement l’interaction entre ces deux faces d’une même action : la privation de la liberté.

 

La nuit, aux alentours de Soweto. Un homme noir court, poursuivi par d’autres hommes de la même couleur. Attrapé, il est amené au milieu d’un cercle formé par ses poursuivants. On lui passe autour du cou un pneu rempli de chiffon, puis on les asperge (l’homme et les chiffons) d’essence avant d’y mettre le feu.
Puis quand le feu s’est éteint et que le jour s’est levé, on jette un dernier élément qui appartenait à l’homme brûlé : une casquette de policier.

 

Nous sommes en Afrique du Sud, quelques temps avant la libération de Nelson Mandela (1). A Maroko, qui n’est pourtant pas Soweto, le sergent Micah Mangena (Danny Glover) est membre de la Police Sud-Africaine (SPA), et vit avec sa femme Rosie (Alfre Woodard) et son fils Zweli (Maynard Eziashi). Zweli est étudiant pendant que sa mère travaille pour la femme du chef de la police locale.

Un jour, deux agents de la « branche spéciale » de la PSA débarquent à Maroko : De Villiers (Malcolm McDowell) et Retleif (Robin Smith).
Avec eux, le consensus qui semblait être de mise va voler en éclat, la violence s’installer et « Bopha ! » devenir le mot d’ordre de la police.

 

Mis à party la séquence – terrible – d’ouverture, on aurait pu croire que tout irait bien dans cette petite ville essentiellement composée de Noirs, les Blancs étant surtout quelques-uns des policiers.

Quelques-uns ? Parmi les forces de l’ordre se trouvent des hommes noirs qui ont été enseignés par le sergent Mangena. Alors quand les étudiants se révoltent et que la police est envoyée réprimer la contestation, on en arrive à ce douloureux paradoxe : des Noirs qui violentent d’autres Noirs au nom d’un régime inégalitaire et raciste.

On comprend alors mieux la séquence d’ouverture, et pourquoi des policiers furent tués pendant les années terribles de l’apartheid.

 

Un régime qui tire sur sa jeunesse n’est pas un régime en bonne santé, et on comprend que l’apartheid touche à sa fin, avec, malheureusement des violences policières intolérables mais justifiées par un régime moribond qui n’en est que plus dangereux, et donc meurtrier.

Danny Glover est encore une fois très juste dans le rôle de ce policier qui se réveille de la léthargie engendrée par une forme de lavage de cerveau qu’on appelle instruction militaire. Lui-même inculquait ces valeurs sécuritaires qui amènent l’immense tragédie que fut le régime ségrégationniste sud-africain.

 

Et comme toujours dans ces cas-là, c’est un incident qui met le feu aux poudres : un élève – Solomon (Michael Chinyamurindi) – qui refuse d’être enseigné en afrikaans, la langue des blancs d’Afrique du Sud – et décident de répondre en anglais.

La dernière demi-heure du film voit, avec la prise de conscience (trop) tardive de Mangena, une répression terrible, où consigne est donnée de tirer pour tuer. On n’est pas étonné de voir Releif appliquer sans hésiter cette consigne, mais on a tout de même du mal à comprendre qu’un policier noir tire sur un autre Noir, pour avoir osé refuser un régime inégalitaire et injuste.

 

Et quand la dernière séquence voit les familles et amis célébrer leurs morts, on comprend que ce système est arrivé à ses limites et que la situation devra changer et l’apartheid disparaître.

En attendant, alors que les funérailles se déroulent, on termine sur un plan des différents véhicules de la PSA, qui s’approchent inexorablement pour une conclusion qu’on imagine aisément très meurtrière.

 

En 1993, année de sortie du film, Nelson Mandela et Frederik de Klerk reçoivent le prix Nobel de la Paix. L’année suivante, Nelson Mandela devient le premier président noir d’Afrique du Sud.

 

Que de chemin parcouru !

 

PS : la rencontre entre Morgan Freeman et Danny Glover est aussi celle des deux Mandela : Glover fut Madiba dans Mandela, un téléfilm de Philip Saville (1987) ; Freeman l’incarnera dans Invictus de Clint Eastwood (2010)…

 

(1) 11 février 1990.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Carnahan, #Action
L'Agence tous risques (The A-Team - Joe Carnahan, 2010)

S’il est une constante dans le cinéma américain depuis la pérennisation des effets spéciaux numériques (une vingtaine d’années donc), c’est l’adaptation au cinéma des séries-télé qui ont eu du succès.

Et si certaines ne rendent pas vraiment hommage à leur modèle (1), d’autres arrivent à nous réconcilier avec cette constante (2), comme cette Agence tous risques tournée par Joe Carnahan, avec Liam Neeson reprenant le rôle d’Hannibal Smith qu’avait tenu George Peppard, cigare inclus.

 

Bien sûr, le parallèle avec la série originelle est inévitable, mais n’étant pas spécialement fan, je n’avais rien à perdre à regarder ce produit dérivé. Et je ne le regrette absolument pas.

Comme toujours dans ces cas-là, le passage obligé concerne le fameux : comment en sont-ils arrivés là ?

Et Carnahan répond à cette question. En moins de 40 minutes nous savons tout : comment ils ont formé cette équipe, comment ils en sont devenus des hors-la-loi suite à une opération aussi risquée que spectaculaire.

Le film répond même à d’autres questions, dont celle concernant la phobie des voyages aériens de B.A. Barracus (Quinton « Rampage » Jackson).

Et entre nous, on comprend aisément pourquoi : voler avec « Howling Man » Murdock (Sharlto Copley) peut être traumatisant.

 

Autre passage obligé : la mise à jour. Le Viêt-Nam étant un tantinet ancien pour les spectateurs d’aujourd’hui et surtout nous impliquerait des héros d’une soixantaine d’années (minimum), on fait un bond en avant dans le temps et on se retrouve à la deuxième Guerre du Golf (3). Ensuite, il n’y a plus qu’à découper selon les pointillés et rendez-vous à la fin !

 

Le spectacle est là : de basses manœuvres de la CIA (normal !), des poursuites en hélicoptères puis en avion-cargo, des planches à billets (plutôt des plaques métalliques) à récupérer et un final époustouflant dans le port de Los Angeles !

Sans oublier l’humour indispensable pour le bon accueil du public et le tour est joué.

 

Bon, le public américain ne fut pas exactement au rendez-vous, les fans de longue date étant un peu désarçonnés par cette adaptation.

Qu’importe, nous ne sommes plus à la télévision et il est toujours intéressant de voir en plus grand et avec largement plus de moyens les péripéties de cette équipe-A (4), un commando de choc de renégats de l’armée américaine, dont le but ultime est prouver l’erreur du gouvernement US à leur encontre. Et comme on pensait en faire une suite, la fin n’amène pas cette résolution…

Par contre, on a droit à un générique final vantant les mérites de cette équipe, rappelant celui de la série. D’ailleurs, dans le même temps, on y retrouve la musique de Mike Post & Pete Carpenter !

Par contre, on ne peut que difficilement repenser aux paroles (mièvres) de la chanson d’u générique.

 

Alors, laissez-vous faire…

 

PS : J’avais oublié l’élément féminin, Charissa Sosa (Jennifer Biehl), ex de Templeton « Face (5) » Peck (Bradley Cooper) et surtout membre du DCIS (Defence Criminal Investigation Service), à la poursuite de la fine équipe.

 

  1. The Avengers (1998). Quelle horreur !
  2. Charlie’s Angels (2000) et sa suite (2003)
  3. Qui était toujours d’actualité au moment de la sortie du film, elle sera officiellement finie l’année suivante.
  4. Le titre original de la série (et du film).
  5. Ce dernier porte très bien son surnom, surtout qu’il n’a pas le brushing irrésistible (hum) du Peck original…

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