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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jon Avnet, #Guerre
1943 : L'ultime Révolte (Uprising - Jon Avnet, 2001)

Tout commence à Varsovie, avant l’invasion allemande du 1er septembre 1939.

On y voit un jeune garçon et des tomates, dans un marché ouvert où tout va bien.

Puis c’est l’invasion et le ghetto. On saute dans le temps on passe 1941 et 1942 qui voit un embryon de résistance se former, jusqu’au 19 avril 1943, date officielle du soulèvement du ghetto. Les Allemands voulaient l’anéantir pour l’anniversaire de leur Führer, ils devront attendre presque un mois pour y parvenir, le 16 mai.

 

Jon Avnet est avant tout un producteur, mais quand il se lance dans la réalisation, ce n’est pas mal non plus…

Non seulement il dirige, mais en plus il produit et il écrit même le scénario avec Paul Brickman.

Le sujet : l’un des rares soulèvements des Juifs face à l’armée allemande.

C’est un film généreux autant qu’exaltant. Ces jeunes Juifs menant un combat perdu d’avance vont tenir tête à l’armée allemande avec une opiniâtreté incroyable, à l’encontre de la représentation stéréotypée des Juifs passifs qui était répandue dans chaque pays occupé par les nazis.

Cette tendance est illustrée par le destin d’Adam Czerniaków (Donald Sutherland) qui dirigea le conseil juif du ghetto, essayant de composer avec les Allemands jusqu’au moment des déportations : il se suicide pour ne pas avoir à envoyer des gens à la mort.

 

Ce sont essentiellement les jeunes qu’on trouve contre l’occupant : l’Organisation Juive de Combat menée par Mordechai Anielewicz (Hank Azaria), qui n’avait même pas 25 ans à sa mort, comporte d’autres jeunes garçons mais aussi beaucoup de jeunes femmes et quelques enfants. Au final très peu survivront à l’anéantissement du ghetto, et encore moins à la fin de la guerre.

Avnet, en plus d’Anielewicz, s’intéresse plus précisément à son entourage dont Tosia Altman (Leelee Sobieski) qui mourra juste après son évasion du ghetto, ou encore Yitzhak Zuckerman (David Shwimmer) et Simcha « Kazik » Rotem (Stephen Moyer), deux des survivants de la guerre (1).

 

On a beau savoir que le combat était inégal et que l’issue était courue d’avance, on ne peut être qu’admiratif devant ces femmes et ces hommes qui ont voulu résister jusqu’au bout, refusant de mourir passivement comme de nombreux de leurs coreligionnaires.

Anielewicz, leur leader, si on peut dire, quand tout est perdu et que la mort est très proche énonce clairement le but de cette lutte inégale : mourir dans la dignité. On retrouve cette cela dans ce qu’a écrit Izrael Chaim « Arie » Wilner (Eric Lively dans le film) : « Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d'ici. Nous voulons sauver la dignité humaine ».

 

Bref, si certains détails montrent quelques erreurs techniques, le film n’en est pas moins important. A l’encontre des stéréotypes susmentionnés, nous voyons des combattants engagés et déterminés à aller jusqu’au bout, certains mourant avec leurs assaillants.

De plus, Avnet ne fait pas qu’illustrer les combats : on voit la situation du ghetto se détériorer, les morts qui trainent dans les rues et qui sont dépouillés de leurs vêtements pour que d’autres ne meurent pas à leur tour de froid. Il y a toujours cette lueur d’espoir qui ne meurt pas tout à fait avec les différents combattants qui tombent.

 

Avnet revient aussi sur l’histoire du docteur Janusz Korczak (Palle Granditzki dans le film) qui avait un sauf-conduit pour évacuer le ghetto mais a préféré mourir avec les enfants dont il s’occupait, les encourageant et chantant avec eux jusqu’à l’entrée dans les wagons de la mort.

Superbe.

 

C’est un film généreux mais surtout indispensable que nous offre ici Jon Avnet, montrant que les Juifs n’étaient pas résignés à leur sort, même si l’issue ne faisait malgré tout aucun doute.

 

 

PS : On peut trouver des récits de cet événement dans le documentaire fleuve de Claude Lanzmann Shoah, où Simcha Rotem et Yitzhak Zuckerman ont accepté de témoigner.

 

(1) Simcha Rotem est mort en décembre dernier, il avait 94 ans. John Avnet l’a d’ailleurs invité sur le tournage, avec Marek Edelman (John Ales dans le film).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Guy Ritchie
Agents très spéciaux : Code UNCLE (The Man from UNCLE - Guy Ritchie, 2015)

Cinquante ans après leur création, les agents très spéciaux de l’U.N.C.L.E. (1) reviennent sous la houlette de Guy Ritchie. Alors si vous avez beaucoup aimé la série et qu’en plus vous n’aimez pas Guy Ritchie, passez votre chemin pour aujourd’hui et revenez demain au même endroit sinon à la même heure.

Pour ma part je n’ai que peu de souvenir de cette série, dont j’ai aperçu quelques épisodes sur la télévision anglaise voilà maintenant trente ans (2).

Henry « Superman » Cavill (Napoleon Solo) a remplacé le regretté Robert Vaughn, et Armie « Lone Ranger » Hammer (Illya Kuryakin) a pris la place du charismatique David McCallum (85 ans en septembre dernier).

A-t-on perdu ou gagné au change ? Peu m’importe, tout comme Hugh Grant (Alexander Waverly – à la place de Leo G. Carroll)  j’aime beaucoup les films de Guy Ritchie alors attendez-vous à une critique fort partiale.

 

Tout d’abord, il y a le contexte. Ici aussi nous avons la Guerre Froide en toile de fond, mais à la différence d’avant, Ritchie et son complice au scénario Lionel Wigram créent une genèse de cette association franchement insolite dans une période certes marquée par la détente qui a suivi la crise de Cuba (3). Et quand le film commence nous sommes da        ns l’année qui l’a suivie, avec Kennedy encore président des Etats-Unis (4).

Ensuite, il y a l’indispensable élément féminin, ici elles sont deux, aussi redoutable l’une que l’autre : Gaby Teller (Alicia Vikander), une jeune Allemande de l’Est que Solo aide à passer à l’Ouest, et Victoria Vinciguerra (Elizabeth Debicki), une Italienne au tempérament de feu et accessoirement du côté obscur de l’intrigue.

 

Parce qu’il y a un troisième camp qui se dégage dans cette intrigue. Puisque le SPECTRE est déjà pris par une autre série d’espionnage, on a alors recours aux méchants estampillés d’origine contrôlée : les Nazis (5). Ils ne sont pas en uniforme mais sont tout de même aussi dangereux, et cette fois-ci, ils ont la bombe atomique. Enfin ils essaient de l’avoir mais comme Solo et Kuryakin sont à leurs trousses, ça complique un tantinet les choses.

 

Comme je le disais, nous sommes chez Guy Ritchie et nous retrouvons son style efficace voire parfois un peu trop rapide à mon goût. Surtout qu’il adopte parfois un découpage de l’image qui rappelle certaines pratiques des séries des années 1960s, ce qui demande parfois d’avoir un œil supplémentaire pour tout suivre. Mais fort heureusement, cela ne gêne pas la narration, ce qui est le plus important tout de même.

Par contre, et c’est là que je me régale, il y a un souci du détail qui amène à chaque fois une rupture dans la narration et permet de revenir sur des questionnements qu’a pu se poser le spectateur face à des situations ambiguës voire cruciales.

Et encore une fois, il nous propose un duo plus ou moins improbable mais toujours complémentaire. Après Turkish & Tommy (Snatch) et Sherlock Holmes et Watson (2009-2011), voici deux agents secrets qui portent bien leur nom : ils sont très spéciaux.

De plus leur différence de caractère amène une touche supplémentaire d’humour, ce qui n’est jamais superflu. D’un côté un Américain très flegmatique du genre galant escroc – pour une fois que Cavill ne fait pas que montrer ses muscles – et de l’autre un excité à la tête froide (6), le mélange est des plus savoureux.

S’ajoutent à ce duo la belle Gaby et le très british Waverly : nous avons alors un quatuor qui nous emmènerait vers de nouvelles et futures aventures…

 

Mais ceci est (peut-être) une autre histoire. Ou plusieurs. Ou rien.

Au choix ?

 

PS : à noter la présence de Jared « Moriarty » Harris, dans le rôle de Saunders, grand manitou de la CIA.

  1. United Network Command for Law and Enforcement : « Commandement Uni du Réseau pour la Loi et son Application », ça marche moins bien en français, « CURLA » ne veut rien dire…
  2. Trente ans… Déjà !?!?
  3. Allez voir par vous-même, je n’ai pas le temps de revenir là-dessus.
  4. Il fait d’ailleurs une courte apparition à la télévision.
  5. Voir à ce sujet OSS 117 : Le Caire, Nid d’espions.
  6. Je sais, ça semble relever de l’oxymore, mais ce n’est pas de ma faute si Kuryakin cache mal sa nervosité et a les pratiques d’un tueur de sang-froid du KGB… L’épisode des toilettes italiennes nous offrant une très belle ellipse, d’ailleurs.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #André Øvredal
The Jane Doe Identity (The Autopsy of Jane Doe - André Øvredal, 2016)

Tommy Tilden (Brian Cox) et son fils Austin (Emile Hirsch) travaillent ensemble dans le funérarium familial (3 générations s’y sont succédé). En outre, ils y pratiquent les autopsies sur les cadavres qu’amène la police.

Un soir arrive une jeune femme qu’on a retrouvé en creusant dans la cave d’une maison.

Cette jeune femme n’a aucun moyen d’être identifié, et encore moins de raison d’être morte. Comme toutes les victimes féminines américaines non identifiées, on l’appelle Jane Doe.

Mais que lui est-il donc arrivé ?

 

Il s’agit du premier film américain d’André Øvredal (1), et aussi de son premier en solo. IL s’agit essentiellement d’un huis clos où très peu de personnes interviennent. Outre les deux personnages principaux, on retrouve le shérif Burke (Mike « Roose Bolton » McElhatton), Emma (Ophelia Lovibond) la petite amie d’Austin, et quelques personnes au début et à la fin du film. Sans oublier le principal personnage : Jane Doe, jouée par Olwen Kelly dont l’impassibilité est assez remarquable.

L’essentiel se passe dans la maison familiale, un soir de tempête (2).

 

Bien sûr, tout est là pour assister à un film d’horreur, et nous ne sommes pas déçus. Øvredal, qui est un habitué du genre malgré sa courte filmographie, réussit un film du genre d’une manière très traditionnelle et surtout très efficace. On n’échappe pas aux traditionnelles apparitions subites qui font sursauter le spectateur, mais le résultat est là et la critique positive qui salua sa sortie est justifiée.

 

Si l’intrigue se perd un peu dans des éléments historiques concernant Salem – ce qui est peu moyen question explications « rationnelles » (3) – le spectateur est comblé par les effets spéciaux pas si artificiels que ça.

En effet, une attention a été portée sur le réalisme – la capacité à maîtriser son corps et sa respiration d’Olwen Kelly est stupéfiante – et le recours à différentes prothèses est très habile, évitant le côté bricolage de certaines productions antérieures.

 

De plus, les éléments surnaturels ne sont pas en soi extra-ordinaires mais surtout utilisés avec pertinence : porte qui se ferme, apparitions de cadavres… Ces derniers apparaissent la plupart du temps par des plans rapprochés reprenant des détails identifiables par les acteurs comme les spectateurs. Quant aux apparitions en entier, un soin particulier a été mis afin de ne pas donner une vérité indiscutable : ce sont des reflets dans les miroirs d’angles du couloir, ou une fumée épaisse et opaque qui ne permet pas de distinguer très bien ces menaces ambulantes.

 

Bref, le ton est juste et les effets bien rendus, servi par une distribution restreinte : ce n’est pas le nombre qui importe, mais la qualité des interprètes. La paire Hirsch/Cox fonctionne à merveille, certaines attitudes du père (Tommy) se retrouvant dans le fils (Austin). Et les éléments incontournables du genre sont présents sans toutefois tourner au bain d’hémoglobine ni aux éléments surnaturels tellement énormes qu’ils font plus rire que pleurer, relevant du Grand-Guignol plus qu’autre chose.

 

Le sujet est maîtrisé : le film est plutôt une réussite, et je le dis bien que le cinéma d’horreur ne soit pas mon genre de prédilection.

 

 

  1. Comme son nom l’indique (?), il est norvégien.
  2. Depuis Frankenstein (1931), un orage est quasiment inévitable…
  3. La rationalité n’est pas le propre du genre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jerry Schatzberg
L'Ami retrouvé (Reunion - Jerry Schatzberg, 1989)

Plan général en noir et blanc, une salle avec au fond une estrade. Des soldats qui font entrer cinq hommes dans cette salle. Les hommes montent sur l’estrade, chacun en face d’une corde à nœud coulant.

Plan rapproché sur l’un d’eux qui pend.

Puis le grincement de la corde se transforme en celui d’une balançoire, avec une petite fille que son père pousse.

La couleur apparaît alors sur un vieil homme assis sur un banc de Central Park, Henry Strauss (Jason Robards).

 

Avant d’être avocat à New York, Henry était Hans Strauss (Christien Anholt), fils d’un médecin allemand (Bert Parnaby), « juif-allemand » pour être plus précis (1). Il allait au lycée Karl Alexander, et ce jusqu’en 1933, le 19 janvier pour être plus précis : c’est le jour où il prit le bateau pour l’Amérique dont il ne reviendra que 55 ans plus tard, à la recherche de ce qu’est devenu celui qui fut son ami pendant sa dernière année avant le départ : Konrad von Lohenburg (Samuel West).

 

Jerry Schatzberg, la transition donne le ton du film : ce sera un mélange de souvenirs (1932-33), de rêve et de réalité actuelle (1988).

On suit ici l’amitié naissante – deux fois Hans déclare à ses parents que Lohenburg « n’est pas [son] ami. »

Mais très vite, au hasard d’une collection de pièces grecques, un lien se forme, une amitié très forte qui unit un jeune garçon juif et un héritier d’une vieille famille allemande.

Rien d’étonnant si ce n’était la période qui voit Hitler et ses sbires progresser lentement mais sûrement sur l’échiquier politique d’une Allemagne ruinée par la Guerre 14-18,  la crise de 1929 et la faiblesse de la République de Weimar.

 

Alors que les souvenirs reviennent tout d’abord en désordre (2), le voyage qu’effectue Strauss à Stuttgart – là où il a grandi – pour retrouver aussi les biens de sa famille, va nous plonger dans ce que fut cette amitié qui n’était pas encore impossible mais qui va le devenir doucement : Hitler et le NSDAP ayant beaucoup les faveurs des parents de Konrad. Et Schatzberg montre cette progression inéluctable de la même façon : les SA (surtout) sont de plus en plus présents sur l’écran et leurs actions sont de plus en plus ouvertement antisémites. Amenant aussi des absurdités – pour nous spectateurs qui n’avons pas connu cette époque : le père Strauss, devant chez lui dans son costume de Uhlan, réagissant ainsi à la présence d’un jeune jeunes SA et son chien (un berger allemand, bien sûr).

Qu’importe l’amitié résiste, le plus longtemps possible, jusqu’au point de non-retour : Konrad est séduit par Hitler et ses idées, Hans part en Amérique.

 

Mais il ne faut pas oublier le plus important dans le film : qu’en est-il de cet ami retrouvé ? Je ne vous dirai pas comment se termine le film – même si vous pouvez le savoir sur Wikipedia si vous le désirez. Mais une chose est sure : en faisant le déplacement, à l’étonnement de sa fille (Maureen Kerwin), il retrouvera cet ami qu’il avait laissé un soir de janvier 1933 (le 18, si on en croit le dialogue), et qu’il n’aura jamais revu depuis.

 

C’est aussi l’adaptation d’Harold Pinter qui fait le sel du film, traduit magnifiquement en images par Schatzberg, mêlant l’actualité et la fiction dont deux extraits à la télévision : Laurence Olivier dans Henry V (1944) et un juge exalté qu’on voit après dans le film, et dont on ne comprendra le rôle qu’à la fin.

A l’instar de ce juge, ce sont des éléments qui vont être exposés et qui auront leur utilité au fur et à mesure que Strauss avance dans son enquête : à la fin, on retourne dans la salle à l’estrade, et on comprend alors son importance.

 

Ce découpage insolite rappelle les éléments d’un puzzle dont on ne peut admirer pleinement le sens une fois la dernière pièce posée, et certainement pas avant.

De plus, cette (en)quête est servie par une distribution à la hauteur dont Jason Robards  (et sa belle voix) est le guide du spectateur : ses moindres gestes ont tous une signification et renvoient à un élément de ce passé heureux, bien avant les Années de Chien que vivre l’Allemagne.

 

Magistral.

 

  1. Ce sont ses propres mots, et l’explication qui va avec est des plus savoureuses.
  2. Cela est tout à fait normal, (re)lisez Les Ritals, Cavanna l’explique mieux que moi.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Sturges
Règlement de comptes à OK Corral (Gunfight at the OK Corral - John Sturges, 1957)

Dix ans après John Ford (1), c’est à John Sturges qu’il incombe de retracer un événement des plus célèbres de l’Ouest : l’affrontement à coups d’armes à feu de Tombstone (Arizona).

On y retrouve les trois frères Earp mais cette fois-ci sans les moustaches. Seul Doc Holliday (Kirk Douglas) est affublé de cet attribut pileux.

Pour le reste, on reprend la même intrigue et on y ajoute une pincée de couleurs.

 

Si le film de Ford mettait surtout en avant Wyatt Earp (Henry Fonda), ici, Earp (Burt Lancaster) partage l’affiche avec Holliday. On y retrouve la même amitié même si elle ne se traduit pas par les mêmes actions, et on laisse une grande place à la légende (2) et au whisky !

C’est fou ce que Doc Holliday peut ingurgiter. Mais pas seulement lui. Alors que l’explication finale a lieu dès le lever du soleil, Wyatt Earp a lui aussi déjà ingurgité au moins un verre d’alcool, qui n’est pas obligatoirement distillé de la manière écossaise officielle…

Autour d’eux, on retrouve deux femmes : Big Nose Kate (Jo van Fleet, magnifique) qui fait l’aller-retour entre Doc Holliday et Johnny Ringo (John Ireland) ; Laura Denbow (Rhonda Fleming), joueuse professionnelle qui tape dans l’œil du célèbre marshal.

 

Ces femmes ne sont pas seulement des figurantes, et si Kate a plus de poids que Laura, c’est avant tout du fait du caractère complexe de Doc Holliday. Kate est ici une femme torturée par son amour et le traitement qu’elle subit de la part de Doc. Ses escapades avec Ringo ne sont pas exceptionnelles : c’est déjà arrivé avant, et si elle va plus ou moins revenir vers Holliday, c’est avant tout parce que Ringo ne sera plus là pour la récupérer.

La sous-intrigue qui lie ses trois personnages est traitée de façon beaucoup plus noire que ne l’avait fait Ford. On retrouve sur certains points le véritable Holliday, dont la légende se trouve alors un tantinet ternie. Les différentes mises en garde à son propos sont des plus pertinentes tant ce personnage était quelqu’un de peu fréquentable.

Et Kirk Douglas compose un visage des plus menaçants voire dangereux à l’occasion : une figure des plus tourmentées qu’on a pu voir dans d’autres films dans lesquels il a pu tourner.

 

Quant à Laura, elle est très loin de la pure Clementine Carter (Cathy Downs) pour laquelle Earp avait des sentiments. Tout comme Big Nose Kate, elle a un passé trouble : les joueurs qui gagnent tout le temps à cette époque avaient une tendance à mourir prématurément contre des perdants soupçonneux et surtout vexé&s d’avoir été ratissés, qui plus est par une femme.

A ces deux femmes s’ajoute la plus malheureuse des trois : Mother Clanton (Olive Carey, la femme d’Harry), qui après avoir perdu son mari dans un affrontement du même genre, va perdre ses fils lors de la bataille.

 

Et puis il y a l’explication finale : tout aussi meurtrière que chez Ford, elle prend elle aussi des libertés quant à la vérité historique. Mais peu nous importe, nous sommes dans cet âge d’or du western et le camp du Bien l’emporte sur les forces du Mal. Mais là où est la pertinence du titre français, c’est dans le pluriel des règlements de compte. Si les Earp s’expliquent avec les Clanton & associés, on assiste en même temps au solde de la relation entre Doc Holliday et Johnny Ringo. Les Earp et Clanton n’interviendront pas dans cette autre opposition, par forfait pour les Clanton (il n’en reste plus un seul debout), et parce que Doc a demandé aux autres de le lui laisser.

Le tout, bien sûr, au soleil !

 

On peut – comme moi – préférer la version Ford à celle de Sturges. Mais on ne peut pas douter de ses qualités. Si Earp est un personnage plus lisse chez Ford, c’est Doc Holliday qui bénéficie d’un traitement plus développé. Sa maladie (tuberculose ?) prend une plus grande place et nécessite la présence de Kate, ce qui rend encore plus important ses escapades avec Ringo. Et le choix de Jo van Fleet (41 ans pendant le tournage) ajoute dans le réalisme de l’intrigue : ce n’est pas une jeune pouliche farouche comme peut l’être la belle Chihuahua (Linda Darnell).

 

A noter enfin la présence de jeunes acteurs peu connus encore à l’époque : Jack Elam (Tom McLowery) et son regard caractéristique ; Lee van Cleef (Ed Bailey) qui n’est pas encore Liberty Valance, et encore moins Sentenza ; et le jeune Dennis Hopper (Billy Clanton), qui reprend le rôle qu’interprétait John Ireland dans la version de Ford.

 

PS : il s’agit de la troisième adaptation de cette bataille, John Sturges tournera une sorte de suite (3) reprenant l’histoire là où il la termine ici. Ce sera 10 ans plus tard, mais avec d’autres acteurs pour les rôles principaux.

 

  1. A peu près…
  2. A ce propos entre la réalité et la légende, je vous renvoie à L’Homme qui tua Liberty Valance (1962).
  3. Sept Secondes en enfer (Hour of the Gun, 1967).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Jackson, #Heroic Fantasy, #Viggo Mortensen
Le Seigneur des Anneaux : les deux Tours (The Lord of the Rings: the two Towers - Peter Jackson, 2002)

Nous reprenons les choses là où nous les avions laissées : la Communauté a éclaté ; Boromir (Sean Bean) est mort ; Frodo (Elijah Wood) et Sam (Sean Astin) poursuivent leur périple vers le Mordor ; Pipin (Danny Boyd) et Merry (Dominic Monaghan) sont prisonniers des Orcs ; Aragorn (Viggo Mortensen), Legolas (Orlando Bloom) et Gimli (John Rhys-Davies) sont à leurs trousses.

Nous assistons alors à une nouvelle étape vers le combat final, découvrant de nouveaux lieux - le Rohan, La Forêt de Fangorn, Le Gouffre de Helm – et de nouveaux personnages dont Gollum (Andy Serkis) qui n’avait été qu’aperçu lors du premier volet.

 

Tout comme dans le livre, Les deux Tours possède une intrigue plus complexe et surtout met en avant ces nouveautés (voir ci-dessus) dans des décors toujours aussi fabuleux. La Porte noire (Black Gate) dont le mécanisme est activé par des trolls est très impressionnante, quant aux différents endroits que traversent Sam et Frodo, et en particulier les Marais de la Mort, on est impressionné par leur adéquation par rapport à l’intrigue.

Tout commence par un rêve : celui de Frodo qui voit Gandalf (Ian McKellen) affronter le Balrog. Encore une fois, les images sont magnifiques – vive le Blu-ray – et les effets spéciaux à couper le souffle. La plongée finale donne une indication de la mesure de l’événement : c’est absolument gigantesque.

 

Si ce film est une transition entre les deux autres opus, Peter Jackson réussit à lui donner un souffle épique qui perdurera jusqu’au combat final. Nous assistons à deux batailles terribles et fort meurtrières, où celle de Helm est la plus formidable, montrant les différentes phases du siège par les Orcs de Saruman (Christopher Lee) : les flèches, les catapultes, les échelles d’assaut et les différentes phases d’invasion de la forteresse.

Un petit bémol toutefois : la descente de Legolas sur un bouclier à la façon surf pendant qu’il lâche ses traits sur ses ennemis est un tantinet exagérée. D’accord on est au cinéma et tout est possible – les protagonistes sont imaginaires (etc.) – mais ça fait tout de même un peu trop.

Autre élément notable : l’arrivée de la flamme qui doit mettre le feu à la poudre rappelle étrangement la course des différents porteurs de la flamme olympique. Encore une fois : c’est peut-être un peu déplacé.

Mais passons.

 

Tout comme dans le premier opus, Peter Jackson nous livre une magnifique adaptation du livre et de l’univers de Tolkien. Sans oublier non plus les effets spéciaux et autres maquillages qui retransmettent superbement cet univers d’heroic fantasy imaginé par l’écrivain.

Et l’une des grandes réussites est la marche des Ents, ces bergers des forêts, dont Sylvebarbe (voix de John Rhys-Davies, encore lui) semble être le chef. Le combat contre les Orcs de Saruman est absolument dantesque, la rivière relâchée sur l’Isengard n’est pas sans évoquer le Déluge ou toute autre catastrophe naturelle, au milieu de laquelle tiennent ferment les Ents.

Bref, quand le film se termine, Saruman et ses Orcs ont été vaincus, et tous les yeux se tournent vers le Mordor où  va se jouer la dernière partie : le début de la fin, en quelque sorte.

 

Outre les Rohirrims (habitants du Rohan), nous découvrons deux personnages très bien campés : Grima Wormtongue (Brad Dourif) et donc Gollum. Brad Dourif est une magnifique langue de vipère (pour ne pas dire autre chose) qui s’insinue habilement dans les esprits qui sont autour de lui. Même la belle Eowyn (Miranda Otto) semble hypnotisée par ses paroles doucereuses.

 

Quant à Gollum, il est d’une certaine façon le personnage-clé du film (1) : Andy Serkis – bien que ce sont des images de synthèse – rend le conflit entre les eux parties de la personnalité double Gollum/Sméagol qui va au-delà de ce qu’on aurait pu imaginer. C’est une lutte terrible entre son côté hobbit (2) et son côté obscur, amenant Frodo et même le spectateur à avoir pitié de l’état dans lequel se trouve ce personnage.

Mais à aucun moment il ne faut oublier l’objectif de ce personnage insolite : récupérer l’Anneau, à n’importe quel prix.

 

Quand le film se termine, tout est en place pour le final. Il ne manque qu’un élément indispensable à découvrir : Minas Tirith, là où va se jouer le sort de la Terre du Milieu.

Mais ceci est, bien sûr, une autre histoire.

 

 

  1. C’est lui qui connaît le chemin pour entrer dans le Mordor sans être repéré.
  2. Eh oui : Sméagol, avant de trouver l’anneau, était un hobbit de la rivière…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #George Roy Hill, #Robert Redford
Butch Cassidy et le Kid (Butch Cassidy & the Sundance Kid - George Roy Hill, 1969)

Nous sommes deux ans après Bonnie & Clyde, et à nouveau nous assistons à une fuite en avant de dangereux bandits.

Mais premièrement, il s’agit d’un western ; et deuxièmement, à aucun moment le film n’est vraiment sérieux.

Pourtant, ce duo a lui aussi réellement existé et ses exactions n’étaient pas anodines.

 

D’un côté Butch Cassidy (Paul Newman) – de son vrai nom Robert Leroy Parker – et de l’autre the Sundance Kid (Robert Redford) – de son vrai nom Harry Alonzo Longabaugh.

L’un (Butch) est un cérébral (enfin ce qui y ressemble le plus), l’autre un pistolero (Kid).

Mais une chose les caractérise clairement dans ce film : ce sont deux bandits minables.

Pas une seule fois ils n’apparaissent comme deux grands desperados de la trempe des Jesse James ou autre Bob Dalton (etc.), mais plutôt comme deux gros nases incapables de réussir correctement quelque chose (1). Et au milieu de ce duo magique : Etta Place (Katharine Ross).

 

Le film se divise en deux parties inégales : la première traitant des dernières aventures des deux brigands aux Etats-Unis ; la seconde leur périple criminel en Bolivie. Le tout sur une musique de Burt Bacharach dont le célèbre Raindrops keep falling on my Head. Cette chanson intervient pendant une démonstration du véhicule de demain – le vélo – par Paul Newman.

Autre grand moment musical, le périple bolivien. Il s’agit là d’une musique vocale typique de la période de sortie du film et des années suivantes, où des voix féminines et masculines se répondent et se chevauchent essentiellement en disant « padapadapa ».

 

Si le film n’est absolument pas sérieux – malgré la fin tragique – on peut apprécier le côté début 20ème siècle qui est accentué par l’usage d’images rappelant les photos sépia de la période.

Le court-métrage qui accompagne le générique est dans la même teinte et voit le gang Hole in the wall (2) attaquer un train, tuant diverses personnes, ce qui ne sera pas le cas pendant le film en lui-même, les morts n’auront lieu que dans ola partie bolivienne.

 

On retrouvera des photos sépia pendant l’intermède new-yorkais : mélangées à de véritables photos de l’époque, on retrouve des images du trio Cassidy-Sundance-Etta dans des décors d’époque. Ces décors sont ceux de Hello Dolly qu’ils n’ont pu utiliser que pour les poses, d’où cet intermède musical qui annonce les morceaux choisis dans le prochain film Hill-Newman-Redford : l’Arnaque (1973).

 

Bien sûr, c’est le duo Newman-Redford qui fait tout l’intérêt du film, au-delà de l’intrigue à proprement parler. Cela fonctionne magnifiquement : d’un côté Newman qui joue le rôle du concepteur et Redford en exécutant, ce qui peut aussi s’expliquer par la différence d’âge entre les deux acteurs (11 ans). Il en sera de même pour leur prochaine collaboration (voir ci-dessus), Newman étant l’instigateur et Redford son bras droit.

 

J’exagère un peu quand je dis qu’ils ne font rien de bien. Il y a une chose qu’ils réussissent magnifiquement, c’est leur sortie. On y trouve tout le panache et la grandeur qui leur ont manqués pendant le reste du film.

 

  1. Qu’on ne s’y trompe pas : nous sommes au cinéma et les deux réels personnages étaient de redoutables bandits. Mais comme l’annonce le générique : « presque tout ce qui suit est vrai… »
  2. Le véritable nom de leur bande était The wild Bunch, mais quelques mois plus tôt, Sam Peckinpah avait utilisé cette même désignation pour un autre western, lui aussi mythique. Il fallut donc en changer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mike Newell, #Comédie dramatique
Quatre Mariages et un enterrement (Four Weddings and a funeral - Mike Newell, 1994)

25 ans.
Voilà déjà 25 ans que cette fabuleuse comédie est sortie. Et je ne me lasse pas de la visionner : retrouver cette bande d’adulescents inséparables mais qui n’ont (presque) qu’un seul but, se marier.

Mais si c’était si simple que ça, il n’y aurait pas de film.

 

Ils sont six – Charles (Hugh Grant), Scarlett (la regrettée Charlotte Coleman), Matthew (John Hannah), Fiona (Kristin Scott Thomas), Tom (James Fleet) et bien sûr le truculent Gareth (Simon Callow) – ont une petite trentaine, mais surtout ils recherchent (presque) tous l’âme sœur.

Nous allons alors les suivre dans une série de célébrations matrimoniales dont l’une d’elle amènera la proposition solitaire du titre.

Mais surtout, c’est Charles que nous allons voir évoluer pendant que le monde autour de lui change, et que le cercle de ses connaissances célibataires se restreint.

 

Il faut dire que Charles est un célibataire non pas endurci mais plutôt militant. A chaque fois qu’une occasion se présente, il ne peut s’empêcher de botter en touche quand on arrive aux choses sérieuses mais surtout à un quelconque engagement. Il y a en lui des forces qui l’empêchent de pleinement assumer une quelconque relation.

La retenue britannique tout d’abord qui lui fait perdre ses moyens quand une belle femme s’approche. Il l’explique bien en expliquant qu’il lui faut parfois trois semaines pour faire un pas en avant, et cela malgré son physique d’apollon brun aux yeux bleus.

D’une certaine façon, c’est cet héritage ancestral qui veut que les Britanniques cachent leurs émotions en toute circonstance. Et c’est le cas quand apparaît la belle Carrie (Andy McDowell) : c’est elle qui prend toujours l’initiative, le sortant d’un certain embarras. Normal : elle est américaine !

 

Mais au-delà de ces réjouissances, c’est avant tout un film d’amis, où chacun a sa place et son rôle. Si Charles est irrésistible, il n’en va pas de même de Tom, qui n’a pas le même physique avantageux que le premier. Mais son rôle dans l’intrigue et surtout dans le groupe n’est pas négligeable comme le montre l’après enterrement. Son avis et surtout sa philosophie renferment quelque chose que n’aura jamais Charles : son opiniâtreté et la certitude d’un avenir en couple, plus ou moins heureux.

La preuve : il trouvera l’âme sœur, là où il ne l’attendra plus, à un mariage, bien entendu.

 

Et puis il y a l’enterrement de Gareth (1).

Avec ce terrible événement, c’est le début de la fin de ce groupe d’amis : Charles va enfin s’engager ! Enfin il va essayer, mais son attitude ne varie pas d’un poil : il ne veut pas s’engager dans un mariage aux limites incertaines.

Et cet enterrement est aussi l’un des moments les plus poignants du film : le discours de Matthew. Et personne n’a oublié sa déclamation du poème Funeral Blues de W.H. Auden (2).

Avec la mort de Gareth, c’est la fin de l’insouciance et le grand saut dans la vie de couple comme le révèlent les images finales.

Et bien sûr, Charles réussira tout de même à ne pas se marier, mais est-ce si important en fin de compte ?

 

Le film est aussi une occasion de décrire les différentes phases d’un jour de mariage. Les deux premiers abordent différents étapes de la journée : le premier s’appesantit plus sur les réjouissances après la cérémonie alors que le second s’intéresse plus particulièrement à la cérémonie elle-même. Il faut dire que la présence de Rowan Atkinson en jeune Ministre du culte est franchement drôle : il n’est pas prêt d’oublier  ce premier mariage qu’il conduit, l’émotion amenant des perles langagières là encore irrésistibles.

Quant au dernier mariage, il ne fait qu’amener un élément qui n’est présent dans aucun des autres : le refus.

Mais c’est normal, c’est celui de Charles…

 

  1. Si vous n’avez pas encore vu le film, désolé de vous l’annoncer…
  2. https://allpoetry.com/Funeral-Blues

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Anthony & Joe Russo, #Avengers
Avengers: Endgame (Anthony & Joe Russo, 2019)

Il fallait bien que cela se termine. C’est fait. Les Avengers ont été.

Comme le laissait entendre Infinity War, Thanos (Josh Brolin) allait revenir et les autres aussi. Enfin seulement ceux qui avaient terminé.

Le film commence à peu près là où on avait laissé l’action voilà quasiment un an jour pour jour : la moitié de toutes les espèces vivantes sur terre a disparu. Nous retrouvons d’ailleurs deux personnages qui n’apparaissaient pas dans le premier volet : Clint « Hawkeye/Ronin » Barton (Jeremy Renner) et Scott « Antman » Lang (Paul Rutt).

C’est d’ailleurs ce dernier qui trouve le moyen de sauver la journée (comme disent les Anglo-saxons) : le voyage dans le temps.

 

Bien sûr, le tournant dans l’épisode premier sous-entendait cette éventualité, surtout une fois que Steven « Doctor » Strange a cédé la Pierre du Temps à l’omnipotent Thanos.

Les Studios Marvel vont donc utiliser le voyage dans le temps et les paradoxes qui en découlent : comment modifier le passé sans vraiment altérer le présent, sachant que malgré tout il sera altéré. C’est bien compliqué tout ça et heureusement qu’Antman, Bruce « Hulk » Banner (Mark Ruffalo) et Tony « Ironman » Stark s’y connaissent un tantinet en physique quantique et toute cette sorte de choses…

Et bien entendu, le monde sera sauvé et les disparus reviendront. Mais ce n’est pas si simple que ça.

 

C’est une véritable apothéose qui nous est offerte ici, rassemblant tous les personnages qui ont participé à cette épopée gigantesque. Outre les Avengers, on retrouve aussi certains personnages plus ou moins oubliés et surtout le voyage dans le temps nous amènent de curieux paradoxes quand d’une façon ou d’une autre les voyageurs spatio-temporels (les Avengers, quoi) se retrouvent confronté à leur passé mais surtout eux-mêmes…

C’est d’ailleurs lors de l’un de ces voyages qu’apparaît l’incontournable Stan Lee, que je vous laisse chercher par vous-mêmes.

 

Bien sûr, ce sont ces voyages qui nous intéressent le plus, même si nous assistons à un  affrontement inévitable et absolument grandiose.

Mais surtout, on voit enfin la formation à l’intérieur de ce monde de justiciers d’une escouade de type Girl Power, avec tout ce que compte les éléments féminins du groupe (1) : Pepper Potts (Gwyneth Paltrow), Nébula (Karen Gillian), Gamora (Zoe Saldana), Okoye (Danai Gurira), Wanda Maximoff (Elizabeth Olsen), Hope « The Wasp » van Dyne (Evangeline Lilly), Mantis (Pom Klementieff), Valkyrie (Tessa Thompson), Ramonda (Angela Bassett), Shuri (Letitia Right) et Ancient One (Tilda Swinton) sans oublier la nouvelle venue décisive, Carol « Captain Marvel » Danvers (Brie Larson).


Encore une fois, le cahier des charges est rempli et les frères Russo terminent ce qu’ils avaient commencé avec un film peut-être en-dessous du précédent. Mais on y retrouve tout de même avec beaucoup de plaisir des personnages un tantinet oublié depuis Ironman, le premier d’une série de 22 films.

Et si Chris Evans avait annoncé que c’était sa dernière apparition en Captain America, il n’est pas le seul à disparaître de la série. Là encore, je vous laisse découvrir qui ne sera plus là.

Toujours est-il que celui qui était apparu à la toute fin du précédent est encore là au même moment.


L’une des plus grandes réjouissances du film, c’est bien sûr Thor (Chris Hemsworth) : le « bellâtre » se joue encore une fois de son physique pour notre pus grand plaisir. Décidément, j’aime beaucoup cet acteur capable de se moquer ouvertement de lui, comme ce fut aussi le cas dans Ghostbusters (2016) où il interprète un secrétaire/standardiste assez réussi…

 

La boucle est bouclée, et les Avengers disparaissent presque en même temps que leur créateur (scénario) aux apparitions très attendues : Stan Lee.

 

PS : Qu’on se rassure, certaines séries commencées vont nous revenir…

 

(1) Ayant déjà regretté la faible proportion de femmes de la série, je me devais de les citer (presque) toutes. Je présente mes excuses aux oubliées. Mais vous pouvez passer directement au paragraphe suivant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Cimino
La Porte du Paradis (Heaven's Gate - Michael Cimino, 1980)

Deux ans après The deer Hunter, Michael Cimino s’attaque à l’une des bases du cinéma américain : le western.

Et là encore, le film est sans concession. Tellement qu’il sera boudé par le public et éreinté par la critique.

Et pourtant…

 

Tout commence en fanfare – qui joue The battle Hymn of the Republic – le jour de clôture de l’année universitaire 1870 à Harvard. Parmi les diplômés, James « Jim » Averill (Kris Kristofferson) et William « Billy » Irvine (John Hurt).

Puis nous sautons dans le temps et nous retrouvons dans le Wyoming, à Sweetwater où Averill est marshal, et Irvine l’un des membres de l’association des éleveurs qui veut se débarrasser des immigrants de l’Est qui ne cessent d’arriver dans leur région.

 

 

La Porte du Paradis, c’est avant tout un lieu de loisir où les immigrants aiment à se retrouver pour danser et faire du patin à roulette, voire les deux en même temps. Mais c’est aussi là que se rassemblent ces mêmes gens pour organiser la résistance face aux éleveurs qui ont décidé de la mort de 125 d’entre eux avec la bénédiction du gouverneur de l’état et même du Président Benjamin Harrison.

Bref, nous sommes ici avec un film qui fait polémique : loin de la vieille tradition qui montrait les cow-boys tuer les Indiens, on est ici dans un cas de massacre entre blancs, ce qui n’a pas beaucoup fait pour assurer le succès de cette œuvre.

Et pourtant…

 

Cimino prend son temps pour arriver au massacre, et surtout, il ne donne pas la possibilité au public de choisir un camp bien clairement. Si les éleveurs sont menés par Frank Canton (Sam Waterston), on trouve tout de même parmi eux Irvine qui est un vieil ami de Jim Averill, qu’on peut identifier comme le bon de l’histoire.

Et si les immigrants sont les premiers touchés par cette opération meurtrière, leur riposte n’est pas des plus sportives puisque ces mêmes éleveurs ont exterminés à coup de dynamite !

Bref, on est dans un usage de la force qui n’a plus rien de raisonné et encore moins raisonnable : c’est une violence brute qui guide les différents camps dans ce massacre.

Et quand la cavalerie intervient – enfin ! – pour arrêter les hostilités, il ne reste plus grand monde debout.

 

Cette anecdote meurtrière est aussi un rappel au public de ce qu’était réellement l’Ouest américain à une période où la civilisation semblait l’avoir emporté sur l’ère des pistoleros.

Le début du film fait d’ailleurs penser à John Ford, avec ce microcosme qui se retrouve pour fêter l’anniversaire Ella – Isabelle Huppert – la tenancière du bordel de Sweetwater : en effet, son activité professionnelle n’est pas un frein aux réjouissances, bien au contraire.

Par contre, dès que les intérêts particuliers entrent dans la danse (1), le ton change brusquement et surtout l’Etat et ses représentants ne se comportent pas comme on aurait pu l’espérer.

En effet, l’Etat, garant de la Constitution devrait être du côté des opprimés – les Immigrants qui n’ont pour toute richesse que leur dignité et quelques vêtements – et non pas encourager leur élimination.

Encore une fois cet aspect peu glorieux n’a pas favorisé l’exploitation du film qui fut retiré des salles au bout d’une semaine.

 

Peut-on voir dans le rejet du public une influence politique ?

En effet, à la même époque (deux semaines avant la sortie) Reagan est élu à la présidence. Et d’une certaine façon, les éleveurs décrits dans le film ressemblent beaucoup à ces patrons-voyous eurent la belle vie pendant les deux mandats de l’ex-acteur.

Je ne dis pas que Cimino critique cet aspect déplorable de l’économie de marché. Mais on peut tout de même trouver quelques similitudes entre cette caste issue de Harvard (Averill, Irvine) qui dirige les affaires du pays au moment des faits décrits par le film et ces hommes d’affaire de l’ère Reagan qui ont prospéré alors que dans le même temps les petits s’enfonçaient inexorablement dans la pauvreté.

 

Par contre, ce qui fait la grandeur du film, outre le talent évident de Cimino (2), c’est son actualité. En effet, les Immigrants de l’intrigue ne sont pas sans rappeler ceux qui ont continué d’affluer dans cette terre d’opportunité, ni ceux qui font l’actualité depuis quelques années : déjà, ces femmes et ces hommes sont pourchassés pour leurs différence géographique autant que langagière ou culturelle.

Et avec ce film, Cimino montre aussi que ce grand pays n’est pas toujours celui qu’on croit et surtout qui est écrit sur la statue de la Liberté :

« "Garde, vieux monde, tes fastes d'un autre âge !" crie-t-elle

Donne-moi tes pauvres, tes exténués,

Qui en rang pressés aspirent à vivre libres,

Le rebut de tes rivages surpeuplés,

Envoie-les moi, les déshérités que la tempête m'apporte

J'élève ma lumière et j'éclaire la porte d'or! » (3)

 

Un western flamboyant, réaliste et surtout indispensable dans l'évolution de ce genre qui reste - à mon avis - le pilier du cinéma américain, et l'un des médias les plus importants concernant l'histoire de ce pays. En particulier la deuxième moitié du XIXème siècle qui vit la République s'installer durablement, et le passage d'un Etat sauvage à une société civilisée.

 

     1. C'est le cas de le dire, non ?

 

  1. C’est le cas de le dire, non ?
  2. N’en déplaise aux critiques de l’époque !
  3. « "Keep, ancient lands, your storied pomp!" cries she,

    Give me your tired, your poor,

    Your huddled masses yearning to breathe free,

    The wretched refuse of your teeming shore,

    Send these, the homeless, the tempest-tossed to me,

    I lift my lamp beside the golden door! »

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