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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Catastrophe
Les Dents de la mer (Jaws - Steven Spielberg, 1975)

 

Mythique autant que culte.

Le film de Spielberg – son troisième long métrage en comptant Duel – est passé avec le temps à un niveau inimaginable lors de sa sortie.

Certes, ce fut un événement quand il fut présenté et il y avait de quoi !

A moins de 30 ans Spielberg prouve qu’il est un cinéaste majeur. Et ce en changeant encore une fois de thème : après Le road-movie et la cavale (autre road-movie d’une certaine façon), c’est à l’épouvante qu’il se mesure.

Et il faut dire que près de 45 ans après, le film n’a pas beaucoup vieilli, si ce n’étaient quelques objets technologiques, mais ce n’est vraiment pas le plus important.

 

Non, le plus important, c’est cette maîtrise cinématographique qui baigne ce film. EN effet, Spielberg alterne les différentes prises de vue et donc les points de vue – les humains d’un côté et la bête de l’autre – amenant un suspense incroyable, lui-même renforcé par une bande originale elle aussi devenue culte. (1) Ou pas.

En effet, à différents moments, si la musique augmente la menace qu’est le requin, les moments de silence &accentuent beaucoup plus l’insécurité des personnages.

Le moment où Hooper (Richard Dreyfuss) plonge près d’un bateau à la dérive a de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête.

Sans parler de la bête elle-même, un « 25 pieds », dit Quint (Robert Shaw).

 

Bien sûr, tout commence paisiblement sur l’Ile d’Amity, où une nuit, une bande de jeunes squatte la plage. Parmi eux, Chrissy Watkins (Susan Blacklinie) et un jeune homme s’écartent pour se baigner nus. Bien sûr, la musique s’enclenche et la jeune femme est sauvagement tuée pendant que le jeune cuve.

Plus tard, on retrouve les restes de la jeune femme et le cauchemar commence. Avec en prime l’aspect désastreux pour le commerce poussant le maire Vaughn (Murray Hamilton) à minimiser l’incident, devant le chef de la police Brody (Roy Scheider) effondré devant une telle attitude irresponsable.

C’est à partir de là que tout devient possible et Spielberg ira jusqu’au bout de l’horreur. Un enfant emporté par la bête dans un bouillon d’écume et de sang, un bout de bras ou encore un  morceau de jambe nous sont montrés, sans oublier la mort terrible d’un des personnages principaux (3).

 

Bref, c’est du grand spectacle et on a toujours plaisir à revoir ce film. Et les suites qui ont été faites dans les années suivantes ne sont qu’une (très) pâle copie. La seule réjouissance qu’on peut trouver autour du film, c’est celui de Joe Dante trois ans plus tard : Piranhas. Non seulement il reprenait le même canevas, mais en plus il avait la bénédiction du maître.

Bien sûr, Spielberg lui-même sera capable de s’auto-parodier dans 1941 : la baigneuse du début est toujours aussi nue, mais surtout, c’est la même actrice !

 

 

  1. Le journal télévisé d’une chaîne français s’en est servi en le modifiant légèrement, donnant au téléspectateur une impression d’insécurité. Bref, ça ressemble à de la manipulation.
  2. Un petit peu plus de 7,6 mètres, mais à cette taille-là, on n’est pas à deux centimètres  près.
  3. Je ne vous dirai pas qui : si vous avez vu le film, vous savez de qui je parle, si non, précipitez-vous sur ce chef-d’œuvre.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Isabelle Mergault, #Michel Blanc, #Comédie
Je vous trouve très beau (Isabelle Mergault, 2005)

Aimé Pigrenet (Michel Blanc) est un agriculteur de la Drome, qui vit avec sa femme Huguette (Agnès Boury) dans une petite ferme où on trouve des vaches, des poules et un lapin de concours.

Un jour, la trayeuse automatique rend l’âme, tout comme sa femme dans l’incident.

Seul, il n’arrive pas à assurer le travail de la ferme avec le travail ménager.

Il passe alors par une agence matrimoniale qui lui propose des femmes de Roumanie.

 

« Je vous trouve très beau », c’est ce que disent les « candidates » roumaines pour encourager ce prétendant venu de l’Ouest, quasiment la seule phrase de français que connaissent les jeunes femmes.

Bien entendu, cette réplique s’accorde mal avec Aimé qui, s’il n’est pas une référence de beauté, n’est pas non plus désagréable. Et puis surtout, c’est Michel Blanc, alors on ne peut douter de son charme.

Mais Aimé est avant tout un paysan qui ne vit que pour sa terre et ne s’accorde que très peu de distractions. Et la femme qu’il cherche n’est pas vraiment une compagne mais plus une nouvelle paire de bras pour l’aider.

Son passage à l’agence matrimoniale est tout à fait caractéristique de son état d’esprit : il veut une femme qui sait s’occuper d’un intérieur, surtout après la mésaventure de la machine à laver qui ne recèle pas seulement un trop-plein de mousse (1).

 

D’une manière générale, Aimé ne connaît pas les femmes. On peut même se demander comment il a pu un jour se marier. Mais pourtant, il ramène de Roumanie la belle Elena (Medeea Marinescu), la seule à ne pas l’avoir trouvé beau.

Entre les préjugés d’un autre temps (2) et sa maladresse à s’exprimer, l’arrivé&e en France n’est pas bien rose pour la jeune femme.

Mais surtout, Aimé devient jaloux des autres hommes qui se mettent à graviter autour de cette jeune femme qui a besoin d’autre chose que d’être une paire de bras.

Bref, Aimé devient amoureux.

 

Et c’est là que s’exprime pleinement le talent d’Isabelle Mergault. De cet homme fruste voire primaire, elle fait un gentleman magnifique, capable de tout pour cette femme qu’il trouve lui, très belle.

Cette transformation amène une émotion, portée par ce duo improbable (3), et on ne peut que se réjouir de ce couple qui va se perdre avant de se retrouver.

Michel Blanc est grandiose, ce qui n’est pas une surprise, quant à Medeea Marinescu, elle fait passer dans son visage toute sorte d’émotions qui contrebalancent sa maîtrise approximative du français.

Autre personnage important du film : Antoine (Benoît Turjman), un innocent comme on les appelait autrefois. Antoine est un jeune homme qui ne parle pas, mais est malgré tout capable de communiquer avec Elena, lui adoucissant son séjour avec ce vieux râleur d’Aimé. Ce sont des petites touches qu’il apporte à l’histoire, renforçant l’émotion, ou plutôt la révélant : si Elena s’épanouit avec Antoine, c’est avant tout parce que ce dernier – qui ne parle pas – est naturel. A aucun moment, Antoine ne cherche quelque chose d’Elena. Et c’est ce qui manque à Aimé : une forme de sincérité.

 

Et quand Aimé va enfin comprendre, bien sûr, il sera trop tard. Mais cet échec deviendra alors une réussite, Aimé se transcendant pour la jeune femme quand cette dernière a pris la résolution de partir.

Ce n’est pas grand chose (4), mais ça fait toute la différence : c’est très certainement la plus belle preuve d’amour qu’il pouvait lui offrir, au-delà des mots qu’il pourrait lui dire (ce qui n’est pas son fort, quoi que…).

En effet, quand on aime quelqu’un, on respecte ses choix, même s’ils vont à l’encontre de ce que l’on peut penser.

 

Au final, ce film est une comédie, une comédie subtile, dans son acception première (ça se termine bien), mais c’est avant tout une très belle histoire d’amour.

 

 

PS : A noter la présence d’une doyenne du cinéma français, Renée Le Cam qui a fêté ses 100 ans en septembre dernier…

 

  1. Si vous avez vu le film, vous savez de quoi je parle. Les autres, courez le voir !
  2. Vraiment d’un autre temps ?
  3. Pas si improbable, au final.
  4. Ca dépend des ponts de vue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steve McQueen, #Histoire
12 Years a slave (Steve McQueen, 2013)

Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) est un violoniste talentueux, qui vit paisiblement avec sa femme et ses enfants à Saratoga, dans l’état de New York.

Contacté par deux hommes de spectacle, il part en tournée avec eux. Malheureusement pour lui, un soir où il a trop bu, ces deux hommes le livrent comme esclave, puis il est envoyé en Géorgie. Et pendant douze longues années, il va passer de propriétaire en propriétaire jusqu’à ce que la Justice le ramène vers la vie qu’on lui avait ôtée.

 

Il y a aux Etats-Unis une plus grande conscience des responsabilités de l’état face à ses citoyens, ce qui amène une production cinématographique riche voire essentielle pour aborder certains thèmes honteux voire inhumains que le pays a pu connaître pendant son existence. L’esclavage en fait partie, et depuis Racines (1978), on n’a pas eu souvent l’occasion de saluer un tel travail.

Je ne dis pas que rien ne fut tourné ni écrit pendant trente-cinq ans, je pense qu’il n’y a pas eu énormément d’œuvres aussi fortes que ce film.


Steve McQueen (rien à voir avec l’autre) signe ici son troisième film, mais surtout, il est absolument magistral.

Chiwetel Ejiofor est tout bonnement magnifique dans le rôle de cet homme libre spolié de sa liberté et, plus important, de sa vie.

C’est une longue descente aux enfers qui s’impose à lui, de la manière la plus terrible qui soit : privé de sa liberté et de ses droits, il devient un animal dont on peut disposer à sa guise, avec droit de vie ou/et de mort.

 

Le premier propriétaire est un personnage ambigu comme le proposait beaucoup de ces mêmes gens pendant la période esclavagiste : William Ford (Benedict Cumberbatch) est un maître plutôt humain même si malgré sa piété il ne songe pas à un seul instant à libérer ses esclaves. Il prend soin d’eux certes, mais il n’a pas l’intention de changer quoi que ce soit : quand Northup devient une menace pour sa vie – il l’a sauvé d’une pendaison – il préfère se débarrasser de lui en l’envoyant chez un autre propriétaire. Et du fait de l’incident, Ford a du mal à trouver un volontaire pour le reprendre.

 

Et c’est avec ce nouveau propriétaire – Edwin Epps (Michael Fassbender) – que la situation va grandement empirer. Epps est terrible, et d’une grande cruauté, attisé par un conflit avec sa femme qui ne supporte pas que son mari couche avec la jeune esclave Patsey (Lupita Nyong'o). C’est d’ailleurs ce conflit qui amènera Solomon à une extrémité inimaginable auparavant : c’st lui qui est sommé de fouetter la jeune femme pour la punir.

C’est un moment d’autant plus terrible qu’il se met, malgré lui, du côté des bourreaux. Sa réaction à cet abaissement en est d’autant plus terrible : il va détruire son violon, le seul lien qu’il lui restait avec sa vie libre, et sur lequel il avait gravé les noms de sa femme et ses enfants. Cette destruction est d’une certaine façon le prix à payer pour pouvoir un jour s’en remettre (1).

 

C’est en plus une belle histoire vraie que nous propose McQueen, en prenant le temps de montrer et de faire ressentir ce qu’il se passe. A aucun moment il p&asse rapidement sur quelque chose. Parce que tout a son importance, et tout nous ramène au récit de Solomon dont est tiré le film. Et à moins de manquer cruellement d’empathie, on ne peut rester insensible au sort de ces pauvres esclaves qui avaient le seul tort d’être noirs.

Et il est servi par une interprétation toujours juste, que ce soit du côté des gentils que du côté des méchants. Bien sûr, Michael Fassbender est lui aussi magistral dans le rôle de cet homme qui n’a plus d'humain que l’apparence, niant une quelconque humanité dans ce qu’il considère comme du bétail. Et l’intervention du charpentier Bass (Brad Pitt avec une belle barbe) est on ne peut plus révélatrice de cette mentalité esclavagiste qui était largement répandue dans le Sud américain. Mais pas seulement puisqu’aujourd’hui encore des pays pratiquent la traite des esclaves.

Bien sûr, devant une telle attitude, on comprend pourquoi la Guerre de Sécession (2) a eu lieu : avec le best-seller d’Harriet Beecher Stowe (La Case de l’Oncle Tom) les Nordistes purent se rendre véritablement compte des effets on ne peut plus néfastes de l’esclavage. Et la première séquence qui nous présente les Northup dans Saratoga est claire : Solomon est respecté et même apprécié par ses concitoyens. C’est un homme qui avait une vraie vie et non un éternel supplice qui recommençait chaque jour.

 

Et l’une des scènes les plus terribles du film – à mon avis – n’est pas celle des différents fouettages (sauf le dernier, voir plus haut) mais le moment où Solomon est sauvé par Chapin (J.D. Evermore) de la pendaison mais pas pour autant délivré : il reste un long moment sur la pointe des pieds, à sans cesse chercher la meilleure position pour  pouvoir respirer et donc survivre. Cette séquence est d’autant plus terrible qu’on y voit les autres esclaves vaquer à leur quotidien sans même adresser un regard à Solomon. Même Chapin, qui l’a pourtant sauvé ne fera rien pour le détacher et soulager sa situation. Seule une jeune esclave viendra lui offrir de l’eau, avant l’arrivée de Ford qui le libèrera.

 

Cette séquence est aussi très représentative de la façon de filmer de McQueen. Il prend son temps à bon escient, ne laissant aucun détail au hasard, cette longueur des plans s’accordant parfaitement avec la souffrance des esclaves : le temps n’est pas perçu par tous de la même façon, mais surtout, la situation distend cette notion. En effet, une situation pénible nous fait trouver le temps long, alors qu’un moment heureux a tendance à le raccourcir. Mais ici, chaque situation est pénible pour Solomon et les autres.

Et jusqu’au dernier gros plan de Solomon (au moment de retrouver sa liberté), ce rythme pertinent est maintenu : c’est à ce moment qu’on prend conscience du temps qui a passé : ses traits sont marqués, mais surtout ses cheveux ont blanchi aux tempes.

 

Libre certes il l’est, mais avec le sentiment d’avoir perdu une grande partie de sa vie, comme le montrent les retrouvailles finales.

 

 

PS : Le titre du roman dont est tiré ce film s’intitule 12 Ans d’esclavage.

Il semble que les traducteurs qui sont si prompts à nous proposer des titres fantasques ne soient pas capables d’une traduction aussi littérale. Mais ceci est une autre histoire.

 

PPS : Chiwetel Ejiofor retrouvera Benedict Cumberbatch trois ans plus tard (et je pense pour quelques années encore) dans Doctor Strange.

 

  1. Toujours cette même Rédemption.
  2. Pour ma part, je préfère parler de « Guerre Civile »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Raoul Walsh
The lucky Lady (Raoul Walsh, 1926)

Cette femme chanceuse ne l’est pas tant que cela. En effet, la princesse Antoinette (Greta Nissen) élevée chez les sœurs, est rappelée dans son petit état, le San Guido. Le San Guido a pour source de revenus quasiment exclusive le casino et ses joueurs (1).
Elle doit revenir parce que la révolte gronde et la république menace de s’installer. Les conseillers de la monarchie – qui sont aussi propriétaires du casino – ont décidé de marier la princesse au grand-duc Ferranzo (Lionel Barrymore), joueur malchanceux s’il en est (1,5 million de dettes), et surtout grand amateur de femmes plus ou moins légères.

Bien sûr, elle n’en a pas envie, surtout qu’elle a fait la connaissance d’un Américain de passage dans sa principauté : le beau Clarke (William Collier Jr.), qui a révisé ses jugements quant à la beauté des femmes en apercevant la belle princesse.

 

 On aura tout de suite reconnu Monaco derrière cette principauté au casino tant couru, et dont les gardiens ne sont pas sans rappeler les militaire de la véritable enclave princière. De plus, la monnaie est le franc. Quatre ans après Foolish Wives, nous retournons donc là-bas, mais pour une histoire beaucoup plus légère.

 

On sent que Raoul Walsh s’est amusé en tournant cette histoire mélodramatique mais surtout comique. Rien n’est bien sérieux dans cette histoire, et c’est d’ailleurs un plaisir de revoir Lionel Barrymore faire rire, ce qui n’était pas très souvent le cas.

Et chose étonnante, le « méchant » de l’histoire (2) qui n’est autre que Marc McDermott ne meurt pas avant la fin. Ni d’ailleurs dans le reste du le film.

 

On retrouve chez la princesse une véritable héroïne de Walsh de par ses attitudes et sa mentalité.

Elle a beau sortir du couvent, on n’y croit pas une seconde : déjà, elle y est une pensionnaire dissipée, mais surtout, sa prestation en L’il’ Toni nous fait croire qu’elle n’a absolument rien appris de son passage au couvent. En effet, pour dénoncer le contrat de mariage qu’elle a dû signer avec Ferranzo, elle crée cette femme sulfureuse pour séduire le grand-duc et ainsi se libérer de ce pesant engagement.

 

Toni n’a absolument rien d’une princesse, mais plutôt une femme moderne telle qu’on en trouve aux Etats-Unis à la même époque. Elle n’a peur de rien et surtout pas de ce vieux coureur, et joue avec adresse ce rôle de femme fatale. Et là encore, on sent que tout le monde s’amuse sur ce film.

Et tout comme Antoinette, Clarke est lui aussi un pur héros walshien. Il est courageux et prêt à tout pour atteindre son but, même s’il semble absolument inaccessible : vous imaginez, une princesse avec un acteur…

 

Une princesse avec un acteur peut-être pas, mais un prince avec une princesse…

C’est arrivé trente ans après la sortie du film, presque jour pour jour.

 

Alors finalement, cette histoire n’est pas si absurde que ça. !

 

  1. J’aurai pu ajouter « malchanceux », mais dans un tel lieu ça tend vers le pléonasme.
  2. Ce n’est pas un criminel ni un salaud de quelque espèce, mais tout bonnement un homme d’affaires.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #James Young, #F. Richard Jones, #Mabel Normand
Mickey (F. Richard Jones & James Young, 1918)

Depuis la mort de son père, Mickey (Mabel Normand) vit avec le !meilleur ami et associé de celui-ci, Joe Meadows (George Nichols) et sa femme de ménage Minnie Ha-Ha (Minnie Devereaux/Provost), une Indienne plus que plantureuse.

Alors que Joe exploite une mine qui n’a rien donné en 20 ans, Mickey a une certaine tendance à le faire tourner en bourrique. C’est pourquoi il décide de l’envoyer chez sa tante, Mrs Drake (Laura La Varnie), qui est heureuse d’avoir dans sa famille une jeune fille intéressée dans une mine d’or.

Mais dès qu’elle apprend que la mine ne donne rien, Mickey est cantonnée à des tâche subalternes qui relèvent rarement d’une fille de bonne famille.

 

Mabel Normand était une grande star à l’époque de la sortie du film, et pourtant ce film a mis longtemps à sortir, puisqu’il fut commencé deux ans plus tôt, les télégrammes de l’intrigue étant datés, eux, de 1917.

C’est un vrai plaisir de pouvoir admirer cette grande actrice dans un long métrage, la majorité de ses films qui nous sont parvenus sont des courts, où elle côtoie d’autres grands noms de la comédie : Charles Chaplin et Roscoe Arbuckle pour ne citer qu’eux.

Bien sûr, c’est un film sur mesure pour elle dans lequel elle donne toute l’immensité de son talent, jouant tour à tour les jeunes filles espiègles, ainsi que l’amoureuse, sans oublier une propension à l’aventure et aux exploits sportifs comme dans la course hippique.

Bref, Mabel était une actrice totale, et on ne peut que regretter sa disparition brutale et un peu injuste (1).

 

Produit par Mack Sennett, ce film contient certains éléments qui rappellent ce géant du cinéma : la poursuite du train par la voiture, avec les croisements des deux véhicules ; ou encore la baigneuse nue (Mabel ?) que regarde Herbert Thornhill (Wheeler Oakman) avec la lunette de géomètre…

Mais si l’humour n’atteint pas la finesse de la décennie suivante, on rit tout de même surtout qu’on retrouve le même genre d’humour pratiqué par les autres grands, essentiellement basé sur les situations. Et tout de même en évitant le recours systématique aux tartes à la crème et autres coups de pied dans le derrière. (3) Et la séquence où Mabel fait le ménage est l’un des moments les plus drôles du film.

 

Mabel est (très) amusante et on ne peut rester insensible à cette jeune femme/fille : le rôle de Mickey n’est pas sans rappeler ceux de Mary Pickford à la même époque, une femme-enfant espiègle mais pas non plus naïve. Sa taille et ses attitudes lui permettent à elle aussi de passer aisément de la (très) jeune fille qui joue des tours à la jeune femme effarouchée par l’amour et qui s’y abandonne avec excitation.

 

Bien sûr, on trouve des méchants, mais dans une moindre mesure : si la tante et la nièce ne sont pas des plus subtiles mais plutôt hypocrites – l’argent transforme les gens, bien sûr, mais dans le cas de ces deux femmes, la transformation avait déjà eu lieu – et c’est dans le cousin Reggie (Lew Cody qui épousera Mabel en 1926) qu’on trouve le personnage le moins recommandable. Reggie, fêtard impénitent, n’est pas insensible aux charmes de Mickey, ainsi que de sa mine qui donne enfin. Mais surtout, c’est un véritable escroc, comme on peut le voir dans la séquence hippique.

Afin de déjouer les noirs desseins de ce triste personnage, nous aurons droit à une bagarre terrible entre lui et le beau et noble Thornhill, amenant un sauvetage de dernière minute comme on en connaissait beaucoup à l’époque.

 

On s’amuse alors, tout comme Mabel qui s’en donne à cœur joie pour notre plus grand plaisir.

On retrouve aussi des éléments de Cendrillon : Mabel devenue bonne à tout faire s’invite à un bal au grand dam de sa tante et sa pimbêche de fille (Minta Durfee), qui lui reprendront ses beaux atours et la renverront vers l’Ouest et sa mine improductive.

Bref, c’est un film qui a tous les ingrédients pour être un grand succès, ce qui fut le cas : pour 300.000 dollars (2) de budget, il en récolta 8 millions.

 

 

  1. Impliquée dans l’affaire du meurtre de William Desmond Taylor (1922), elle sera blacklistée à Hollywood, tout comme son ancien partenaire Roscoe Arbuckle.
  2. Nombre utilisé dans la promotion.
  3. Je vous laisse découvrir qui de prend le seul coup de pied au cul.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Louis Chaudet, #Drame
Defying Destiny (Louis Chaudet, 1923)

Jack Fenton (Monte Blue) et Beth Alden (Irene Rich) sont des amis d’enfance.

Un jour que Beth doit passer la nuit chez les Fenton, un incendie se déclare.

Les parents de Jack y meurent et Jack a le visage défiguré en voulant sauver Beth des flammes.

Dix ans plus tard, Jack s’élève progressivement dans la banque de Mr Alden (James Gordon), et Beth et lui commencent à se dire qu’ils passeraient bien le reste de leur vie ensemble.

Mais par deux fois le livre de comptes de Jack présente des anomalies : 3000 dollars ont disparu.

Jack est alors arrêté et jugé.

Innocenté, il doit tout de même faire face à une opinion publique qui le croit malgré tout coupable.

 

Sorti en 1923, le film de Louis Chaudet n’est pas aussi anodin qu’on pourrait le croire. En effet, à cette même période, le scandale Arbuckle est encore très frais dans les mémoires. Tout comme Jack Fenton, Arbuckle a été accusé à tort et sa réputation a été irrémédiablement entachée, surtout à cause d’une opinion publique hostile menée tambour battant par la presse et surtout W.R. Hearst.
Ce film n’est pas le seul à exploiter les ravages de cette opinion publique où les bonnes gens se donnent une conscience irréprochable tout en traînant dans la boue n’importe qui sans beaucoup chercher la vérité.

 

Malheureusement, il est sorti trois jours après un autre film qui l’a éclipsé (1) ayant pour thème l’opinion publique : A Woman of Paris de Charles Chaplin. Bien sûr, le film de Chaudet n’a pas la qualité esthétique de celui de Chaplin, mais la façon d’y traiter ce sujet d’actualité est beaucoup plus proche de l’affaire Arbuckle et a dû enflammer certaines discussions.

Et de ce point de vue, on voit bien que près de cent ans après, les choses n’ont pas évolué : nous prenons très (trop) souvent pour argent comptant ce que nous entendons/voyons/lisons pour peu que cela corresponde à nos conceptions.

 

Pour le reste, c’est un mélo de facture assez classique, dont l’histoire, si elle est d’actualité est tout de même un tantinet invraisemblable.

Fenton est défiguré certes, mais sa guérison – une intervention de chirurgie esthétique – ne le rend tout de même pas aussi méconnaissable que l’entend le docteur Gregory (Tully Marshall dans un rôle positif pour une fois…) qui l’a opéré. Même la petite moustache (2) qu’il se laisse pousser ne le rend pas franchement inconnu.

De plus, le retour de Fenton dans la communauté qui l’avait si facilement condamnée va dans le même sens : comment à défaut de ne pas reconnaître ses traits, ne peut-on reconnaître sa voix ou son allure ? Jusqu’à Beth qui danse avec lui et donc le touche : il faudra un élément plus personnel voire intime pour qu’elle ouvre finalement les yeux.

 

SI ce n’était ce côté invraisemblable, on pourrait très certainement trouver une place à ce petit film pour sa façon de traiter d’une actualité brûlante sous la forme du mélodrame. Parce que malgré cela, à aucun moment les acteurs n’en rajoutent dans un quelconque pathos.

Le film est banal à première vue, mais malgré tout, il possède certaines qualités et surtout une actualité indémodable : il y aura toujours – malheureusement – des gens « bien pensants » qui médiront de leur(s) prochain(s).

 

A découvrir, donc.

 

 

  1. Et l’éclipse toujours, d’ailleurs.
  2. La moustache est prétexte à une petit trucage cinématographique (assez commun à l’époque) : on voit le nouveau visage de Fenton dans le reflet d’un miroir. Puis on voit une moustache apparaître sur ce visage impassible, illustrant son dessein au goût de vengeance.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Fincher, #Fantastique
L'étrange Histoire de Benjamin Button (The curious Case of Benjamin Button - David Fincher, 2008)

Benjamin Button (Brad Pitt) est un homme très curieux.

Après une naissance douloureuse qui emporta sa mère (Joeanna Sayler), il est abandonné par son père (Jason Flemyng), ne supportant pas un tel monstre : Benjamin est né vieux. Il a tous les symptômes de la vieillesse, même s’il vient de naître, et son espérance de vie n’est que de quelques jours.

Et puis le miracle se produit : non seulement Benjamin ne meurt pas, mais en même temps qu’il grandit, il rajeunit.

 

C’est un très beau film que nous propose là David Fincher. Cette histoire improbable d'un homme qui rajeunit en prenant de l’âge est superbement filmée.

Il faut dire que deux grands atouts interviennent : la distribution – prestigieuse – et le maquillage.
En effet, la première vision que l’on a de Daisy (Cate Blanchett) est une très vieille dame sur son lit d’hôpital : seuls son regard et sa voix nous indiquent que c’est bien elle qui git sur ce qui va être son lit de mort.

De même, le maquillage de Brad Pitt demandait cinq heures de préparation.
Bref, du grand art.

 

Et en plus de cela, la reconstitution est absolument bluffante – avec le numérique, tout est enfin possible – et filmée comme dans une histoire merveilleuse, ce qui est justement le cas. C’est presque un conte de fées qui commencerait par la fin. Et cette impression est renforcée par l’histoire d’amour atypique entre Benjamin et Daisy. Dès leur première rencontre, nous savons qu’ils se sont trouvés. Mais la différence apparente d’âge les fait sans cesse hésiter, les séparant pour mieux les rapprocher.

Et bien sûr, c’est quand ils semblent avoir le même âge qu’ils se retrouvent pour une histoire d’amour extraordinaire.

 

Mais surtout, c’est une histoire des possibles qui nous est contée, avec une subtilité et une sensibilité presque magiques (1) : le décalage entre l’apparence et l’âge de Benjamin amène des situations qu’on pourrait qualifier de comiques, mais à aucun moment on en rit. C’est tout juste si on en sourit, gagné par l’émotion plutôt que par l’humour.

Les différentes découvertes de Benjamin, et surtout sa rencontre avec le capitaine Mike (Jared Harris) qui sera à l’origine des plus spectaculaires et personnelles (mer, sexe, alcool) et feront de lui un être encore plus à part, mais tellement attachant.

Et cette chance que chacun a de se réaliser : Queenie (magnifique Taraji P. Henson) qui tombe enceinte ; Daisy qui devient danseuse étoile ; Elizabeth Abbott (Tilda Swinton, superbe  elle aussi, encore une fois) qui parvient au bout de son exploit… Sans oublier le lever du soleil sur le lac Ponchartrain.

 

Et puis il y a la narration. C’est là que le film prend toute sa saveur.

En effet, alors que Benjamin rajeunit, les autres et les lieux vieillissent, par petite touche : c’est doucement que nous le voyons évoluer vers cette amélioration progressive mais inéluctable : la marche, les cheveux et la vision (2) l’amènent progressivement dans la fleur de l’âge.

Et à deux moments, Fincher insère des épisodes qui ont tendance à aller dans le même sens que Benjamin : l’inauguration de l’horloge et l’accident de Daisy.

Alors que l’inauguration de l’horloge donne lieu à un retour en arrière où les morts se relèvent et surtout les fils ne partent pas, l’accident, lui, est traité de la même manière des possibles, et ce malgré l’issue tragique inéluctable. Encore une fois on assiste à un rembobinage de l’événement, montrant comment il aurait pu être évité.

Mais tout comme les soldats n’ont pas ressuscité, Daisy ne sera pas épargnée.

Mais comme cet accident lui apportera un autre bonheur, quelle importance.

 

Et jusqu’au bout, comme Daisy, nous suivons Benjamin jusqu’au bout, dans sa lente dégénérescence paradoxale : ses nouveaux symptômes ressemblent à la vieillesse mais correspondent plus à des phases normales d’un « anti-développement ». Et il retourne finalement dans le néant, inéluctablement.

Et cette fin nous ramène à l’une des questions existentielles de l’humanité : est-il plus difficile de mourir ou de naître ?

Ce retour vers le néant illustre parfaitement que nous en sommes issus et que nous y retournerons.

 

Mais là, nous sortons de notre sphère cinématographique…

 

 

PS : petit détail. Quand Benjamin va admirer Daisy qui danse, il lui a apporté des marguerites pour la féliciter. Et marguerite, en anglais, ça se dit « daisy »…

 

  1. On en revient au conte de fées.
  2. Les différentes paires de lunettes qui changent jusqu’à totalement disparaître.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Guy Hamilton, #James Bond
L'Homme au pistolet d'or (Guy Hamilton, 1974)

James est de retour.

Enfin, Roger Moore dans le rôle de James Bond est de retour. J’écris cela parce qu’on pourrait se demander s’il y croit lui-même : par deux fois il place la réplique culte dans le film : « My name is Bond. James Bond. »

Parce que pour le reste, pas de grande surprise.

On peut même être déçu par ce nouvel opus des aventures de l’espion le plus célèbre au monde.

 

Certes, nous avons notre lot de jolies filles, poursuites en voitures et autre scènes spectaculaires, mais on n’y croit que moyennement. Non pas que les aventures précédentes furent des modèles de réalisme, mais là, il manque quelque chose.

Et si c’était tout simplement d’humour ?

En effet, alors que l’intrigue présageait des moments de bravoure, on reste sur sa fin. Un peu comme si tout le monde se prenait au sérieux.

Même le marivaudage entre Bond et Moneypenny (Lois Maxwell) nous tire faiblement un sourire. Quant à Q (Desmond Llewelyn), sa présence est terne, se faisant (presque) sans cesse reprendre par M (Bernard Lee) : « shut up, Q ! »

 

Bref, un tout petit James Bond que celui-ci. Cet homme au pistolet d’or – Francisco Scaramanga (Christopher Lee, impeccable comme d’habitude – ne présente pas vraiment de menace mondiale comme les autres psychopathes qui ont pu le précéder.

Son intérêt dans la découverte indispensable de l’épisode est bassement financier, ce qui ne colle pas vraiment avec le caractère d’un tel esthète du crime qui est payé 1.000.000 de dollars le contrat.

Et si sa base explose comme l’indique le cahier des charges, l’absence d’un personnel nombreux et surarmé ajoute à la déception. Parce qu’au bout du compte, on aime bien quand Bond sauve le monde, aidé ou non par la Navy, qu’elle soit anglaise ou américaine.

 

La présence d’Hervé Villechaize aurait pu donner un peu plus d’attrait à cette intrigue. Mais lui aussi manque de cet humour indispensable à ce genre de film. Et c’est bien dommage car il était amusant de voir celui qui allait interpréter l’inoubliable Tattoo dans L’Ile fantastique.

Et on aurait préféré un nain de la trempe d’Harry Earles (bien avant lui), ou encore de Peter Dinklage (bien après).

 

Et la présence du shérif J.W. Pepper (Clifton James) ne rattrape rien. Sa présence n’apporte rien à l’intrigue, et ce qui donnait un cachet plutôt authentique dans le film précédent n’a ici aucun intérêt : ses remarques désobligeantes à l’encontre des autochtones n’étant pas du meilleur effet.

 

Bref, si Les filles sont jolies et Christopher Lee un méchant tout à fait acceptable, on s’ennuie tout de même dans ce neuvième opus de l’homme du MI6.

 

Mais James Bond reviendra dans The Spy who loved me

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #René Clair
C'est arrivé demain (It happened tomorrow - René Clair, 1944)

50 ans.
Cela fait 50 ans que Larry Stevens (Dick Powell) est marié à Sylvia Smith (Linda Darnell).

A cette occasion, la famille (entière) s’est réunie.

Mais au dernier moment, Sylvia et Larry se disputent : il veut raconter leur rencontre à ses descendants.

Elle n’est pas bien chaude pour cette révélation. Il faut dire que les circonstances relèvent de l’incroyable, voire du miracle : Larry, quand il était jeune reporter, a reçu pendant quelques jours le journal du lendemain, annonçant à l’avance les temps forts de la journée, lui permettant d’être à chaque fois au bon endroit, et au bon moment.

Mais est-ce un bienfait ?

 

Pendant son exil américain, René Clair a continué à tourner, Hollywood étant bien heureuse de le compter parmi ses réalisateurs étrangers qui y ont travaillé à un moment ou à un autre.

Et bien sûr, René Clair y a réalisé ce qu’il sait faire le mieux : les comédies.

A la comédie s’ajoute un élément fantastique bienvenu : connaître le lendemain.

A cela se joint un numéro de music-hall de divination entre le grand Cigolini (Jack Oakie, qui n’est pas bien grand) et sa nièce Sylvia.

Bien sûr, ce numéro n’a rien de novateur, la transe de la jeune femme est feinte.

Ce qui l’est moins, c’est l’intervention du vieux Pop Benson (John Philliber), le pourvoyeur de l’information future.

 

D’une certaine façon, Pop Benson est le personnage le plus important : il est l’instrument du destin qui va fortement influencer ces quelques jours de la vie de Larry et de ceux qui l’entourent. De plus, il annonce le personnage de Clarence dans La Vie est belle.

En effet, tout comme l’ange gardien de George Bailey, Pop Benson permet à Larry d’avoir accès à un élément surnaturel exclusif : à chaque fois que Pop Benson apparaît, Larry est seul, que ce soit à la rédaction ou au commissariat de police.

Tout comme George Bailey, personne ne peut comprendre ce qu’il lui arrive.

Et Larry a beau savoir l’avenir et tout faire pour le changer, les faits annoncés se déroulent, inéluctablement. Implacablement. Même sa mort.

 

 

C’est aussi là que se construit une part du comique du film : entre les policiers qui le soupçonnent rapidement de complicité de crime – pourquoi serait-il toujours au cœur de l’information s’il n’était pas complice ? – et l’oncle de Sylvia qui a la fibre familiale un tantinet exacerbée et voit d’un très mauvais œil ce jeune homme qui veut épouser sa nièce, Larry n’est pas à la noce (c’est le cas de le dire).

 

Quoi qu’il en soit, on retrouve dans cette histoire fantastique les ressorts de la comédie de René Clair : une situation qui devient de plus en plus inextricable, où les quiproquos s’enchaînent jusqu’à un paroxysme qui, de toute façon, précède une résolution heureuse (1), sans oublier les différents personnages eux-mêmes comiques, l’oncle de Sylvia en étant l’archétype.

 

Bref, on s’amuse beaucoup dans cette histoire qui n’est que trop humaine et renvoie les spectateurs vers un rêve universel : de quoi sera fait demain ?

Et si la comédie fonctionne, c’est aussi parce qu’on a tous fait ce rêve. A un moment ou à un autre.

 

Et pourtant, la morale de cette histoire est énoncée par Pop dès le début : sera-t-on plus heureux si on connaît notre futur ?

Réponse dans le film.

 

(1) Une comédie se termine toujours bien.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Walter Hill, #Policier
Double Détente (Red Heat - Walter Hill, 1988)

La « détente » c(‘est ce que Willy Brandt appelait de ses vœux à la fin des années 1960, et qui correspondait à un apaisement des relations entre l’Est et l’Ouest.

Près de vingt ans après, Walter Hill joue de ce vocable pour nous proposer un film po ;licier un tantinet à part de la production habituelle.

Si le titre original ne laisse aucun doute – Red Heat, « fièvre rouge » serait plutôt adéquat – on ne peut s’empêcher de donner raison à la traduction française : Danko (Arnold Schwarzenegger) et Ridzik (James Belushi) font une paire plutôt hors du commun dans ce genre de film, et leur collaboration (forcée) est un exemple de ce qu’aurait pu être le monde pendant les quarante dernières années qui ont précédé le film (1).

 

Donc Danko débarque à Chicago pour récupérer un ressortissant de son pays plutôt retors.

ON commence donc le film avec la rigueur communiste – soviétique, devrais-je dire – mais au fur et à mesure que le film avance, la situation se décrispe (merci à Willy) et nous offre un divertissement fort agréable (2), où notre ami Schwarzy, tout de rigueur soviétique, nous réjouit autant que James Belushi.

A propos de Belushi, on ne peut voir le film sans penser à son frère aîné John : The Blues Brothers se déroule aussi à Chicago…

 

Pour le reste, rien de bien neuf : le film, malgré sa teinte russe n’est pas bien différent des autres productions de l’époque. Tout l’intérêt se focalise dans cet échange forcé. Schwarzy, du fait de ses origines est un étranger (« alien », disent-ils là-bas) fort acceptable et sous des dehors de fraternisation, on retrouve tout de même quelques piques idéologiques somme toute assez anodines : le film ayant été tourné en partie à Moscou, on n’imagine pas une critique primaire comme on pouvait en connaître même dix ans plus tôt (3).

 

Alors on s’amuse devant ces deux aspects d’un même métier, la procédure n’étant pas toujours la même : les Miranda Rights (4) amenant un petit plus du point de vue des procédures, mais surtout un élément comique appréciable.

Bref, on s’amuse et c’est là le plus important.

 

 

  1. 1948 : blocus de Berlin.
  2. La première chose qu’on attend du cinéma : se divertir.
  3. Au milieu des années 1980, un téléfilm américain racontait ce que serait la vie si l’URSS avait envahi le pays…
  4. Droits des prévenus à qui on récite toutes les possibilités de défense au moment d’une arrestation, etc.

 

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