« Tinker, Tailor,
Soldier, Sailor,
Rich Man, Poor Man,
Beggar Man, Thief. »
C’est une comptine anglaise qui a inspiré le titre original, le marin (« sailor ») est alors remplacé par l’espion (« spy »). Parce que c’est une histoire d’espions.
Mais pas des espions comme James Bond ou encore Austin Powers, ni même OSS 117… Non, pas OSS 117. Ni Austin Powers.
Nous sommes dans une histoire de barbouzes, d’hommes de l’ombre dont on ne parle jamais parce que c’est bien connu : ils n’existent pas.
Le MI6 a des ennuis : une taupe (titre français) est installée à un très haut niveau et travaille pour Moscou.
Parce que nous sommes en 1973, en plein cœur de la Détente, qui si elle a réchauffé un tantinet les relations Est-Ouest, n’en demeure pas moins une phase de la Guerre Froide.
Alors pas de grand spectacle, pas d’humour britannique ni encore de jolies femmes amoureuses d’agents secrets « smart ».
Ce ne sont que suspicion, délation, identification et nombre d’autres termes en « -tion », dont l’inévitable « exécution ». Parce que des exécutions, il y en a deux. Ce sont les moments les plus spectaculaires du film, encore que la seconde est plus attendue, alors que la première nous prend complètement au dépourvu.
Mais d’une certaine façon, seule la mort est spectaculaire, qu’elle soit montrée en temps réelle ou seulement découvertes ultérieurement.
Bienvenue au Cirque (« The Circus »), la « Piscine » (1) anglaise, où de récentes informations confirment qu’une planche pourrie renseigne Moscou, malgré les soupçons de son chef, Control (John Hurt) qu’on retrouve mort dans un hôpital.
George Smiley (Gary Oldman) va reprendre tout au départ et rencontrer les différents protagonistes impliqués dan cette fuite et remonter tout en haut vers le coupable.
Mais c’est long, fastidieux et surtout risqué : à partir du moment où quelqu’un de son entourage n’est pas sûr et qu’on ne s’est qui c’est, il est difficile de se confier. Alors on fait comme George, on écoute et on essaie de démêler l’écheveau on ne peut plus noué qui se présente à lui, d’autant plus qu’il ne peut pas tout prendre comme argent comptant.
En face de lui, quatre suspects : Percy « Tinker » Alleline (Toby Jones), Bill « Tailor » Haydon (Colin « Galahad » Firth), Roy « Soldier » Bland (Ciarán « Caesar » Hinds) et Toby « Poor Man » Esterhase (David Dencik).
George Smiley héritant alors le rôle du « Beggar Man » (le mendiant), à la pêche à l’information.
Le rythme est donc lent et les pièces du puzzle très mélangées et quand la vérité se fait jour, il n’y a plus de place pour l’hésitation : chacun a son rôle à jouer et ira jusqu’au bout.
Mais le rythme lent est ponctué de coups d’éclat : les différentes morts qui émaillent l’histoire dont surtout celle d’une femme qui est exécutée subitement.
C’est un choc autant pour le personnage témoin de cette mort que pour le spectateur tellement cette exécution semble sortie de nulle part, ce qui n’est bien sûr pas le cas : les gestes des différents acteurs et actrices sont pertinents et appartiennent à une stratégie qui ne prend tout son sens qu’une fois l’intrigue résolue.
PS : on retrouvera Colin Firth et Mark « Merlin » Strong (Jim Prideaux), dont les personnages qu’ils interprètent ici sont très liés, dans une autre histoire d’espionnage : Kingsman I et II.
(1) Nom donné au siège des services secrets français.
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