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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Anthony Russo, #Joe Russo, #Marvel
Captain America: Civil War (Anthony & Joe Russo, 2016)

Et on repart dans la série Captain America.

On retrouve son ami/ennemi Bucky Barnes (Sebastian Stan), ainsi qu’une grande partie des Avengers : Hulk (Mark Ruffalo) et Thor (Chris Hemsworth) s’étant absentés, ils seront de retour dans Infinity War, avec quelques autres.

Cette guerre civil dont parle le titre n’en est pas à proprement parler une : il s’agit essentiellement d’une forme de sécession qui s’opère entre Iron Man (Robert Downey Jr.) et ses copains d’un côté, et Captain America (Chris Evans) et les siens de l’autre.

C’est aussi l’occasion de découvrir un nouveau personnage : Spider Man (Tom Holland), un jeune super-héros un tantinet bavard (pas autant que Dead Pool tout de même).

 

Si les termes « Civil War » font référence à ce que nous francophones appelons la Guerre de Sécession (1861-1865), dans le cas qui nous concerne, cette traduction n’est pas déplacée. En effet, Captain America est le chef de files des Avengers qui refusent une « (inter)nationalisation » de ces mêmes Avengers.

En effet, suite aux précédents épisodes, les nations en ont assez de voir la liste des victimes collatérales s’allonger : sauver la terre, oui, mais pas à n’importe quel prix.

La séquence de Lagos étant la goutte d’eau qui fait déborder le vase : on a éliminé un méchant, mais de (très) nombreuses victimes absolument étrangères à ces enjeux sont çà déplorer.

 

Pour le reste, la recette est la même : le cahier des charges est rempli. Avec une grande différence tout de même : cet épisode contient une noirceur tangible voire palpable.

Il faut dire que le méchant estampillé – celui qui est à l’origine de cette noirceur n’est pas un super-héros engagé du côté obscure.

En effet, Zemo (Daniel Brühl) est un homme ordinaire, doté tout de même d’une intelligence supérieure qui lui permet d’arriver (presque) à son but : opposer Iron Man et Captain America. Presque parce que si la confrontation a lieu, elle n’arrive pas à la disparition de l’un ou/et l’autre.

 

Mais le mal est tout de même fait : les deux géants sont fâchés et il va falloir du temps pour les rabibocher.

C’est pourquoi avec cet épisode, les studios Marvel se donne une ouverture pour laisser le temps passer. La fin – la vraie, celle qui suit tous les génériques et qui fait partie du cahier des charges (voir plus haut) annonce que c’est Spider-Man qui reviendra et non les Avengers ou même Captain America : ce sera Spider-Man – Home Coming.

Mais l’autre ouverture concerne l’arrivée de T’Challa/Black Panther (Chadwick Boseman) : il est le fils du roi du Wakanda (pays imaginaire, bien sûr) qui a été tué dans un attentat perpétré par le méchant Zema.

C’est encore une fois une séquence additionnelle – pendant le générique de fin – qui nous fait deviner qu’il aura bientôt son film : le dernier plan de cette séquence représente une immense panthère noire…

 

Cet épisode est riche en péripéties et informations. Certes, mais on en arrive tout de même à un trop plain qui a tendance à un moment à étourdir. Il est difficile de suivre cet épisode sans avoir vu les précédents. En effet, de très nombreuses références antérieures viennent parasiter la bonne compréhension de l’intrigue.

On avale toutes ces données certes, mais on frise tout de même l’indigestion.

 

Mais heureusement, on retrouve Stan Lee, fidèle au poste, cette fois-ci dans le rôle – amusant – d’un livreur d’une grosse firme de livraison.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Phyllida Lloyd, #Biopic
La Dame de fer (The iron Lady - Phyllida Lloyd, 2011)

Décidément, Meryl Streep est vraiment une actrice extraordinaire.

En deux heures moins le quart, elle réussit – et c’est un exploit ! – à presque nous faire aimer Margaret Thatcher.

 

C’est d’abord une vieille dame que nous voyons, à l’épicerie du coin de la rue tenue par une Pakistanaise ou une Indienne. Elle achète du lait et s’étonne du prix.

Rentrée chez elle, cette vieille dame redevient celle qu’elle a toujours été : la femme du XXème siècle, sinon s le monde entier, au moins en Europe.

Mais à quel prix…

 

Je ne vais pas révéler ce prix, il suffit de consulter une encyclopédie ou quelque documentaire télévisé qui le fera mieux que moi.

Non, ce qui m’intéresse, c’est comment Phyllida Lloyd réussit le tour de force de montrer une femme tellement forte qu’on la surnomma « de fer » mais qui reste pendant tout le film une femme.

L’ascension de la jeune Margaret Roberts (Alexandra Roach), sa rencontre avec Denis Thatcher (Harry « Viserys » Lloyd) qui la soutiendra jusqu’au bout et même après.

Bref, c’est une vie qui passe, rappelée à sa protagoniste au hasard des objets, des mots, des situations.

 

Ce n’est pas une critique ou une hagiographie de la femme, mais bel et bien un film qui joue sur l’émotion comme sur l’indignation ou le comique de chaque situation, et cela ne doit en aucun cas être une quelconque apologie. De plus, la mort de MT n’étant intervenue que 2 ans après la sortie du film, il était difficile d’en faire un éloge funèbre.

C’est juste l’histoire d’une femme en inadéquation avec son temps : son élection à Dartford est la première marche qui l’amènera au 10, Downing Street et où chaque événement de sa vie trouve une répercussion dans sa conception de la politique.

 

Et si Meryl Streep est phénoménale dans ce rôle, c’est aussi par l’optique prise par la réalisatrice : MT était unique et l’a toujours revendiquée.

Son arrivée au Parlement est tout à fait caractéristique. En effet, tous les hommes, habillés de sombre, la regarde passer à contrecourant parmi eux, affichant doublement sa différence : elle est femme et habillée de couleur (bleu je suppose, mais je n’en suis pas certain, mon daltonisme m’empêchant de nommer avec précision cette couleur). En plus de cette apparence, deux plans triviaux mais essentiels concernant les commodités s’insèrent brièvement dans la narration : le lieu des hommes ne fait aucun doute sur sa destination première ; celui des femmes nous montre une table et un fer, à repasser tous les deux…

 

Mais ce qui donne à Maggie sa dimension humaine – son action politique ne nous aidait p&as toujours à la cerner – c’est son rapport avec Denis, cet homme qui accepta de jouer les doublures, assumant le rôle qui était d’habitude laissé à la femme. Mais ce Denis est tout aussi incontrôlable en privé que sa femme l’est en public. C’est un homme fantaisiste – dans le bon sens du terme – qui sait lui amener un sourire (n’en demandons pas plus, c’est Thatcher, tout de même), et la ramener un petit peu sur terre. Et avoir choisi Jim Broadbent et son visage d’illuminé fut un très bon choix.

C’est le dernier qui l’abandonnera dans sa croisade ultime autour de la Poll Tax dont on peut voir les effets des manifestations hostiles à son application (1).

 

Ce combat est le combat de trop : pour les Anglais qui refusent un impôt injuste ; et pour le gouvernement qui se sent exclu du pouvoir par cette femme qui a oublié – malgré son intime conviction – qu’elle devait écouter ce peuple qui l’avait élu.

Sa fin inéluctable se solde sur un échec, amenant une démission qui lui évite l’humiliation d’une défait électorale.

 

Le reste, c’est une vie (presque) normale pour une femme totalement atypique, sombrant peu à peu dans une folie, mais pourrait-il en être autrement, pour une telle femme ?

 

 

(1) J’ai assisté personnellement à une de ces manifestations où la « CRS » (Compagnie Royale de Sécurité) a chargé la foule : il est terrible de voir ces gens matraqués pour avoir exprimé leur mécontentement, surtout d’une façon aussi violente et sadique. Ce jour-là, le flegme britannique en a pris un sacré coup, en ce qui me concerne.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Anthony Russo, #Joe Russo, #Marvel, #Robert Redford
Captain America : Le Soldat de l'hiver (Captain America: The winter Soldier - Anthony & Joe Russo, 2014)

Il revient (encore), et cette fois-ci, c’est pour combattre son vieil ami : James Buchanan « Bucky » Barnes (Sebastian Stan) aussi connu sous le nom de Soldat de l’Hiver.

On avait laissé ce dernier lors d’une chute mémorable vers un gouffre infini, un peu comme on en trouve dans Beep-Beep et le Coyote.

Mais c’est bien lui, et cette fois-ci, il ne marche plus pour l’Oncle Sam, mais pour Hydra.

Qui est ce « Il » qui revient ? Mais c’est Captain America (Chris Evans), bien sûr.

 

Avec Bucky, c’est le premier épisode qui se rappelle à nous – ainsi qu’à Steve Rogers – plus de 70 ans plus tôt.

Entre temps, Rogers a vécu d’autres aventures dont nous reparlerons plus tard.

Cette fois-ci, c’est S.HI.E.L.D. (1) qui est au centre de l’intrigue, et d’une certaine façon le futur des Avengers.

 

On retrouve donc Nick Fury en très mauvaise posture et l’organisation citée plus haut dans une véritable machination, orchestrée par un nouveau visage (2), ami de ce même Nick : Alexander Pierce (Robert Redford).

Qui dit Hydra, dit retour du Dr. Zola (Toby Jones), et pour l’anecdote Johann « Red Skull » Schmidt (Hugo Weaving).

 

Aux côtés de notre Captain, on retrouve la Natasha « Black Widow » Romanoff (Scarlett Johansson) et un nouveau venu bien utile en cas de pépin : Sam « Falcon » Wilson (Anthony Mackie) et sa paire d’ailes.

Face à lui, c’est toute une partie de SHIELD qui se rebelle et va rejoindre Hydra, dont le gros méchant Brock Murlow (Frank Grillo).

 

Pour le reste, c’est encore du très grand spectacle mais il manque cruellement l’humour de Joe Johnston qui donnait un ton plus plaisant à la série (il semble que Spielberg ait un peu déteint sur lui).

Alors c’est efficace, mais ça manque tout de même d’humour.

D’un autre côté, l’intrigue est plutôt sombre : il s’agit de flinguer 20.000.000 (3) de personnes pour sauver les autres milliards d’individus, avec en prime un héritage conséquent de Hydra : le retour à la paix et l’ordre.

Comme souvent, dès qu’il y a quelque chose qui met en péril la Liberté, ce sont les nazis qui s’y collent (voir OSS 117 : Le Caire, Nid d’espions).

 

Alors on suit cette histoire spectaculaire mais un cran au-dessous du premier opus, et jusqu’au bout pour ne pas rater les deux séquences additionnelles, en se demandant bien où s’est caché Stan Lee, le véritable « Charlie » de la série.

Je l’ai trouvé, fidèle au poste (4)…

 

  1. Strategic Homeland Intervention Enforcement Logistics Division, vous chercherez la traduction, les initiales signifiant « bouclier ».
  2. Dans le sens qu’on ne l’a pas encore vu dans la série, pour le reste, notre homme a quelques dizaines de films à son actif.
  3. C’est toujours plus impressionnant en chiffres !
  4. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous le dire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edgar Wright, #Science-Fiction, #Comédie
Dernier Pub avant la Fin du Monde (The World's End - Edgar Wright, 2013)

Trois couleurs : vert (comme les Martiens)

 

Malgré le titre, il n’est jamais question d’un quelconque 42, mais l’intrigue du film n’a rien à envier à Douglas Adams, le fabuleux auteur de The Hitchhiker's Guide to the Galaxy. (1)

Et pourtant le résultat final est le même : c’est encore une fois un festival d’humour déjanté.

 

Résumer l’intrigue est aussi difficile que de saisir exactement tout ce que Gary raconte en prélude au film, toujours est-il qu’il est question de faire la tournée des grands ducs dans leur ville natale : boire une pinte de bière dans chacun des douze pubs de la ville, une vingtaine d’années après avoir tenté cette exploit une vingtaine d’années plus tôt.

Mais le problème n’est pas de boire : le vrai problème est que la ville est dominée par des extraterrestres qui ont remplacé les humains.

 

Après un démarrage sur les chapeaux de roues d’où on ressort un tantinet étourdi, on assiste au plan élaboré par Gary pour cet exploit ô combien britannique : la tournée des grands ducs en une seule soirée.

Et si cet « exploit » rappelle Saturday Night and Sunday Morning (2), la dimension sociale n’est absolument pas l’enjeu du film, ce qui n’étonne personne quand on a vu les deux premiers films de la trilogie.

Alors attachez vos ceintures, ça va encore déménager.

 

Outre Nick Frost et Simon Pegg, on retrouve les inamovibles Martin Freeman et Bill Nighy, et d’autres acteurs du film précédent : Paddy Considine (Steven Prince) Rafe Spall (cameo) et David « Frey » Bradley (Basil). Et dans la série « l’ex-James Bond », après Timothy Dalton, c’est au tour de Pierce Brosnan de participer à ce joyeux délire, dans le rôle de l’ancien enseignant de nos joyeux (enfin pas tous) lurons.

Mais le ton est le même, et si la fin du monde est annoncée dans le titre, la traduction ne possède pas la subtilité de l’original : The World’s End.

La fin du monde, mais sans nous préciser qu’il s’agit d’un pub (le dernier de « l’exploit ») ou d’un événement inéluctable.

 

Bien entendu, c’est une immense beuverie qui nous est proposée mais rapidement interrompue (partiellement) par des visiteurs venus d’un autre monde dont le comportement nous rappelle Le Village des damnés, lui aussi se déroulant dans un obscure village anglais, avec contrôle de la population à la clé.

Mais à nouveau, le duo Pegg-Wright dynamite le concept pour notre plus grand plaisir.

 

Si le second film (Hot Fuzz) avait un tantinet perdu l'intensité du premier (Shaun of the Dead), ce troisième et dernier épisode est, à mon avis, le plus dingue, se terminant dans un chaos absolu, avec, chose très importante, un bout d’emballage de Cornetto, objet commun aux trois parties, donnant tout son sens à l’appellation de cette trilogie.

 

  1. H2G2 pour les initiés.
  2. Roman d’Alan Sillitoe (1958) et film de Karel Reisz (1960)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edgar Wright, #Policier, #Comédie
Hot Fuzz (Edgar Wright, 2007)

Trois couleurs : bleu (comme l’uniforme)

 

Nicholas Angle (Simon Pegg) est un superflic. Les rues de Londres sont là pour en témoigner.

Un peu trop d’ailleurs, puisqu’il est muté à Sanford, le village le plus beau d’Angleterre.

Nicholas n’a pas le choix : il rejoint ce village où le dernier crime remonte à plus de vingt ans.

Mais si la ville ne compte plus de crime, il est étonnant de voir que le nombre d’accidents funestes a, dans le même tempo, considérablement augmenté.

 

Après s’être attaqué – pour notre bonheur – aux films d’horreur, Simon Pegg et Edgar Wright reviennent pour nous donner leur version d’un film policier.

Leur héros est le superflic par excellence, la synthèse de tout ce qui se fait de mieux dans le genre : son patronyme seul indique sa fonction, il est l’ange gardien des lieux.

A ses côtés, on trouve Danny Butterman (Nick Frost) un « constable » à l’opposé de ce géant des forces de l’ordre.

Bien entendu – encore une fois – c’est ce couple improbable que nous allons suivre pendant le film.

Et bien sûr, l’arrivée de Nicholas va complètement remettre en cause la vie paisible de ce charmant village.

 

C’est à nouveau un déferlement de gags qui nous submerge, Pegg et Wright usant jusqu’au bout les différentes pistes qu’ils suivent. A nouveau, on retrouve Bill Nighy et Martin Freeman, et en prime nous avons droit à une guest star dont on ne voit que les yeux : Cate Blanchett.

Sans surprise, on y trouve un pub fréquenté par Nick et Danny, ainsi qu’un cornet de glace (1) qui nous ramènent au film précédent.

En à nouveau, nous nous trouvons devant des situations extrêmes, condition sine qua non d’une bonne parodie.

Et ça marche !

 

ON s’amuse à suivre ces péripéties, à la recherche d’un assassin qui rappelle celui de Scream, et des situations qui ne sont pas sans rappeler Point Break ou encore Bad Boys II.

Pas un seul instant on ne croit à cette histoire criminelle : il faut dire que les gags qui émaillent l’intrigue sont irrésistibles. Et d’une manière générale, à chaque fois que le sérieux commence à s’installer, un élément dérape et on replonge complètement dans la parodie.

 

J’ai parlé des Monty Python à propos du film précédent, et je dois encore le faire. Outre l’esprit britannique commun, on y trouve un gag qui nous rappelle le Monty Python’s Flying Circus : dans le « supermarché » (2), les policiers sont attaqués par des agresseurs armés de… Fruits frais !

Je vous renvoie donc au sketch mettant en scène John Cleese apprenant à ses élèves à se défendre d’un homme armé de framboises ou d’une banane (3)… Un classique pour les fans.

 

Bref, encore un film déjanté – en attendant le dernier volet de la trilogie six ans plus tard (4) – à l’humour anglais incontournable, un cran au-dessous peut-être du précédent (c’est souvent le cas des suites). On adhère ou non, mais il ne semble pas qu’il y ait une position intermédiaire : « love it or leave it ! »

 

  1. Je ne fais pas de pub, mais ça commence par « cor » et ça se finit par « netto ».
  2. En français dans le film.
  3. Mais pas de bâton pointu.
  4. Blood and ice cream Trilogy

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edgar Wright, #Comédie
Shaun of the Dead (Edgar Wright, 2004)

Trois couleurs : rouge (comme le sang)

 

Enorme !

C’est véritablement énorme !

Délirant.

C’est une tornade qui s’abat sur le cinéma anglais, un cataclysme qui n’est pas sans rappeler les Monty Python.

Nous baignons continuellement dans un humour très British, entre hommage et parodie, avec un duo d’enfer : Simon Pegg (Shaun) et Nick Frost (Ed).

 

Voici le premier d’une série de trois films (1) avec une base d’acteurs commune : Simon Pegg, Nick Frost, Bill Nighy, ou encore Martin Freeman. Le tout bien sûr mis en scène par Edgar Wright qui signe aussi le scénario avec Pegg.

Il s’agit à chaque fois d’une parodie cinématographique de films de genre.

Ce premier opus traite des films d’horreur, en particulier des zombies.

Le titre lui-même rappelle Dawn of the Dead (1978) de Romero.

 

Le personnage principal se prénomme Shaun, donc, et a pour ami un oisif invétéré nommé Ed qui est interprété par Nick Frost. Ces deux acteurs tiennent le haut de l’affiche (2), composant un duo caractéristique déjà éprouvé : un gros (Ed) et un mince (Shaun).

S’ajoute à cela une histoire d’amour – malheureuse d’une certaine façon, comme d’habitude – ainsi qu’une menace extérieure : ici des zombies.

Si Simon Pegg et Nick Frost sont irrésistibles, il ne faut pas négliger l’apport des autres protagonistes, amenant une extension aux pérégrinations de Shaun et Ed : Kate Ashfield en petite amie de Shaun et le couple Lucy Davis (Dianne) & Dylan Moran (Dave) illustrant une relation amoureuse on ne peut plus stéréotypée, sont magnifique eux aussi. Du côté des vrais adultes, c’est Bill Nighy et Penelope Wilton qui se positionnent en parents de Shaun, plus ou moins responsables, amenant aussi un gag récurrent sur la parentalité (3).


Etant prévenu par les bandes annonces du film, on s’attend à trouver de ces revenants à chaque coin de rue.

Mais ces derniers apparaissent progressivement jusqu’à submerger les derniers véritables vivants.

La séquence d’introduction donne tout de suite le ton : ce sont des gens, dont Shaun, qui se lèvent et s’en vont au travail, répétant les mêmes gestes quotidiennement : ce sont déjà des zombies, mais plus dans le sens de John Braine et son Room at the Top (1957). Shaun est le premier d’ailleurs à avancer « au radar » s’arrêtant chez son épicier pour acheter une boisson avant d’aller au boulot. Dans le bus qui l’emmène, on aperçoit des gens le regard vide, quand ils ne sont pas en train d’utiliser leur téléphone portable, le regard tout aussi vide.

 

Et puis au fur et à mesure de la journée, on aperçoit des individus qui avancent péniblement, le regard vitreux et le pas mal assuré, ressemblant en cela à Shaun et Ed quand ils sortent du pub (Winchester) : en clair, la menace n’est pas tout de suite identifiée.

Bien sur, une fois le deuxième jour commencé, c’est un véritable film de zombie qui commence, avec force effets sanglants et séquences violentes.

C’en est tellement énorme, qu’on n’est obligé d’en rire.

 

Il est clair que le vingt et unième siècle marque le retour au premier plan du cinéma anglais. Outre quelques magnifiques films de S-F, on trouve ici un ton de comédie qu’on avait peu vu sur les écrans depuis les Monty Python. Le duo Pegg-Frost fonctionne à merveille, chacun complémentaire de l’autre dans une histoire absolument farfelue et extrémiste.

Il est clair que Wright et Pegg, en écrivant le scénario ont bien intégré le fait que la recette du succès d’une parodie passe par une exagération constante et jusqu’au-boutiste.

Et de ce côté, on n’est pas déçu et encore moins surpris.

 

Du point de vue du film d’horreur, on retrouve un groupe de personne isolées, enfermées dans un lieu cerné par des morts-vivants, et le metteur en scène use aussi des ficelles habituelles, amenant par la musique ou le silence quelques moments de surprise : sinon, ce n’est plus un film d’horreur.
Et du point de vue de la parodie, on a une escalade de la violence et des effets horrifiques qui décrédibilise complètement l’effet gore et amène le rire.

A cela s’ajoute un continuum temporel élastique, certaines scènes paroxystiques (encerclement) étant suspendues le temps d’échanges verbaux tout aussi comiques.

 

Bref, c’est un véritable joyau d’humour britannique qui ne connaît que très peu de moments de répit. On retrouve en cela les pratiques des Monty Python qui enchaînaient en cascade des situations absurdes jusqu’à plus soif dans leurs émissions d’abord et dans leurs films après.

 

Alors accrochez-vous et en route vers de sacrées nouvelles aventures !

 

PS : sept ans après, Bill Nighy et Penelope Wilton seront à nouveau mariés dans le très beau film Indian Palace. Et encore une fois, ils seront séparés par la vie, mais d’une façon beaucoup plus civilisée.

  1. Une trilogie, quoi.
  2. Dans les deux autres films aussi.
  3. « running gag », c’est un film british.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Gray, #Aventure
The lost City of Z (James Gray, 2016)

Superbe.
Beau et fascinant, autant que put l’être cette cité que Percy Fawcett (1867-1925?) a passé une grande partie de sa vie à chercher.

Parce qu’il s’agit de cela : une quête. L’une des plus vieilles du monde occidentale après le Graal : l’Eldorado.

Oui, l’Eldorado, la cité d’or perdue au milieu de l’Amazonie et que beaucoup ont cru toujours atteindre avant de succomber sans même s’en être approchée.

 

Ici, James Gray nous raconte vingt ans dans la vie de Percy Fawcett (Charlie Hunnam), officier britannique qui visita de nombreux états de l’Empire Britannique sans en ramener la moindre décoration.

Alors quand on lui propose de cartographier région frontalière entre la Bolivie et le Brésil, il accepte. Nous sommes en 1906.

Assisté de Mr. Costin (Robert Pattinson), il va accomplir sa mission et parvenir à la source du Rio Verde qu’il devait retrouver.

Mais, et c’est là que la quête commence, près de leur but, ils découvrent des vestiges d’une très ancienne civilisation.

Près de vingt ans et une Guerre mondiale plus tard, Percy repart à la recherche de la Cité de Z, accompagné de son fils Jack (Tom « Spiderman » Holland).

 

Il est heureux de constater que dans ce monde où tout va si vite, un réalisateur prenne le temps de raconter une histoire. Mais encore plus que ça, nous donne envie de la découvrir.

C’est une histoire aux multiples péripéties, où le héros – et ses acolytes – est trimballé d’un lieu à l’autre, manque plusieurs fois de mourir, doit survivre à une guerre terrible et trop longue (1), doit aussi subir la trahison et le déshonneur, sans oublier un aspect mystique intrinsèque au but final : la découverte de l’Eldorado. Et en plus, nous avons droit à une belle histoire d’amour et de fidélité.

Bref, qu’est-ce que Percy Fawcett n’a pas vécu ?

 

A noter que tout ceci nous est raconté en un petit peu moins de 140 minutes, ce qui est une longueur fort appréciable : ni trop long malgré la richesse des expériences et des événements racontés, ni trop court pour laisser au spectateur le temps d’apprécier chaque nouvelle situation.

En effet, même au moment le plus critique pour Fawcett – la guerre 14-18 – James Gray ne cède à un montage très (trop) rapide.

Cela nous permet d’assimiler plus facilement les différentes informations qui nous parviennent et pour James Gray de mettre en place avec justesse une certaine partie de la société britannique d’avant 1914.

 

C’est un monde sclérosé et à bout de souffle qu’il nous est permis de contempler. Un monde qui se meurt mais qui se croit encore supérieur au reste de la planète, et ce malgré l’évolution sociale et scientifique.

En effet, l’expédition initiale de Fawcett et surtout ses découvertes finales vont à l’ »encontre des idées courantes dans les différentes assemblées scientifiques de cette époque : il faut voir Fawcett soutenir ses théories devant ses collègues de la Royal Geographical Society (RGS) pour comprendre l’étroitesse de certains esprits.

 

Mais avec ce film, c’est aussi une façon de rendre hommage à tous ces « Indiens » d’Amérique du Sud, et surtout ceux qui peuplaient la grande forêt amazonienne. Je dis peuplaient parce que, bien entendu, le passage de l’homme blanc et de son « progrès » en exterminé plus d’un et que ceux qui résistent encore vont hélas disparaître à leur tour. Pourtant, si on doit retenir quelque chose de l’œuvre de Fawcett à travers ses expéditions, c’est bien le respect de ces populations autochtones que les Blancs ont fait disparaître avant d’essayer de les connaître.

Et il faut se dépêcher de voir le film avant qu’il n’en reste plus du tout : que les rares souvenirs ramenés par ceux qui pensaient – à juste titre – qu’on avait autant à apprendre de leur(s) civilisation(s) qu’eux de la nôtre, et surtout sans avoir à utiliser la violence.

 

(1) Une guerre, par essence, est toujours trop longue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Theodore Melfi, #Historique, #Kevin Costner
Les Figures de l'ombre (Hidden Figures - Theodore Melfi, 2016)

Trois.

Trois femmes.

Trois femmes noires.

 

Dans l’Amérique de 1961, il est difficile d’être une femme et encore plus d’être noire.

Katherine Goble (Taraji P. Henson), Dorothy Vaughan (Octavia Spencer) et Mary Jackson (Janelle Monae) sont trois mathématiciennes cantonnées dans le secteur réservé aux « gens de couleur ». Parce qu’en 1961, on discrimine la population en Virginie. Comme dans beaucoup d’endroits de ce fameux « pays de la Liberté ». Toutes trois sont calculatrices et passent leurs journées à calculer.

Et puis un jour Katherine est employé temporairement dans un service réservé aux blancs, dirigé par Al Harrison (Kevin Costner) : elle se retrouve à calculer les trajectoires des fusées qui doivent emmener des astronautes, dont le célèbre John Glenn (Glen Powell).

Le service l’accueille – il n’y a pas le choix – mais reste tout de même une zone réservée aux blancs.

 

S’ensuit alors une histoire limitée dans le temps – 1961-1962 – où ces trois femmes vont apporter leur contribution à la lutte pour les Droits Civiques et surtout l’égalité entre les citoyens. Le film mélangeant alors des images d’archives (en couleurs, mais le sont-elles toutes d’origine ?) et reconstitution minutieuse des lieux fréquentés par la NASA à Langley (Va).

 

Quand on pense qu’il a fallu plus de 60 ans pour que ces trois femmes soient véritablement connues du grand public – grâce à ce film – on peut se demander si le combat pour les Droits Civiques fut réellement victorieux.

Mais réjouissons-nous tout de même de cette mise à la lumières de ces fameuses figures de l’ombre.

 

La traduction – indispensable, semble-t-il – ne prend pas en compte un aspect important : en anglais « figure » signifie aussi chiffre. D’où une certaine ambiguïté dans la signification originale.

Surtout quand on voit que Katherine Goble (1) ne se contente pas de mettre en lumière certaines équations, mais aussi d’en créer de nouvelles surtout en vue de la mise sur orbite de Glenn (2).

Alors ces « figures » se contentent-elles de désigner ces femmes remarquables ?

 

C’est un très beau film que nous propose là Theodore Melfi. Il met en scène le quotidien terrible des Noirs pendant cette période trouble (qui dura trop longtemps).

Ce sont des situations quotidiennes qui retiennent notre attention, et on peut facilement que les spectateurs les plus jeunes aient du mal à imaginer cette ségrégation inique.

On peut donc voir les places du fond dans le bus (3) ou les fontaines réservées à chaque fois à deux catégories distinctes, sans oublier l’incroyable absurdité de la chose qui oblige Katherine Johnson à se rendre dans son ancienne section pour pouvoir se soulager.

Et l’autre moment fort de cette discrimination concerne l’arrivée sur le site des 7 astronautes désignés pour le programme Mercury : la foule des techniciens s’est rassemblée pour les accueillir, mais la trentaine de femmes noires est inévitablement mise de côté, quelques mètres plus loin.

Et sans l’intervention de John Glenn, elles seraient – encore une fois – restées dans l’ombre.

 

Mais le plus réjouissant du film, et il en faut bien après l’exposition de cette situation raciste, c’est le changement que ces femmes vont apporter à la NASA ainsi qu’au reste des Etats-Unis : comme quoi, il ne faut pas toujours être nombreux pour amener de grands changements. Mais être déterminé est indispensable.

 

Bien sûr, l’émotion est omniprésente dans ce film, mais c’est aussi une des composantes du cinéma. Et comme ce film révèle ces figures qui furent longtemps cachées au reste du monde (3), on est heureux de voir mises à l’honneur ces trois grandes dames qui ont aussi permis l’évolution des mentalités et de faire accepter que le génie n’est pas réservé au seuls hommes blancs.

 

Un film à voir, mais pas seulement : à faire voir aussi !

 

PS : Katherine Johnson a fêté ses 100 ans le 26 août dernier.

PPS : MADAME Katherine Johnson s'est éteinte le 24 février 2020 à l'âge de 101 ans.

 

  1. Elle se mariera et prendra le nom de Johnson à cette même époque.
  2. John Glenn est mort trois semaines avant la présentation du film.
  3. Autre possibilités

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Jon Favreau
Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010)

Il revient.

Et comme on dit aujourd’hui : il fait le buzz.

Qui ? Iron Man, bien sûr.

Tony Stark (Robert Downey Jr.) a annoncé à la fin du film précédent qu’il était Iron Man. Mais le gouvernement américain ne voit pas d’un bon œil ce super-héros indépendant. Et surtout, ils aimeraient bien pouvoir jouir (1) de cette technologie.

A cela s’ajoute une teinte financière avec un autre pourvoyeur d’outils mortifères : son concurrent Justin Hammer (Sam Rockwell), qui est loin d’avoir le niveau des Stark (père et fils).

A cela s’ajoute l’apparition d’un certain Ivan Vanko (Mickey Rourke) pendant le Grand Prix de Monaco dans le but évident de se débarrasser définitivement de Stark.

L’association de ces deux personnages plutôt maléfiques est alors inévitable.

 

Jon Favreau reprend la même équipe, à un détail près : Don Cheadle a remplacé Terrence Howard dans le rôle de James « Rhodey » Rhodes.

On assiste à une intrigue qui suit de près la fin du film précédent, et en plus nous présente trois nouveaux personnages de la série. Le premier, c’est Rhodey, qu’on connaît déjà mais qui va prendre à son compte une deuxième combinaison d’Iron Man et l’adapter à ses compétences : les armes. On a alors un nouveau super-héros qui utilise des flingues de différentes tailles ainsi qu’un missile de poche de destruction aussi massive que sa taille est petite.

La deuxième recrue de la série, c’est Natalie Rushman, alias Natasha Romanoff, alias Black Widow (Scarlett Johansson). C’est semble-t-il une combattante redoutable qui s’épanouit dans la grande séquence d’affrontement finale.

Et le troisième est un personnage que ceux qui avaient attendu la toute fin du film précédent reconnaissent : Nick Fury (Samuel L. Jackson). Nick est le personnage-clé de la série : ce n’est plus un combattant mais une espèce de directeur des ressources humaines, ou plutôt surhumaines. Surhumaines parce que le débat du surhomme est toujours d’actualité dans cet univers. Iron Man, qu’on le veuille ou non, est le soldat absolu, l’arme fatale comme dirait Richard Donner. Même si Iron Man – ou Captain America – se battent du bon côté (celui des gentils Américains), on ne peut pas ignorer une certaine connotation nietzschéenne voire nazie autour de cet être d’exception (2).

 

Mais nous sommes avant tout dans le divertissement et le spectacle, et encore une fois, Jon Favreau est à l’aise pour nous proposer des scènes bien envolées avec des effets spéciaux à couper le souffle (encore une fois).

Il y a en plus dans ce film un double méchant. D’un côté un génie solitaire, fils d’un autre génie, rongé par la haine et le désir de vengeance ; de l’autre un personnage beaucoup moins intelligent, à l’égo presque aussi développé que Stark et extrêmement bavard, jaloux et surtout ringard. Evidemment, ces deux-là étaient faits pour s’entendre, encore que…

 

Bref, tout est prévu pour nous faire vivre un bon moment, et, cerise sur le gâteau, un développement réjouissant de la relation entre Stark et Pepper Potts (Gwyneth Paltrow), véritable patronne de Stark Industries (avec ou sans le titre).

Leur relation proche du marivaudage s’épanouit jusqu’à – enfin – l’engagement : on attendait ça depuis le début du film précédent !

 

Et Stan Lee ? Il est toujours là. Après Hugh Hefner, Stark le confond avec Larry King…

 

PS : Doit-on voir le « 1969 » sur les phalanges de Mickey Rourke comme un écho de l’IRA provisoire dont il fait partie dans le film L’Irlandais (1987) ?

 

  1. Vu que les intéressés sont surtout les militaires, on peut entendre le terme jouir dans toutes ses acceptions.
  2. Merci Professeur Allen John, d’avoir soulevé cette réflexion.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Neil Jordan, #Historique
Michael Collins (Neil Jordan, 1996)

Irlande, 14 avril 1916.

Le soulèvement de Pâques a fait long feu.

Les conjurés seront exécutés (dont Connolly sur une chaise car il pouvait plus tenir debout.

Parmi les prisonniers : Eamon « Dev » de Valera (Alan Rickman) et Michael Collins (Liam Neeson).

Six ans plus tard, Collins tombe sous les balles de l’IRA.

 

Depuis La Liste de Schindler, Liam Neeson est passé au premier plan. C’est une bonne chose pour nous cinéphiles, et aussi pour Neil Jordan qui lui donne ce rôle de révolutionnaire irlandais tiraillé entre son devoir et le pragmatisme de la situation.

C’est Joe Reilly (Ian Hart) qui raconte l’ascension de Collins jusqu’à ce jour funeste du 22 août 1922, date de sa mort.

 

Neil Jordan nous propose ici une magnifique fresque sur la vie – et surtout la mort – de Michael Collins (1890-1922). Certes il y a une teinte hagiographique dans cette épopée, mais nous assistons tout de même à un grand pan de l’histoire irlandaise : la lutte qui aboutit à l’indépendance et la création de la République d’Irlande.

Mais on ne peut pas parler de Collins sans évoquer De Valera, autre (grand) artisan de l’Indépendance.

Mais surtout, l’affrontement inévitable entre ces deux hommes est a pour origine la promulgation du traité de 1921, amenant un cessez-le-feu ainsi qu’une situation inextricable qui perdure - d’une certaine façon – encore aujourd’hui.

 

Le moment-clé du film est l’instant où Collins accepte de représenter l’IRA (la vieille, historique) dans les négociations de paix et à plus ou moins long terme la promulgation unilatérale de l’Eire.

Mais malheureusement pour Collins,  les cartes sont faussées et il se rend compte qu’il supplée De Valera dans une négociation qui sera défavorable avant même toute discussion.

Mais Collins est un patriote et c’est de bonne foi qu’il accepte ce mandat un tantinet corrompu : il sait qu’accepter le traité ne contentera pas tout le monde, mais il sait surtout qu’en acceptant, il laisse toute latitude à De Valera pour l’avenir. Ce dernier sera élu président de l’Irlande en 1932 et amendera, voire modifiera, les clauses du Traité de 1921 à l’avantage de la République d’Irlande attendue onze ans plus tôt.

 

Neil Jordan est irlandais. Et de ce fait, un tel film est une façon de parler de son pays et surtout de la période troublée de l’Indépendance (1916-1922) pendant laquelle de nombreux patriotes donnèrent leur vie à la cause irlandaise.

Mais avec ce film, c’est une façon pour lui de rendre hommage à un homme qui a littéralement donné sa vie pour son pays.

Certes, ses positions après le cessez-le-feu furent critiquées par sa base. Mais le fait que ce soit lui qui ait été le représentant des insurgés n’est pas anodin. En effet, De Valera se rendit bien compte que ce traité était la meilleure solution pour sortir de ce conflit, et c’est pourquoi il a laissé Collins y aller à sa place. Mais de cette façon, il se préparait pour l’avenir : il était un héros du soulèvement de Pâques (historique, donc) ainsi qu’un artisan du cessez-le-feu. Mais plus que tout ceci, il reste vierge de tout compromis entre la Couronne et l’IRA.

Collins en est conscient, mais il assume, jusqu’au bout son rôle de « compromis ».

 

Mais nous sommes au cinéma, et Jordan nous dépeint un personnage charismatique et engagé comme on les aime. Liam Neeson est un leader magnifique, jusque dans la mort.

A ses côtés, Julia Roberts est une femme tiraillée entre lui et son ami Harry (Aidan Quinn) : Harry pour son physique, Michael pour ce qu’il est.

Dans une certaine mesure, elle est un personnage accessoire, mais comme c’est Julia Roberts, on s’en fiche.

Autre grande figure : De Valera. Alan Rickman est un interprète magnifique de ce héros irlandais. Mais peut-il en être autrement ? Alan Rickman était un acteur formidable, surtout dans des rôles ambigus avec une teinte de méchanceté comme dans la saga Harry Potter ou carrément méchant comme dans Piège de Cristal.

Il est un De Valera crédible avec cette pointe de flegme britannique qui le caractérise dans ses autres rôles.

 

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – o peut préférer à ce film le traitement que Ken Loach en fait dans Le Vent se lève. Ici, nous avons affaire à la Révolution irlandaise comme on pourrait la trouver dans les manuels d’histoire, alors que Loach reste constamment à un niveau très humain, ses personnages – anonymes – pouvant plus facilement représenter les Irlandais.

Mais malgré tout, le film de Jordan possède le souffle épique qui nous fait différencier les événements et les moments historiques.

Même si le film est partial – comment ne pas l’être dans un tel contexte – il possède le souffle épique qui rend hommage à ce soulèvement qui devint guerre (d’indépendance avant d’être civile) et qui a modelé l’Irlande telle que nous la connaissons.

 

En attendant la réunification des deux Irlandes : inéluctable certes, mais quand ?

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