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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Gray, #Aventure
The lost City of Z (James Gray, 2016)

Superbe.
Beau et fascinant, autant que put l’être cette cité que Percy Fawcett (1867-1925?) a passé une grande partie de sa vie à chercher.

Parce qu’il s’agit de cela : une quête. L’une des plus vieilles du monde occidentale après le Graal : l’Eldorado.

Oui, l’Eldorado, la cité d’or perdue au milieu de l’Amazonie et que beaucoup ont cru toujours atteindre avant de succomber sans même s’en être approchée.

 

Ici, James Gray nous raconte vingt ans dans la vie de Percy Fawcett (Charlie Hunnam), officier britannique qui visita de nombreux états de l’Empire Britannique sans en ramener la moindre décoration.

Alors quand on lui propose de cartographier région frontalière entre la Bolivie et le Brésil, il accepte. Nous sommes en 1906.

Assisté de Mr. Costin (Robert Pattinson), il va accomplir sa mission et parvenir à la source du Rio Verde qu’il devait retrouver.

Mais, et c’est là que la quête commence, près de leur but, ils découvrent des vestiges d’une très ancienne civilisation.

Près de vingt ans et une Guerre mondiale plus tard, Percy repart à la recherche de la Cité de Z, accompagné de son fils Jack (Tom « Spiderman » Holland).

 

Il est heureux de constater que dans ce monde où tout va si vite, un réalisateur prenne le temps de raconter une histoire. Mais encore plus que ça, nous donne envie de la découvrir.

C’est une histoire aux multiples péripéties, où le héros – et ses acolytes – est trimballé d’un lieu à l’autre, manque plusieurs fois de mourir, doit survivre à une guerre terrible et trop longue (1), doit aussi subir la trahison et le déshonneur, sans oublier un aspect mystique intrinsèque au but final : la découverte de l’Eldorado. Et en plus, nous avons droit à une belle histoire d’amour et de fidélité.

Bref, qu’est-ce que Percy Fawcett n’a pas vécu ?

 

A noter que tout ceci nous est raconté en un petit peu moins de 140 minutes, ce qui est une longueur fort appréciable : ni trop long malgré la richesse des expériences et des événements racontés, ni trop court pour laisser au spectateur le temps d’apprécier chaque nouvelle situation.

En effet, même au moment le plus critique pour Fawcett – la guerre 14-18 – James Gray ne cède à un montage très (trop) rapide.

Cela nous permet d’assimiler plus facilement les différentes informations qui nous parviennent et pour James Gray de mettre en place avec justesse une certaine partie de la société britannique d’avant 1914.

 

C’est un monde sclérosé et à bout de souffle qu’il nous est permis de contempler. Un monde qui se meurt mais qui se croit encore supérieur au reste de la planète, et ce malgré l’évolution sociale et scientifique.

En effet, l’expédition initiale de Fawcett et surtout ses découvertes finales vont à l’ »encontre des idées courantes dans les différentes assemblées scientifiques de cette époque : il faut voir Fawcett soutenir ses théories devant ses collègues de la Royal Geographical Society (RGS) pour comprendre l’étroitesse de certains esprits.

 

Mais avec ce film, c’est aussi une façon de rendre hommage à tous ces « Indiens » d’Amérique du Sud, et surtout ceux qui peuplaient la grande forêt amazonienne. Je dis peuplaient parce que, bien entendu, le passage de l’homme blanc et de son « progrès » en exterminé plus d’un et que ceux qui résistent encore vont hélas disparaître à leur tour. Pourtant, si on doit retenir quelque chose de l’œuvre de Fawcett à travers ses expéditions, c’est bien le respect de ces populations autochtones que les Blancs ont fait disparaître avant d’essayer de les connaître.

Et il faut se dépêcher de voir le film avant qu’il n’en reste plus du tout : que les rares souvenirs ramenés par ceux qui pensaient – à juste titre – qu’on avait autant à apprendre de leur(s) civilisation(s) qu’eux de la nôtre, et surtout sans avoir à utiliser la violence.

 

(1) Une guerre, par essence, est toujours trop longue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Theodore Melfi, #Historique, #Kevin Costner
Les Figures de l'ombre (Hidden Figures - Theodore Melfi, 2016)

Trois.

Trois femmes.

Trois femmes noires.

 

Dans l’Amérique de 1961, il est difficile d’être une femme et encore plus d’être noire.

Katherine Goble (Taraji P. Henson), Dorothy Vaughan (Octavia Spencer) et Mary Jackson (Janelle Monae) sont trois mathématiciennes cantonnées dans le secteur réservé aux « gens de couleur ». Parce qu’en 1961, on discrimine la population en Virginie. Comme dans beaucoup d’endroits de ce fameux « pays de la Liberté ». Toutes trois sont calculatrices et passent leurs journées à calculer.

Et puis un jour Katherine est employé temporairement dans un service réservé aux blancs, dirigé par Al Harrison (Kevin Costner) : elle se retrouve à calculer les trajectoires des fusées qui doivent emmener des astronautes, dont le célèbre John Glenn (Glen Powell).

Le service l’accueille – il n’y a pas le choix – mais reste tout de même une zone réservée aux blancs.

 

S’ensuit alors une histoire limitée dans le temps – 1961-1962 – où ces trois femmes vont apporter leur contribution à la lutte pour les Droits Civiques et surtout l’égalité entre les citoyens. Le film mélangeant alors des images d’archives (en couleurs, mais le sont-elles toutes d’origine ?) et reconstitution minutieuse des lieux fréquentés par la NASA à Langley (Va).

 

Quand on pense qu’il a fallu plus de 60 ans pour que ces trois femmes soient véritablement connues du grand public – grâce à ce film – on peut se demander si le combat pour les Droits Civiques fut réellement victorieux.

Mais réjouissons-nous tout de même de cette mise à la lumières de ces fameuses figures de l’ombre.

 

La traduction – indispensable, semble-t-il – ne prend pas en compte un aspect important : en anglais « figure » signifie aussi chiffre. D’où une certaine ambiguïté dans la signification originale.

Surtout quand on voit que Katherine Goble (1) ne se contente pas de mettre en lumière certaines équations, mais aussi d’en créer de nouvelles surtout en vue de la mise sur orbite de Glenn (2).

Alors ces « figures » se contentent-elles de désigner ces femmes remarquables ?

 

C’est un très beau film que nous propose là Theodore Melfi. Il met en scène le quotidien terrible des Noirs pendant cette période trouble (qui dura trop longtemps).

Ce sont des situations quotidiennes qui retiennent notre attention, et on peut facilement que les spectateurs les plus jeunes aient du mal à imaginer cette ségrégation inique.

On peut donc voir les places du fond dans le bus (3) ou les fontaines réservées à chaque fois à deux catégories distinctes, sans oublier l’incroyable absurdité de la chose qui oblige Katherine Johnson à se rendre dans son ancienne section pour pouvoir se soulager.

Et l’autre moment fort de cette discrimination concerne l’arrivée sur le site des 7 astronautes désignés pour le programme Mercury : la foule des techniciens s’est rassemblée pour les accueillir, mais la trentaine de femmes noires est inévitablement mise de côté, quelques mètres plus loin.

Et sans l’intervention de John Glenn, elles seraient – encore une fois – restées dans l’ombre.

 

Mais le plus réjouissant du film, et il en faut bien après l’exposition de cette situation raciste, c’est le changement que ces femmes vont apporter à la NASA ainsi qu’au reste des Etats-Unis : comme quoi, il ne faut pas toujours être nombreux pour amener de grands changements. Mais être déterminé est indispensable.

 

Bien sûr, l’émotion est omniprésente dans ce film, mais c’est aussi une des composantes du cinéma. Et comme ce film révèle ces figures qui furent longtemps cachées au reste du monde (3), on est heureux de voir mises à l’honneur ces trois grandes dames qui ont aussi permis l’évolution des mentalités et de faire accepter que le génie n’est pas réservé au seuls hommes blancs.

 

Un film à voir, mais pas seulement : à faire voir aussi !

 

PS : Katherine Johnson a fêté ses 100 ans le 26 août dernier.

PPS : MADAME Katherine Johnson s'est éteinte le 24 février 2020 à l'âge de 101 ans.

 

  1. Elle se mariera et prendra le nom de Johnson à cette même époque.
  2. John Glenn est mort trois semaines avant la présentation du film.
  3. Autre possibilités

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Jon Favreau
Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010)

Il revient.

Et comme on dit aujourd’hui : il fait le buzz.

Qui ? Iron Man, bien sûr.

Tony Stark (Robert Downey Jr.) a annoncé à la fin du film précédent qu’il était Iron Man. Mais le gouvernement américain ne voit pas d’un bon œil ce super-héros indépendant. Et surtout, ils aimeraient bien pouvoir jouir (1) de cette technologie.

A cela s’ajoute une teinte financière avec un autre pourvoyeur d’outils mortifères : son concurrent Justin Hammer (Sam Rockwell), qui est loin d’avoir le niveau des Stark (père et fils).

A cela s’ajoute l’apparition d’un certain Ivan Vanko (Mickey Rourke) pendant le Grand Prix de Monaco dans le but évident de se débarrasser définitivement de Stark.

L’association de ces deux personnages plutôt maléfiques est alors inévitable.

 

Jon Favreau reprend la même équipe, à un détail près : Don Cheadle a remplacé Terrence Howard dans le rôle de James « Rhodey » Rhodes.

On assiste à une intrigue qui suit de près la fin du film précédent, et en plus nous présente trois nouveaux personnages de la série. Le premier, c’est Rhodey, qu’on connaît déjà mais qui va prendre à son compte une deuxième combinaison d’Iron Man et l’adapter à ses compétences : les armes. On a alors un nouveau super-héros qui utilise des flingues de différentes tailles ainsi qu’un missile de poche de destruction aussi massive que sa taille est petite.

La deuxième recrue de la série, c’est Natalie Rushman, alias Natasha Romanoff, alias Black Widow (Scarlett Johansson). C’est semble-t-il une combattante redoutable qui s’épanouit dans la grande séquence d’affrontement finale.

Et le troisième est un personnage que ceux qui avaient attendu la toute fin du film précédent reconnaissent : Nick Fury (Samuel L. Jackson). Nick est le personnage-clé de la série : ce n’est plus un combattant mais une espèce de directeur des ressources humaines, ou plutôt surhumaines. Surhumaines parce que le débat du surhomme est toujours d’actualité dans cet univers. Iron Man, qu’on le veuille ou non, est le soldat absolu, l’arme fatale comme dirait Richard Donner. Même si Iron Man – ou Captain America – se battent du bon côté (celui des gentils Américains), on ne peut pas ignorer une certaine connotation nietzschéenne voire nazie autour de cet être d’exception (2).

 

Mais nous sommes avant tout dans le divertissement et le spectacle, et encore une fois, Jon Favreau est à l’aise pour nous proposer des scènes bien envolées avec des effets spéciaux à couper le souffle (encore une fois).

Il y a en plus dans ce film un double méchant. D’un côté un génie solitaire, fils d’un autre génie, rongé par la haine et le désir de vengeance ; de l’autre un personnage beaucoup moins intelligent, à l’égo presque aussi développé que Stark et extrêmement bavard, jaloux et surtout ringard. Evidemment, ces deux-là étaient faits pour s’entendre, encore que…

 

Bref, tout est prévu pour nous faire vivre un bon moment, et, cerise sur le gâteau, un développement réjouissant de la relation entre Stark et Pepper Potts (Gwyneth Paltrow), véritable patronne de Stark Industries (avec ou sans le titre).

Leur relation proche du marivaudage s’épanouit jusqu’à – enfin – l’engagement : on attendait ça depuis le début du film précédent !

 

Et Stan Lee ? Il est toujours là. Après Hugh Hefner, Stark le confond avec Larry King…

 

PS : Doit-on voir le « 1969 » sur les phalanges de Mickey Rourke comme un écho de l’IRA provisoire dont il fait partie dans le film L’Irlandais (1987) ?

 

  1. Vu que les intéressés sont surtout les militaires, on peut entendre le terme jouir dans toutes ses acceptions.
  2. Merci Professeur Allen John, d’avoir soulevé cette réflexion.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Neil Jordan, #Historique
Michael Collins (Neil Jordan, 1996)

Irlande, 14 avril 1916.

Le soulèvement de Pâques a fait long feu.

Les conjurés seront exécutés (dont Connolly sur une chaise car il pouvait plus tenir debout.

Parmi les prisonniers : Eamon « Dev » de Valera (Alan Rickman) et Michael Collins (Liam Neeson).

Six ans plus tard, Collins tombe sous les balles de l’IRA.

 

Depuis La Liste de Schindler, Liam Neeson est passé au premier plan. C’est une bonne chose pour nous cinéphiles, et aussi pour Neil Jordan qui lui donne ce rôle de révolutionnaire irlandais tiraillé entre son devoir et le pragmatisme de la situation.

C’est Joe Reilly (Ian Hart) qui raconte l’ascension de Collins jusqu’à ce jour funeste du 22 août 1922, date de sa mort.

 

Neil Jordan nous propose ici une magnifique fresque sur la vie – et surtout la mort – de Michael Collins (1890-1922). Certes il y a une teinte hagiographique dans cette épopée, mais nous assistons tout de même à un grand pan de l’histoire irlandaise : la lutte qui aboutit à l’indépendance et la création de la République d’Irlande.

Mais on ne peut pas parler de Collins sans évoquer De Valera, autre (grand) artisan de l’Indépendance.

Mais surtout, l’affrontement inévitable entre ces deux hommes est a pour origine la promulgation du traité de 1921, amenant un cessez-le-feu ainsi qu’une situation inextricable qui perdure - d’une certaine façon – encore aujourd’hui.

 

Le moment-clé du film est l’instant où Collins accepte de représenter l’IRA (la vieille, historique) dans les négociations de paix et à plus ou moins long terme la promulgation unilatérale de l’Eire.

Mais malheureusement pour Collins,  les cartes sont faussées et il se rend compte qu’il supplée De Valera dans une négociation qui sera défavorable avant même toute discussion.

Mais Collins est un patriote et c’est de bonne foi qu’il accepte ce mandat un tantinet corrompu : il sait qu’accepter le traité ne contentera pas tout le monde, mais il sait surtout qu’en acceptant, il laisse toute latitude à De Valera pour l’avenir. Ce dernier sera élu président de l’Irlande en 1932 et amendera, voire modifiera, les clauses du Traité de 1921 à l’avantage de la République d’Irlande attendue onze ans plus tôt.

 

Neil Jordan est irlandais. Et de ce fait, un tel film est une façon de parler de son pays et surtout de la période troublée de l’Indépendance (1916-1922) pendant laquelle de nombreux patriotes donnèrent leur vie à la cause irlandaise.

Mais avec ce film, c’est une façon pour lui de rendre hommage à un homme qui a littéralement donné sa vie pour son pays.

Certes, ses positions après le cessez-le-feu furent critiquées par sa base. Mais le fait que ce soit lui qui ait été le représentant des insurgés n’est pas anodin. En effet, De Valera se rendit bien compte que ce traité était la meilleure solution pour sortir de ce conflit, et c’est pourquoi il a laissé Collins y aller à sa place. Mais de cette façon, il se préparait pour l’avenir : il était un héros du soulèvement de Pâques (historique, donc) ainsi qu’un artisan du cessez-le-feu. Mais plus que tout ceci, il reste vierge de tout compromis entre la Couronne et l’IRA.

Collins en est conscient, mais il assume, jusqu’au bout son rôle de « compromis ».

 

Mais nous sommes au cinéma, et Jordan nous dépeint un personnage charismatique et engagé comme on les aime. Liam Neeson est un leader magnifique, jusque dans la mort.

A ses côtés, Julia Roberts est une femme tiraillée entre lui et son ami Harry (Aidan Quinn) : Harry pour son physique, Michael pour ce qu’il est.

Dans une certaine mesure, elle est un personnage accessoire, mais comme c’est Julia Roberts, on s’en fiche.

Autre grande figure : De Valera. Alan Rickman est un interprète magnifique de ce héros irlandais. Mais peut-il en être autrement ? Alan Rickman était un acteur formidable, surtout dans des rôles ambigus avec une teinte de méchanceté comme dans la saga Harry Potter ou carrément méchant comme dans Piège de Cristal.

Il est un De Valera crédible avec cette pointe de flegme britannique qui le caractérise dans ses autres rôles.

 

Mais – parce qu’il y a toujours un mais – o peut préférer à ce film le traitement que Ken Loach en fait dans Le Vent se lève. Ici, nous avons affaire à la Révolution irlandaise comme on pourrait la trouver dans les manuels d’histoire, alors que Loach reste constamment à un niveau très humain, ses personnages – anonymes – pouvant plus facilement représenter les Irlandais.

Mais malgré tout, le film de Jordan possède le souffle épique qui nous fait différencier les événements et les moments historiques.

Même si le film est partial – comment ne pas l’être dans un tel contexte – il possède le souffle épique qui rend hommage à ce soulèvement qui devint guerre (d’indépendance avant d’être civile) et qui a modelé l’Irlande telle que nous la connaissons.

 

En attendant la réunification des deux Irlandes : inéluctable certes, mais quand ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ken Loach, #Historique
Le Vent se lève (The Wind that shakes the barley - Ken Loach, 2006)

Le vent qui se lève, c’est celui qui fait frémir l’orge (titre original), comme dans le poème de Robert Dwyer Joyce, quand il évoque le soulèvement irlandais de 1798.

Mais ici, c’est surtout celui de la révolte irlandaise contre l’occupation britannique depuis 700 ans.

L’histoire commence normalement, par un match de hurling qui oppose différents jeunes gens, catholiques et protestants, ensemble pour partager un moment sportif, loin des préoccupations politiques de la guerre d’indépendance qui ravage le pays depuis 1919.

Parmi ces jeunes garçons : Damien O’Donovan (Cillian Murphy).

Il est témoin de la répression britannique auprès de la population : un de ses amis est tué par des soldats qui leur reprochaient leur match de hurling. Ensuite, c’est le personnel u train qui est molesté après avoir refusé de convoyer des militaires et des armes.

Damien n’hésite plus : il intègre l’IRA (1).

Commence alors un temps de lutte armée qui durera jusqu’à la création de la République, et même après, quand la guerre devient civile.

 

C’est un film admirable que nous offre Ken Loach avec ce Vent. C’est une magnifique fresque ordinaire où à chaque moment, on reste à un niveau humain. Pas d’héroïsme ni de gloire : seulement des hommes, et des femmes qui se battent pour leur liberté, après des siècles d’occupation anglaise.

Et encore une fois, Loach se penche sur la jeunesse, c’est jeunes gens qui sortent brutalement de l’enfance par la force des choses et surtout des armes.

Il n’y a rien d’épique dans ce conflit, seulement des êtres humains qui luttent pour ce qu’ils considèrent comme justes, qu’ils soient irlandais ou fidèles à la Couronne britannique.

 

Le choix d’acteurs irlandais (2) et d’anciens soldats britanniques renforce l’authenticité de cette fresque, évoquant les actions d’éclat (attaques de convois ou exécutions d’officiers dans un pub) et les moments beaucoup moins glorieux : l’exécution d’un traître de sang-froid. Quand on sait que ce traître doit avoir à peu près quinze ans, on comprend la tension et surtout la difficulté de l’entreprise.

Bien sûr, les Anglais sont les mauvais de l’histoire, mais jusqu’à un certain point : à un moment, ils s’en vont, mais les hostilités reprennent, entre ceux qui acceptent le traité de 1921 et les autres qui se regroupent derrière une nouvelle Armée Républicaine Irlandaise, et qui ne rendra les armes que près de 90 ans plus tard (3).

 

Ce film est d’autant plus beau que ce n’est pas un Irlandais qui l’a tourné. Et c’est pour cela qu’il atteint un haut niveau d’authenticité et aussi d’émotion. Loach ne filme pas en Irlandais. Ni même en Anglais. Il se contente – et c’est beaucoup pour un tel sujet – de rapporter des faits, des actions, des discussions, sans jamais prendre parti. Certes, on reste le plus souvent du côté irlandais. Mais il en va de même de films relatant une autre occupation historique : a-t-on reproché ce point de vue dans des films qui traitent de la Seconde Guerre Mondiale ?

Parce que c’est une guerre qui a amené l’occupation, et c’en est une autre qui la termina. Mais cette guerre d’indépendance amène aussi les conflits qui vont ravager l’Irlande du Nord pendant les décennies qui vont suivre.

Mais au lieu d’un cours magistral où on se concentre sur les grands noms qui ont fait la République d’Irlande (De Valera, Collins ou encore Connolly qui mourut après le soulèvement de 1916), on reste dans un petit périmètre.

Certes, on parle de Dublin ou de Londres, et certains vont s’y rendre pour négocier ou participer aux débats inévitables dans une telle situation.

Mais l’intrigue ne sort jamais de cette région du comté de Cork.

Le point le plus proche de Londres que Damien ait connu reste la gare où il ouvrira les yeux et s’engagera.

Pour le reste, c’est un conflit ordinaire où les morts s’accumulent et où aucune réjouissance n’a sa place. Seulement quand un cessez-le-feu sera promulgué, la fête pourra commencer.

Mais pour si peu de temps.

 

C’est un épisode douloureux qui nous est présenté mais qui a le mérite de nous montrer la portée véritable de ces événements : en effet, nous sommes loin des salons où furent débattus les points du traité, et nous voyons les effets qu’ils eurent sur la population, loin de ces mêmes villes qui accueillirent les débats.

 

  1. Irish Republican Army.
  2. Dont Liam « Davos Seaworth » Cunningham
  3. Février 2010.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Jon Favreau
Iron Man (Jon Favreau, 2008)

Tony Stark (Robert Downey Jr.) est riche.

Tony Stark est très riche.

En fait, Tony Stark est trop riche. Trop riche pour se soucier réellement de ses affaires, collectionnant les femmes dans son lit et vantant les mérites de sa holding : Stark Industries.

Sauf que Stark Industries construit et exporte des armes.

Le jour où Tony s’aperçoit que les armes qu’il a fait construire se retournent contre lui, il décide de changer.

Il va concentrer les technologies de sa firme pour mettre au point un prototype très particulier. Il s’agit d’une combinaison métallique dans laquelle un homme peut accomplir des prouesses extraordinaires, l’arme absolue.

Mais il n’est pas question de l’utiliser à des fins militaires, plutôt afin de redresser quelques injustices.

Il devient donc Iron Man.

 

Tout comme pour Captain America trois ans plus tard, nous assistons à la genèse d’un super-héros (1). Mais si Captain America s’est illustré pendant la deuxième guerre mondiale, Iron Man est en plein dans l’actualité, même dix ans après sa sortie.

Le déclencheur du changement de Stark est sa prise en otage par des guerriers afghans (2), alors qu’il remarque que ses armes servent à détruire ceux qu’elles devaient protéger.

Si cette expérience terrible va lui ouvrir les yeux, elle va aussi lui permettre de réaliser une première ébauche de ce qui va devenir le célèbre Iron Man, et en prime lui permettre de s’échapper.

 

Comme toujours dans un film de super-héros, il faut un adversaire à sa mesure, voire un  tantinet plus fort afin de justifier son statut. Alors qu’on pouvait penser que les soldats de la séquence d’ouverture feraient de bons ennemis, l’intrigue nous en propose un encore plus méchant : Obadiah Stane (Jeff « The Dude » Bridges), alias Iron Monger.

Un vrai méchant comme on les aime, un associé – voire un père putatif – qui ourdit dans l’ombre quelque projet avant de se révéler.

Bref, on n’est pas déçu par ce personnage.

 

Et puis il y a la femme. Si Stark collectionne les conquêtes féminines – dans un but exclusivement sexuel – il en est une qui ne le laisse pas indifférent : Miss Pepper Pots (Gwyneth Paltrow), sa femme de confiance.

Si à l’origine Pepper Potts est seulement secrétaire de Stark, elle est ici sa femme à tout faire, un pendant féminin d’Alfred chez Batman.

Mais si Alfred est avant tout un majordome et surtout un homme, Pepper Potts est plus qu’une servante : en plus d’être une femme, elle ne laisse pas le nouveau Stark indifférent.

Bref, il manquait une dimension romantique à l’histoire, elle est tout trouvée.

 

Avec ce film, Jon Favreau met en place progressivement la saga qui dure depuis dix ans, avec toutes ses ramifications et surtout l’apparition de la fameuse organisation S.H.I.E.L.D. qui va fédérer les super-héros.

En plus des scènes spectaculaires, l’intrigue est parsemée d’humour dont Robert Downey Jr. est un très bon vecteur. On s’amuse autant que ceux qui ont fait le film, en se disant que cette série part sur de bonnes bases.

Sans oublier bien sûr l’apparition de Stan Lee, confondu par Stark (?) avec Hugh Hefner, le patron de Playboy.

 

Et, encore une fois, il ne faut pas partir avant la toute fin du film : une dernière séquence nous présente un personnage central de la série, que je vous laisse donc découvrir…

 

  1. Créé par le duo mythique Jack Kirby et Stan Lee, Kirby laissant rapidement la place à Don Heck.
  2. Toute ressemblance avec des groupes armés d’Al-Qaeda ou de Daesh est loin d’être fortuite.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Sidney Lumet
Serpico (Sidney Lumet, 1973)

C’est une voiture de police qui transporte un homme, barbu, au visage ensanglanté.

Cet homme, c’est Frank Serpico, un policier qui vient de se faire tirer dessus.

Arrivé à l’hôpital, il se souvient. Il se souvient du jour de son intégration dans la police, et des devoirs qui lui incombaient.

Mais une fois sur le terrain, il s’aperçoit que la police est corrompue.

Alors il refuse. Il se retrouve alors avec une bonne partie de la police de New York sur le dos : tous ceux qui sont achetés et qui ne veulent pas que la manne s’arrête.

Et en plus, c’est une histoire vraie.

 

Il y a chez Sidney Lumet une part d’engagement dans certains films qu’il a réalisés. 12 Hommes en colère décrivait avec beaucoup de rigueur et une belle distribution une délibération en huis clos. Avec La Colline des hommes perdus, c’était un système qu’il dénonçait : un camp de prisonniers anglais que l’on matait à coups d’exercices inutiles et dégradants.

Ici, c’est tout un système policier qui est montré dans ce qu’il a de plus laid : la corruption.
On pensait le temps de la Prohibition révolu, mais Serpico nous ramène dans cette fange, au risque de sa propre vie (1).

En effet, quand le film sort, les événements racontés se sont terminés deux ans plus tôt. C’est encore une histoire brûlante pour la Ville de New York. De plus, comme annoncé à la fin du film, Serpico (le vrai) a démissionné l’année précédente.

 

Mais Serpico, c’est aussi l’immense Al Pacino – acteur privilégié de Sidney Lumet – alors entre deux Parrains. Et s’il ressemble à Michael Corleone au début du film, nous comprenons très rapidement qu’il n’en est rien du tout. Au contraire, il est un modèle d’honnêteté, au grand dam de ses collègues qui ne crachent pas sur un complément de salaire même s’il a l’odeur du crime (2) : il suffit de se boucher le nez.

Mais il y a chez Serpico une teinte christique : en effet, au fur et à mesure que le film avance, son système pileux facial s’étoffe de plus en plus jusqu’à ressembler à l’idée répandue de l’aspect de Jésus.

Et la balle qu’il reçoit (c’est pour ça qu’il est conduit à l’hôpital) n’est rien d’autre que sa crucifixion : ses « collègues » ne le soutiennent pas pour ce qu’il est : un mouchard qui remet en cause leur système de magouille. Encore une fois, on remarque que « nul n’est prophète en son pays ».

 

Mais là où Lumet réussit son film, c’est en nous montrant un super flic – honnête, humain, cultivé – qui n’a rien d’extraordinaire. En effet Serpico, à chaque instant, fait son travail : celui pour lequel il a prêté serment.

Certes, il a une drôle de façon de le faire. Enfin, c’est plutôt son apparence qui détone part rapport aux autres : ce sont ses cheveux longs et sa moustache puis la barbe qui le différencient des autres policiers en civil. Ses fréquentations aussi : il prend des cours d’Espagnol à l’université, rencontre une jeune fille qui l’introduit dans les milieux étudiants (etc.).

Pour le reste, il n’y a aucun éclat : il fait son boulot comme les autres. Et de la même façon, les autres – les corrompus – l’incluent dans leur système tout naturellement. Ils ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi Serpico refuse l’argent, allant jusqu’à lui mettre sa part de côté pour plus tard : c’est beaucoup plus tard qu’ils vont se dresser sur son chemin, quand l’enquête sera autre chose qu’une menace lointaine voire très faible.

 

Aux côtés d’Al Pacino, on retrouve une espèce de fine fleur des seconds rôles des années 1970s : Tony Roberts (Bob Blair, allié de Serpico) ; Jack Kehoe (Tom Keough, ex-ami par la force des choses) ou encore John Randolph (Sidney Green)…

Et les femmes ?

Elles ne sont pas nombreuses dans ce film d’hommes. Outre la femme qui se fait violer (Marjorie Elliot), on en trouve deux autres dans des rôles significatifs : Cornelia Sharpe (Leslie), qui apprend elle aussi l’espagnol ; et Barbara Eda Young dans le rôle de Laurie, qui s’installe un moment avec Serpico. (3)

Ces deux femmes représentent bien les mentalités de l’époque : entre l’amour libre (Leslie) et le souhait d’une vie rangée avec enfants (Laurie). Mais Leslie y viendra et quittera d’ailleurs le policier. Laurie aussi le quittera : il n’y a pas de place pour quelqu’un d’autre dans la vie de Serpico.

 

C’est donc un homme seul – comme Jésus – qui doit aller jusqu’au bout de son calvaire mais au final, il rachètera la Police en amenant une gigantesque lessive qui ira au plus haut.

Oui, Serpico est le Rédempteur. Que voulez-vous : c’est un film américain.

 

  1. Aux dernières nouvelles, il a fêté ses 82 ans cette année.
  2. Vespasien avait tort !
  3. J’oubliais Mildred Clinton, dans le rôle de Maman Serpico.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #Western, #Prison
Je n'ai pas tué Lincoln (The Prisoner of Shark Island - John Ford, 1936)

9 avril 1865 : fin de la Guerre Civile aux Etats-Unis.

14 avril 1865 : Abraham Lincoln (Frank McGlynn Sr.) est assassiné par John Wilkes Booth (Francis McDonald).

En s’enfuyant, Booth se casse la jambe. Dans sa cavale, il est soigné par le docteur Samuel A. Mudd (Warner Baxter) qui ne l’a pas reconnu.

Mais cette assistance va vite le desservir : il est condamné à la perpétuité pour conspiration et complicité dans l’assassinat du président.

Il se retrouve alors sur une île de Floride qui sert de pénitencier dont le nom indique clairement sa caractéristique première : Shark Island (L’Ile aux requins).

 

Commençons par préciser quelques éléments : non Shark Island, en tant que telle n’existe pas, et le docteur n’avait pas un enfant, il en avait quatre, etc.

Non, ce qui nous intéresse, c’est justement l’existence de ce docteur, condamné – semble-t-il – à tort d’avoir participé à l’assassinat d’un président très cher aux Américains.

Et Lincoln, s’il n’apparaît pas longtemps (et pour cause), c’est un homme bon et consensuel, qui demande même à la fanfare de jouer Dixie, l’hymne des Confédérés : passée la surprise, les « vainqueurs » accueillent avec enthousiasme cet hymne interdit pendant ces quatre dernières années.

Puis, c’est le jour terrible qui vit la fin de ce grand président : John Ford a fait recréer le théâtre (1) où eut lieu l’événement, comme Griffith une vingtaine d’années auparavant.

Et la mort de Lincoln est en plus très symbolique : si Booth le tue comme l’avait déjà fait Raoul Walsh sur Joseph Henabery, c’est ensuite qu’il y a toute l’admiration de Ford pour cet être qui devient légendaire : un véritable voile est tiré devant lui dans une posture qui n’a rien d’un assassiné, mais plutôt un vieil homme – un patriarche ou un vieux père, celui de la Nation – qui s’est éteint doucement devant nous, et dont l’image se brouille alors que le quadrillage du voile s’impose.

Bref, c’est une très belle conclusion pour cette séquence de reconstitution : l’hommage d’un géant du cinéma pour un géant tout court pour lequel Ford avait une très grande admiration (2).

 

Bien sûr, c’est la dernière demi-heure qui retient toute notre attention : la période d’enfermement. A ce moment, le film bascule dans le thème carcéral où point le sadisme d’un gardien anéanti par l’assassinat de Lincoln. En effet, le sergent Rankin (John Carradine) va en faire baver à Mudd, mais seulement à lui pour ce qu’il a été condamné : sa violence ne s’exerce que contre Mudd, il n’y a pas l’aspect tortionnaire qu’on pourra trouver dans les films pénitentiaires ultérieurs.

De plus, il n’est pas question de l’incarcération en tant que telle, mais plus du rôle – véritable – qu’a joué Mudd dans l’épidémie de fièvre jaune qui a décimé la prison et qui lui permit d’être libéré pour conduite héroïque.

 

Et Ford, même si le film n’a pas le ton un tantinet humoristique qu’on trouve dans ces autres films, arrive tout de même à recréer un microcosme dans cette prison : on y retrouve avec plaisir quelques habitués du cinéaste (Harry Carey, Jack Pennick ou encore son frère Francis) et un petit nouveau qui reviendra souvent travailler avec le maître, John Carradine.

Et la femme forte, qu’on retrouve d’habitude ? Elle est là, c’est Peggy Mudd (Gloria Stuart) la femme du docteur : une femme énergique et amoureuse, capable de tout pour faire évader son mari. (3)

 

Le film de Ford me semble un peu à part dans sa filmographie. En effet, si on retrouve des têtes connues, on se trouve en présence d’un premier rôle – Warner « Cisco Kid » Baxter – qui ne s’imposera pas dans l’univers du réalisateur. Il faudra attendre encore un peu pour voir arriver Henry Fonda, et bien sûr John Wayne (qui avait déjà fait de la figuration chez Ford auparavant).

Le ton du film, de par sa gravité et l’aspect historique voire hagiographique (en ce qui concerne Lincoln), ne lui permet pas non plus les incursions humoristiques habituelles.

 

Un dernier mot enfin sur deux acteurs fordiens en diable : Francis, son frère qui interprète un militaire qui nous apparaît comme loin d’être sobre, mais qui a tout de même quelques répliques, ce qui n’arrivait pas toujours ; et le sempiternel et fidèle Jack Pennick dans le rôle du caporal chargé du sémaphore, et qui n’apparaît même pas dans la distribution – pourtant bien complète habituellement – du film par le site IMdB.

 

Un film de transition certes, mais tout de même de très belle facture.

 

 

  1. Le théâtre Ford, ça ne s’invente pas…
  2. Il reprendra ce personnage dans Young Mr. Lincoln avec Henry Fonda trois ans plus tard.
  3. C’est elle qui interprète le rôle de Rose âgée dans le Titanic de James Cameron : elle n’avait que 87 ans quand le film est sorti. Elle mourut treize ans plus tard, quelques semaines après sont centenaire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jon Favreau, #Western, #Science-Fiction
Cowboys and Aliens (Jon Favreau, 2011)

J’avoue qu’à sa sortie, le titre m’a intrigué. Encore une déclinaison d’Alien, après Aliens vs Predator en 2004.

Mais en fait non.

C’est un western, mais avec des aliens.

Et c’est là qu’est tout le sel du concept, et donc du film : pourquoi les Aliens auraient-ils décidé de venir nous visiter dans un futur plus ou moins proche, voire seulement pendant l’expansion du communisme ?

C’est donc un western et on retrouve quelques thèmes connus ainsi que des paysages grandioses à perte de vue, mais dans le même temps, c’est aussi un film de science-fiction, où on a une histoire de vaisseau spatial et d’envahisseurs aux visées on ne peut plus matérielles : trouver de l’or.

Bref, une rencontre au sommet entre deux genres spectaculaires, surtout dans le cinéma américain : l’Ouest et son essor d’un côté – le passé – et cette technologie très avancée – le futur. De plus, le choix de Daniel Craig et Harrison Ford assure à lui seul le succès du film.

 

Jake se réveille brusquement au milieu de nulle part, un étrange bracelet au bras gauche. Il a perdu la mémoire, mais se rend rapidement compte qu’il est rompu au combat.

Il arrive alors à Absalom (Nouveau-Mexique) où il est rapidement identifié : il s’appelle Jake Lonergan et est recherché pour différents méfaits dont l’attaque d’un fourgon transportant de l’or (on y revient).

Mais sur le point de partir se faire juger, il est pris dans une attaque par des OVNI (ce terme n’est absolument pas usurpé dans cette situation) et rapidement la donne change : qu’importe la justice, il va falloir s’occuper de ces importuns.

 

Jon Favreau, qui sort des deux premiers Iron Man, est un habitué des films à (grand) spectacle. Dans ce curieux film, il s’en donne à cœur joie, mêlant d’une certaine façon l’un des genres fondateurs du cinéma (le Western) et l’avenir, avec – et c’est là qu’est le talent – une magnifique utilisation des codes des deux genres cinématographiques : c’est une série de clins d’œil (hommages ?) au western ainsi qu’aux films de SF.

On retrouve un peu de Rio Bravo (et les deux autres films de la trilogie hawksienne) dans cette histoire de shérif (Keith Carradine) qui a l’intention d’amener le fils du plus riche éleveur du pays, malgré la mainmise de ce dernier sur la ville ; ou encore la séquence finale qui voit le héros repartir pendant que la ville s’agrandit comme chez Sergio Leone (Il était une Fois dans l’Ouest) et bien d’autres moments encore.

Et du côté SF, les Aliens de l’intrigue nous rappellent bien sûr celui de Ridley Scott, et la première véritable apparition des soucoupes volantes (qui n’ont bien sûr pas la forme de soucoupes) n’est pas sans rappeler l’arrivée du vaisseau amiral dans Rencontres du troisième Type.

 

Au final cela nous donne un film astucieux et très plaisant où deux grandes idées surnagent :

  • c’est de la différence que naît la richesse : les différents participants à la chasse aux étrangers, outre des cowboys un tantinet aguerris, on trouve un pasteur qui sait se servir d’un fusil (Clancy Brown), un docteur (Sam Rockwell), un jeune garçon (Noah Ringer), un chien, et bien sûr, une jolie femme aux yeux magnifiques (Olivia Wilde) mais aux origines plutôt obscures.
  • L’union fait la force : alors que traditionnellement (jusqu’aux années 1960s, donc) les Indiens et les cowboys sont ennemis farouches, et ici, une alliance se fait entre ces deux peuples, et ce malgré les idées originellement réactionnaires de Woodrow Dolarhye (Harrison Ford) ; de plus la bande de pillards dirigée par Jake s’invite à la curée, amenant une autre alliance, bienvenue dans ce combat pour la survie de l’espèce (rien que ça !).

 

Bref, c’est un film absolument réjouissant où la description de cet Ouest mythique est à la hauteur des espérances : la séquence dans le saloon est un passage obligé très bien rendu où on y trouve des musiciens qui s’effacent – avec les autres occupants du lieu – quand les choses se gâtent, amenant le point de suspension pendant lequel le temps s’arrête, juste assez pour annoncer une scène cruciale avec coups de poings et/ou coups de feu.

Sans oublier le courage de tous les protagonistes « Terriens » qui ne fuient pas en hurlant comme on peut le trouver habituellement lors d’une invasion extraterrestre.

C’est normal, nous sommes dans l’Ouest sauvage !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #Guy Hamilton
Les Diamants sont éternels (Diamonds are forever - Guy Hamilton, 1971)

Après le court intermède George Lazenby, Sean Connery est de retour, préféré à Adam « Batman » West. Mais il est tout de même difficile de passer après le magnifique Au Service secret de Sa Majesté.

Et le film souffre de la comparaison. Pourtant, c’est l’un des épisodes dont on se souvient le plus. En effet, outre le retour de Connery, c’est sa dernière participation dans le cycle officiel (1), et c’est surtout dans cette aventure qu’on retrouve un Blofeld mythique : c’est Charles Gray, qu’on avait déjà vu dans You only live twice, mais du côté des gentils.

 

Pour le reste, rien de bien nouveau : des poursuites en voitures, des James Bond Girls – une seule va jusqu’au bout – Blofeld donc, et une menace de niveau international.

J’oubliais. Un duo très particulier fait différentes apparitions pendant le film : Mr. Wint (Bruce Glover) et Mr. Kidd (Putter Smith). Ce sont deux tueurs aux allures très raffinées et un tantinet maniérés : aucun doute sur eux, ils sont homosexuels (2).

Autre curiosité du film, la présence ultime de Bruce Cabot, dans le rôle de Saxby : il mourut l’année suivante, mais on n’a pas oublié qu’il fut John Driscoll dans King Kong (3).

 

Mais malgré tout cela, on en arrive à s’ennuyer un peu. Sean Connery a vieilli (presque 10 ans le séparent de Dr. No. Et ses tempes sont grisonnantes) et son personnage a perdu en consistance (déjà qu’il n’y a que 2 girls…), laissant une plus grande part à Blofeld et son double.

Quant à Q (Desmond Llewelyn) et surtout Miss Moneypenny (Lois Maxwell), leur apparition est bien timide, et surtout Q n’a pas le loisir de gourmander l’agent secret.

Même l’attaque finale n’est pas aussi épique qu’avant : il était peut-être temps de passer la main.

Quant aux effets spéciaux, ça laisse un peu à désirer. En effet, nous sommes censés assister à des explosions nucléaires et le manque de moyen (est-ce dû au cachet mirobolant de Connery ?) fait ressembler ces mêmes explosions à des fumigènes. Et encore, les fumigènes sont plus épais.

 

Bref, peut-être est-ce le film de trop, toujours est-il que la relève se prépare et en clin d’œil à celui qui arrive, je vous laisse avec cette dernière remarque : avec M (Bernard Lee), Bond rencontre un spécialiste des diamants en la personne de Sir Donald Munger. Et ce personnage est interprété par Laurence Naismith, que nous connaissons bien, nous les spectateurs de la série Amicalement Vôtre, où on retrouve, dans le rôle de Brett Sinclair, le très British Roger Moore.

 

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire.

 

 

  1. Evitons de parler du film de 1983, on ne froissera personne…
  2. Cela amena une gentille plaisanterie dont Sean Connery fut la victime. Je vous laisse le soin de vous renseigner…
  3. Le vrai : celui de 1933 !

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