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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ken Loach, #Historique
Le Vent se lève (The Wind that shakes the barley - Ken Loach, 2006)

Le vent qui se lève, c’est celui qui fait frémir l’orge (titre original), comme dans le poème de Robert Dwyer Joyce, quand il évoque le soulèvement irlandais de 1798.

Mais ici, c’est surtout celui de la révolte irlandaise contre l’occupation britannique depuis 700 ans.

L’histoire commence normalement, par un match de hurling qui oppose différents jeunes gens, catholiques et protestants, ensemble pour partager un moment sportif, loin des préoccupations politiques de la guerre d’indépendance qui ravage le pays depuis 1919.

Parmi ces jeunes garçons : Damien O’Donovan (Cillian Murphy).

Il est témoin de la répression britannique auprès de la population : un de ses amis est tué par des soldats qui leur reprochaient leur match de hurling. Ensuite, c’est le personnel u train qui est molesté après avoir refusé de convoyer des militaires et des armes.

Damien n’hésite plus : il intègre l’IRA (1).

Commence alors un temps de lutte armée qui durera jusqu’à la création de la République, et même après, quand la guerre devient civile.

 

C’est un film admirable que nous offre Ken Loach avec ce Vent. C’est une magnifique fresque ordinaire où à chaque moment, on reste à un niveau humain. Pas d’héroïsme ni de gloire : seulement des hommes, et des femmes qui se battent pour leur liberté, après des siècles d’occupation anglaise.

Et encore une fois, Loach se penche sur la jeunesse, c’est jeunes gens qui sortent brutalement de l’enfance par la force des choses et surtout des armes.

Il n’y a rien d’épique dans ce conflit, seulement des êtres humains qui luttent pour ce qu’ils considèrent comme justes, qu’ils soient irlandais ou fidèles à la Couronne britannique.

 

Le choix d’acteurs irlandais (2) et d’anciens soldats britanniques renforce l’authenticité de cette fresque, évoquant les actions d’éclat (attaques de convois ou exécutions d’officiers dans un pub) et les moments beaucoup moins glorieux : l’exécution d’un traître de sang-froid. Quand on sait que ce traître doit avoir à peu près quinze ans, on comprend la tension et surtout la difficulté de l’entreprise.

Bien sûr, les Anglais sont les mauvais de l’histoire, mais jusqu’à un certain point : à un moment, ils s’en vont, mais les hostilités reprennent, entre ceux qui acceptent le traité de 1921 et les autres qui se regroupent derrière une nouvelle Armée Républicaine Irlandaise, et qui ne rendra les armes que près de 90 ans plus tard (3).

 

Ce film est d’autant plus beau que ce n’est pas un Irlandais qui l’a tourné. Et c’est pour cela qu’il atteint un haut niveau d’authenticité et aussi d’émotion. Loach ne filme pas en Irlandais. Ni même en Anglais. Il se contente – et c’est beaucoup pour un tel sujet – de rapporter des faits, des actions, des discussions, sans jamais prendre parti. Certes, on reste le plus souvent du côté irlandais. Mais il en va de même de films relatant une autre occupation historique : a-t-on reproché ce point de vue dans des films qui traitent de la Seconde Guerre Mondiale ?

Parce que c’est une guerre qui a amené l’occupation, et c’en est une autre qui la termina. Mais cette guerre d’indépendance amène aussi les conflits qui vont ravager l’Irlande du Nord pendant les décennies qui vont suivre.

Mais au lieu d’un cours magistral où on se concentre sur les grands noms qui ont fait la République d’Irlande (De Valera, Collins ou encore Connolly qui mourut après le soulèvement de 1916), on reste dans un petit périmètre.

Certes, on parle de Dublin ou de Londres, et certains vont s’y rendre pour négocier ou participer aux débats inévitables dans une telle situation.

Mais l’intrigue ne sort jamais de cette région du comté de Cork.

Le point le plus proche de Londres que Damien ait connu reste la gare où il ouvrira les yeux et s’engagera.

Pour le reste, c’est un conflit ordinaire où les morts s’accumulent et où aucune réjouissance n’a sa place. Seulement quand un cessez-le-feu sera promulgué, la fête pourra commencer.

Mais pour si peu de temps.

 

C’est un épisode douloureux qui nous est présenté mais qui a le mérite de nous montrer la portée véritable de ces événements : en effet, nous sommes loin des salons où furent débattus les points du traité, et nous voyons les effets qu’ils eurent sur la population, loin de ces mêmes villes qui accueillirent les débats.

 

  1. Irish Republican Army.
  2. Dont Liam « Davos Seaworth » Cunningham
  3. Février 2010.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Jon Favreau
Iron Man (Jon Favreau, 2008)

Tony Stark (Robert Downey Jr.) est riche.

Tony Stark est très riche.

En fait, Tony Stark est trop riche. Trop riche pour se soucier réellement de ses affaires, collectionnant les femmes dans son lit et vantant les mérites de sa holding : Stark Industries.

Sauf que Stark Industries construit et exporte des armes.

Le jour où Tony s’aperçoit que les armes qu’il a fait construire se retournent contre lui, il décide de changer.

Il va concentrer les technologies de sa firme pour mettre au point un prototype très particulier. Il s’agit d’une combinaison métallique dans laquelle un homme peut accomplir des prouesses extraordinaires, l’arme absolue.

Mais il n’est pas question de l’utiliser à des fins militaires, plutôt afin de redresser quelques injustices.

Il devient donc Iron Man.

 

Tout comme pour Captain America trois ans plus tard, nous assistons à la genèse d’un super-héros (1). Mais si Captain America s’est illustré pendant la deuxième guerre mondiale, Iron Man est en plein dans l’actualité, même dix ans après sa sortie.

Le déclencheur du changement de Stark est sa prise en otage par des guerriers afghans (2), alors qu’il remarque que ses armes servent à détruire ceux qu’elles devaient protéger.

Si cette expérience terrible va lui ouvrir les yeux, elle va aussi lui permettre de réaliser une première ébauche de ce qui va devenir le célèbre Iron Man, et en prime lui permettre de s’échapper.

 

Comme toujours dans un film de super-héros, il faut un adversaire à sa mesure, voire un  tantinet plus fort afin de justifier son statut. Alors qu’on pouvait penser que les soldats de la séquence d’ouverture feraient de bons ennemis, l’intrigue nous en propose un encore plus méchant : Obadiah Stane (Jeff « The Dude » Bridges), alias Iron Monger.

Un vrai méchant comme on les aime, un associé – voire un père putatif – qui ourdit dans l’ombre quelque projet avant de se révéler.

Bref, on n’est pas déçu par ce personnage.

 

Et puis il y a la femme. Si Stark collectionne les conquêtes féminines – dans un but exclusivement sexuel – il en est une qui ne le laisse pas indifférent : Miss Pepper Pots (Gwyneth Paltrow), sa femme de confiance.

Si à l’origine Pepper Potts est seulement secrétaire de Stark, elle est ici sa femme à tout faire, un pendant féminin d’Alfred chez Batman.

Mais si Alfred est avant tout un majordome et surtout un homme, Pepper Potts est plus qu’une servante : en plus d’être une femme, elle ne laisse pas le nouveau Stark indifférent.

Bref, il manquait une dimension romantique à l’histoire, elle est tout trouvée.

 

Avec ce film, Jon Favreau met en place progressivement la saga qui dure depuis dix ans, avec toutes ses ramifications et surtout l’apparition de la fameuse organisation S.H.I.E.L.D. qui va fédérer les super-héros.

En plus des scènes spectaculaires, l’intrigue est parsemée d’humour dont Robert Downey Jr. est un très bon vecteur. On s’amuse autant que ceux qui ont fait le film, en se disant que cette série part sur de bonnes bases.

Sans oublier bien sûr l’apparition de Stan Lee, confondu par Stark (?) avec Hugh Hefner, le patron de Playboy.

 

Et, encore une fois, il ne faut pas partir avant la toute fin du film : une dernière séquence nous présente un personnage central de la série, que je vous laisse donc découvrir…

 

  1. Créé par le duo mythique Jack Kirby et Stan Lee, Kirby laissant rapidement la place à Don Heck.
  2. Toute ressemblance avec des groupes armés d’Al-Qaeda ou de Daesh est loin d’être fortuite.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Sidney Lumet
Serpico (Sidney Lumet, 1973)

C’est une voiture de police qui transporte un homme, barbu, au visage ensanglanté.

Cet homme, c’est Frank Serpico, un policier qui vient de se faire tirer dessus.

Arrivé à l’hôpital, il se souvient. Il se souvient du jour de son intégration dans la police, et des devoirs qui lui incombaient.

Mais une fois sur le terrain, il s’aperçoit que la police est corrompue.

Alors il refuse. Il se retrouve alors avec une bonne partie de la police de New York sur le dos : tous ceux qui sont achetés et qui ne veulent pas que la manne s’arrête.

Et en plus, c’est une histoire vraie.

 

Il y a chez Sidney Lumet une part d’engagement dans certains films qu’il a réalisés. 12 Hommes en colère décrivait avec beaucoup de rigueur et une belle distribution une délibération en huis clos. Avec La Colline des hommes perdus, c’était un système qu’il dénonçait : un camp de prisonniers anglais que l’on matait à coups d’exercices inutiles et dégradants.

Ici, c’est tout un système policier qui est montré dans ce qu’il a de plus laid : la corruption.
On pensait le temps de la Prohibition révolu, mais Serpico nous ramène dans cette fange, au risque de sa propre vie (1).

En effet, quand le film sort, les événements racontés se sont terminés deux ans plus tôt. C’est encore une histoire brûlante pour la Ville de New York. De plus, comme annoncé à la fin du film, Serpico (le vrai) a démissionné l’année précédente.

 

Mais Serpico, c’est aussi l’immense Al Pacino – acteur privilégié de Sidney Lumet – alors entre deux Parrains. Et s’il ressemble à Michael Corleone au début du film, nous comprenons très rapidement qu’il n’en est rien du tout. Au contraire, il est un modèle d’honnêteté, au grand dam de ses collègues qui ne crachent pas sur un complément de salaire même s’il a l’odeur du crime (2) : il suffit de se boucher le nez.

Mais il y a chez Serpico une teinte christique : en effet, au fur et à mesure que le film avance, son système pileux facial s’étoffe de plus en plus jusqu’à ressembler à l’idée répandue de l’aspect de Jésus.

Et la balle qu’il reçoit (c’est pour ça qu’il est conduit à l’hôpital) n’est rien d’autre que sa crucifixion : ses « collègues » ne le soutiennent pas pour ce qu’il est : un mouchard qui remet en cause leur système de magouille. Encore une fois, on remarque que « nul n’est prophète en son pays ».

 

Mais là où Lumet réussit son film, c’est en nous montrant un super flic – honnête, humain, cultivé – qui n’a rien d’extraordinaire. En effet Serpico, à chaque instant, fait son travail : celui pour lequel il a prêté serment.

Certes, il a une drôle de façon de le faire. Enfin, c’est plutôt son apparence qui détone part rapport aux autres : ce sont ses cheveux longs et sa moustache puis la barbe qui le différencient des autres policiers en civil. Ses fréquentations aussi : il prend des cours d’Espagnol à l’université, rencontre une jeune fille qui l’introduit dans les milieux étudiants (etc.).

Pour le reste, il n’y a aucun éclat : il fait son boulot comme les autres. Et de la même façon, les autres – les corrompus – l’incluent dans leur système tout naturellement. Ils ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi Serpico refuse l’argent, allant jusqu’à lui mettre sa part de côté pour plus tard : c’est beaucoup plus tard qu’ils vont se dresser sur son chemin, quand l’enquête sera autre chose qu’une menace lointaine voire très faible.

 

Aux côtés d’Al Pacino, on retrouve une espèce de fine fleur des seconds rôles des années 1970s : Tony Roberts (Bob Blair, allié de Serpico) ; Jack Kehoe (Tom Keough, ex-ami par la force des choses) ou encore John Randolph (Sidney Green)…

Et les femmes ?

Elles ne sont pas nombreuses dans ce film d’hommes. Outre la femme qui se fait violer (Marjorie Elliot), on en trouve deux autres dans des rôles significatifs : Cornelia Sharpe (Leslie), qui apprend elle aussi l’espagnol ; et Barbara Eda Young dans le rôle de Laurie, qui s’installe un moment avec Serpico. (3)

Ces deux femmes représentent bien les mentalités de l’époque : entre l’amour libre (Leslie) et le souhait d’une vie rangée avec enfants (Laurie). Mais Leslie y viendra et quittera d’ailleurs le policier. Laurie aussi le quittera : il n’y a pas de place pour quelqu’un d’autre dans la vie de Serpico.

 

C’est donc un homme seul – comme Jésus – qui doit aller jusqu’au bout de son calvaire mais au final, il rachètera la Police en amenant une gigantesque lessive qui ira au plus haut.

Oui, Serpico est le Rédempteur. Que voulez-vous : c’est un film américain.

 

  1. Aux dernières nouvelles, il a fêté ses 82 ans cette année.
  2. Vespasien avait tort !
  3. J’oubliais Mildred Clinton, dans le rôle de Maman Serpico.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Ford, #Western, #Prison
Je n'ai pas tué Lincoln (The Prisoner of Shark Island - John Ford, 1936)

9 avril 1865 : fin de la Guerre Civile aux Etats-Unis.

14 avril 1865 : Abraham Lincoln (Frank McGlynn Sr.) est assassiné par John Wilkes Booth (Francis McDonald).

En s’enfuyant, Booth se casse la jambe. Dans sa cavale, il est soigné par le docteur Samuel A. Mudd (Warner Baxter) qui ne l’a pas reconnu.

Mais cette assistance va vite le desservir : il est condamné à la perpétuité pour conspiration et complicité dans l’assassinat du président.

Il se retrouve alors sur une île de Floride qui sert de pénitencier dont le nom indique clairement sa caractéristique première : Shark Island (L’Ile aux requins).

 

Commençons par préciser quelques éléments : non Shark Island, en tant que telle n’existe pas, et le docteur n’avait pas un enfant, il en avait quatre, etc.

Non, ce qui nous intéresse, c’est justement l’existence de ce docteur, condamné – semble-t-il – à tort d’avoir participé à l’assassinat d’un président très cher aux Américains.

Et Lincoln, s’il n’apparaît pas longtemps (et pour cause), c’est un homme bon et consensuel, qui demande même à la fanfare de jouer Dixie, l’hymne des Confédérés : passée la surprise, les « vainqueurs » accueillent avec enthousiasme cet hymne interdit pendant ces quatre dernières années.

Puis, c’est le jour terrible qui vit la fin de ce grand président : John Ford a fait recréer le théâtre (1) où eut lieu l’événement, comme Griffith une vingtaine d’années auparavant.

Et la mort de Lincoln est en plus très symbolique : si Booth le tue comme l’avait déjà fait Raoul Walsh sur Joseph Henabery, c’est ensuite qu’il y a toute l’admiration de Ford pour cet être qui devient légendaire : un véritable voile est tiré devant lui dans une posture qui n’a rien d’un assassiné, mais plutôt un vieil homme – un patriarche ou un vieux père, celui de la Nation – qui s’est éteint doucement devant nous, et dont l’image se brouille alors que le quadrillage du voile s’impose.

Bref, c’est une très belle conclusion pour cette séquence de reconstitution : l’hommage d’un géant du cinéma pour un géant tout court pour lequel Ford avait une très grande admiration (2).

 

Bien sûr, c’est la dernière demi-heure qui retient toute notre attention : la période d’enfermement. A ce moment, le film bascule dans le thème carcéral où point le sadisme d’un gardien anéanti par l’assassinat de Lincoln. En effet, le sergent Rankin (John Carradine) va en faire baver à Mudd, mais seulement à lui pour ce qu’il a été condamné : sa violence ne s’exerce que contre Mudd, il n’y a pas l’aspect tortionnaire qu’on pourra trouver dans les films pénitentiaires ultérieurs.

De plus, il n’est pas question de l’incarcération en tant que telle, mais plus du rôle – véritable – qu’a joué Mudd dans l’épidémie de fièvre jaune qui a décimé la prison et qui lui permit d’être libéré pour conduite héroïque.

 

Et Ford, même si le film n’a pas le ton un tantinet humoristique qu’on trouve dans ces autres films, arrive tout de même à recréer un microcosme dans cette prison : on y retrouve avec plaisir quelques habitués du cinéaste (Harry Carey, Jack Pennick ou encore son frère Francis) et un petit nouveau qui reviendra souvent travailler avec le maître, John Carradine.

Et la femme forte, qu’on retrouve d’habitude ? Elle est là, c’est Peggy Mudd (Gloria Stuart) la femme du docteur : une femme énergique et amoureuse, capable de tout pour faire évader son mari. (3)

 

Le film de Ford me semble un peu à part dans sa filmographie. En effet, si on retrouve des têtes connues, on se trouve en présence d’un premier rôle – Warner « Cisco Kid » Baxter – qui ne s’imposera pas dans l’univers du réalisateur. Il faudra attendre encore un peu pour voir arriver Henry Fonda, et bien sûr John Wayne (qui avait déjà fait de la figuration chez Ford auparavant).

Le ton du film, de par sa gravité et l’aspect historique voire hagiographique (en ce qui concerne Lincoln), ne lui permet pas non plus les incursions humoristiques habituelles.

 

Un dernier mot enfin sur deux acteurs fordiens en diable : Francis, son frère qui interprète un militaire qui nous apparaît comme loin d’être sobre, mais qui a tout de même quelques répliques, ce qui n’arrivait pas toujours ; et le sempiternel et fidèle Jack Pennick dans le rôle du caporal chargé du sémaphore, et qui n’apparaît même pas dans la distribution – pourtant bien complète habituellement – du film par le site IMdB.

 

Un film de transition certes, mais tout de même de très belle facture.

 

 

  1. Le théâtre Ford, ça ne s’invente pas…
  2. Il reprendra ce personnage dans Young Mr. Lincoln avec Henry Fonda trois ans plus tard.
  3. C’est elle qui interprète le rôle de Rose âgée dans le Titanic de James Cameron : elle n’avait que 87 ans quand le film est sorti. Elle mourut treize ans plus tard, quelques semaines après sont centenaire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jon Favreau, #Western, #Science-Fiction
Cowboys and Aliens (Jon Favreau, 2011)

J’avoue qu’à sa sortie, le titre m’a intrigué. Encore une déclinaison d’Alien, après Aliens vs Predator en 2004.

Mais en fait non.

C’est un western, mais avec des aliens.

Et c’est là qu’est tout le sel du concept, et donc du film : pourquoi les Aliens auraient-ils décidé de venir nous visiter dans un futur plus ou moins proche, voire seulement pendant l’expansion du communisme ?

C’est donc un western et on retrouve quelques thèmes connus ainsi que des paysages grandioses à perte de vue, mais dans le même temps, c’est aussi un film de science-fiction, où on a une histoire de vaisseau spatial et d’envahisseurs aux visées on ne peut plus matérielles : trouver de l’or.

Bref, une rencontre au sommet entre deux genres spectaculaires, surtout dans le cinéma américain : l’Ouest et son essor d’un côté – le passé – et cette technologie très avancée – le futur. De plus, le choix de Daniel Craig et Harrison Ford assure à lui seul le succès du film.

 

Jake se réveille brusquement au milieu de nulle part, un étrange bracelet au bras gauche. Il a perdu la mémoire, mais se rend rapidement compte qu’il est rompu au combat.

Il arrive alors à Absalom (Nouveau-Mexique) où il est rapidement identifié : il s’appelle Jake Lonergan et est recherché pour différents méfaits dont l’attaque d’un fourgon transportant de l’or (on y revient).

Mais sur le point de partir se faire juger, il est pris dans une attaque par des OVNI (ce terme n’est absolument pas usurpé dans cette situation) et rapidement la donne change : qu’importe la justice, il va falloir s’occuper de ces importuns.

 

Jon Favreau, qui sort des deux premiers Iron Man, est un habitué des films à (grand) spectacle. Dans ce curieux film, il s’en donne à cœur joie, mêlant d’une certaine façon l’un des genres fondateurs du cinéma (le Western) et l’avenir, avec – et c’est là qu’est le talent – une magnifique utilisation des codes des deux genres cinématographiques : c’est une série de clins d’œil (hommages ?) au western ainsi qu’aux films de SF.

On retrouve un peu de Rio Bravo (et les deux autres films de la trilogie hawksienne) dans cette histoire de shérif (Keith Carradine) qui a l’intention d’amener le fils du plus riche éleveur du pays, malgré la mainmise de ce dernier sur la ville ; ou encore la séquence finale qui voit le héros repartir pendant que la ville s’agrandit comme chez Sergio Leone (Il était une Fois dans l’Ouest) et bien d’autres moments encore.

Et du côté SF, les Aliens de l’intrigue nous rappellent bien sûr celui de Ridley Scott, et la première véritable apparition des soucoupes volantes (qui n’ont bien sûr pas la forme de soucoupes) n’est pas sans rappeler l’arrivée du vaisseau amiral dans Rencontres du troisième Type.

 

Au final cela nous donne un film astucieux et très plaisant où deux grandes idées surnagent :

  • c’est de la différence que naît la richesse : les différents participants à la chasse aux étrangers, outre des cowboys un tantinet aguerris, on trouve un pasteur qui sait se servir d’un fusil (Clancy Brown), un docteur (Sam Rockwell), un jeune garçon (Noah Ringer), un chien, et bien sûr, une jolie femme aux yeux magnifiques (Olivia Wilde) mais aux origines plutôt obscures.
  • L’union fait la force : alors que traditionnellement (jusqu’aux années 1960s, donc) les Indiens et les cowboys sont ennemis farouches, et ici, une alliance se fait entre ces deux peuples, et ce malgré les idées originellement réactionnaires de Woodrow Dolarhye (Harrison Ford) ; de plus la bande de pillards dirigée par Jake s’invite à la curée, amenant une autre alliance, bienvenue dans ce combat pour la survie de l’espèce (rien que ça !).

 

Bref, c’est un film absolument réjouissant où la description de cet Ouest mythique est à la hauteur des espérances : la séquence dans le saloon est un passage obligé très bien rendu où on y trouve des musiciens qui s’effacent – avec les autres occupants du lieu – quand les choses se gâtent, amenant le point de suspension pendant lequel le temps s’arrête, juste assez pour annoncer une scène cruciale avec coups de poings et/ou coups de feu.

Sans oublier le courage de tous les protagonistes « Terriens » qui ne fuient pas en hurlant comme on peut le trouver habituellement lors d’une invasion extraterrestre.

C’est normal, nous sommes dans l’Ouest sauvage !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #James Bond, #Guy Hamilton
Les Diamants sont éternels (Diamonds are forever - Guy Hamilton, 1971)

Après le court intermède George Lazenby, Sean Connery est de retour, préféré à Adam « Batman » West. Mais il est tout de même difficile de passer après le magnifique Au Service secret de Sa Majesté.

Et le film souffre de la comparaison. Pourtant, c’est l’un des épisodes dont on se souvient le plus. En effet, outre le retour de Connery, c’est sa dernière participation dans le cycle officiel (1), et c’est surtout dans cette aventure qu’on retrouve un Blofeld mythique : c’est Charles Gray, qu’on avait déjà vu dans You only live twice, mais du côté des gentils.

 

Pour le reste, rien de bien nouveau : des poursuites en voitures, des James Bond Girls – une seule va jusqu’au bout – Blofeld donc, et une menace de niveau international.

J’oubliais. Un duo très particulier fait différentes apparitions pendant le film : Mr. Wint (Bruce Glover) et Mr. Kidd (Putter Smith). Ce sont deux tueurs aux allures très raffinées et un tantinet maniérés : aucun doute sur eux, ils sont homosexuels (2).

Autre curiosité du film, la présence ultime de Bruce Cabot, dans le rôle de Saxby : il mourut l’année suivante, mais on n’a pas oublié qu’il fut John Driscoll dans King Kong (3).

 

Mais malgré tout cela, on en arrive à s’ennuyer un peu. Sean Connery a vieilli (presque 10 ans le séparent de Dr. No. Et ses tempes sont grisonnantes) et son personnage a perdu en consistance (déjà qu’il n’y a que 2 girls…), laissant une plus grande part à Blofeld et son double.

Quant à Q (Desmond Llewelyn) et surtout Miss Moneypenny (Lois Maxwell), leur apparition est bien timide, et surtout Q n’a pas le loisir de gourmander l’agent secret.

Même l’attaque finale n’est pas aussi épique qu’avant : il était peut-être temps de passer la main.

Quant aux effets spéciaux, ça laisse un peu à désirer. En effet, nous sommes censés assister à des explosions nucléaires et le manque de moyen (est-ce dû au cachet mirobolant de Connery ?) fait ressembler ces mêmes explosions à des fumigènes. Et encore, les fumigènes sont plus épais.

 

Bref, peut-être est-ce le film de trop, toujours est-il que la relève se prépare et en clin d’œil à celui qui arrive, je vous laisse avec cette dernière remarque : avec M (Bernard Lee), Bond rencontre un spécialiste des diamants en la personne de Sir Donald Munger. Et ce personnage est interprété par Laurence Naismith, que nous connaissons bien, nous les spectateurs de la série Amicalement Vôtre, où on retrouve, dans le rôle de Brett Sinclair, le très British Roger Moore.

 

Mais bien sûr, ceci est une autre histoire.

 

 

  1. Evitons de parler du film de 1983, on ne froissera personne…
  2. Cela amena une gentille plaisanterie dont Sean Connery fut la victime. Je vous laisse le soin de vous renseigner…
  3. Le vrai : celui de 1933 !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Albert Dupontel, #Comédie
9 Mois ferme (Albert Dupontel, 2013)

Elle a 40 ans.

Elle est juge.

Elle est célibataire.

Voilà qui résume parfaitement la vie d’Ariane Felder (Sandrine Kiberlain, superbe).

On peut juste ajouter qu’elle va bientôt monter d’un cran dans la hiérarchie judiciaire.

Mais ça, c’était avant. Avant qu’elle participe au Réveillon du Barreau, le 31 décembre 2012.

Parce que ce soir là s’est terminé bizarrement : elle n’en a aucun souvenir le lendemain, ni les jours suivants.

Mais une chose est sûre : elle est enceinte. Et la procréation aurait eu lieu cette fameuse nuit…

Et comme il semble qu’en plus le « père » est un truand notoire (1) – Robert « Bob » Nolan (Albert Dupontel) – c’est toute sa vie qui se met à basculer…

 

C’est une très belle comédie que nous propose Dupontel, quatre ans après son film précédent (Le Vilain), où il retrouve d’ailleurs quelques acteurs qui y participaient.

Cette histoire absolument improbable est magnifiquement mise en scène, allant au-delà de ce qui aurait pu n’être qu’un affrontement entre deux mondes : la Loi d’un côté, et la truande de l’autre.

En effet, c’est Ariane qui présente l’intrigue (résumée ci-dessus), juge intraitable et cynique ne vivant que pour et par la Loi, ce qui explique la dichotomie manichéenne.

En face, Bob Nolan représente tout ce qu’elle combat : ignare, inculte et légèrement déficient intellectuellement, mais surtout il est un délinquant.

Mais si la vie était si simple, ça se saurait, et surtout, il n’y aurait pas ce film !

 

Albert Dupontel, avec Bob Nolan, retrouve certains de ses personnages de scène, du temps où il tournait avec son one-man-show. Ce Nolan ressemble étrangement à ce jeune garçon qui expliquait Rambo qu’il venait voir, jouant en plus du récit avec des modulations de voix pertinentes.

Autour de ces deux personnages forts, Albert Dupontel a jouté quelques personnages loufoques – surtout parmi les magistrats – interprétés avec justesse par des habitués du réalisateur (Philippe Uchan  en juge ou Nicolas Marié en avocat), donnant une autre dimension comique au film.

En effet, la situation duelle initiale ne suffit pas à assurer le comique du film. Avec ces deux « ténors » du barreau, Dupontel ajoute une dimension sonore (l’élocution de l’avocat, dont on se demande s’il a pu un jour gagner un procès) ainsi qu’une teinte burlesque avec le juge qui se prend régulièrement des choses sur la tête.

Cet aspect burlesque s’étend à d’autres moments du film, utilisant alors des ressorts du cinéma muet : outre les objets qui assomment, on l’errance d’Ariane après le réveillon et ce qui s’ensuivit, ainsi qu’un traducteur en langue des signes très particulier (2).

 

Mais tout cela fonctionne surtout grâce à la narration. En effet, rapidement, Ariane ne commente plus rien et Dupontel (réalisateur) prend les commandes, alternant avec talent les éléments comiques et les moments plus émouvants, aidé par Sandrine Kiberlain absolument magnifique.

Encore une fois, c’est un acteur qui est derrière la caméra, et le film s’en ressent, au-delà de la maîtrise technique.

Et la séquence finale qui voit Ariane et Bob au-dessus du berceau résume à elle seule tout le ton du film.

Un grand moment.

Encore.

 

  1. « globophobe » : il mange les yeux de ses victimes.
  2. Petite apparition d’un artiste du cinéma muet…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gilles Lellouche
Le grand Bain (Gilles Lellouche, 2018)

Il y a dans le cinéma français une tradition de films de copains qui remonte à un certain temps : l’un des plus beaux est certainement La belle Equipe de Duvivier, et Yves Robert nous gratifia d’une série de films sur le même thème avec en point d’orgues les quadra de Un Eléphant ça trompe énormément et sa suite.

Le film de Lellouche se situe dans cette même mouvance où le rire se mêle à l’émotion quand ce n’est pas le contraire.

 

Ils sont six hommes, avec une femme, puis sept, et puis une autre femme arrive, et puis finalement un huitième vient compléter l’équipe.

Parce que c’est avant tout une équipe. Ce ne sont pas des « bras cassés » mais ils n’en sont tout de même pas loin : chacun ses problèmes, ses névroses et sa dépression.

Un chef d’entreprise, un pompier, un vendeur de meubles laids, un factotum de piscine qui ne sert qu’à ranger les bouées…

C’est une formidable équipe de solitaires.

Et ces solitaires vont se retrouver pour un pari absolument insensé : participer au championnat du monde de natation synchronisée… Masculine ! (1)

Mais c’est parce que ce rêve est complètement fou voire improbable que ça marche.

 

En plus d’être un film de copain, c’est un film d’acteur(s) : on y retrouve quelques noms de quinquas du cinéma français et francophone (Benoît Poelvoorde), voire un sexa (Jean-Hughes Anglade).

Et à la direction, on retrouve un autre acteur – Gilles Lellouche – qui dirige avec aisance sa bande de nageurs.

C’est – enfin – le premier film de Lellouche tout seul et on comprend ses commentaires enthousiastes quant à sa direction : chacun a sa place, certains en ont une lus grande que les autres, mais on arrive alors à un équilibre entre ces différents hommes qui n’ont certes pas le profil attendu dans une telle discipline.

 

Et puis, il y a les femmes. Les deux coachs (comme on dit) – Delphine (Virginie Efira) et Amanda (Leïla Bekhi) – deux femmes complémentaires et anciennes amies jusqu’à l’accident qui a brisé leurs vie : l’une en fauteuil qui ne peut plus nager comme avant et l’autre obligée d’abandonner car ayant perdu son alter ego.

Ces deux femmes sont absolument différentes : dans leur savoir faire et surtout dans leur savoir être : si Delphine est calme et toujours à l’écoute de ses garçons, Amanda est le sergent instructeur qu’il fallait à cette bande de vieux dépressifs.

Il y a dans Amanda toute la rage de ne plus pouvoir évoluer dans l’eau comme avant et cette rage est encore plus forte avec ces hommes qui ne réalisent pas la chance qu’ils ont de pouvoir nager en rythme. Et surtout, Amanda est peut-être la personne la plus saine du groupe, cachant ses faiblesses derrière une violence verbale exacerbée : véritable défouloir contre l’injustice de la vie qui l’a laissée en fauteuil.

 

Et les autres ? Elles sont trois : une mère (Claire Nadeau) une femme (Marina Foïs) et une fille (Noée Abita).

Elles représentent les générations du film :

La mère de Laurent (Guillaume Canet), abandonnée dans une maison de retraite de type « Thoiry » (2), mais surtout atteinte de troubles psychiques la faisant passer de l’amour à la haine, ce qui explique son abandon, par un fils qui ne peut pas assumer cette parentalité brutale voire violente. C’est le nœud du problème de Laurent, celui qu’il doit dénouer afin d’être en paix.

La femme de Bertrand (Mathieu Amalric), véritable pilier du foyer, malheureuse de voir son « mec » déprimer mais qui reste neutre par rapport à sa maladie : jamais elle ne critique son apathie ou ne le plaint de son état. Et il y a chez Marina Foïs la justesse qu’il fallait à ce personnage sans cesse en équilibre et surtout équilibrée dans la lente dérive chronique de Bertrand.

Et la dernière, Lola, la fille de Simon, le raté. Musicien raté, chanteur ringard, père pas vraiment à la hauteur. Et Lola, qui l’aime quand même, malgré tout ça, même si c’est difficile. C’est peut-être pour elle que c’est le plus difficile, parce qu’elle n’est pas aussi armée que peuvent l’être les autres femmes, et surtout, c’est difficile d’assumer un tel père.

 

Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’une comédie et si les dépressifs sont rarement drôles, ici nous avons Benoît Poelvoorde et Philippe Katerine. Ce sont deux gros nases, chacun dans son style, mais tout de même attachants, surtout Philippe Katerine.

Il faut dire aussi que Benoît Poelvoorde est encore une fois magnifique, alors pas besoin d’en rajouter…

A eux deux, et de façon totalement différente, ils sortent le film de ce qui aurait pu être une nouvelle histoire larmoyante (avec ou sans mouchoir, malgré la présence de Guillaume Canet) pour lui donner une dimension comique qui s’inscrit dans la durée (3). Certes, le cinéma français (qui se prononce comme le béret de Pierre Prévert, si vous voyez de qui je veux parler) n’aime pas beaucoup les succès comiques et préfère souvent s’émerveiller devant un Godard ou pire encore un Rohmer.

 

En ce qui me concerne – et vous avez le droit de ne pas m’approuver – je persiste : quand on assiste à une belle comédie enlevée, il ne faut surtout pas bouder son plaisir.

 

  1. Et le gagner : puisqu’on en est à rêver, autant aller jusqu’au bout.
  2. Incompréhensible sans voir le film.
  3. Le succès du film une dizaine de jours après sa sortie semble me donner raison.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Joe Johnston
Captain America: First Avenger (Joe Johnston, 2011)

Une expédition polaire met à jour une curieuse structure métallique : c’est une sorte de vaisseau mâtiné d’un bombardier qui renferme à son bord un homme congelé : Steve Rogers (Chris Evans).

Voilà près de 70 ans qu’il est prisonnier des glaces.

Steve Rogers était alors connu sous une autre identité : Captain America.
Tout a commencé en 1942, alors que les Etats-Unis enrôlaient à tour de bras des jeunes hommes pour aller casser du nazi.

Parmi eux, un avorton : Steve Rogers.

 

Captain America est un personnage de l’univers Marvel qui fut avant tout créé en vue d’une propagande antinazie dès décembre 1940 (1), d’où cette intrigue en plein cœur de la deuxième Guerre Mondiale, à un moment où le rapport de forces est en train de s’inverser.

Il est clair qu’un cinéaste comme Joe Johnston – élevé au Starwars et Indiana Jones en passant par Jurassic Park III – ne peut que s’épanouir dans ce genre de film. Et c’est ce qui se passe.

Reprenant le personnage dès le début, il nous propose de solides bases pour ce personnage d’Avenger (vengeur) – le premier, nous dit le titre, mais c’est faux – aux valeurs nobles et américaines.

 

La première partie du film est à mon avis la plus réjouissante : Chris Evans, qui a abandonné sa combinaison de quatrième fantastique (la Torche Humaine) nous apparaît comme un homme et, comme chantait Renaud, « épais comme un sandwich SNCF » (Marche à l’Ombre). Il a toute l’apparence d’un petit garçon dans un monde – hostile, bien entendu – de grands. Même l’agent Carter (Hayley Atwell) le dépasse largement !

Evidemment, son enfance est rythmée par les raclées qu’il dut subir par ses pairs autrement plus forts que lui.

Bien sûr, le peu d’entraînement que nous voyons n’est pas à son avantage, mais ses qualités n’en demeurent pas moins essentielles : une intelligence contrebalançant sa faiblesse physique ainsi qu’une grandeur d’âme augmentée d’un sens du sacrifice, deux qualités qui lui vaudront d’être désigné par le docteur Erskine (Stanley Tucci), inventeur d’un sérum qui décuple les aptitudes physiques et intellectuelles.

Mais si ce sérum rend le gentil Steve invulnérable et brillant, un personnage mauvais et un peu dérangé mentalement en deviendrait un Méchant superlatif.

Et c’est là qu’intervient le docteur Johann Schmidt (Hugo Weaving), alias Red Skull (Crâne rouge).

 

Red Skull est un méchant magnifique : intelligent et cruel appartenant aux terribles armées nazies, mais à l’ambition surdimensionnée : pourquoi se contenter de l’Europe quand on peut conquérir le monde ?

Hugo Weaving endosse à nouveau le rôle du méchant, et chose amusante, le nom de Schmidt est le pendant allemand de Smith, comme le nom d’un autre méchant qu’il interpréta à trois reprises dans la trilogie Matrix.

 

Avec ce film, Johnston nous propose la genèse de ce super-héros ultra américain dont la combinaison un tantinet ridicule est aussi prétexte à gags, surtout dans la première partie du film qui le voit encourager les Américains à acheter les fameux Bons de la Défense : il ne faut surtout pas oublier l’humour inhérent aux films estampillés Marvel.

Même si la deuxième partie du film – les missions – est un ton en dessous, le déroulement des différentes péripéties est mené tambour battant avec une superbe débauche d’effets spéciaux. Un vrai régal.
Et quand le film se termine, nous faisons la connaissance d’un personnage-clé dans les futures aventures des Avengers (Steve Rogers et les autres), un homme borgne avec ce qui ressemble à un bandeau de pirate (ou de Moshe Dayan, si vous voyez qui je veux dire) : Nick Fury (Samuel L. Jackson).

Et plus important encore (?), parmi les scientifiques des Alliés, on trouve Howard Stark (Dominic Cooper), père de Tony, déjà patron de Stark Industries.

 

Et comme on est chez Marvel, si on attend patiemment la fin du générique, on a droit à une séquence supplémentaire, annonçant le prochain film…

 

 

PS : En prime, une référence anachronique à Indiana Jones. Saurez-vous la retrouver ?

 

  1. Dessiné par Jack Kirby et scénarisé par Joe Simon, arrêté après la guerre avant d’être repris par le même Kirby et Stan Lee dans les années 1960. On peut – encore une fois – apercevoir ce même Stan Lee dans le film, cherchez bien…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Science Fiction
Ready Player one (Steven Spielberg, 2018)

Nouveau thème exploré par Spielberg : les jeux vidéo.

A une époque où le virtuel est très développé, le grand Steven nous propose un film synthèse de ce thème, où évidemment, le numérique et surtout ses effets sont omniprésents. Pas étonnant qu’il ait eu le temps de faire le fabuleux Pentagon Papers pendant ce temps-là.

Bien entendu, les amateurs de jeux vont s’y retrouver, encore que beaucoup ont été déçus par ce film qui s’approprie allègrement l’univers des gamers sans toutefois oublier que nous sommes au cinéma, et que donc les références à mon art préféré sont légions.

Vous vous doutez bien que j’ai beaucoup apprécié ce film. [Pour ceux qui n’ont pas aimé, je vous donne rendez-vous demain pour un autre film…]

Non pas pour les jeux – même si je ne crache pas de temps en temps sur une petite escapade Lord of the Rings – mais pour cet univers semi-réel semi-virtuel (re)créé devant nous avec débauche d’effets parfois époustouflants.

 

Le véritable talent de Spielberg, dans ce film est le passage continu d’un univers à l’autre, tout en conservant l’idée que c’est avant tout un jeu.

Le monde dans lequel Wade « Parzival » Watts (Tye Sheridan) évolue est franchement glauque, tirant plus vers le bidonville que vers la résidence privative.

Mais dès la première séquence qui voit Wade sortir de chez lui et se rendre vers son espace de gamer donne le ton : sa descente plus ou moins périlleuse à travers un labyrinthe de structures empilées qui servent d’appartements est un très beau clin d’œil aux jeux de plateforme : il faut grimper, utiliser des cordes ou sauter pour passer d’un niveau à l’autre.

La vie de Wade est avant tout un grand espace de jeu avant de devenir un autre univers quand il revêt sa combinaison de joueur.

Ce passage du jeu à la vraie vie et inversement et le destin des avatars nous rappellent d’une certaine façon Tron, où quand ces derniers mouraient, le jeu était fini.

Mais alors que Tron bénéficiait des lointains balbutiements des effets numériques, ici Spielberg utilise ce qui se fait de mieux en 2017 pour nous proposer des aventures autrement plus spectaculaires.

Avec surtout le souci de réalisme, sinon de l’intrigue, du moins des personnages et des décors. Et en cela, il reste dans la lignée des développeurs de jeu vidéo qui ont (presque) toujours recherché le réalisme dans les jeux proposés.

 

Mais alors que l’intrigue est censée se passer en 2045, la plupart des références relèvent des années 1980, voire de la fin des années 1970 : les jeux comme Space Invaders ou Adventure (devenus cultes auprès des gamers) ainsi que la musique qui accentue ce décalage.

On a beau être plus de 60 ans après cette période, elle s’impose inexorablement. Bien sûr, ces indices anachroniques ne sont pas tous compréhensibles par le plus jeune public, mais ils ne sont pas un frein pour comprendre et apprécier ce film.

Tout de même, certaines références sont on ne peut plus savoureuse : la Grenade Sacrée (« Holy Handgrenade ») de Sacré Graal ou le Zemeckis Cube – qui, bien sûr vous fait voyager dans le temps (1) – sont parmi les très belles trouvailles du scénario dont le point culminant reste – pour moi -  l’emprunt à Shining lors de la deuxième épreuve.

C’est une séquence qui reprend les moments forts du film (2) avec le recul nécessaire pour ne pas heurter le plus jeune public (3) : le labyrinthe (encore un), la chambre 237 et la salle de balle, sans oublier la photo du 4 juillet (etc.), se retrouvent dans une adaptation jubilatoire ! (4)

 

Et puis il y a le méchant. Spielberg a fait appel à Ben Mendelsohn (il est Nolan Sorrento), méchant patenté du magnifique Rogue One, et qui interprète ici le Boss, dans les deux sens du terme.

D’un côté il est le patron d’IOI, la marque concurrente de la firme créée par James Donovan Halliday (Mark Rylance, pour sa troisième collaboration avec Spielberg) : un homme sans scrupule, informaticien raté et jaloux.

De l’autre il est le « Boss » du jeu dans lequel évolue Wade et ses amis, ART3MIS (Olivia Cooke) ou encore Aech (Lena Waithe) pour ne  citer qu’eux : un personnage maléfique aux pouvoirs extraordinaires et de ce fait difficile à battre avant de terminer victorieux ce même jeu.

 

Mais Wade est aussi Parzival, et cette parenté onomastique est on ne peut plus pertinente : l’œuf, but ultime des joueurs, n’est rien d’autre que le Graal convoité par le jeune et pur chevalier, ce qui, en plus, nous ramène à la Grenade des Monty Python.

Quant à Halliday, son dernier avatar ne laisse aucun doute sur son essence et le fait qu’il soit à l’origine de cette grande quête.

 

Je comprends que beaucoup ne soient pas rentrés complètement dans ce film. Pour ma part, je le reverrai avec un certain plaisir (voire un plaisir certain) afin d’y découvrir d’autres éléments qui m’ont échappé.

Et surtout parce que, malgré tout, c’est aussi ce que je recherche dans un film : m’évader, le temps d’une intrigue, avant de retourner dans ma réalité, pas toujours rose, mais pas toujours noire non plus…

 

 

  1. Sans oublier la voiture conduite par Wade…
  2. Le film est déjà un film fort. Alors je parle des séquences encore plus fortes : emblématiques !
  3. L’universalité des films de Spielberg…
  4. Je n’aime pas ce mot, mais il faut avouer que c’est celui qui décrit le mieux mon ressentir pendant cette séquence.

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