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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Théâtre, #Comédie, #lexis Michalik
Edmond (Alexis Michalik, 2019)

Le théâtre, c’est la vie.

Mais le théâtre, c’est aussi l’illusion. Et de ce point de vue, le film d’Alexis Michalik en est une très belle.

Dès l’ouverture, on plante le décor : nous sommes à Paris en 1897, et Edmond Rostand (Thomas Solivérès) sort d’un échec avec sa dernière pièce – La Princesse lointaine – et ce malgré la présence de l’immense Sarah Bernhardt (Clémentine Célarié).

Va suivre l’élaboration puis la création de l’une des pièces du répertoire français les plus jouées, (1).

 

Tout comme l’œuvre de Rostand, ce film ne fut pas si facile que ça à créer.

En effet, Alexis Michalik a tout d’abord en a fait une pièce de théâtre, n’ayant pas la possibilité d’en faire un film. Heureusement, cette pièce en fut un succès, sinon, on ne pourrait pas voir ce très beau film.

Nous assistons alors à l’histoire improbable de cette œuvre, sur une période courte, la pièce s’allonger selon les rebondissements d’une intrigue qui ne cesse d’évoluer en fonction de l’inspiration de Rostand ou des caprices des acteurs, et surtout de la comédienne principale : Maria Legault (Mathilde Seigner).

 

Mais surtout, c’est le parallèle entre l’œuvre de Rostand et celle de Cyrano auprès de Christian qui nourrit le film. En effet, à l’instar de son personnage, Edmond écrit à la femme que son ami Léo (Tom Leeb, le fils de) aime, n’étant pas très habile dans le maniement de la langue.

Parce que la langue est l’enjeu de cette pièce. En effet, Rostand a réussi, avec cette œuvre, à remettre au goût du jour les alexandrins, donnant à sa pièce en plus du panache inhérent à son personnage principal. Ces alexandrins qui alourdissaient ses œuvres antérieures font tout le sel de cette création : On en arrive alors, à chaque intervention / à retrouver ce rythme à chaque élocution… (2)

 

Mais le succès du film est aussi dû à ses interprètes. Caque actrice, chaque acteur nous livre une performance généreuse et absolument dans le ton. D’Olivier Gourmet (le truculent Coquelin) à Dominique Pinon (Lucien, le régisseur), en passant par Lucie Boujenah (Jeanne, la muse d’Edmond), ce sont des professionnels qui s’inscrivent magnifiquement dans la période, nous montrant qu’on peut faire une œuvre spectaculaire sans utiliser obligatoirement des effets spéciaux numériques.

De plus, le film alterne comédie et émotion, amenant là aussi un très bel équilibre qui finit de combler le spectateur.

De plus, la reconstitution est émaillée de personnages célèbres dans de courtes apparitions : c’est Méliès (Arnaud Dupont), ou encore Tchékhov (Micha Lescot) qui croisent Rostand, sans oublier la paire du vaudeville Feydeau (Alexis Michalik) et Courteline (Benjamin Bellecour).

 

Et puis il y a la scène finale de la pièce, quand Cyrano/Coquelin se révèle à Roxane/Jeanne. C’est à mon avis l’une des plus belles scènes du film. L’engouement suscité lors de la première nous ramène alors à l’illusion énoncée en préambule : subrepticement, nous sortons du théâtre pour nous retrouver dans la vraie vie. Cyrano et Roxanne sont dans le cloître d’un couvent, cette dernière a les cheveux coupés comme chaque pensionnaire, la vanité n’étant plus de mise. Cette sortie du cadre théâtral accentue encore plus la dimension naturelle de cette œuvre pourtant écrite en alexandrins, écriture artificielle s’il en est.

 

Cette montée en puissance jusqu’au lever de rideau s’accompagne des accents mélodiques d’une œuvre tout aussi célèbre et célébrée : le Boléro de Ravel. Même si cette musique n’a été écrite que trente ans après la pièce, la montée en puissance – due à l’introduction progressive des instruments de l’orchestre – accompagne magnifiquement (encore une fois : tout est magnifique ici !) cette même montée en puissance de cette création ambitieuse et qui était vouée à l’échec. Il n’en fut rien, tant mieux.

 

Un (tout) petit bémol toutefois : dans la séquence d’ouverture, le spectateur se retrouve tout à coup submergé d’informations – visuelles, la présentation par un narrateur n’étant pas concernée – mais cet état ne dure pas et le film prend dès le début son rythme (le rythme, toujours le rythme !), la tension montant progressivement jusqu’à la fin de la première de la pièce et ses rappels innombrables.

 

C’est une pièce !... c’est un film !... c’est une épopée ! Que dis-je, c’est une épopée ? c’est un véritable chef-d’œuvre !

 

 

PS : ne partez pas avant la fin du générique final, vous aurez alors l’occasion d’y entendre quelques vers de la pièce, déclamés par des interprètes prestigieux, ainsi que quelques photos des véritables protagonistes de l’aventure. On remarque alors, une fois la dernière image montrée représentant Edmond Rostand, que ce dernier est mort assez jeune (50 ans), et surtout en 1918… Un centenaire qui fut plutôt oublié, l’année passée…

 

  1. En France comme ailleurs !
  2. Vous pouvez recompter, il y a bien deux fois douze syllabes…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Sam Raimi
Spider-Man (Sam Raimi, 2002)

Avant que Marvel sorte l’artillerie lourde et produise la saga Avengers & C°, Sam Raimi s’était attaquée au personnage, délivrant une trilogie assez subtile menée tambour battant certes, mais tout de même bien ficelée.

 

Raimi reprend tout à la base. Ceux qui comme moi connaissaient Spider-Man par le dessin animé des années 1970s sont enfin comblés : on sait pourquoi – et comment – Peter Parker (Tobey Maguire) est devenu comme ça !

On en profite pour mettre les bases des deux autres films qui suivront : l’intrigue avec Harry (James Franco) et son père Norman Osborn (Willem Dafoe), qui se poursuivra jusqu’au dernier volet (2007).

Et n’oublions pas la belle Mary Jane « M.J. » Watson (Kirsten Dunst), que les garçons se disputent (1) et dont Peter est depuis longtemps amoureux (une dizaine d’années).

Et puis il y a le méchant : le Bouffon vert (2), créature créée involontairement (?) par le laboratoire d’Osborn.

Bref, tout est là pour nous faire passer un bon moment, même Stan Lee ! (3)

 

Ce fut une découverte pour beaucoup d’entre nous de voir Sam Raimi s’attaquer au héros légendaire de Stan Lee et Steve Ditko. En effet, Raimi était plutôt connu pour ses films d’horreur dont la série Evil Dead (1981-1993).

Et ce qu’on remarque tout de suite, c »’est qu’il s’en tire très bien, donnant une épaisseur au personnage de Parker qui fait défaut dans le film plus récent (2017).

On y trouve tout de même déjà l’humour estampillé Marvel, et on s’amuse des déboires initiaux qu’il peut rencontrer dans la création de son personnage.

 

Bien sûr, la technique numérique n’est pas au même niveau quinze ans plus tôt qu’elle l’est aujourd’hui, mais Raimi nous prouve qu’on peut faire un très bon film Marvel sans en envoyer plein la gu--- aux spectateurs.

De plus, le parti pris de transmettre une vision du monde du point de vue de Peter/Spider-Man amène des plans aussi impressionnants que les effets spéciaux. A de nombreuses reprises, le cadre pivote d’un côté ou de l’autre, suivant plus ou moins la reptation de Peter sur les murs de gratte-ciel.

Raimi se permet même un petit clin d’œil au genre qu’il avait laissé de côté pendant la réalisation de la trilogie : un plan subit et inattendu soulève le spectateur, soutenu par une bande-son un tantinet plus forte.

Ca ne sert à rien, comme les oiseaux qui s’envolent dans les films de John Glen : on sursaute et puis on passe à autre chose.

 

De plus, les acteurs choisis pour cette trilogie (certains ne reviendront pas dès le deuxième épisode) sont à la hauteur de l’enjeu. Bien sûr, Willem Dafoe est magnifique, mais on est un peu habitué, tandis que le trio Maguire-Duns-Franco éclate de justesse dans une histoire de qui semble de boulevard d’une certaine manière – un trio amoureux avec une femme pour deux hommes – mais se révèle plus dans le sens de la tragédie classique (j’espère que vous avez vu le film, sinon, revenez une autre fois) :

Sa situation finale est un véritable problème cornélien.

On a d’un côté Harry Osborn qui veut se venger de Spider-Man qui a tué son père (on sait que c’est faux, mais c’est comme ça) et qui annonce à Peter qu’il est un véritable frère pour lui et Peter qui a juré à Norman Osborn mourant qu’il ne révélerait pas les résultats des expérimentations de son père.

Et au milieu de tout cela, M.J. qui aime Peter, et ce dernier ne peut répondre à son amour autrement qu’en restant un « ami », soucieux de la protéger et d’en faire un moyen de pression contre lui-même, comme le fit le Bouffon Vert.

Et comme l’a dit l’oncle Ben (Cliff Robertson) : « de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités. » (4)

 

 

  1. Plus ou moins, et d’ailleurs plutôt moins que plus…
  2. « Green Goblin », c’est tout de même beaucoup plus sérieux, non ?
  3. Très court plan de coupe, attention de ne pas le rater.
  4. « With great powers comes great reponsability. »

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Clarence Brown
Déchéance (The goose Woman - Clarence Brown, 1925)

Marie de Nardi (Louise Dresser) était une illustre cantatrice internationale au tournant du siècle (le vingtième), qui arrêta sa carrière pour élever son fils Gérald (Jack Pickford, le frère de).

Mais ça, c’était avant. Maintenant (dans les années 1920s), elle vit seule dans sa ferme où elle s’occupe de ses oies, passant le reste du temps à siroter du gin.

Alors quand elle apprend la mort violente de son voisin Amos Ethridge (Marc McDermott), elle se dit qu’elle pourrait avoir à nouveau son nom en première page des journaux, comme autrefois.

 

Louise Dresser a été oublié du grand public. Il faut dire que sa carrière lui avait surtout fourni des seconds rôles voire un peu moins, mais n’oublions pas qu’elle fut la tsarine Elizabeth dans The Eagle où elle faisait même du gringue à Rudolph Valentino (excusez du peu).

Mais ici, c’est elle qui tient le haut de l’affiche, montrant – enfin – l’étendue de son talent.

C’est elle la gardienne d’oie du titre originale, quant à la déchéance du titre français, elle a déjà eu lieu et on en contemple les effets.

 

Clarence Brown était l’un des plus grands metteurs en scène américains, on ne compte plus les grands films qu’il a pu réaliser, dont celui-ci tient une place particulière.

En effet, Il s’agit d’un film dont l’intrigue se distingue à plus d’un trait des productions de l’époque.

Ici, c’est bien les ravages de l’alcool que nous voyons à travers cette femme oubliée de tous sauf de son fils.

Mais le code de conduite en vigueur à Hollywood (et déjà supervisé par William Hays) empêche de voir cette femme boire de l’alcool directement (1).

Brown nous propose alors deux superbes effets pour illustrer son ivrognerie :

  • alors qu’elle remonte son phonographe pour écouter le dernier disque qui lui reste de sa gloire passée, la main se crispe et se desserre à mesure que la force de l’alcool se dissipe dans sa bouche ;
  • Plus tard, elle se sert un verre et l’absorbe – le dos tourné à la caméra pendant tout ce temps – et seul un tremblement bref nous indique le passage de l’alcool dans son organisme.

 

Mais outre cet aspect alcoolique, le film traite avec brio de la vieillesse d’une star – même si on ne les appelait pas encore comme ça à propos des divas : avec la maternité elle a perdu sa voix et le reproche plus ou moins directement à son fils. Quand ce dernier la visite, elle fait ce qu’il faut pour masquer son vice ; mais si sa tenue lui donne un semblant de dignité, le baiser qu’il lui donne sent trop l’alcool pour qu’il ne le remarque pas ni montre sa déception. S’ensuit bien sûr une nouvelle dispute, les rendant tous les deux encore plus malheureux.

 

Autour de Louise Dresser, Brown a bénéficié d’un casting de luxe. En effet, outre Jack Pickford, on retrouve Constance Bennett dans le rôle d’Hazel, la fiancée de Gerald, et surtout Gustav von Seyffertitz dans celui du procureur qui enquête sur la mort d’Ethridge (2).

Pour une fois, Seyffertitz n’est pas le méchant de l’histoire, mais son rôle n’empêche pas de mauvais moments à Gerald et par conséquent sa mère.

N’oublions pas non plus Spottiswood Aitken (Jacob, le concierge du théâtre où se produit Hazel) ou encore James O. Barrows dans le rôle du policier, rôle par ailleurs peu flatteur (d’où aussi le talent de l’acteur), ce dernier étant un tantinet rustre pour ne pas dire plus.

 

Et puis il y a l’art de Brown qui achève de faire de ce film un GRAND film. En effet, outre le jeu des ombres et lumières, Brown utilise tous les moyens à sa disposition (ou presque) pour accompagner au mieux l’intrigue et ses protagonistes. Un long travelling arrière voit marie avancer vers le lieu du crime, suivie par une de ses oies : le fait que la caméra soit sur un chemin pas spécialement plat donne une impression de titubation (alors que Louise Dresser marche droit !).

C’est aussi un travelling latéral : dans la maison de presse qui part du linotypiste et arrive au journal plié et prêt à vendre,  on suit la vitesse de circulation de l’information.

Enfin, ce sont des plans de coupe très brefs insérés dans l’intrigue et qui rehausse cette dernière, donnant des effets de différentes sortes : les ongles curés de Marie d’où s’échappe une matière noire ; le panneau « exit » qu’un journaliste mal à l’aise aperçoit alors qu’il ne peut échapper à Marie ; ou encore les différentes manies des enquêteurs pendant l’interrogatoire de Gerald (soupçonné à tort), augmentés d’un robinet qui goutte qui rendent la scène encore plus tendue, et ce malgré l’absence de son.

 

Bref, c’est un film admirable et malheureusement toujours actuel : l’alcoolisme n’a pas disparu, et la vieillesse est inévitable. Et Louise Dresser, dans ce rôle qui l’enlaidit (pour mieux la retrouver belle à la fin du film, est très certainement l’un de ses plus beaux.

De plus, la vieillesse et parfois aussi la déchéance ne sont pas des thèmes très répandus, même dans les films actuels où les codes de conduite se sont un tantinet relâchés.

 

 

PS : C’est avant tout à monsieur Kevin Brownlow que je dois la découverte de ce film dont il parle dans son ouvrage – indispensable si comme moi vous aimez le cinéma muet – Behind the Mask of innocence (1990).

Qu’il en soit remercié du fond du cœur.

 

  1. Par contre, qu’elle absorbe l’alcool à 60° (!) qui est utilisé pour le soin des cheveux ne pose pas de problème : face à la caméra, elle s’en envoie une lampée directement au goulot !
  2. Ethridge est donc interprété par Marc McDermott qui tient un rôle habituel (?) : encore une fois, il meurt avant la fin.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Burton L. King, #Aventures
L'Homme du passé (The Man from beyond - Burton L. King, 1922)

Deux aventuriers sur la banquise : un chercheur – le docteur Gregory Sinclair (Erwin Connelly) et le mercenaire (1) François Duval (Frank Montgomery) découvre un navire prisonnier des glaces sur lequel un homme est lui aussi emprisonné par la glace.

Il s’appelle Howard Hillary (Harry Houdini) et a vécu un siècle plus tôt.

Sinclair ramène l’homme chez lui, en attendant de le montrer au reste du monde.

 

Harry Houdini était l’un des plus grands magiciens de sa générations (si ce n’était le plus grand) et on a un peu oublié qu’il a aussi tourné dans quelques films. Celui-ci est l’avant dernier dans lequel il apparaît, le voit aussi crédité du scénario et de la production.

Il réalisera le suivant (1923) avant de s’éteindre en 1926 suite à une rupture de l’appendice…

 

Si Houdini était un formidable roi de l’évasion, il n’était pas vraiment un grand professionnel du cinéma. Le film, réalisé par Burton L. King, un obscur metteur en scène qui a produit la majeure partie de ses films dans les années 1910s, est avant tout taillé sur mesure pour le magicien. Et bien sûr, nous avons le droit à une évasion, d’un asile d’aliéné où le personnage fut enfermé.

Le film est tellement centré sur le personnage de Hillary (2) que l’intrigue en devient complètement invraisemblable.

En effet, non seulement il sort d’un sommeil glaciaire d’un siècle, mais il se promène avec juste une écharpe en guise de slip sur la banquise, sans ressentir une quelconque gêne due au froid. Sans oublier qu’il va sauver une jeune femme d’une chute fatale du haut d’une cascade (3) !

 

Non, trop, c’est trop, et on ne peut pas regarder ce film sans se poser quelques questions inhérentes à la crédibilité de l’intrigue.

En effet, Hillary annonce à la jeune Felice (Jane Connelly, la femme de) qu’une seule année s’est passée depuis son voyage qui l’emprisonna dans la glace et qu’il se croit toujours dans les années 1820s…

Et là, la véritable limite du scénario est franchie : non seulement il n’est pas étonné des voitures (à essence, évidemment) qui le transportent d’un lieu à l’autre, mais en plus il retrouve son chemin sans aucune hésitation.

 

Alors non, je ne marche pas. C’est un peu trop pour un esprit cartésien comme le mien, et malgré le postulat inhérent au cinéma comme quoi tout est possible.

Si encore il y avait un peu d’humour dans ces péripéties, mais non, encore une fois.

Mais ce qui me gêne le plus, c’est peut-être le léger prosélytisme de Houdini vis-à-vis du spiritisme.

Certes, ce dernier était un ardent pourfendeur des parapsychologues et autres charlatans, mais c’était aussi dans l’espoir d’en trouver un véritable et qui étaierait sa croyance en la réincarnation.

 

Dommage, alors. On aurait pu avoir un film drôle avec un personnage complètement décalé, persuadé de toujours vivre dans son siècle.

Ce film viendra, bien sûr, mais plus tard, et pas en Amérique : Hibernatus (Edouard Molinaro, 1969)

 

  1. Disons qu’il se met au service du plus offrant.
  2. Chacun des personnages interprétés par Houdini possède les mêmes initiales que les siennes : H.H.
  3. Excusez du peu : Les Chutes du Niagara.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michel Hazanavicius, #Guerre
The Search (Michel Hazanavicius, 2014)

Après les deux OSS 117 et The Artist, on est un (petit) peu étonné de voir Michel Hazanavicius tourner un film dit « sérieux » (1).

Mais une fois la surprise (rapidement) passée, on se laisse emporter par cette « recherche » à plusieurs niveaux, dans un pays dévasté par la guerre – la Tchétchénie – entre les combats et la fuite des réfugiés.

Il s’agit tout d’abord d’un remake, Hazanavicius s’étant inspiré du film de Fred Zinneman The Search (1948), où Montgomery Clift tenait un rôle similaire à celui qu’interprète Bérénice Béjo.

 

Nous sommes donc en Tchétchénie au moment de la deuxième guerre qui commença fin septembre – début octobre 1999. Les premières images nous montrent ce qu’un soldat est en train de filmer avec un caméscope, riant des exactions de ses frères d’armes qui exécutent les gens sans distinction, considérant tous les Tchétchènes comme des terroristes, enfants et vieillards inclus.

Pendant que ces soldats s’amusent, dans une maison un petit garçon regarde par la fenêtre ses parents se faire fusiller.

Une fois les soldats partis, Hadji (Abdul Khalim Mamutsiev) – le jeune garçon – part avec son petit frère Vakha, encore bébé.

A Perm, Kolia (Maksim Emelyanov) un jeune garçon est arrêté pour possession de stupéfiants, et envoyé à l’armée afin d’éviter la prison. Il y fait ses classes (2), jusqu’au moment où il se retrouve au combat, dans cette même Tchétchénie.

Parallèlement, nous suivons Carole (Bérénice Béjo), observatrice de la commission aux Droits de l’homme de l’Union Européenne, recueillir des témoignages sur la situation catastrophique dans ce pays.

A un moment, ils devront se rencontrer…

 

Ce qui marque le plus quand on regarde le film, c’est la teinte qui est employée tout du long : Hazanavicius tourne en couleurs certes, mais ces couleurs sont ternes, tout juste au-dessus du noir et blanc, en harmonie avec les événements décrits. La guerre est sale et les images ne le montrent que trop bien.

Mais alors que tous les éléments pour faire pleurer dans les chaumières sont rassemblés (guerre, abandon, errance…), on reste plus au niveau du témoignage, voire du reportage. En effet, la caméra reste toujours (ou presque) au niveau personnel du protagoniste.

 

Encore une fois, Michel Hazanavicius nous offre un très beau film, bien équilibré et qui flirte avec le pathos mais sans jamais s’y abandonner. On y retrouve le désespoir des réfugiés sans oublier quelques traits d’humour : la femme qui abandonne sa maison mais qui espère tout de même que les soldats ne détruiront pas ses vitres en est un bon exemple.

Mais surtout, c’est montage qui est formidable. En effet, il s’agit d’un immense montage parallèle de trois destins qui se croisent ou/et se rejoignent dans un pays en guerre.

Hadji d’un côté, Carole de l’autre, et au milieu Kolia, représentant lui la menace russe qui plane au-dessus du pays.

La rencontre était inévitable pour Hadji et Carole. Pourtant, elle n’intervient pas tout de suite. Il faut une demi-heure pour qu’ils se croisent sans se remarquer avant d’entrer réellement en contact une dizaine de minutes plus tard. Mais surtout, rien ne les rassemble : elle est plus ou moins diplomate, il est réfugié, elle parle français et anglais, pas lui… Malgré tout, on assiste à une relation qui s’établit petit à petit entre l’enfant et la femme, une oasis de calme pour lui dans cet enfer militaire.

Cette relation rappelle les mots du renard dans Le petit Prince (3) : ils vont finir par s’apprivoiser.

 

A partir de maintenant, et si vous n’avez pas (encore) vu le film, je vous conseille d’aller faire un tour et de revenir plus tard, car je vais devoir révéler quelques éléments importants de l’intrigue.

 

Je reprends donc.

Si Kolia ne rencontre jamais Carole, il n’en va pas exactement de même pour Hadji. En effet, le final qui voit Kolia filmer une vache morte nous ramène au début du film : il est celui qui filme la mort des parents d’Hadji, sous les yeux de celui-ci. Et alors qu’on s’attendait à le voir mourir dans une quelconque opération, on se rend compte que c’est lui qui a introduit l’histoire, filmant l’élément déclencheur de la « recherche » du titre.

Ce troisième aspect du montage parallèle permet de boucler l’histoire : l’évolution de Kolia, c’était le passé, le pourquoi et le comment de la rencontre inévitable entre Carole et Hadji.

 

Magnifique.

 

 

  1. Les films comiques demandent une dose de sérieux certainement plus élevée que les autres : il est plus difficile de faire rire que pleurer.
  2. Il semble que les classes dans l’armée russe n’aient rien à « envier aux autres armées du monde, le sergent Hartman (Full metal Jacket) se serait très bien adapté à cet exercice…
  3. Vous irez chercher la référence…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Denis Villeneuve, #Policier
Sicario (Denis Villeneuve, 2015)

Kate Macer (Emily Blunt) est agent du FBI. Lors d’une intervention, elle met à jour un charnier en rapport direct avec un immense trafic de drogue.

Elle est alors recrutée par la CIA et son représentant Matt Graver (Josh Brolin), et fait la connaissance d’un homme plutôt secret : Alejandro Gillick (Benicio del Toro).
Elle va alors assister à une opération qui n’a pas lieu (officiellement) : une virée au Mexique pour y perturber le trafic de la drogue.

 

C’est une nouvelle plongée dans l’univers de la drogue. Non pas des victimes, mais plutôt des coupables, à quelque degré que ce soit : du simple passeur au gros bonnet en passant par les complicités policières.

Evidemment, ce film possède une dose de violence, mais Denis Villeneuve ne montre pas toutes les exécutions, évitant de montrer celles de victimes collatérales.

Mais l’atout du film, c’est d’avoir choisi une femme pour être le témoin de toutes ces manœuvres policières. Et en plus, elle reste toujours à un niveau humain : sa première intervention et la découverte de cadavres lui fait soulever l’estomac comme n’importe qui dans une situation pareille.

Cette réaction, on s’en doute, ne peut pas être celle de Matt et encore moins d’Alejandro. Ces deux hommes sont bien loin d’elle et de ses réactions naturelles. Leur combat n’est pas le sien, son champ d’intervention n’est plus le leur.

 

Et le « sicaire » ?

Le sicaire est avant tout un tueur à gages. Ici, des tueurs à gages, on en trouve, mais peu de temps, ils sont rapidement maîtrisés par les Américains. Par contre celui du titre ne fait pas cela pour de l’argent.

En effet, Alejandro a un autre but dans cette lutte contre le crime organisé. Sa motivation, encore différente de celle de Matt, est plus personnelle et vengeresse.

Et si Matt veut seulement semer la pagaille dans le trafic, Alejandro veut éliminer celui qui lui a fait du tort. Et la vengeance étant un plat qui se mange froid, on peut même relever un détail un tantinet ironique qui va dans ce sens : la rencontre finale entre Alejandro et le chef Fausto Alarcon (Julio Cesar Cedillo) se fait pendant un repas.

 

Mais avant tout, le film est magnifique par sa photo. Villeneuve alterne les points de vue, sa caméra est partout : auprès de Kate ou de son partenaire Regg (Daniel Kaluuya) comme à quelques centaines de mètres en l’air, suivant le parcours d’un avion dont l’ombre évolue sur le sol éloigné. Mais à chaque fois, ce point de vue s’impose, chaque cadrage servant l’intrigue plutôt que multipliant les points de vue improbables (1). Et en plus, les images sont superbes. Les plans d’ensemble possèdent la même beauté qu’on retrouvera dans Premier Contact, le prochain film de Villeneuve.

 

Mais cela ne suffit pas pour faire un bon film. Et ici, le montage est primordial.

Les différentes séquences alternent des rythmes proches de l’intrique : on y trouve des accélérations pendant les scènes d’action ou lenteur des temps de solitude de Kate, par exemple – mais le tout dans un rythme qui rejoint l’aspect humain du film.

Et les séquences sur le terrain où les armes se font entendre restent dans un rythme normal. SI le rythme est accéléré, le spectateur a toujours le temps de voir et surtout comprendre ce qu’il se passe. Et si les morts sont violentes, il n’y a rien de spectaculaire dans leurs exécutions, ni aucun jugement ou aucune justification.

La dernière réplique du sicaire résume très bien le décalage de Kate : elle n’est pas faite pour ce genre d’opérations.

Quant à Matt, il porte en lui tout le cynisme qu’on connaît de la CIA : cette organisation américaine qui a l’habitude d’intervenir en sous-main dans des pays « sensibles » : il faut avant tout conserver le contrôle d’une situation ou d’un pays. Mais cette attitude est à double tranchant, il suffit de voir ce qu’ont amené ces interventions en Afghanistan pendant l’occupation russe, ouvrant la voie aux islamistes et leur déferlement de violence depuis le 11 septembre.

 

Kate, partagée entre ses doutes et sa quête de la vérité est un personnage totalement inscrit dans l’univers de Denis Villeneuve. Pendant tout le film, elle ne cesse de se poser des questions, sur ce qu’elle voit, mais surtout sur la place et le rôle qui lui sont laissés. Elle rappelle en cela les rôles de Jake Gyllenhaal dans les deux précédents films du réalisateur. Il n’est pas étonnant non plus de retrouver dans l’affiche du film une similitude avec celle d’Enemy.

 

Encore un magnifique film.

 

 

(1) cf. Le point de vue de la tranche de jambon dont parlait Alfred Hitchcock.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tom Hanks, #Comédie
Il n'est jamais trop tard (Larry Crowne - Tom Hanks, 2011)

Larry Crowne (Tom Hanks) vient d’être viré.

Sans emploi et un crédit sur le dos, il se tourne vers l’université qu’il n’a jamais pu fréquenter.

Mercedes Tainot (Julia Roberts) est malheureuse en ménage.

Elle vit avec un écrivain raté qui passe son temps à mater les filles aux gros seins sur le Net.

Il semble qu’ils étaient faits pour se rencontrer.

Ca tombe bien, elle enseigne la rhétorique où vient de s’inscrire Larry.

 

C’est la deuxième fois que Tom Hanks passe derrière la caméra, et cette fois-ci, il a le premier rôle masculin.

Comme souvent quand un acteur passe de l’autre côté (1), le spectateur peut voir un film généreux où chaque acteur compte et apporte sa pierre à l’intrigue. C’est bien sûr le cas ici, où chaque personnage important possède un côté attachant qui donne une teinte harmonieuse au film.

 

Pourtant, le début est terrible : c’est une accumulation de coup du sort. Larry est tout d’abord viré sous un prétexte fallacieux (2) : il n’est pas allé à l’université ! Pourtant, tout commençait bien le générique d’introduction voyait le supermarché où travaillait Larry se préparer à accueillir les client(e)s. Et en plus, Larry était l’un des employés le plus efficace.

L’annonce du licenciement est un bijou de langue de bois et surtout de saloperie patronale : le genre d’excuse on ne peut plus bidon qui se situe un petit peu avant le licenciement par sms.

Et comme si cela ne suffisait pas, Larry ne peut plus payer le crédit (énorme) sur sa maison.

On a alors une scène assez terrible où la banquière (Rita Wilson, madame Hanks à la ville) est à des lieues de la réalité de Larry, proposant alors un café pour « discuter »…

 

Et puis Larry intègre l’université, histoire de mettre toutes les chances de son côté. Le cours de Mercedes est on ne peut plus spécifique, tellement même que les étudiants ne s’y inscrivent pas, et sans Larry, le cours aurait été annulé. Si les étudiants qui assistent ne sont pas des champions, Hanks ne les fait pas passer non plus pour des crétins : entre Steve Dibiasi (Rami Malek, qui n’est pas encore Freddie Mercury) et Natalie Calimeris (Grace Gummer) qui agite frénétiquement sa crosse quand elle parle de son sport, Larry se retrouve d’une certaine façon avec des laissés pour compte dans une matière qui ressemble plus à une voie de garage qu’à un sésame vers des postes à responsabilité.

Mais bien sûr, Hanks réussit à tirer le meilleur de ces gens, les rendant sympathiques, avec réunion famille-voisins-amis quand Larry déménage.

 

Autres personnages attachants : Talia (Gugu Mbatha-Raw). En plus d’être très jolie, elle appartient à une bande de scooters (3), dont le leader n’est autre que son petit ami, Dell Gordo (Wilmer Valderrama), jaloux de ce « vieux » qui n’est pas insensible au charme de Talia (4).

Ses apparitions prennent toujours une dimension comique et surtout ne nécessitent que très peu de mots, le silence étant toujours le meilleur atout du comique (cf. Chaplin, Keaton, Lloyd...).

Et d’une manière générale, le film est très réjouissant, les ennuis initiaux de Larry s’estompant petit à petit jusqu’à son déménagement et l’arrivée du livreur de pizzas.

 

Un film simple, généreux et qui donne le sourire.

Que demander de plus ?

 

  1. Rien d’obscure là-dedans !
  2. Je sais, c’est un tantinet pléonastique, mais on peut difficilement jouer d’un euphémisme pour ce qui se passe.
  3. Comment appelle-t-on ceux qui en conduisent un ? Scooteux ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Scott Derrickson
Doctor Strange (Scott Derrickson, 2016)sci

Le docteur Strange (Benedict Cumberbatch) est un neurochirurgien des plus habiles et expérimentés. Il en est d’ailleurs un tantinet suffisant, ce qui n’aide pas à pleinement l’apprécier.

Alors quand il a un accident de voitures (il roulait un petit peu trop vite…) et qu’il perd le plein usage de ses mains, sa vie bascule (1).

Le voilà incapable d’exercer son art et qui s’enferme petit à petit dans une dépression sévère.

Cette dépression toutefois l’emmène à Katmandou où il reçoit l’enseignement de l’Ancien (Tilda Swinton) qui lui révèle des pouvoirs auquel il n’a jamais crus et surtout qu’il n’aurait jamais imaginé.

Il devient alors un maître et doit repousser les attaques occultes de Dormammu et surtout de son serviteur le dangereux Kaecilius (Mads Mikkelsen).

 

Encore un héros Marvel ?

Ben oui.

Mais toutefois, ce personnage sort de l’ordinaire, et pas seulement pour ses super pouvoirs.

En effet, Strange est un personnage hors norme et ses pouvoirs n’ont absolument rien de scientifiques ou technologiques comme ses compagnons Avengers. Et s’il semble se ranger du côté de Thor (1), il n’en a pas l’essence divine.

C’est un personnage mystique qui évolue (dans tous les sens du terme) dans des univers mystiques absolument merveilleux, bien que hautement dangereux.

 

De plus, les différents affrontements ne restent pas physiques comme dans les autres films de la saga. L’utilisation des pouvoirs paranormaux donne une autre dimension (3) que ces combats ultra réalistes qui voient l’anéantissement d’une pléthore de méchants plus ou moins extraterrestres.

L’utilisation d’univers parallèle donne une impression surréaliste du monde environnant, jouant sur les reflets et la symétrie avec beaucoup de brio.

On passe d’une dimension à une autre, la hauteur devenant longueur ou inversement, déformant le monde alentour (réel) en un miroir déformant qui se brise, réfléchissant des éléments dans un univers distordu. Et sa première escapade dans ces mondes virtuels n’est pas sans rappeler le voyage vers l’infini qu’effectue Dave Bowman dans 2001, a space Odyssey.

En outre, ces univers parallèles permettent en outre une belle bagarre entre Strange et un des Zélotes ennemis à travers leurs corps astraux, la puissance des coups échangés remuant légèrement les objets qui eux sont restés bien physiques.

 

Alors oui, docteur Strange est un héros de plus dans l’univers Marvel, et le film de Scott Derrickson respecte le cahier des charges d’une telle production. Mais on ne peut sous-estimer la beauté des images qui nous sont proposées, donnant au film un aspect esthétique magnifique et on attend avec une certaine impatience le retour de ce héros atypique.

Surtout quand on a vu la séquence avec Thor, jouant sur les lieux et les objets avec beaucoup d’humour.

 

A suivre donc, et comment !  

 

 

  1. Comme on dit toujours dans ces cas-là.
  2. Séquence post générique qui sera reprise dans Thor : Ragnarök.
  3. C’est le cas de le dire…

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #James Gunn
Les Gardiens de la galaxie (Guardians of the Galaxy - James Gunn, 2014)

Et c’est reparti !

Les studios Marvel nous proposent une nouvelle équipe de super-héros : les Gardiens.

Ils sont cinq, tous plus différents les uns que les autres même s’ils possèdent tous une morphologie humanoïde.

Mais surtout, ils font écho aux critères du cinéma américain où on doit trouver différents genres de personnes.

Nous avons donc ici un homme – Peter Quill (Chris Pratt) – une femme – Gamora (Zoe Saldana) – un animal – Rocket (voix de Bradley Cooper) – un végétal – Groot (Voix de Vin Diesel) – et une brute – Drax (Dave Bautista).

Bien sûr, ces cinq personnages sont complémentaires et arrivent à déjouer les manigances d’un ennemi terrible : Ronan (Lee Pace)

Comme nous sommes chez Marvel, nous avons droit à toute une série d’images époustouflantes et l’inévitable humour de la saga, même si de ce côté, c’est un tantinet pauvre.

 

Si Chris Pratt est le chef de cette équipe, il n’en est pas le personnage le plus important : ce sont Rocket et Groot qui attirent l’attention du spectateur.

En effet, ce duo improbable d’une alliance animal/végétal est rarement utilisé dans les films de super-héros.

De plus, leur morphologie et leurs compétences sont une autre raison de les suivre.

Entre Rocket – une espèce de raton-laveur – au caractère difficile mais à l’ingéniosité débridée, et Groot – une espèce d’Ent qui répète à longueur de film la même phrase sur différents tons – on n’a pas le temps de s’ennuyer.

 

Mais pour le reste, rien de bien nouveau, et on peut s’ennuyer parfois malgré les péripéties spectaculaires qui nous sont proposées. C’est bien fait, mais après toutes les autres productions Marvel, on peut saturer un peu.

L’intérêt du film est surtout l’arrivée de Thanos (Josh Brolin) qu’on avait déjà aperçu précédemment aux côtés du Collectionneur (Benicio del Toro), mais qui ne recherche pas encore les pierres d’Infinité.


Encore une fois, une suite nous a été proposée, et ces cinq personnages rejoignent les autres héros Marvel dans The Avengers : Infinity War.

Et encore une fois, je me pose la question : était-ce bien nécessaire ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Christopher Nolan
Insomnia (Christopher Nolan, 2002)

Nightmute, Alaska.

Will Dormer (Al Pacino) & Hap Eckhard (Martin Donovan) débarquent de l’hydravion : ils sont venus prêter main forte dans une enquête de meurtre sur une jeune fille.

Ce n’est pas que la police locale soit en difficulté, c’est surtout que les Affaires Intérieures (Internal Affairs – l’IGS américaine) a des doutes sur une enquête menée par Dormer.

Pendant la traque du meurtrier de la jeune fille, Dormer tue accidentellement son partenaire.

Mais quand on sait que son partenaire allait le dénoncer aux IA, on peut raisonnablement se demander si ce fut accidentel.

 

Al Pacino et Robin Williams sur une même affiche, c’est plutôt inattendu. Pas pour Pacino, mais pour Williams : ses nombreuses prestations comiques ont tendance à nous faire oublier qu’il peut jouer dans différents registres (The Awakening, Good Will Hunting).

Ici, il est le criminel que Dormer essaie de coincer, et qui en outre a vu ce dernier tirer sur son partenaire.

 

Le film, mis à part quelques rares séquences, prend le point de vue de Dormer, perdu dans cette journée sans fin et de plus en plus diminué par le manque de sommeil du titre. On le voit lutter contre la lumière plus que contre le sommeil qui n’arrive jamais. Ou presque.

Dès la séquence d’ouverture, on est dans la tête de Dormer, et on peut lire sur son visage une grande lassitude, qui nous sera expliquée par la suite.

Cette fatigue grandit avec le temps, réduisant de plus en plus ses réflexes, mais aussi amplifiant ses sensations (vision, ouïe).

 

En face de lui, Williams est un tueur bien particulier, une voix tout d’abord puis un visage sur une photo et enfin un homme qui ne sait comment se sortir de la situation dans laquelle il s’est fourré. Il y a d’ailleurs une véritable analogie entre ces deux tueurs « par accident », ou tout du moins veut-il en convaincre Dormer.

Et la relation entre les deux hommes devient franchement ambiguë : s’il est du devoir de Dormer d’arrêter Finch (Williams), il ne peut pas dans le même temps le laisser révéler ce qu’il a vu et que Dormer essaie de maquiller.

 

Et finalement, Dormer passe tout le temps du film à arranger les choses : arranger qu’un coupable reste en prison (l'enquête des IA porte là-dessus) ; maquiller son accident en faisant porter le chapeau à Finch ; et en fin effacer les indices laissés par ce même Finch afin de se dédouaner du meurtre initial.

 

Al Pacino est dans son élément dans cette histoire policière où il incarne un flic pas complètement bon mais pas non plus franchement mauvais.

Et la bonne surprise vient de Robin Williams qui est dans un des rôles les plus noirs de sa carrière. Et surtout, on est lion d’une de ses tendances à outrer son jeu en fonction d’un rôle particulier.

Il reste tout en sobriété, même dans les moments les plus tendus.


Entre les deux, une femme : Ellie Burr (Hilary Swank), qui abandonne l’enquête à Dormer pour déterminer les circonstances de la mort de Hap.

Son enquête semble superflue tant les efforts de Dormer pour se dédouaner sont efficaces. Mais, et c’est là qu’est le paradoxe, c’est ce même Dormer qui l’oblige à fouiller un peu plus et s’attacher aux « petits détails » qui font toute la différence.

Cette attitude semble contradictoire pour Dormer qui n’a aucun intérêt à ce que la vérité soit mise au jour : la thèse de l’accident, au vu de l’enquête des IA, semblera fort suspecte.

Mais la clé du film nous est révélée par Rachel (Maura Tierney) : les gens qui vivent en Alaska ont deux raisons de le faire. Ou bien ils sont nés en Alaska, et on n’y peut rien ; ou bien ils ont quelque chose à fuir.

Dormer et Finch ne sont pas nés en Alaska.

 

Pour Dormer, on n’a aucun doute sur ce qu’il fuit. Mais pour Finch ?

 

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