Un homme, seul, poursuivi par le FBI pour un crime – un braquage qui a mal tourné – commis trente ans plus tôt par un groupe d’extrémistes dont il faisait partie.
Il fuit parce que son passé le rattrape.
Tout commence quand Sharon Solarz (Susan Sarandon) – autre protagoniste du crime – est arrêtée par le FBI, alors qu’elle allait se dénoncer.
Ben Shepard (Shia LaBeouf), journaliste dans un quotidien de seconde zone, fait le tour de ses sources et arrive à la conclusion suivante : James Grant (Robert Redford), avocat qui a refusé de défendre Solarz n’est autre que Nick Sloan, ancien membre des Weathermen, l’un des mouvements de la gauche radicale américaine à partir de 1969 et qui avait choisi la clandestinité à partir de 1970 (1).
Les premières images nous replongent dans l’une des périodes charnières du XXème siècle : la fin des années 1960. Nous pouvons donc voir des images d’archives sur les grands mouvements de protestation américains contre, entre autre, la guerre du Vietnam, amenant le fait divers qui nous préoccupe (mais nous ne le savons pas encore) : un braquage qui a mal tourné où un vigile est exécuté par un des braqueurs.
Encore une fois, la guerre du Vietnam et ses répercussions dans la société américaine sert de trame de fond à cette chasse à l’homme particulière.
Car si le FBI traque sans relâche Grant/Sloan, il n’est pas le seul à effectuer des recherches. Outre Ben Shepard, c’est Sloan lui-même qui est à la recherche de son passé et surtout des membres qu’il a fréquentés, en particulier l’une d’entre eux : Mimi Lurie (Julie Christie).
Nous allons alors suivre ces trois enquêtes en parallèle : Sloan qui sait qui il cherche ; le FBI qui essaie de retrouver Sloan ; et Shepard qui exhume petit à petit tous les tenants et aboutissants de cette affaire qui eut lieu trente ans plus tôt.
Tout comme Sloan, nous découvrons tous ceux qui ont joué un rôle à un moment ou à un autre dans ce groupuscule révolutionnaire.
Mais tout comme Sloan, ils ont vieilli et un peu oublié qui ils étaient et ce qu’ils combattaient, la vie les ayant fait grandir, et surtout mûrir.
Nous partons alors à la recherche du temps perdu, car comme toujours dans ces cas-là, ce temps perdu l’est pour tout le monde, et on assiste alors à la révélation d’un immense gâchis, parce qu’à un moment, ce qui était tellement limpide et bien préparé a dévié du plan initial.
En retrouvant les anciens camarades de Sloan, nous (spectateurs) avons le plaisir de retrouver de grands noms du cinéma dont certains ont commencé à cette même période troublée : outre Susan Sarandon et Julie Christie on peut apercevoir Nick Nolte ou encore Sam Elliott avec sa moustache et surtout sa voix très reconnaissable (2).
Cette quête temporelle vaut aussi pour Redford lui-même, qui retrouve dans ce film des gens avec qui il a déjà tournés : Susan Sarandon (The great Aldo Pepper) ; Sam Elliott (Butch Cassidy & the Sundance Kid) ; ou encore Chris Cooper (The horse Whisperer) et Stephen Root (The Conspirator)…
Bien entendu, derrière cette histoire politico-policière se dégage l’un des thèmes de prédilection de Robert Redford : la famille. Avec ici plusieurs niveaux de familles : entre sa fille Isabel (Jackie Evancho) et Rebecca (Brit Marling) celle de l’ex-inspecteur Osborne (Brendan Gleeson) existe un lien que Ben Shepard mettra à jour à l’issue de son enquête, et qui est aussi la véritable raison de la fuite de Sloan.
En prime, on découvre Shia LaBeouf qui grandit (25 ans pendant le tournage), et qui, quand il ôte ses lunettes perd une partie de son visage juvénile pour interpréter avec conviction un journaliste qui n’est pas sans rappeler que Redford, 35 ans plus tôt, en interprétait un autre, et pas des moindres : Bob Woodward (Les Hommes du Président), l’homme qui avec Carl Bernstein (Dustin Hoffman) fit tomber Nixon.
- Ce groupe –Weather Underground – a réellement existé mais le fait divers a été raconté par Neil Gordon dans son roman The Company you keep, dont le film est une adaptation
- A bas le doublage !
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