C’est un vaisseau spatial avec 258 membres d’équipage et 5000 passagers (d’où le titre) qui progresse régulièrement vers Homestead II (1), but d’un voyage de 120 ans.
Sauf qu’au bout de 30 ans, le vaisseau rencontre un champ d’astéroïdes dont l’un d’eux, immense comparé aux autres, amène un dysfonctionnement en explosant contre le bouclier de protection.
Non seulement les paramètres de fonctionnement sont altérées, voire partiellement détruites, mais en plus, cela réveille le passager n° 1498, James Preston (Chris Pratt) un « manuel » parti découvrir un nouveau monde.
Au bout d’un an, James, trop seul, décide de réveiller Aurora Lane (Jennifer Lawrence), une jeune femme écrivaine partie chercher autre chose, de quoi remplir sa vie jusque là vide.
Mais ramener à la vie cette femme, c’est aussi la condamner à la mort avant la fin du voyage.
C’est un bel hommage que Morten Tyldum rend à Stanley Kubrick. En effet, nous assistons à la vie quotidienne d’un homme seul sur un vaisseau sans cesse en mouvement : en rotation comme le vaisseau de 2001, l’Odyssée de l’espace. On y retrouve la solitude que Kubrick avait développée dans son film, mettant en lumière la pesanteur artificielle alors que son personnage faisait le tour du vaisseau.
Ici aussi, la pesanteur est artificielle, mais on en prend conscience essentiellement lors des séquences en extérieur, quand les deux protagonistes prennent une grande bouffée de vide sidéral.
Autre hommage au grand maître : The Shining.
Alors qu’il est seul – tout comme Jack Torrance pendant ses visions – James se retrouve dans ce qui est le bar, tenu par Arthur (Michael Sheen), un androïde qui tient le bar et attend patiemment le réveil des passagers. L’éclairage du bar et la position d’Arthur nous ramènent tout de suite à Lloyd, qui sert inlassablement Jack.
Mais si Arthur n’est pas humain, il n’en demeure pas moins barman, consolant à sa façon e client unique et déplacé. Ses interventions relèvent presque exclusivement de celles qu’on trouve habituellement chez les barmen : entre les phrases toutes faites et le soutien psychologique recherché par le client.
Mais alors qu’Arthur est avant tout une machine, il est l’un des éléments du destin qui rattrape Jim : alors que le réveil d’Aurora doit rester secret pour elle (voir plus haut), Arthur vend la mèche. Mais peut-on lui en vouloir ?
Arthur n’est qu’une machine, incapable de résoudre quelque question métaphysique que ce soit, mais par contre dès qu’une consigne va à l’encontre d’une précédente, il prend en compte la dernière, amenant inévitablement une nouvelle mise à jour, quels qu’en peuvent être les conséquences.
Il est reposant de voir un film qui se déroule dans l’espace sans avoir obligatoirement une menace étrangère qui décime les occupants d’un vaisseau. Ce fut le cas d’Alien, dont le film emprunte en partie sa situation initiale (un réveil précoce sur un vaisseau de transport), mais ici, c’est avant tout une défaillance qui réveille Jim, et non une quelconque basse raison mercantile.
Mais là s’arrête la comparaison : n’est pas Ridley Scott qui veut.
Mais de mon point de vue, nous assistons tout de même à un film très agréable où l’intrigue, si elle pèche peut-être d’un manque d’aboutissement : on aurait peut-être pu aller plus loin dans les relations humaines et la notion de culpabilité autour du réveil d’Aurora.
De même, si la fin est convenue, j’aurai pour ma part préférer qu’elle ait lieu 9 minutes avant les dernières mentions du générique final.
Nous aurions alors eu une ouverture autre que celle qui nous est proposée et de ce fait très limitée : ne jamais oublier la puissance de l’imagination des spectateurs, même si certains en manquent.
Mais je ne vais pas refaire le film, et garderai cette bonne impression qui m’a baigné pendant toue sa durée, même si on n’a pas pu éviter un déplacement bruyant du vaisseau dans l’espace ! Grrrrr !
PS : Avez-vous reconnu la chanson qui accompagne James après son réveil ?
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