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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Guillermo del Toro
Hellboy : Les Légions d'or maudites (Hellboy: the golden Army - Guillermo del Toro, 2008)

Elles sont de retour !

Ces légions commandées par Balor (Roy Dotrice) le roi des Elfes sur l’insistance de son fils Nuada (Luke Goss) et créées par le gobelin Bethmoora (John Alexander). Elles sont terribles invincibles et commandées par celui qui portera la Couronne.

Bien entendu, ce qui n’était qu’une légende pour endormir le jeune Hellboy (Montse Ribé) est en train de se réaliser une nouvelle fois : le Prince Nuada a bel et bien l’intention de sceller une bonne fois pour toutes le sort des humains.

Mais le B.P.R.D. (Bureau for Paranormal Research & Defense) veille au grain et ses trios agents les plus prestigieux sont envoyés remettre les choses en ordre : Abraham Sapien (Doug Jones), Liz Sherman (Selma Blair) et bien sûr Hellboy (Ron Perlman).

 

Quatre ans après le premier opus, Guillermo del Toro nous propose une suite aux aventures de Hellboy, une sorte d’alternative au monde Marvel qui est en train d’envahir les écrans.

Mais dès l’apparition de nos héros, on peut sentir une teinte d’ironie qui va baigner l’intrigue (presque) de bout en bout. En effet, si les films Marvel sont truffés de bons mots et se situations comiques, on n’y retrouve pas le recul de ce film. Guillermo del Toro s’amuse, les acteurs et le public aussi.

 

Il faut dire que l’intrigue, encore une fois, est absolument improbable : une histoire de Couronne magique rappelant d’une certaine mesure l’univers de Tolkien (1) et celui d’Harry Potter pour un public un tantinet plus âgé (2) !

Et au milieu de tout ça, notre trio qui se sort de chaque situation.

Mais si l’ironie est omniprésente, nos trois personnages prennent un peu plus d’épaisseur que dans le film précédent. Mais surtout ils sont confrontés à des situations peu habituelles pour eux : ils ont des sentiments humains.

 

Il faut voir Abe se troubler en présence de la princesse Nuala (Anna Walton), la sœur jumelle de Nuada (3) : il est amoureux. S’ensuit alors une scène très drôle où Hellboy et lui s’enivrent de bière en chantant Can’t smile without you de Barry Manilow (4), la chanson se diffusant dans chaque recoin du B.P.R.D.

Autre manifestation d’humanité chez ces « anormaux » : Hellboy va être père. Si l’annonce peut paraître merveilleuse et présager des lendemains qui chantent, deux questions assaillent le spectateur :

  1. A quoi va ressembler le bébé ?
  2. Comment s’y sont-ils pris ?

Cette dernière question met en évidence un élément peu pris en compte dans l’univers des super-héros : la reproduction de ces derniers, et par extension leur postérité.

A ce jour, seuls Wolverine et d’une moindre mesure Superman ont répondu à cette question (5).

 

En outre, les images sont magnifiques ajoutant une touche de magie indispensable à l’intrigue. Les transitions entre chaque séquence se font naturellement, un mouvement de la caméra fluide amenant un nouveau plan. On se souvient de La Corde (Alfred Hitchcock, 1948) où un personnage passait devant l’objectif et on passait à un nouveau plan. Or ici, n’importe quel élément peut amener ce changement de point de vue.

S’ajoute à cela l’esthétique propre aux films de Guillermo del Toro : on obtient alors un film superbe.

 

Comme quoi on peut aussi faire un film de super-héros sans se reposer uniquement sur l’action.

 

  1. Les Elfes blonds et la Couronne qui rappelle l’Anneau Unique de Sauron
  2. Les créatures magiques y sont ici beaucoup moins photogéniques…
  3. Tellement proche de son frère qu’ils éprouvent les mêmes blessures.
  4. Abe est surtout connu pour écouter de la musique classique
  5. Logan (James Mangold, 2017) et Superman returns (Bryan Singer, 2006)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bob & Peter Farrelly
Mary à tout Prix (There's something about Mary - Bob & Peter Farrelly, 1998)

Elle - Mary (Cameron Diaz) – est jeune, belle et spirituelle.

Lui – Ted (Ben Stiller) – est aussi jeune mais a des bagues aux dents et un sourire de niais.

C’est le dernier événement du Lycée : la « Prom ». Et contre toute attente, elle veut bien qu’il l’y accompagne.

Treize ans après, ils se sont perdus de vue, mais Ted a rudement envie de revoir Mary, son amour de jeunesse.

 

Les frères Farrelly (Bobby & Peter) – encore une paire de frères – n’ont plus rien à perdre : leur film précédent – Kingpin – fut un fiasco terrible. Alors ils se lancent dans une comédie franchement débridée. C’est grinçant, incorrect, iconoclaste et formidablement drôle.

Bref, une réussite inattendue, mais ô combien méritée.

Et ce n’était pas gagné. Si Ben Stiller et Cameron Diaz sont des stars reconnus vingt ans après, il n’en allait pas de même à la sortie du film. C’est d’&ailleurs ce long métrage qui nous les a révélés. La vraie star reconnue du film, c’est Matt Dillon (Pat Healy, un détective ringard), pour la première fois dans un rôle comique.

Mais dès son apparition, on sait tout de suite qu’il va être caricatural : il possède une fine moustache, un tantinet beauf qui rappelle celle des séducteurs du temps du muets ou alors les méchants de cette même période. Et ici, Dillon est un mélange des deux avec le côté parodique et lourd magnifiquement assumé.

Il en va de même pour le reste de la distribution : on a soit des illustres inconnus (1), soit des seconds rôles : Chris Elliott (Dom), entre autres, s’était distingué dans le cultissime Groundhog’s Day.

 

Comme écrit précédemment, les Farelly n’avaient plus rien à perdre : ils se sont lâchés. Et rien n’est épargné aux spectateurs : du sexe, de la violence, de la cruauté envers les animaux et un langage inadmissible dans les autres films de la même période, avant pou après. Mais les ficelles étant tellement grosses que pas une seule fois on n’est outré par ce qu’on peut voir ou entendre.

 

Il faut voir Pat Healy se comporter comme un véritable abruti, tirant profit des handicapés ou encore ranimer un chien qu’il a un tantinet trop shooté. Ou encore Ted se préparant à son rendez-vous avec Mary, déchargeant son flingue (2) en matant de la lingerie sexy sur un journal en noir et blanc. Sans parler de Magda (Lin Shaye) – la voisine de Mary – exhibant ses seins flasques…

On pourrait continuer cette liste à l’envi tant le film regorge de moments comiques d’un goût pas toujours subtile voire carrément douteux…


Avec en prime un couple de musiciens de rue, assumant le rôle de narrateurs (3), et qui commentent l’action à chaque moment clé de l’intrigue. Inutiles autant que réjouissants.

C'est une comédie totalement libre dont le ton est de moins en moins possible avec l’émergence d’un communautarisme acerbe où chaque groupe ne sait plus rire de soi et de ses travers, amenant des protestations inutiles et liberticides, quand ce ne sont pas carrément des menaces de mort parfois mises à exécution.


En attendant, continuons de rire de cette comédie foutraque où l’humour plus ou moins corrosif est le seul véritable moteur du film, amenant des situations plus abracadabrantesques les unes que les autres, et où par-dessus tout, les acteurs et l’équipe de tournage se sont franchement amusés, comme le montre le générique de fin.


A (re)voir sans modération.

 

  1. des gens qu’on connaît maintenant, mais pas beaucoup à l’époque.
  2. Terme on ne peut plus adéquat !
  3. On peut même parler de coryphée.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Mike Newell
Prince of Persia (Mike Newell, 2010)

 

Dastan (William Foster puis Jake Gyllenhaal) était un gamin des rues. Mais suite à un acte de bravoure – attaquer un soldat du Roi de Perse Sharaman (Ronald Pickup), avec une pomme (1) – ce dernier décide de l’adopter.

Il en est tout naturellement devenu prince de Perse.

La Perse est un royaume immense, mais des peuples fomentent un soulèvement contre le roi : Dastan et ses frères (les véritables fils du souverain) vont attaquer la cité d’Alamut, dirigée par une princesse aussi forte que belle : Tamina (Gemma Arterton).

Pendant la prise de la ville, Dastan récupère une relique aux pouvoirs étonnant : une dague dont le manche est empli d’un sable étonnant : celui du titre.

 

Cinq ans après Harry Potter et le Coupe de feu, Mike Newell réalise à nouveau un film où la magie et le merveilleux prennent une grande place dans l’intrigue, sans oublier de grandes scènes (d’action) spectaculaires, ainsi qu’une dose de romance pour faire bonne mesure.

Bien entendu, l’action est le principal ingrédient du film : il s’agit de l’adaptation du jeu vidéo Prince of Persia, (jeu de plateau apparu vers 1990) dont une extension portant le même titre que le film est sortie en 2003.

 

Dès la première séquence, on retrouve les bases du jeu : le jeune Dastan tente d’échapper aux gardes du Roi en passant par les toits, grimpant, sautant, se balançant à chaque obstacle rencontré. Nous sommes bien loin du premier jeu, vingt ans plus tôt, même si on y retrouve les bases. Mais comme entretemps, Ubisoft a sorti Assassin’s Creed (2007), on retrouve dans le film une esthétique proche de ce jeu.

Mais nous sommes au cinéma !


Et Mike Newell est à l’aise dans cette histoire qui aurait pu sortir des 1001 Nuits, où un jeune garçon des rues devient Prince de Perse : son courage et son grand cœur sont tout compte fait plus importants que sa naissance. Et une fois les éléments du jeu acceptés, on assiste à un film aux éléments d’intrigues, encore une fois, propices à une belle aventure mâtinée d’initiation : comme dans tous les cointe qui se respectent, Dastan sortira grandi et transfiguré de ces épreuves, amenant l’inévitable fin heureuse, dernière condition d’une bonne histoire.

 

Jack Gyllenhaal en Dastan est – comme toujours – impeccable, héros aussi réel que peut l’être Aladin ou Ali Baba, possédant toutes les qualités indispensables à un tel personnage, avec en prime un visage où transparaît un soupçon d’ironie, le rendant tout de suite sympathique.

Il est à noter par ailleurs, qu’on retrouve dans le petit William Foster réussit à nous donner la même expression du visage que celle de Gyllenhaal.


En face de notre héros, on trouve un méchant magnifique : sournois, hypocrite et froid. Et comme chez Goscinny et Tabary, c’est le grand vizir – Nizam (Ben Kingsley), le frère du Roi – qui est le méchant et veut, bien entendu devenir Roi à la place de son frère. Evidemment, Ben Kingsley est impeccable dans ce rôle, son côté britannique cadrant tout à fait avec la froideur de son personnage.

Quant aux aides de Dastan, en plus de la belle et talentueuse princesse, on trouve un chef de bande on ne peut plus commercial : le cheik Amar (Alfred Molina) dont chacune de ses interventions est motivée par son goût du lucre.

 

Et tout ça dans des décors somptueux. Le désert en devient lieu féérique dans lequel poussent des cités plus belles les unes que les autres. Et d’une façon générale, le merveilleux du film est avant tout créé par tous ces paysages grandioses, filmés avec des filtres accentuant cet aspect.

Un véritable décor de rêve.

 

Alors rêvons…

 

 

(1) La pomme est un élément qui apparaît à différents moments du film, rappelant sans cesse l’origine du héros. De la même façon, il y a une analogie entre d’un côté le destin de Sharaman avec son frère Nizam, et de l’autre entre Dastan et son frère Garsiv (Toby Kebbell), autre vrai fils du Roi.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Thriller, #Marcel Landenegger
Manipulation (Deception - Marcel Landenegger, 2008)

Jonathan McQuarry (Ewan McGregor) est un homme insignifiant.

C’est un homme soigné, la raie bien coiffée à gauche et passionné de chiffres. Normal, il est inspecteur des finances de grosses entreprises.

Comme son temps est précieux et sa tâche bien lourde, il est souvent le dernier à occuper les bureaux, travaillant à son rapport, pendant que les employés de ménage en ont aussi, des rapports, mais pas de la même nature. Plus physiques.

Alors quand un soir il rencontre Wyatt Bose (Hugh Jackman) – jeune, beau, sympathique, sûr de lui, bref cool comme savait l’être McQueen ou Newman – et que ce dernier reste discuter avec lui en fumant un joint, il a l’impression que sa vie bascule : Wyatt a réussi à lui transmettre un peu de sa « cool attitude ».

Dès lors donc, la vie de Jonathan bascule vers des soirées festives dans des lieux inimaginables avant leur rencontre.

Après un déjeuner sur le pouce dans Central Park, Wyatt prend par mégarde le portable de Jonathan. Ce dernier reçoit un appel l’appelant à rejoindre un club sexuel anonyme, rencontrant régulièrement des femmes en quête de rapports (encore une fois) avec des partenaires d’un soir…

Mais Wyatt a-t-il vraiment échangé les portables par mégarde ?

 

C’est une intrigue un tantinet compliquée que nous propose Marcel Langenegger accentuée par la traduction/adaptation du titre français : manipulation pour deception.

Oui, il y a bien manipulation. Mais on aurait aussi pu mettre un S au titre français, tant le nombre de personnes manipulées est grand : outre Jonathan, ce sont avant tout les spectateurs qui se rendent compte de la « supercherie » (1).

 

Mais si le titre français ne laisse planer aucun doute : si le titre original laissait une place au double sens – la « déception » (2) ou la supercherie – le terme de manipulation va bien au-delà du sens original. Transformer à ce point le titre induit une information supplémentaire, le spectateur s’attendant à cette manipulation dès l’apparition de Wyatt, prédateur implacable de cette proie facile qu’est Jonathan : un homme insipide – à première vue – facilement séduit par un homme aussi charismatique.

 

Malgré tout, la supercherie fonctionne et la « déception » possible ne se produit pas – de mon côté en tout cas – et on avance en même temps que chacun des deux protagonistes, pensant à chaque fois avoir un coup d’avance l’un sur l’autre.

Et quand le basculement final (3) se produit, on ne peut s’empêcher de sourire : nous aussi avons été un peu dupés.

 

Au final un film sympathique servi par un duo convaincant et convaincu. Pas révolutionnaire. Sympathique.

Il en faut aussi.

 

  1. Autre traduction possible de deception.
  2. De qui ? Par rapport à quoi ?
  3. Pas l’affrontement final, attention !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Ron Howard, #Tom Hanks
Da Vinci Code (Ron Howard, 2006)

Avant il y avait le best-seller (1) de Dan Brown.

Et Ron Howard est arrivé avec la lourde de tâche d’adapter l’un des romans les plus lus de ce début de millénaire.
Pas de souci : un casting international ; de belles reconstitutions en surimpression, et Tom Hanks.

 

Pour ce qui en est de l’adaptation (2), on peut la juger honorable, les grandes lignes ayant été conservées. Le seul problème de l’adaptation, c’est le bavardage.

Le livre de Brown, s’il se situe dans une zone d’ombre propice à la conspiration – avec quelques éléments véridiques – renferme une somme d’informations étayant ces aspects historiques.

 

Et c’est justement là où le bât blesse. Howard nous propose une adaptation musclée et spectaculaire où Tom Hanks et les autres semblent dans leur élément. Mais on ne peut passer à côté d’un bavardage didactique qui a tendance à rendre ce film un tantinet pénible à revoir : lors de la première vision, on ingurgite beaucoup d’informations, la deuxième peut amener l’indigestion…

 

Et c’est bien dommage parce que l’intrigue renferme tous les ingrédients d’un bon blockbuster : complot, poursuite, reconstitution, trahison… N’en jetez plus, tout est là.

Mais il faut passer par la théorie, et le film donne alors l’impression de s’enliser.

Même la présence de l’immense Ian « Gandalf » McKellen n’y change rien. C’est d’ailleurs lors de son apparition qu’on a le plus de théorie. Mais son personnage d’infirme érudit et britannique est une belle réussite.

 

Alors on se laisse distraire, en regrettant ceci plutôt que cela, pas assez de ci, et trop de ça…
Et au final, un film somme toute agréable, mais sans plus. Ron Howard nous a proposé mieux.

Quant à la belle Audrey Tautou, je la préfère dans un rôle un petit peu moins sérieux, un petit peu plus malicieux…

 

 

PS : A noter un petit plus par rapport aux films américains qui se déroulent (ou sont supposés se dérouler) en France. La présence de véritables acteurs français parlant dans leur langue dans la version originale (3), nous change des pseudo-français habituels, ceux qui ont un accent « où on pourrait accrocher un par-dessus » (Coluche).

 

  1. Euphémisme
  2. Je ne m’étends pas : ceci est un film et rien d’autre comme le dit fort justement mon grand ami le professeur Allen John.
  3. Le doublage n’a pas de place chez moi…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Etienne Chatiliez
Tatie Danielle (Etienne Chatiliez, 1990)

Elle est vieille.

Elle est veuve.

Elle vit seule.

Elle est méchante.

Elle ? Tatie Danielle (Tsilla Chelton).

 

Deux ans après La Vie est un long fleuve tranquille, Etienne Chatiliez nous revient avec un nouveau film dans lequel il continue de décrire les gens, avec un soupçon de cynisme, juste assez pour faire basculer dans le registre de la comédie. Grinçante, cela va de soi.

 

Tatie Danielle (1), c’est l’archétype de la vieille femme acariâtre : capricieuse, égoïste, misanthrope, en un seul mot odieuse ! C’est la grand-mère qu’on n’aimerait pas avoir, la grand-tante (2) qu’on évite sauf pour les étrennes (sinon pas d’héritage) et que, bien entendu, chacun a dans sa propre famille. Pour ma part, j’en ai eu une qui correspondait à certaines de ces qualités, mais qui, une fois qu’on savait comment elle pensait, devenait une femme charmante et généreuse.

Autant vous dire que le film de Chatiliez a fait mouche dans ma famille !

 

Mais au-delà du cynisme, c’est avant tout un personnage magnifiquement campé par la grande Tsilla Chelton qui s’est beaucoup amusée pendant le film. Sa prestation est complète : elle a le ton juste et le jeu qui l’est autant, donnant corps à un archétype plus vrai que nature.
En face d’elle, on trouve une famille désemparée et donc prête à subir la tyrannie de cette emmerdeuse : en vendant sa maison au profit de ces neveu et nièce, elle s’assure un avenir confortable, choyée par ces mêmes personnes par gratitude.

A sa méchanceté s’ajoute une dose de machiavélisme raffiné. Un régal !

 

Et puis sa vie bascule à nouveau : la première fois, c’était à la mort de son mari Edouard (3), le jour de l’armistice (1945). Le seconde, c’est quand sa bonne, Odile (Neige Dolsky), meurt d’un accident domestique (4). La troisième, c’est à l’arrivée d’une jeune femme, Sandrine (Isabelle Nanty magnifique elle aussi), embauchée par la famille pour garder la vieille dame pendant leurs vacances.

 

Inutile de dire que ce changement va bouleverser sa vie, et d’une certaine façon la rendre plus humaine.

Plus humaine, mais pas trop non plus, de mauvaises habitudes (bonnes de son point de vue) étant toutefois difficile à éliminer d’un coup. Il se crée alors un couple réjouissant – deux femmes aux deux extrémités de leur vie de femmes – fort différente (encore que) mais surtout très complémentaires. Et comme pour La Vie, ça marche.

 

En plus de ce duo magnifique, Chatiliez s'entoure de quelques acteurs et actrices de son premier film, dont Catherine Jacob encore une fois dans un rôle outrancier mais superbement interprété. Cette nièce par alliance devient le nouveau souffre-douleur de cette vielle femme remplaçant Odile décédée. Elle interprète une esthéticienne à la limite de la rupture, cherchant dans ses produits de beauté un palliatif à son état de nerf. On retrouvera cette femme excitée dans Les grands Ducs cinq ans plus tard.

Quant aux autres « revenants » je vous laisse les découvrir.

 

 

PS : A noter la présence de Frédéric Rossif – l’homme qui nourrit les canards – qui est décédé deux semaines après la sortie du film.

 

  1. Le Canard enchaîné, journal incontournable s’il en est, après avoir surnommé François Mitterrand « Tonton » a tout naturellement appelé son épouse « Tatie » Danielle.
  2. Qui pique, en plus…
  3. Edouard, c’est une photo agrandie dans un cadre, un militaire (colonel) avec moustache et coquetterie dans le regard.
  4. Avec une certaine prémonition qui ajoute au personnage maléfique de Tatie Danielle.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jay Roach, #Robert de Niro
Mon Beau-père, mes parents et moi (Meet the Fockers - Jay Roach, 2004)

Deux ans ont passé. Greg (Ben Stiller) et Pam (Teri Polo) vivent officiellement ensemble (1).

Il est temps maintenant de songer au mariage. Mais pour cela, il est indispensable que les deux couples de parents se rencontrent.

C’est donc cette rencontre que ce film nous raconte.

Tout commence bien pour Greg et Pam : un enchaînement de petits signes qui laissent présager une issue heureuse à cette rencontre (2).

Et pourtant, c’est loin d’être gagné : Jack Byrnes (Robert de Niro) est là, égal à lui-même.

Après le premier opus où Jack maîtrisait presque tout, cette suite va nous le montrer se faire distancer par les autres, l’amenant, paradoxe inimaginable, hors du « cercle de confiance » qu’il a mis en place !

 

Si Robert de Niro est le même Jack que dans l’épisode précédent et conserve son même rigorisme source de comique, il se fait tout de même voler la vedette par le couple Bernie & Roz (Dustin Hoffman & Barbra Streisand) : les parents de Greg sont à l’opposé de Jack et Dina (Blythe Danner). Enfin, surtout Jack.

Les parents de Greg sont chaleureux et tactiles quand Jack est distant, prônant la compétence plus que la performance,  libres quand l’autre est coincé (3).

D’une certaine façon, Jack représente l’Amérique traditionnelle voire traditionnaliste, celle de Trump en quelque sorte ; alors que les parents de Greg relèvent plus de celle de la fin des années 1960s : contestataires, protestataires, voire libertaires.

D’où le clash inévitable.

 

Encore une fois, l’affrontement est source de gags avec surtout une plus grande place laissée à Blythe Danner qui, au contact des Focker, se révèle. Mais pas seulement. Il semble qu’il y a eu entre les deux films comme une prise de conscience de Dina qui lui permet de modérer son mari avec seulement deux mots : « Muskrat » (4). Le résultat est immédiat : Jack devient presque normal, acceptant malgré lui une entorse à ses principes.

 

Et comme dans le premier film, on s’amuse beaucoup, les situations y font bien sûr référence, que ce soit dans les situations ou dans le choix des acteurs : l’hôtesse de l’air (Kali Rocha) est la même que dans l’épisode précédent quand Greg voulait rentrer après le fiasco, avec tout de même une légère différence que je vous laisse (re)découvrir. Autre personnage qui re vient : Owen Wilson – l’incontournable compère de Ben Stiller – qui reprend son rôle d’ex de Pam avec lui aussi une différence notoire, découlant naturellement de son état d’esprit dans le premier film.

 

Tout est donc bien qui finit bien – même pour Jack – et une question reste en suspens tout de même : un troisième volet était-il nécessaire ?

 

 

  1. Meet the Parents (2000)
  2. D’un autre côté, on se doute bien que tout va se terminer heureusement.
  3. « Stiffo » comme l’appelle Bernie.
  4. « rat musqué » : il serait intéressant d’avoir la genèse de cette appellation.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Comédie, #Richard Donner, #Mel Gibson
L'Arme fatale 4 (Lethal Weapon 4 - Richard Donner, 1998)

On ferme. Encore une fois.

Quatrième et dernier opus de Richard Donner, avec les mêmes acteurs aux rôles principaux : Mel Gibson (Martin Riggs), Danny Glover (Roger Murtaugh), Joe Pesci (Leo Getz), Rene Russo (Lorna Cole)… (1)

Encore une fois, le duo de choc et de flics refait surface dans une séquence d’ouverture où l’eau et le feu se mélangent sans aucune intervention de George R. R. Martin !

Le ton est donné : un déséquilibré (c’est comme ça qu’on l’appelle) s’amuse à tirer à l’arme automatique en utilisant un lance-flamme. Bref, rien que de très naturel pour cette série de films.

 

Mais Richard Donner et ses nombreux scénaristes nous proposent d’en finir avec cet univers somme toute bien sympathique malgré le nombre de tués depuis 1987.

Roger et Martin sont toujours fidèles au poste, déclenchant des catastrophes spectaculaires que Murphy (Steve Kahan), leur chef, a de plus en plus de mal à couvrir. Mais les choses changent : ils vieillissent.

 

Il faut dire que depuis l’A.F. 1, onze ans ont passé pour les spectateurs et pour les acteurs aussi. Alors les enfants de Roger sont plus âgés, Riggs encaisse de moins en moins bien les coups. Il n’est plus cette arme fatale présentée en mars 1987 : l’arme a changé de main et est maintenant du côté des méchants en la personne de Wah Sing Ku (Jet Li), frère d’un des chefs de triades chinoises.

Et il est autrement plus spectaculaire que Riggs, mais comme c’est un super méchant, il n’en profitera pas longtemps (2).

 

Autre signe des temps : Riggs est de moins en moins frappé. Si ses interventions intuitives sont toujours payantes, son personnage a mûri. Il ne fume plus, ni ne mange de biscuits pour chien, et surtout, un grand événement va faire basculer sa vie : Lorna est enceinte. Fini les commandos suicides ou assimilés, il va être père.

Et ce n’est pas tout : dans le même temps, Roger va devenir grand-père, sa fille chérie Rianne (Traci Wolfe) s’est mariée (secrètement) et attend elle aussi un heureux événement, à peu près à la même date.

 

Bref, l’insouciance des trois premiers films disparaît : nos héros sont condamnés à réussir, et surtout à rester vivants !

Bien entendu, suite aux trois premiers films, on n’imagine pas une seconde que cette smala va perdre un de ses éléments. Au contraire, un nouveau membre arrive : Lee Butters (Chris Rock), autre flic et surtout mari de Rianne.

 

C’est très certainement une famille très atypique et surtout très sympathique, dont les relations particulières entre ses différents membres l’emportent sur une intrigue un tantinet convenue : il était tout de même temps que cela finisse. Certains sont peut-être réellement trop vieux pour ce genre de c…

Alors ça déroule, ça explose, ça poursuit un guéridon, ça brûle, ça pleut… Même les rappels des épisodes précédents sont là : la maison qui, après avoir été partiellement détruite et explosée reçoit ici son coup de grâce. Mais qu’importe, chacun arrive au bout du film, qui se termine sur un générique de photos, celle d’un album qu’on feuillette et qui contient des portraits ou des groupes de tout ceux qui ont participé à ce dernier film : non seulement les acteurs, mais aussi les techniciens, cameramen, monteurs, décorateurs, jusqu’aux maîtres-chiens et au secouriste !


Une tétralogie qui se termine comme on l’aime, en feuilletant un album de famille dont on a été, le temps de quatre films, l’un des membres.

 

  1. Je ne vais pas tous les énumérer, allez voir vous-mêmes…
  2. Le temps du film, quoi !

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Publié le par Djayesse
10.000 fois merci !

Oui, tout d'abord, un grand merci : MERCI 

Le Monde de Djayesse a atteint hier sa 10.000ème visite.

Si nous sommes déjà des milliers, que serons-nous demain ?

Encore une fois, MERCI!

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Comédie, #Richard Donner, #Mel Gibson
L'Arme fatale 3 (Lethal Weapon 3 - Richard Donner, 1992)

Ils sont de retour : la famille de Roger Murtaugh (Danny Glover), Riggs (Mel Gibson), et son nouveau membre Leo Getz (Joe Pesci).

Certes, ce n’est pas une famille ordinaire, mais existe-t-il une véritable « famille ordinaire » ?

On retrouve donc le duo de flics de choc dans des histoires plus ou moins terrible, où l’action, l’humour ainsi que l’émotion créent un cocktail explosif – au sens propre comme au figuré – et où, encore une fois, la famille va s’agrandir.

 

Si on retrouve Murtaugh et Riggs dans leur numéro de duettistes bien rôdé, c’est, encore une fois, l’arrivée d’une nouvelle personne qui va en plus enrichir la série.

Leo Getz, malgré ses défauts, a été adopté : repenti, il s’est reconverti dans une affaire légale – l’immobilier – et il a pour mission de vendre la maison des Murtaugh.

 

La nouvelle recrue est une femme, elle se nomme Lorna Cole (Rene Russo) et est, elle aussi flic. Après des débuts chaotiques – elle est de la police des polices – on découvre en elle une femme qui semble le pendant de Riggs. Pas étonnant alors qu’ils terminent ensemble (1).

Il faut dire qu’elle sait se battre et viser juste, ce qui est un atout appréciable dans sa relation à Riggs. On assiste alors à une parade amoureuse assez peu commune mais qui se termine de la même façon que les autres : à l’horizontale !

 

Comme dans les deux épisodes précédents, on a des coups de feu très fréquents, amenant une accumulation de morts qui n’a rien à envier aux films précédents, mais, encore une fois, on trouve aussi une séquence émotion, où cette fois-ci Murtaugh se retrouvent dans une situation très pénible : il a tué un jeune garçon – armé, certes – qui était l’un des amis de son fils Nick (Damon Hines).

Mais, heureusement, l’intrigue policière reprend le dessus et la machine s’emballe jusqu’au dénouement final, qui amènera, bien évidemment, une suite inévitable.

 

L’arrivée d’une nouvelle personne – Lorna – dans la famille Murtaugh élargie est, encore une fois, une bonne idée, poursuivant ainsi le retour à une vie normale de Riggs : alors qu’il avait perdu sa femme avant le début de la série, et qu’il semblait avoir trouvé (brièvement) une partenaire dans l’épisode 2, Riggs est maintenant prêt pour une nouvelle vie amoureuse. Bien entendu, pour un tel personnage, il n’était pas question d’une femme un peu trop mièvre comme l’était Rika van Haas (Patsy Kensit).

Et Rene Russo, prenant sa place dans cet univers arrive même à éclipser Leo, l’emmerdeur indispensable.

 

Pour le reste on retrouve les clins d’œil aux films précédents : les rapports entre Riggs et Murtaugh ainsi qu’avec leur chef Murphy (Steve Kahan) ; les initiatives pas toujours heureuses de Riggs ; des poursuites en voiture ; l’inévitable séquence dans la salle de bain ; et, bien sûr, l’âge du capitaine.

Ou plutôt du sergent Murtaugh : « trop vieux pour ce genre de conneries » (2).

 

A suivre, donc.

Ou plutôt : à finir…

 

  1. Ce n’est pas une grande révélation…
  2. « I’m too old for this shit! »

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