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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Brest
Le Flic de Beverly Hills (Beverly Hills Cop - Martin Brest, 1984)

Axel Foley (Eddie Murphy) est flic à Detroit. C’est un super flic certes, mais comme tous les autres, il travaille toujours à la limite de la légalité.

Mais quand son ami Mikey (James Russo) revient le voir et se fait tuer dans la foulée, il n’a pas l’intention de laisser ce crime impuni : il se rend – pendant ses vacances – à Los Angeles, enquêter sur un certain Victor Maitland (Steven Berkoff), négociant d’art et trafiquant de drogue et de bons au porteur.

Bref, un affreux, indispensable pour ce genre d’histoire.

 

Et dès la première séquence, ça commence sur les chapeaux de roue ! Axel est en plein « flag’ », et négocie des paquets de cigarettes à deux petits truands. L’intervention imprévue de la police met fin à ce trafic et occasionne une poursuite en voiture entre les policiers et le camion conduit par l’un des truands. Avec Axel dans la remorque.

Bref, il va y avoir de l’action, alors accrochez-vous !

Bien entendu, cette séquence est censée nous montrer les méthodes border line d’Axel. Et le spectateur s’attend aux mêmes méthodes à Beverly Hills (où vit Maitland). Sauf que là-bas, les policiers sont beaucoup plus policés !
Bien évidemment, cela n’empêchera pas Axel de travailler à sa manière…

 

Tout l’intérêt du film repose sur une dualité. Ce ne sont que des relations duelles du début jusqu’à la fin.

 

D’un côté les méchants et de l’autre les gentils. Jusque là, rien de bien nouveau.

Du côté des méchants d’abord, on trouve un couple complémentaire : Maitland – le chef riche qui organise tout : la tête – et son bras droit Zack (Jonathan Banks) – exécuteur des hautes œuvres : les jambes et les bras (la Main ?). De plus, si on ne l’avait pas bien compris, ce couple est formé de deux acteurs habitués aux rôles de méchants.

Et la dualité ne s’arrête pas là : lors du meurtre de Mikey, Zack est accompagné d’un autre affreux.

Mais il en va de même du côté des gentils.
D’un côté Foley et de l’autre le reste du monde : son chef qui est las des opérations de son subordonné ; la police de Beverly Hills qui fait tout « dans les règles » ; et l’équipe Taggart (John Ashton)-Rosewood (Judge Reinhold) qui a eu la malchance d’hériter de Foley.

Et cette dualité va encore une fois plus loin : Taggart et Rosewood eux aussi sont complémentaires : d’un côté le vieux Taggart, policier revenu de tout et partisan d’une solution bien propre et surtout bien légale, contre Rosewood, jeune loup de la police, idéaliste et surtout tenté par les méthodes de Foley.

 

Mais ce film est avant tout un magnifique moyen de mettre valeur Eddie Murphy. Il s’accapare tout l’écran à chaque apparition, enchaînant sans s’arrêter les moments comiques (les plus nombreux) et certains moments plus calmes voire émotifs. Il ne va pas jusqu’à nous amener les larmes, mais il sait s’arrêter à temps afin de faire souffler le spectateur et donner un peu de place aux autres.

Il n’empêche que son célèbre rire est très communicatif et ses partenaires (1) sont à la hauteur, avec une mention spéciale pour Judge Reinhold qui nous propose un Rosewood assez savoureux, encore un brin idéaliste mais surtout tenté de passer du côté sombre, comme l’a fait Axel.

 

Un petit bémol tout de même : ça manque de femmes.

Mise à part Jenny Summers (Lisa Eilbacher), vieille amie qui a grandi avec Axel et Mikey, on ne trouve que très peu de femmes : des jolies filles dans les rues de Beverly Hills quand Axel arrive, et une strip-teaseuse adepte de pole dance.

 

C’est un peu léger, non ?

 

 

(1) « Supporting roles » comme on dit là-bas, ce qui me semble judicieux que « second rôle », on y trouve une idée d’entraide et d’interdépendance : si le 1er rôle est le plus important, il doit avoir des seconds rôles de qualité pour le soutenir et mettre ainsi en valeur son talent d’acteur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Frank Capra, #Bessie Love
Bessie à Broadway (The matinee Idol - Frank Capra, 1928)

Don Wilson (Johnnie Walker) est une star de Broadway : c’est un chanteur au visage noir maquillé que les femmes poursuivent de leurs lettres enflammées.

Un jour que Don est en weekend, il fait la connaissance de la troupe des Bolivar.

Suite à un quiproquo, il se retrouve engagé dans la troupe par Ginger Bolivar (Bessie Love), la fille du grand Jasper J. Bolivar (Lionel Belmore), acteur et dramaturge dont les faits d’armes remontent au temps où il joua avec Booth (John Wilkes, bien sûr).

Don est alors embarqué dans un spectacle ringard où les effets sont tellement minables qu’ils en deviennent risibles.

C’est pour cette raison que la troupe est engagée à Broadway par Arnold Wingate (Ernest Hilliard), un découvreur de talent.

Bien entendu, la pièce se révèle aussi minable à New York, mais de ce fait, elle devient un triomphe, les spectateurs assistants à un spectacle très drôle !

 

Bien entendu, tout ça c’est pour rire. Et ça fonctionne. Capra est un magicien qui arrive à nous faire rire « et dans la même seconde nous arrache un soupir d’émotion.

Il faut dire qu’il a çà sa disposition la magnifique Bessie Love, l’une des plus grandes actrices du muet, passant du registre comique au tragique sans problème ni hésitation : une actrice complète, en somme.

Il faut dire qu’elle est à chaque fois à l’aise, sans compter le propos un tantinet léger du film qui la met encore plus en valeur.

 

Ginger Bolivar est une héroïne du monde de Capra. C’est une jeune femme déterminée et forte : si son père donne son nom et ses œuvres à sa troupe, c’est avant tout elle qui commande, et d’une main de fer. Elle ne se laisse pas démonter par un bellâtre de passage, fût-il Don Wilson lui-même. Et ça tombe bien, puisque c’est lui ! Mais c’eût été le pape lui-même, son attitude resterait la même : c’est elle qui dirige et il faut se plier à sa volonté.

On retrouve dans cette héroïne ce qui fera le sel des suivantes, de Claudette Colbert à Barbara Stanwyck, pour ne nommer qu’elles.

En plus de la volonté, on retrouve une candeur et une naïveté propres à de nombreux personnages masculins de Capra : de Longfellow Deeds à John Doe ou encore George Bailey. Ce sont des idéalistes qui ne se rendent pas compte tout de suite de la méchanceté des grandes villes et n’en ont que plus de mal quand ils s’aperçoivent du rôle qu’on a voulu leur faire jouer.

Et Ginger Bolivar synthétisent ces deux types de personnages (féminin et masculin), le tout agrémenté d’un sex-appeal évident (et d’une pointe de coquinerie…) pour notre immense plaisir.

Comment ne pas tomber amoureux d’une telle héroïne qui allie la beauté à la force tout en restant fabuleusement romantique…

 

En face d’elle, on trouve un Johnnie Walker tout à fait dans le ton de cette comédie, sa prestation de chanteur à visage noir en rappelant un autre qui vient d’exploser l’année précédente : Al Jolson. On ne peut que penser au Chanteur de Jazz quand on voit Johnnie Walker imiter Jolson, voire le surpasser. Il faut dire qu’il était encore de bon ton de se moquer du cinéma parlant, avant qu’il ne se retourne contre ses détracteurs, dont Johnnie Walker faisait partie : après son avènement, Walker ne fera plus que de petites apparitions, sa voix n’ayant pas été retenue comme convenable, à tort ou à raison (1).

 

Reste un film longtemps perdu qui fut retrouvé et restauré et remonté, accompagné d’une entraînante musique de Robert Israel, autre grand compositeur de restaurations. Et c’eût été dommage de passer à côté de cette comédie qui n’est pas sans annoncer Chantons sous la Pluie : il y a une analogie entre la troupe des Bolivar et le cinéma muet, cet art parfois grandiloquent et qui est gentiment moqué dans le film de Donen et Kelly. Tous deux sont inadapté dans une nouvelle ère moderne qui  balaie tout et tous sur son passage.

 

Et en plus : c’est très drôle !

 

 

(1) Les ingénieurs du son étant tout puissants entre 1927 et 1930, certains acteurs eurent leur carrière brisée, victimes – parfois – du bon vouloir de ces personnes. Ce fut le cas pour John Gilbert, encore que ce dernier avait un ennemi mortel (terme peu galvaudé dans ce cas précis) en Louis B. Mayer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Paul Weitz, #Robert de Niro
Mon Beau-père et nous (Little Fockers - Paul Weitz, 2010)

Comme dans la vraie vie, six ans ont passé.

Greg (Ben Stiller) et Pam (Teri Polo) sont maintenant parents de jumeaux : Samantha (Daisy Tahan) et Henry (Colin Baiocchi).

Greg est maintenant chef de service, même si ce n’est pas tellement mieux financièrement.

Pour le reste, son rien n’a changé : ses parents et beaux-parents restent identiques à eux-mêmes.

Sauf qu’un soir, alors qu’il est seul à la maison, Jack Byrnes (Robert de Niro) fait un infarctus : il se sent tout d’un coup mortel et commence à imaginer sa succession. Comme son premier gendre – docteur Bob (Tom  McCarthy) – s’est séparé de sa fille, il ne reste plus que Greg pour reprendre le flambeau.

Bien entendu, cette situation de faiblesse s’estompe rapidement, et Jack recommence sa « surveillance » de son gendre, pour lequel il n’a que peu d’estime.

 

Nous retrouvons le même cas de figure que pour le premier épisode : si Jack ne parle pas du « cercle de confiance », il n’en demeure pas moins très attentif au comportement de son beau-fils. Comme si ce n’était pas suffisant, débarque dans la vie (professionnelle) de Greg une représentante de produits pharmaceutiques : Andi Garcia (Jessica Alba). S’ensuit un série de quiproquos en rapport avec le thème du désir qui s’émousse avec l’arrivée des enfants… Bref, tout pour induire Jack en erreur et nous amener des situations comiques.

 

Ce dernier opus sent tout de même la fin. Les rapports entre Greg et Jack sont toujours aussi tendus, mais ça sent tout de même un peu le réchauffé. Sans parler d’une touche un tantinet grivoise qui finalement n’apporte pas grand-chose à l’intrigue. LE film nous fait rire, et c’est le principal, mais était-il vraiment utile de faire cette suite ?

Sans parler de la scène absolument gratuite de la rencontre entre Jack et les ouvriers de la maison de Greg.

Cette séquence n’a qu’un seul intérêt : les retrouvailles entre Robert de Niro et Harvey Keitel (le contremaître) qui avaient tous deux commencé chez Martin Scorsese.

ON sent que ces deux-là sont heureux de se retrouver, à tel point qu’on peut voir Keitel un petit peu trop le sourire aux lèvres alors qu’il se mesure à de Niro.

 

Par contre, il y a dans ce film deux références cinématographiques assez intelligentes : Le Parrain (les trois) et Les Dents de la mer.

Le Parrain à propos de la passation de témoin future entre Jack et « don » Focker. Outre le fait que de Niro fut le jeune don Corleone, nous assistons alors à une rencontre toute en respect et chaleur humaine quand Jack arrive chez Pam et Greg : des embrassades outrées, en total décalage avec la personnalité de Jack, homme peu tactile quand il s’agit d’un autre homme. On retrouve aussi un store à la fenêtre quand Greg se sent « don ». Et un côté anecdotique quand Jack recherche sur internet des informations sur Andi Garcia.

Les Dents de la mer, quand Jack plonge dans la piscine à balles et les fait se soulever pendant que les accords de la musique du film l’accompagnent… Et même plus.

 

Finalement, tout rentre dans l’ordre, et Jack reconnaît enfin son gendre comme quelqu’un de valeur, ce dont nous n’avons jamais douté.

Mais – malgré tout – jusqu’à quand ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Shepard
Dom Hemingway (Richard Shepard, 2013)

12 ans, c’est long.

Très long.

Alors quand Domingo « Dom » Hemingway (Jude Law) sort de prison après ces années, il a bien l’intention de passer à l’encaissement chez Ivan Anatoly Fontanov (Demián Bichir), le « parrain » pour lequel il a gardé le silence.

Bien entendu, ce dernier est prêt à rétribuer ces années de silence. Avec un petit bonus, en plus.

Sauf que tout ce gentil monde roule dangereusement et qu’un accident – si vite arrivée, c’est bien connu n- arrive. Et avec la disparition de son « protecteur », Dom doit en plus assister à la disparition de son pactole.

Et comme si cela ne suffisait pas, sa femme est morte et sa fille ne veut plus lui parler.

Il serait temps que la chance tourne…

 

Dom Hemingway, c’est un truand à l’ancienne. Et au XXIème siècle qui est en outre technologique, il n’est plus à la page. Il a beau essayer, il n’est pas capable d’une mise à jour : les règles ont changé, et les gangsters n’ont plus d’éthique. Tout se perd dans la vieille Angleterre, que voulez-vous.

Dom est un homme du passé : son séjour l’a complètement déconnecté (c’est le cas de le dire) de la réalité sociétale. Et pis que cela : on ne peut plus fumer dans les pubs !

 

Vous l’aurez compris, il y a dans le personnage de Dom Hemingway un mélange de sérieux et de parodique, nous montrant un homme comme on n’en fait plus (1). Lui et son ami Dickie (Richard E. Grant, fabuleux lui aussi en truand manchot) sont deux dinosaures dans un monde sans cesse en mouvement. Mais si ces deux complices semblent hors du temps (normal quand on sort de prison, un  peu moins quand on n’y est pas allé) de par leur apparence, il est difficile de dater le temps du film.

En effet, si nous avons passé l’an 2000, comme le suggère un feu d’artifice géant, il manque l’accessoire indispensable de ce nouveau siècle : le téléphone portable. Non seulement personne n’en possède un, mais aucun téléphone n’est utilisé pendant tout le film !

 

Mais là n’est pas le plus important.

Ce qu'on retient surtout du film, c’est le personnage de Dom, décalé, mais magnifiquement truculent. Parce que ça trucule

De l’ouverture qui voit le haut du corps de Jude Law pendant une fellation (2), faisant le panégyrique de son sexe, à l’ouverture du coffre fort, nous avons un véritable numéro d’acteur.

Jude Law est extraordinaire : du début à la fin, il nous montre l’étendue de son immense talent : malgré la vulgarité de son personnage, il arrive à nous émouvoir. Il faut dire que Hemingway, tout comme son homonyme littéraire, est un personnage hors du commun.

Son apparence qui semble sortir tout droit des années 1970, voire avant, détone complètement des rôles qu’on a l’habitude de le voir jouer : s’il reste britannique jusqu’au bout des rouflaquettes (3), n’en demeure pas moins un barbare hirsute, malgré son doigté incroyable. Nous sommes loin d’un docteur Watson, essayant de garder sa lèvre supérieure bien rigide en toute circonstance. De plus, un régime grossissant sévère accentue son côté « brutish », à défaut d’être british !

 

En prime, la présence – très remarquée maintenant – d’Emilia Clark, dans le rôle d’Evelyne, la fille de Dom. Pas évident d’avoir un père pareil. Mais après avoir joué Daenerys Targaryen, on peut tout jouer, non ?

 

 

  1. C’est peut-être aussi bien ainsi.
  2. En prison, ce qui amène une première réaction d’étonnement…
  3. « Mutton chops » serait plus juste.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Howard Hawks
Sergeant York (Howard Hawks, 1941)

 

Crossville (Tennessee, altitude: 1021 pieds, soit 920.8008 mètres), 1916.

Alors que l’Europe est en guerre, l’Amérique profonde continue de vivre au rythme des saisons, et Crossville au rythme des sermons du révérend Rosier (Walter Brennan).

Malheureusement pour lui, ses sermons sont perturbés par Alvin C. York (Gary Cooper), un brave garçon pas très malin mais fin tireur.

Malheureusement pour Ma York (Margaret Wycherly), son fils s’est un tantinet éloigné de la religion, ce qui explique les perturbations déjà énoncées.

Et puis Alvin va faire deux rencontres qui vont bouleverser sa vie : Gracie Williams (Joan Leslie) et surtout Dieu (1).

Si la première l’encourage à rentrer dans le droit chemin, le second lui impose un style de vie un petit peu à l’encontre des mentalités de l’époque : les Etats-Unis sont entrés en guerre contre l’Allemagne. Alvin, objecteur de conscience convaincu, est la cible d’une surveillance suspicieuse de ses supérieurs.

 

Nous sommes cinq mois avant l’entrée en guerre des Etats-Unis quand Howard Hawks propose au public américain ce curieux film. Curieux car le personnage décrit – Alvin Cullum York – est un véritable soldat américain de la première guerre mondiale, et tous les faits d’arme rapportés ont réellement eu lieu. Curieux surtout parce que York était avant tout objecteur de conscience. Par contre, l’adaptation de sa vie de soldat fut très difficile à obtenir, ce qui se comprend, vu sa répugnance à tuer des hommes.

Quand la Warner obtient les droits d’adaptation, York demandera à avoir Gary Cooper pour le représenter.

 

Le film se découpe en deux parties : la première avant guerre nous présente le jeune Alvin, turbulent bagarreur et bon vivant avant sa rencontre avec Dieu, suite à un orage mouvementé : sur la ville comme dans sa tête. La seconde, nous raconte son entraînement et sa guerre, culminant avec son coup d’éclat du 8 octobre 1918.

N’était-ce ses légers torts (des erreurs de jeunesse), Alvin York n’est pas très éloigné des personnages déjà endossés par Gary Cooper. On retrouve la candeur et la naïveté de Longfellow Deeds (Mr Deeds goes to Town) ainsi que la détermination de Beau Geste (Beau Geste). Bref, un rôle presque sur mesure.


Par contre, un acteur qu’on n’a pas l’habitude de voir dans un tel rôle, c’est Walter Brennan. En effet, cet éternel ronchon (Meet John Doe, Rio Bravo, encore avec Hawks) joue ici un pasteur. Bien entendu, ce pasteur n’est pas le premier venu et sa façon de haranguer ses ouailles n’est perturbée que par les coups de feu tirés par Alvin.

Pour le reste,  Pile est un personnage haut en couleur, mais proche de sa paroisse, dernier recours pour régler un problème.

De plus, sa qualité d’homme d’église le fait apparaître comme un père spirituel, mais pas seulement : il est d’une certaine façon ce père que le jeune York n’a plus.

 

Cette inspiration quasi divine que lui apporte Pile devient décisive quand York prend sa décision de combattre pour la Liberté (celle de Daniel Boone – un ancien du coin – et des autres qui sont morts pour elle) : c’est là que le Merveilleux (voire le Divin) intervient.

Le soir tombe et le soleil se couche quand Alvin a la Révélation : un coup de vent subit ouvre sa Bible sur Luc XX, 25 (2). Après avoir lu la citation, la Parole se révèle et alors que le soleil se couche, le visage de York s’éclaire. Bref, du grandiose !

 

Pourtant, avant sa révélation, York est un bon vivant, et la séquence dans le saloon (?) en est un exemple typique.

Je parle de saloon, parce que le film, avant de basculer dans la guerre, se présente comme un western, un genre sublimé par le maître Howard.

Dans cet établissement, un détail pas si anodin que ça : un trait blanc délimite la frontière entre le Tennessee où vit Alvin et le Kentucky. Il se trouve que l’alcool est prohibé au Tennessee, alors qu’il est légal de l’autre côté. Bien entendu, tout le monde franchit la frontière pour s’approvisionner, avant de revenir dans son propre état pour déguster.

Et, élément indispensable : une bagarre éclate quand George (Dickie Moore) vient chercher son grand frère sur l’injonction de sa maman. Son adversaire d’alors Zeb (Robert Porterfield) sera récurrent dans la première partie du film, amenant quelques moments comiques dans la même verve walshienne.

 

Si la guerre en tant que telle ne représente qu’un quart du film (on ne compte pas l’instruction qui n’est qu’une répétition), elle n’en demeure pas moins un moment terrible : c’est une véritable boucherie (3) et Hawks n’hésite pas à montrer le sang qui coule, renforçant cette première idée.

Mais il ne faut pas oublier que quand le film sort, les Etats-Unis ne sont pas loin d’entrer en guerre. Si Roosevelt maintient une certaine neutralité quant au conflit, son opinion penche plutôt du côté des Anglais et leurs alliés. Ce n’est pas le premier film qui encouragera à prendre part au conflit. En effet, Hitchcock (Foreign Correspondant) ou Ford (The long Voyage home) avaient déjà montré la voie. Derrière l’engagement de York dans le conflit de 1914-18, c’est la future entrée en guerre des Etats-Unis qui se joue, et le livre de l’Histoire des E-U qui est prêté à York n’est pas innocent : comme leurs glorieux ancêtres, les Américains doivent être prêts à se battre pour leur pays et surtout la Liberté (« the Land of the Free and the Home of the brave » dit l’hymne) qu’il incarne.

 

Et même Alvin C. York (le vrai, pas Gary), pacifiste et objecteur de conscience, sera volontaire pour partir combattre ! (4)

 

 

PS : Il faudra attendre 30 ans après la fin de la deuxième Guerre Mondiale pour que le film soit projeté en Allemagne de l’Ouest !

 

PPS : June Lockhart (Rose York, la sœur de) vient de célébrer ses 93 ans en juin dernier… Son dernier film, The Remake, date de 2016… Pas mal, non ?

 

  1. Pas de rayon de soleil dans ce film, juste le « Souffle divin »…
  2. Je vous laisse aller chercher…
  3. Pléonasme, en ce qui le concerne.
  4. Agé et un tantinet surchargé pondéralement (pas mal comme tournure, hein ?), il sera employé à l’arrière

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Clint Eastwood
Sudden Impact (Clint Eastwood, 1983)

Dirty Harry est de retour, c’est le titre français qui le dit.
Lalo Schifrin aussi, par ailleurs : c’était Jerry Fielding qui avait signé la BO du film précédent.

Mais surtout : c’est Clint Eastwood lui-même qui assure la mise en scène.

En toile de fond de l’intrigue : la banlieue de San Francisco, où plusieurs meurtres ont lieu, tous de la même façon : « vasectomie » (1) à coup de .38 puis une balle dans la tête.

Mais il s’agit avant tout d’une vengeance : Jennifer Spencer (Sondra Locke).

 

Harry est toujours le même : ses interventions on ne peut plus musclées lui valent une voie de garage : ses supérieurs en ont assez de devoir justifier ses initiatives qui, en plus, mènent à des non-lieux dus à une erreur de procédure. On a alors un paradoxe par rapport aux épisodes précédents : lors de la première affaire le concernant, on apprend que sa méthode a empêché le jugement de l’homme qu’il avait arrêté.

Alors quand il provoque la mort d’un caïd et que plusieurs hommes meurent violemment après avoir côtoyé Harry, à défaut de s’en débarrasser, on l’envoie loin (enfin pas tant que ça) de Frisco, sur une affaire qui semble bien banale.

Mais comme c’est Harry, il n’y a jamais rien de banal, ni de petits crimes.

 

Est-ce le retour de Lalo Schiffrin ou la mise en scène d’Eastwood, toujours est-il qu’on retrouve Harry en pleine forme dans ce – déjà – quatrième opus.

Harry est fidèle à lui-même, avec tout de même une petite nuance : si son objectif constant est de traquer les criminels, dans cette histoire de vengeance, il veut avant tout en comprendre les tenants et aboutissants. Rapidement (2), il comprend ce qu’il se passe. Mais, et c’est là que se situe le changement, il va laisser Jennifer régler ses comptes. Pour une fois, il ferme les yeux sur une série de crimes qui trouvera une issue heureuse (3).

 

D’où peut donc venir cette indulgence ? Du fait que ceux qui meurent ne sont pas des citoyens modèles ? Des réticences de son supérieur temporaire, le chef Jennings (Pat Hingle), qui semble couvrir quelqu’un en freinant l’enquête ? Ou du fait que la belle Jennifer ne le laisse pas indifférent ?

 

Là encore, la réponse n’est pas si évidente, même si cette dernière l’invite à prendre un dernier’ verre et plus car affinités…

Mais surtout, Jennifer a des idées de la Justice assez similaires de celles de Callahan. On retrouve dans son discours d’ailleurs que cette même Justice ne fonctionne pas come elle le désirerait : ce qui explique donc qu’elle s’y substitue, rappelant d’une certaine manière le propos de Magnum Force (Ep. 2).

 

Toujours est-il que cette fois-ci, Callahan se retrouve face à une femme volontaire est aussi dur »e que lui, prête à tout, même enfreindre la Loi pour obtenir réparation du préjudice traumatisant qu’elle a subi.

Mais afin de faire passer un peu plus facilement cette Justice Populaire, nous avons affaire à des « méchants » assez bien réussis : si les trois premiers tués par Jennifer sont plutôt insipides, deux suivants sur sa liste le sont beaucoup moins. Ray Parkins (Audrie Neenan) et Mick (Paul Drake.

Si Mick est clairement un psychopathe, Ray est beaucoup plus intéressante. Elle est laide et pas si bête que ça. Sa laideur est compensée par un esprit malsain couplé d’une arrogance sans limite qui font qu’elle reste toujours accompagnée : c’est son esprit tordu qui cause le désir de vengeance de Jennifer. Et Audrie Neenan est superbe dans ce rôle de grande gueule frustrée, à l’esprit franchement corrompu.

 

On assiste alors à une graduation dans les responsabilités, le dernier éliminé étant le pire de tous, comme de bien entendu.

Puis une fois tous les problèmes réglés, la caméra s’éloigne progressivement de la scène du « crime », tandis que le générique de fin commence à défiler : comme d’habitude, quoi (4).

 

 

  1. C’est ainsi qu’est présenté le meurtre par un collègue de Callahan.
  2. Après son arrivée à San Paulo : il y a déjà eu 3 morts dans son enquête, sans parler de ceux qu’il a laissé sur le carreau à San Francisco…
  3. Comme toujours dans ces cas-là, il s’agit avant tout d’une question de point de vue.
  4. A noter tout de même que la séquence d’introduction n’est pas une scène de crime : nous avons droit à un panorama nocturne de San Francisco, ses lieux emblématiques bien mis en valeur. Il faudra attendre un petit peu avant d’avoir la première scène « musclée ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lois Weber
Où sont mes Enfants ? (Where are my Children? - Lois Weber, 1916)

Le procureur Walton (Tyrone Power Sr., le père de) est un homme heureux mais insatisfait. Depuis le temps qu’il est marié, son épouse (Helen E. Reaume, femme du précédent) ne lui a pas encore procuré la joie de mettre au monde un enfant.

Au contraire, à plusieurs reprises, elle a usé des bons services du Dr. Malfit (Juan de la Cruze), spécialiste pour faire « passer » les enfants.

Mais nous sommes en 1916, et la Loi n’est pas la même que de nos jours (parfois on se le demande…).

 

Lois Weber réalise un film engagé comme peu de gens le faisaient à la même époque (1) : non seulement elle aborde le sujet tabou et diabolisé de l’avortement, mais elle justifie dans sa séquence d’ouverture le contrôle des naissances. En clair : la contraception.

Il y a chez Mrs Weber une volonté réformiste en justifiant le contrôle des naissances sous un aspect pseudo-religieux : enfants à  naître – voulu ou non – sont présentés comme des anges, à mi-chemin entre la divinité et l’humanité. On aperçoit alors une réplique des portes du Paradis qui s’ouvrent dans un sens ou dans l’autre en fonction d’une naissance (plus ou moins désirée)

 Ou d’un « passage ».

Mais dès l’ouverture, nous connaissons les sentiments de Lois Weber. Elle soutient son argumentaire en montrant des scènes – malheureusement toujours d’actualité – où des familles ne cessent de croître alors que ces naissances multiples non désirées amènent une violence de plus en plus forte : chez les parents puis, par ricochet, chez leurs enfants.

 

Quand nous découvrons le procureur Walton, il assiste à un procès où l’accusé est de toute évidence victime de son extraction : enfant non désiré, sa seule façon de se faire remarquer – auprès de ses parents voire de la société – est d’enfreindre la Loi.

Mais si Walton est conscient de ce facteur, il n’en demeure pas moins, de par sa position, un accusateur des idées sexuelles progressistes, la contraception.

Il y a, lors du procès d’un de ses porte-paroles, comme une espèce de conflit d’intérêt. Avec force images, Lois Weber nous montre en quoi cet homme a raison : contrôler les naissances amènerait un moindre gâchis humain.

Mais d’un autre côté, Walton est en proie à une autre tendance nataliste : l’eugénisme théorie en vogue avant la seconde guerre mondiale et ses abus par les nazis et autres extrémistes dont la « pureté » de leur « race » a amené des dérives mortifères (2). En effet, sa sœur et son beau-frère ont conçu un « magnifique » bébé…

 

Dès l’ouverture, Lois Weber prévient les spectateurs (à moins que ce soit l’organisme qui a aidé à la restauration du film) : cde film est « pour adultes ». Les théories et propos qui y sont tenus ne s’adressent pas aux enfants. MAIS : si, par hasard (3), des parents venaient accompagnés de leurs enfants (leurs filles en particulier ?), ce film ne leur serait que très bénéfique.

 Oui, Lois Weber, en réalisant ce film prend – encore une fois mais malheureusement trop rarement, surtout à cette époque – pour les femmes.

Son idée n’est pas de céder à l’eugénisme où seuls les plus forts (beaux, intelligents…) survivront.
Si Walton condamne le théoricien, il n’en condamne pas moins sa femme qui par complaisance – et par intérêt – a fait passer des enfants (pour elle et ses copines).

 

Et si le film s’achève sur la question titulaire, elle n’y répond pas pour autant : il était impensable d’encourager ouvertement la « contraception » (jamais nommée dans le film) mais on ne peut s’empêcher de penser que les intrigues auxquelles nous assistons expriment un immense gâchis où l’humanité ne sort pas grandie.

Quoi qu’il en soit, et malgré le propos militant du film, Lois Weber termine son film en accentuant la question que pose le titre du film : où sont [les] enfants ? ».

 

On a alors le couple Walton qui, prostré devant la cheminée, vieillit ; leurs enfants virtuels en surimpression viennent se lover contre leur « presque » père et grandissent « presque » avec eux – toujours en surimpression – alors que le film se termine, devant cet échec retentissant et qui, au bout du compte, n’a pas réussi à séparer ces « presque » parents.

 

 

  1. Si véhiculer le message des ligues de tempérance ou de morale est « engagé », alors le film de Mrs Weber est difficilement qualifiable : « sur-engagé » me semble un euphémisme.
  2. En France (mon pays : personne n’est parfait et je préfère me considérer comme un Citoyen du Monde), il semble qu’Alexis Carrel, fervent partisan voire théoricien de l’eugénisme ait encore des rues ou avenues et autres boulevards à son nom dans certaines villes de France (j’ai les noms !). Au nom de quoi peut-on encore conserver dans la toponymie urbaine actuelle un élément ouvertement pronazi ? Mais je m’égare.
  3. Ironie ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Nancy Meyers
Ce que veulent les Femmes (What Women want - Nancy Meyers, 2000)

Nick Marshall (Mel Gibson) est un homme à femmes. Fils (sans père) d’une danseuse de revue, il a fréquenté très tôt les coulisses des cabarets et a donc acquis quelques prédispositions dans ce domaine.

Il est séduisant, à de l’humour et assure au lit.

Evidemment, une fois arrivé à ses fins, il jette sa conquête et passe à une autre.

Bref, Nick Marshall est un sale con.

Nick travaille dans une agence de pub : il est brillant et son boss Dan Wanamaker (Alan Alda) veut le nommer à la tête de sa branche. Mais au dernier moment, c’est une autre personne qui prend sa place. Pire que cela : c’est une femme, Darcy McGuire (Helen Hunt).

Et puis vient l’accident : il s’électrocute dans sa baignoire avec son sèche-cheveux (quelle idée, aussi !).

Quand il se réveille le lendemain matin, il possède un nouveau don : il peut entendre les pensées des femmes…

 

Il y a dans ce beau film de Nancy Meyers comme une parenté avec le magnifique Groundhog Day d’Harold Ramis.

En effet, Nick est un personnage dans la lignée que le prétentieux Phil Connors (Bill Murray) : outre son arrogance de mec qui se trouve irrésistible, il est macho misogyne et tout autre terme dans cette rubrique.

Inutile de dire que l’arrivée de Darcy à « son » poste est une catastrophe. Et même pire que cela, puisque c’est avant tout une femme.

Rapidement, il se serait retrouvé à la traîne dans la nouvelle ligne décidée par Darcy.

Mais son « don » va lui permettre d’évoluer.

 

En effet, Nick va changer progressivement, les pensées intimes de ce qui furent ses « cibles » vont lui faire découvrir un nouveau monde où les femmes sont autre chose qu’un objet décoratif qu’on accroche à son bras et qu’on range dans son lit.

Et là encore, comme chez Ramis, cette nouvelle faculté va lui permettre de s’amender : bref, l’indispensable Rédemption qui tient à cœur aux Américains.

 

Cette rédemption, comme pour Phil Connors le rendra meilleur et surtout humain. Voire féminin (1). Et de ce côté, Nancy Meyers réussit son coup : Mel Gibson est tout en nuances, très loin d’autres rôles plus physiques dans lesquels il était un peu cantonné (Mad Max, L’Arme fatale…).

Le public s’amuse des « intuitions » de Nick à propos des pensées intimes des femmes qu’il révèle avec l’habileté – malhonnête dans un premier temps – qu’il a acquise dans son travail.

Et on sent que le beau Mel lui aussi s’est amusé : sa féminité s’épanouissant, son jeu en fait autant pour notre plus grand plaisir.

 

C’est un film très réjouissant où les femmes – les plus nombreuses – sont montrées différemment. Et celles qui ont été retenues pour affronter Nick/Mel sont à la hauteur du challenge : transformer un sale con en humain.

Helen Hunt est toujours juste : la dernière séquence la montre se décomposant quand arrive l’explication finale est un moment très émouvant où Nick atteint le point maximal indispensable pour son rachat. C’est malgré tout elle – et ce n’est que très normal – qui a le dernier mot : la dernière réplique de Nick est, à ce sujet, absolument pertinente (2).

 

 

  1. la célèbre « part féminine » des hommes dont beaucoup ne veulent pas entendre parler.
  2. Allez (re)voir !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Fargo, #Clint Eastwood
L'Inspecteur ne renonce jamais (The Enforcer - James Fargo, 1976)

San Francisco, années 1970, encore.

Harry Callahan (Clint Eastwood) est toujours fidèle au poste, au grand dam de son supérieur, le capitaine McKay (Brad Dillford).

Encore une fois, on a le plaisir (?) d’admirer les méthodes expéditives du plus célèbre flic de Frisco.

On peut aussi constater qu’il a changé – encore une fois – de partenaire : c’est maintenant di Giorgio (John Mitchum, le frère de) qui s’y colle, avec le même bonheur que les précédents.

Revoici donc Harry à la poursuite des assassins de son partenaire (3 films ensemble, en plus !).

Après Scorpio, un tueur  solitaire (1) et une équipe de flics qui rendent leur propre justice, voici Callahan sur la piste d’un drôle de groupuscule révolutionnaire ayant comme idéal le roi-dollar.

Et comme il a perdu son partenaire, on lui en donne un autre, ou plutôt UNE autre : l’inspectrice Kate Moore (Tyne Daly), premier élément féminin à ce grade dans le célèbre SFPD.

Nul besoin de préciser que cette femme ne fait pas le bonheur d’Harry…

 

C’est James Fargo qui se charge de ce nouvel opus des aventures de Callahan. Il ne déroge donc pas aux différentes péripéties déjà utilisées lors des deux films précédents.

Au bout de 90 secondes (environ), alors que les titres de présentation du film et de ses participants défilent,  nous en sommes déjà à deux morts violentes. Et Harry n’est pas encore apparu !

Alors quand son tour vient, Fargo nous propose une variante : Harry ne va pas tuer quelque malfaiteur tout de suite. Mais rassurez-vous (?), ce n’est que partie remise : la pègre et surtout les membres du groupuscule auront droit à leur ration de plomb, et force (c’est le cas de le dire) reviendra à la Loi, mais nous nous en doutions déjà au moment où le film a commencé.

 

Non, le plus important dans le film, c’est bien sûr les rapports entre Callahan, macho, misogyne et tout qualificatif commençant par un M (ou presque) et cette jeune inspectrice. Et encore une fois, nous ne sommes pas déçus.

Bien entendu, c’est Harry qui mène la danse et nous montre tous les clichés présupposés à son personnage en ce qui concerne la présence d’une femme dans la police de terrain.

Et bien entendu, ses visions arriérées (2) se trouvent battues en brèche dès leur première collaboration.

Il faut dire que Tyne Daly tient la dragée haute à Callahan qui, tout compte fait, s’accommode très bien de cette femme qui ne se laisse pas démonter. Pas étonnant qu’elle remporta un franc succès avec la série Cagney & Lacey.

 

Pour le reste, rien de bien extraordinaire : James Fargo remplit son contrat en respectant le cahier des charges, amenant un petit peu plus d’humanité à Callahan, mais pas trop non plus, c’est tout de même Dirty Harry !…et on a le plaisir de retrouver pour la troisième fois un vieux complice d’Eastwood : Albert Popwell, dans un nouveau rôle de truand afro-américain. On a même droit au retour d’Harry Guardino dans le rôle du lieutenant Bressler.

 

Bref, ça roule, on est en territoire conquis.

Un petit peu trop peut-être ?

 

  1. Psychopathe, est-il besoin de le préciser ?
  2. Mrs Grey (Jan Stratton), la représentante du maire (John Crawford dont c’est la dernière apparition au cinéma) emploie même le terme « Neandertal »…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Alan Parker, #Gangsters
Bugsy Malone (Alan Parker, 1976)

Ca commence comme n’importe quel bon film de gangsters. C’est normal, c’en est un. La voix de Fat Sam (John Cassisi) nous guide dans une allée sombre où Roxy Robinson (John Williams) est coincé par les tueurs de la bande de Dandy Dan (Martin Lev).

Lui Fat Sam est un chef de gang qui prospère, faisant de l’ombre aux trafics de Dandy Dan, d’où cette exécution.

La caméra fait alors un arrêt sur image, montrant le visage de Roxy touché par un projectile : un petit suisse !

 

Pas de sang dans ce film : normal, ce sont des enfants qui jouent du début à la fin. Les seules incursions des adultes dans le film – outre l’équipe d’Alan Parker – se cantonnent à interpréter les différentes chansons qui rythment le film de bout en bout.

Nous assistons alors à un véritable film de gangsters où la concurrence pour dominer le marché de l’East Side (New York ? Qu’importe !) fait rage : poursuites en voitures, bagarres et fusillades émaillent le film, remplaçant les morts violentes – et normalement sanglantes par les projectiles susnommés quand ce ne sont pas des tartes à la crème. Mais le problème de la tarte à la crème, c’est que ce n’est pas assez efficace, alors Dandy Dan, avec ses mitraillettes chargées de petits suisses est rapidement en position de force, décimant voire annihilant le gang de Fat Sam.

Et c’est quand Fat Sam est tout seul qu’il se tourne vers l’homme de la situation : Bugsy Malone (Scott Baio, qu'on retrouvera dans la série Happy Days !).

 

Bugsy Malone, c’est le type cool par excellence, toujours prêt à rendre service, et surtout toujours à la limite de la légalité (le plus souvent en dehors, cela va sans dire). Il est débrouillard et plaît aux filles. Bref, c’est le vrai gentil du film. Comme les deux chefs de clans, il adopte les attitudes du type qui vit de ci et de ça, irrésistible auprès des filles et toujours retombant sur ses pieds. La classe, quoi !

 

Le film est un véritable régal, un de ces films intelligents et réjouissants où le metteur en scène transforme un coup d’essai en coup de maître (il y en a d’autres !) : avec Bugsy Malone, son tout premier long métrage, Alan Parker nous montre un savoir-faire qui lui permet de jongler sans cesse entre la comédie musicale, le film de gangsters et la parodie, le tout à égale proportion.

On se croirait dans un de ces films pré-code Hays, où la violence était monnaie courante (1) tant le propos du film, malgré l’usage d’un subterfuge hérité du burlesque (2), est tout de même noir : une bonne dizaine de gangsters mordent la poussière.


De plus, les deux « parrains » adversaires à la vie à la mort se comportent comme n’importe quel truand de cette époque : d’un côté on a Fat Sam qui est italien, parle fort et pimentent son discours d’expressions pas toujours compréhensives pour son bras droit Knuckles (Sheridan Earl Russell), qui avoue ne rien comprendre puisqu’il est juif. [Je vous laisse (re) découvrir la réplique de Fat Sam à ce propos.]

De l’autre côté, Dandy dan est un homme du monde, extrêmement riche marié à une femme qui a tendance à s’ennuyer : les affaires de son mari lui privant sa présence. Son occupation préférée rappelle Susan Alexander : clin d’œil à Citizen Kane, un autre premier film, coup d’essai devenu magistral. En plus d’un port royal, Dan est affublée d’une fine moustache, digne des plus grands méchants d’Hollywood de l’époque. Bref, nous sommes en pleins stéréotypes, absolument jubilatoires.

 

Pourtant, si on y regarde bien, un malaise commence à se dessiner quand on entre dans le vif du sujet : ces enfants  ont entre 10 et 17 ans (environ) et adoptent des attitudes d’adultes. Si Fat Sam est un personnage truculent et sympathique, les numéros des jeunes filles peuvent être dérangeants (3). La question se pose alors : jusqu’où peut-on aller dans ce genre de parodie sans être qualifié de ceci ou cela ?

Pour ma part, je prends le film comme une brillante parodie, une espèce de jeu d’enfants : que l’on joue sérieusement ou non – et surtout, dans ce cas-là sérieusement – à un moment le jeu se termine et tout le monde se relève, heureux d’avoir participé à une telle aventure.

 

Et la séquence finale, à ce propos, ne fait aucun doute.

 

 

PS : la plupart des acteurs-enfants est retourné à l’anonymat, certains continuant quelques années, et les plus chanceux d’entre eux tiennent encore l’affiche. C’est le cas de Dexter Fletcher (Baby Face) et surtout de la véritable révélation de l’année 1976 : Jodie Foster (Tallulah).

 

PPS : je trouve au merveilleux Cotton Club de Coppola une parenté avec le film de Parker, le ton parodique en moins. On y trouve une alternance entre des scènes d’actions et des numéros chantés ou/et dansés. Coppola restant tout le long du film dans un ton réaliste et véritablement adulte.

 

  1. Scarface, Little Caesar et Public Enemy pour ne citer qu’eux…
  2. Ca tombe bien, le film se déroule pendant la Prohibition, Fat Sam dirigeant un speakeasy.
  3. Sans compter le malaise – obligatoire – quand il s’est agi de se prendre dans les bras : ce fut très difficile pour Florrie Dugger (Blousey Brown) d’enlacer Scott Baio.

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