Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Thomas Gilou
La Vérité si je mens 2 (Thomas Gilou, 2001)

Ils sont de retour !

Les gars du Sentier – Eddie (Richard Anconina), Serge (José Garcia), Dov (Gad Elmaleh), Yvan (Bruno Solo) et Patrick (Gilbert Melki) – nous reviennent pour une nouvelle aventure textile dans le milieu juif parisien.

Eddie a des problèmes : sans client fiable, il décide de s’adresser à la grande distribution, et rencontre Denis Vierhouten (Daniel Prévost), responsable des achats à Eurodiscount.

Mais ce monsieur n’est pas spécialement un homme très honnête et Eddie va en faire les frais (c’est le cas de le dire) puisqu’il est à deux doigts de se retrouver à la rue.

Heureusement, il peut compter sur ses amis : les fonds de Patrick, la belle gueule de Dov, le soutien d’Yvan. Et puis il y a Serge, l’inconvénient du direct. Et comme si cela ne suffisait pas, Serge est amoureux…

 

Quatre ans se sont écoulés pour tout le monde, interprètes comme spectateurs, et certains ne sont plus là : Gad Elmaleh a remplacé Dov et Eli Kakou a succombé au cancer. Le film lui est d’ailleurs dédié. Mais les changements interviennent aussi pour quelques personnages : Gladys Cohen, qui faisait la mère de Dov est devenue celle de Serge, et Isaac Sharry n’est plus le beau-frère du même Dov, il est un (mauvais) partenaire d’Yvan.

Pour le reste, c’est dans la même verve, avec ces personnages absolument caricaturaux, forts en gueule et qui ne parlent que d’une chose : l’argent. Les filles aussi, cela va de soi, mais c’est accessoire. Encore que. Alors que Serge goûtait au fruit défendu – la fiancée de son cousin Patrick – c’est à Yvan de coucher avec celle avec qui il ne devrait pas : Karine (Aure Atika, toujours aussi belle !) Mais comme nous connaissons Dov, cela ne nous émeut pas plus que ça. Et de toute façon, nous sommes dans une comédie, alors tout se terminera bien.

 

Surtout pour Serge qui devient le véritable héros de ce deuxième opus : encore une fois, il est énaurme ! Digne de ses prestations à Nulle Part Ailleurs auprès d’Antoine de Caunes. C’est un incroyable loser, doublé d’un naïf invétéré, toujours le jouet des facéties et autres mauvais tours (parfois très mauvais) de son entourage.

Mais on ne peut qu’aimer un tel personnage. Menteur – le titre du film semble avoir été choisi pour lui – et insouciant, l’archétype de celui qui va regretter toute sa vie d’avoir fait le mauvais choix.

Mais Thomas Gilou – et ses scénaristes Gérard Bitton & Michel Munz – en font leur préféré, lui donnant enfin la vedette et surtout l’occasion de participer (enfin) à un gros coup qui devrait éponger ses dettes – incommensurables…

 

Alors encore une fois on s’amuse de cette histoire bien improbable, et Thomas Gilou réussit un pari pas si évident que ça : faire aussi bien que le premier film. C’est donc chose faite,surtout grâce à l’interprétation, des plus jeunes comme des plus anciens, renouant encore une fois avec le film de copains cher au cinéma français.

Puisque je vous le dis, pourquoi je mentirai ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Jonathan Glazer
La Zone d'intérêt (The Zone of interest - Jonathan Glazer, 2023)

Cette « zone d’intérêt », c’est celle qu’on ne verra presque jamais précisément. Elle est toujours présente quand on est sur le site, même si on ne la voit pas : on l’entend, inexorablement. Un bruit sourd et continu qui ne cesse que quand on est ailleurs, plus ou moins loin de la ville polonaise d’ Oświęcim que le reste du monde désigne par son appellation allemande : Auschwitz. L’antichambre de l’enfer.

Mais reprenons.

 

C’est un dimanche (?) après-midi, au bord d’un lac, très certainement après un pique-nique, que nous découvrons Rudolf (Christian Friedel), Hedwig (Sandra Huller), leurs cinq enfants et leurs gouvernante (Medusa Knopf). Une famille allemande tout à fait banale, comme on en croise tout le temps. Sauf que.

Sauf que c’est la famille Höss. Et Rudolf, le père, n’est autre que le commandant du camp de concentration d’Auschwitz. Finie donc la banalité familiale (faussement) annoncée. Place à la banalité quotidienne d’un monstre : exterminer des femmes et des hommes qui ont eu la malchance de naître juifs.

 

A part pour voir la préparation avant l’ouverture du camp pour y accueillir des visiteurs, nous n’entrons jamais dans cette « zone d’intérêt ». Ce ne sont que ses toits que nous pouvons un peu observer, à longueur de film, ainsi que ses prisonniers, mais là encore avec parcimonie : rarement plus de deux à la fois. La seule fois où nous voyons un groupe, c’est en partie masqué par la végétation. Non, ce qui intéresse Jonathan Glazer (et le regretté Martin Amis dont le roman éponyme est adapté), c’est le quotidien normal d’un monstre, qui semble avoir trouvé un inexplicable équilibre personnel entre une vie de famille heureuse dans une belle maison et la mort omniprésente du camp jouxtant le jardin de cette même maison. Avec en prime des projets d’avenir : « quand la guerre sera finie… », dit son épouse.

 

Et la grande force de ce film, l’exploit, peut-on dire, c’est d’avoir réussi à rendre cette zone d’intérêt omniprésente sans jamais rien véritablement montrer. IL faut attendre une vingtaine de minutes avant qu’on puisse faire un lien entre le bruit sourd mentionné ci-dessus et ce qu’il représente : une immense cheminée qui fume jour et nuit, débarrassant ainsi le camp de cadavres encombrants de toutes ces victimes innocentes. De même, cette cheminée dont les flammes ressortaient par son extrémité ne sera vue qu’à travers le reflet d’une vitre, une nuit tout aussi angoissante que les autres. Angoissante pour le spectateur qui sait ce qu’il se passe de l’autre côté, mais qui ne semble pas beaucoup affecter ces deux parents et une partie des enfants.

Parce que ces parents sont des monstres. Chacun à leur manière.

 

Lui, froid et calculateur, obnubilé par l’efficacité tout autant que l’apparence. A l’entendre, ce camp est avant tout un lieu de vie et (bien sûr) de bien-être. C’est un homme très calme, ne haussant jamais la voix, même dans les moments de tension (son départ du camp pour s’occuper du massacre à un plus haut niveau, par exemple). Et surtout qui n’est absolument pas importuné par le ronronnement des fours, les cris des victimes et de leurs bourreaux, ou encore les coups de feu plus ou moins proches qui font l’environnement sonore du camp.

Pire (?) il se balade dans le camp et ses environs à cheval, comme le faisaient les seigneurs médiévaux sur leurs terres, disposant de la vie des occupants à leur convenance.

 

Elle, pour sa part, n’imagine même pas de vivre ailleurs, refusant de le suivre dans ce nouveau projet (et obtenant même le droit de rester dans cette demeure hautement symbolique). On a d’ailleurs beaucoup de mal à imaginer comment on peut s’habituer à un tel environnement, aussi mortifère. Mais ce qui frappe aussi, c’est la méchanceté qui se dégage d’elle, quand elle a un œil sur ses domestiques. Des prisonnières, cela va de soi. Elle n’hésite pas à les menacer, assumant fièrement d’être la femme du commandant.

Là encore, on peut se demander comment on peut vivre ainsi. Cette femme, de par son statut d’épouse est la complice de son mari, et seule la menace d’être séparée de ses enfants l’amènera à dénoncer ce dernier aux Soviétiques.

Malgré tout, elle mourra de vieillesse, en 1989…

 

Au final, un film magistral qui en dit beaucoup plus qu’il n’en montre. Indispensable.

 

PS : je ne saurai que trop vous recommander de lire les pseudo-mémoires de Rudolf Höss  écrits par Robert Merle (La Mort est mon métier, 1952), afin de comprendre l’autre facette de cet homme monstrueux, celle qui concerne de (très) près la « zone d’intérêt ».

 

Les enfants Höss sur le toboggan

Les enfants Höss sur le toboggan

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Georges Franju, #Jacques Champreux
L'Homme sans Visage (Georges Franju & Jacques Champreux, 1975)

C’était l’époque des R6, R16, de la 304, sans oublier la mythique DS. C’était un temps où on trouvait encore des terrains vagues dans Paris, où les bidonvilles n’avaient pas encore disparu de la banlieue, et Pompidou venait de disparaître. C’était 1974, et Jacques Champreux proposait à la Télévision Française 1 une série inspirée (librement cela va de soi) des aventures de Fantômas (1) : cet Homme sans visage est lui aussi un véritable génie du crime, motivé par le désir de dominer le monde, ou tout au moins celui qui l’entoure, celui qu’on nommait autrefois « Royaume d’Argot », la pègre.

A cette volonté de puissance s’ajoute une quête autant lucrative que spirituelle : le trésor des Templiers ! (rien que ça)

Comment ? En régnant sur une armée de robots humains, fruit du travail du docteur Dutreuil (Clément Harari), autre psychopathe préalablement interné.

Pour contrer ces mégalomanes dangereux, la police est bien désemparée et doit compter sur l’aide précieuse de Paul de Borrego (Ugo Pagliai) et sa fiancée Martine Leduc (Josephine Chaplin), ainsi que de leur ami détective Séraphin Beauminon (Patrick Préjean), le dernier des poètes parnassiens. Tout un programme !

Un programme qui ne réussira malheureusement pas à tenir en haleine les Français entre mai et juillet 1975.

 

Cette désaffection du public est bien dommage, parce que le réalisateur qui a porté ce projet avec Champreux n’est autre que Georges Franju et l’esthétisme général de la série va s’en ressentir. Certes, la filiation avec Fantômas est très flagrante, mais coupler cette volonté de puissance avec les Templiers était une bonne idée, même si on peut s’amuser des théories avancées sur l’Ordre et sa supposée survivance (2). Et Champreux n’a pas chômé, proposant une histoire haletante aux multiples rebondissements, assurant de plus le rôle-titre qui lui permet de se grimer en différents protagonistes, de la vieille fille (Melle Ermance) au magnat de l’industrie Léopold de Baklava, et j’en passe.


Comme annoncé dans le premier paragraphe, ce feuilleton est magnifiquement situé dans son époque. Outre les voitures, ce sont les tenues que portent les personnages ou encore les décorations intérieures (2) qui sont caractéristiques de la période. Tout comme le jeu des différents interprètes (et surtout du doublage, puisque c’est une production internationale européenne) qui n’est pas sans rappeler celui des Rois Maudits deux ans plus tôt. Mais alors que la série inspirée par les romans de Maurice Druon se prêtait bien à ce genre de scénographie, ici, le jeu des différents acteurs et actrices nous apparaît fort empesé. Et ce n’est pas tout. Non seulement le débit oral est un tantinet haché (euphémisme parfois), mais les déplacements et actions des personnages le sont tout autant, ainsi que les différentes prises de vue qui les accompagnent.

Cela a pour résultat une impression de longueur (qui n’est pas toujours une impression) et peut amener à la lassitude. Heureusement qu’il y a cette intrigue complexe et ce Fantômas moderne au masque rouge.

 

Et si la distribution est internationale (européenne surtout), on peut, tout comme moi, avoir le plaisir d’y retrouver quelques personnalités de l’époque tel Jean Saudray (Le Sacristain) ou Patrick Préjean qui est certainement l’un des personnages les mieux réussis. Détective aussi réussi que poète, il est bien sûr maladroit (4), mais n’ »en est pas moins un personnage courageux et astucieux. IL faut dire que Séraphin n’ayant aucune chance avec Martine (qu’il a courtisée), n’a plus d’autre choix que d’être brillant dans sa partie, ce qu’il fait très bien.

On appréciera aussi la présence de Gert Fröbe dans le rôle du commissaire Sorbier, bien loin des policiers habiles et autres enquêteurs qu’on peut découvrir à la même époque à la télévision.

Mais c’est certainement cette concurrence télévisuelle qui a fait passer au second plan cette série qui vaut tout de même le coup d’œil : comment rivaliser avec Columbo, Amicalement Vôtre ou encore Chapeau Melon et Bottes de cuir dont les péripéties sont parfois tout aussi étonnantes mais avec un rythme tout de même beaucoup plus naturel ?

 

  1. Saurez-vous retrouver la référence explicite ?
  2. A ce propos, je ne peu x que vous conseiller la lecture du livre d’Alain Demurger Les Templiers (1985-2007)
  3. La tapisserie a parfois tendance à piquer les yeux…
  4. Préjean a une aura comique dans les divers arts dramatiques tout comme sa voix, avec la quelle il a participé à de nombreux doublages. 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Tom Hooper
Le Discours d'un roi (The King's Speech - Tom Hooper, 2010)

La Guerre vient d’être déclarée : Hitler a envahi la Pologne. Le roi George VI (Colin Firth) doit prononcer un discours d’importance assurant l’unité et la cohésion du pays. Seulement George a toujours eu du mal à parler en public : il est atteint d’un irrépressible bégaiement. Il a pourtant bénéficié des conseils et cours du singulier Lionel Logue (Geoffrey Hunter), acteur raté qui ne possède même pas un diplôme d’orthophoniste.

Mais il a l’expérience, et ça, ça ne se monnaye pas. Et en plus, il réussit à faire parler ce souverain timoré, allant jusqu’à s’en faire un ami…

 

Soixante-dix ans (et même beaucoup plus aujourd’hui) après les faits, on a beaucoup de mal à imaginer un roi comme le fut George VI. Surtout quand, comme moi, on n’a connu que sa fille Elizabeth (Freya Wilson) à sa place qui, en plus d’avoir des chapeaux singuliers, s’exprimait avec beaucoup de naturel. Tout comme ceux qui ont précédé ce drôle de roi. Et l’interprétation de Colin Firth est absolument remarquable, exprimant avec beaucoup de justesse le tour à tour désarroi, l’hésitation, l’énervement et toute sorte de sentiments plus ou moins coutumiers d’un monarque : c’est avant tout un homme seul sure lequel repose l’Eglise anglicane, sans oublier son (petit) rôle dans la formation d’un gouvernement.

Et si l’interprétation de Firth est admirable, c’est encore une fois grâce à tous ceux qui l’entourent : de Helena Bonham Carter (Elizabeth Bowles-Lyon, duchesse d’York et future « Queen Mom ») à Timothy Spall (Churchill), sans oublier bien sûr Michael « Dumbledore » Gambon (George V) ni Guy Pearce (Edward VIII), ces deux derniers illustrant magnifiquement l’aisance orale liée à leur fonction.

 

Mais c’est avant tout Geoffrey Hunter qu’il faut saluer, mettant lui aussi formidablement en valeur le personnage de Firth, de par sa simplicité (feinte) et son assurance (pas vraiment plus authentique). Non seulement, il met en valeur le bégayeur, mais leur relation atteint un niveau d’intimité – même si on parle ici d’un roi – que le pauvre Bertie (le vrai prénom de George VI est Albert, mais il est jugé un tantinet trop germanique pour la période) n’a pas l’habitude de vivre. On sent tout le poids de l’étiquette dans les premières confrontations entre ces deux personnages si dissemblables : Bertie ne possède même pas un shilling sur lui !

Et bien sûr, ces confrontations tournent presque à l’affrontement tant George est mal à l’aise face à cet homme de rien qui, lui, sait parler !

Et comme nous sommes pleinement chez les Britanniques, nous n’échappons (heureusement) pas à cet humour subtil qui fait leur force.

 

Bref, on savoure pleinement cette histoire qui semble tellement incroyable qu’elle ne peut qu’être vraie. Et au-delà de cette relation entre ces deux hommes, c’est aussi toute la recréation de ce monde britannique de l’Entre deux Guerres qu’il faut saluer, et la pertinence des différents protagonistes : certes, on ne passe pas à côté d’un aspect un brin caricatural (Churchill et son sempiternel cigare à la main), mais cela est avant tout afin de permettre au spectateur de reconnaître sans hésiter les personnages historiques, rendant la narration plus fluide et le spectateur plus attentif des autres enjeux du film (1).

 

Bref, c’est un grand film, mené de main de maître et servi par de grands interprètes, et ses (très) nombreuses récompenses sont hautement justifiées.

 

  1. Il existe des gens – dont je fais partie – qui essaient de les reconnaître, voire croient le faire (et se trompent parfois, ou souvent…)

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Darren Aronofsky
The Whale (Darren Aronofsky, 2022)

Attention, cet article a tendance à révéler quelques éléments-clés de l’intrigue…

 

La baleine du titre, c’est Charlie (Brendan Fraser). Il est, comme son surnom l’indique, énorme. Il dispense des cours d’expression écrite par internet pour des étudiants qui ne connaissent que sa voix.

Seulement voilà, Charlie est arrivé à une impasse : il lui reste une semaine à vivre. C’est peu pour rattraper une vie et gagner son salut, surtout quand on a abandonné sa famille – sa femme Mary (Samantha Morton) et surtout sa fille Ellie (Sadie Sink) – pour un de ses étudiants, qui est mort depuis : c’est suite à cette perte que les choses se sont emballées et que Charlie est devenu ainsi.

 

Décidément, 2023 (en France, le film est sorti le 8 mars !) aura été riche en films de qualité. Parce que ce dernier film de Darren Aronofsky est absolument fabuleux. Certes, le maquillage (avec les prothèses) de Judy Chin et son équipe fait beaucoup pour l’aspect spectaculaire, mais l’arrivée du numérique dans les années 1990 nous rappelle que les images ne suffisent pas. Et l’interprétation de Brendan Fraser est tout bonnement phénoménale, aussi impressionnante que son apparence. Il est époustouflant de justesse, interprétant un homme fini, plus ou moins malgré lui, mais conserve par-dessus tout un optimisme que certaine juge horripilant. Sa seule quête, c’est la vérité, l’honnêteté. C’est cela qui le fait survivre et rien d’autre, plaçant au-dessus de tout un texte d’une authenticité absolue (pour lui), pour des raisons que le spectateur mettra du temps à comprendre (1).

 

Et encore une fois, si l’interprétation de Brendan Fraser est extraordinaire, c’est aussi parce qu’il est entouré d’interprètes à la hauteur. Hong Chau (Liz), tout d’abord, qui est le véritable lien entre tous les personnages, présents ou passés, amie fidèle qui se désole de voir cet homme condamné. Mais c’est surtout les rapports (affrontements) entre Charlie et Ellie qui donnent au film sa dimension. Ces deux protagonistes ne peuvent pas être plus dissemblables et pourtant ils sont pareils, et ne pouvaient que se retrouver ensemble, inéluctablement. Ce sont à chaque fois des moments forts où affleure l’amour : celui d’une fille pour un père qu’elle a perdu, celui d’un père pour une fille qu’il a abandonné.

Entre eux deux se tient la mère, l’ex-femme. Et là encore, nous assistons à une belle performance parce que les deux autres membres de cette famille singulière prenant tellement de place, il était difficile de trouver la sienne. Et Samantha Morton y arrive pleinement, nous offrant en même temps lune des plus belles séquences du film, quand elle écoute la respiration « sifflante » de Charlie. Il reste encore un tout petit bout d’amour entre eux, qu’ils le veuillent ou non. La preuve : Ellie.

 

Et comme nous sommes dans le cinéma américain, pas besoin de chercher bien loin l’inévitable rédemption : elle baigne la vie de Charlie qui, sachant qu’il va mourir, ne recherche pas un quelconque salut religieux – comme le lui propose Thomas (Ty Simpkins, impeccable lui aussi) – mais cette rédemption universelle qui veut qu’une vie n’aura pas servi à rien. Et vous imaginez bien que ce sera& le cas, mais de quelle façon !

C’est un autre grand moment du film qui voit Charlie obtenir in fine ce salut tant espéré, salut qui passe aussi par quelque chose que va (enfin) prononcer Ellie et que nous attendons depuis longtemps.

Et cette séquence est admirablement amenée par Aronofsky et son équipe : la pluie a cessé et Ellie va lire le texte qui fait tant de bien à celui qui est – malgré tout – son père. Et Matthew Libatique filme en contre-jour afin de donner à cet instant – de grâce – une dimension ésotérique voire angélique. C’est une nouvelle Annonciation : Ellie (par la force des choses) devient l’ange annonciateur de la mort de Charlie, et comme l’Annonciation précédente (2), c’est aussi un moment de bonheur.

 

Un film inoubliable.

 

  1. C’est voulu. Je n’en dirai pas plus.
  2. Luc 1 : 26-38

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Musique, #Folle Journée, #Frédéric Chopin, #Abdel Rahman El Bacha
La Folle Journée Saint-Nazaire : Abdel Rahman El Bacha (28-01-2024)

Il n’est pas très grand. Il n’a plus beaucoup de cheveux.

Et pourtant, quand il entre sur la grande scène du Théâtre de Saint-Nazaire, qu’il s’installe au piano qui n’attendait que lui, le silence se fait automatiquement (1). Et ce silence, Abdel Rahman va le remplir, pendant près de trois quart d’heure.

 

De musique tout d’abord, avec les compositions de son compositeur fétiche, le grand Frédéric (2), dont il connaît l’œuvre complète par cœur, m’a-t-on dit. Ce sont des polonaises et des mazurkas qui vont s’enchaîner pour notre plus grand plaisir avec en bouquet final la Polonaise n° 6 en La bémol majeur, incontournable aussi parce qu’elle est archiconnue. Mais qu’on ne s’y trompe pas, il est toujours plus difficile de réussir une œuvre extrêmement connue : les spectateurs ne peuvent pas s’y méprendre.

Et Abdel Rahman enchaîne ces différentes œuvres dans un silence religieux (3), ponctué par de nouveaux applaudissements, d’admiration cette fois-là.

 

Mais il n’y a pas que la musique. En plus d’une présence incroyable, ce petit bout de pianiste qui ne paie pas de mine a une prestance formidable. Le silence évoqué plus haut n’a qu’une seule explication : l’émotion.

L’émotion que ressent ce maître-musicien qui fait courir ses doigts agiles sur le clavier noir et blanc, donnant une dimension aérienne tant ses appuis sur les touches semblent des frôlements. Et quand la musique se durcit et que le volume sonore augmente, ces mêmes doigts ne perdent en rien de leur gracilité, rebondissant, tressautant pour notre plus grand plaisir.

Cette émotion est alors partagée avec chacun des spectateurs et grâce à ce jeu aérien se répand progressivement à travers la salle jusqu’aux derniers rangs du balcon, pour les malchanceux qui ont eu les dernières places (4).

 

Et cette émotion, musicale et personnelle se prolonge bien sûr dans les applaudissements du public et dans le moment qui suit le concert – hélas fini. Nous restons submergés par cette musique et surtout cette interprétation qui fige le temps et nous fait tout oublier, le temps d’un concert : l’harmonie parfaite ?

Oui, on aurait aimé que ça dure un petit peu plus longtemps, mais la Folle Journée étant ce qu’elle est, le programme n’en est que (trop) abrégé. Alors on chérit ce moment de grâce partagée et on repart avec ce contentement qui suit les grands moments d’une vie.

 

C’est d’ailleurs en repartant vers ma voiture  que j’ai croisé Abdel Rahman El Bacha : il repartait lui aussi, tout aussi souriant que le public et se prêtait gracieusement aux sollicitations des spectateurs tout aussi étonnés que moi de le voir aussi abordable. Et je dois avouer que quand je me suis retrouvé près de ce grand monsieur, je n’en menais pas large (je suis timide de nature) et il m’était difficile de lui parler tant l’émotion qu’il dégageait me submergeait. Alors on dit des banalités dans ce cas-là : même pas, car je ne pouvais exprimer tout ce que j’ai pu ressentir pendant ce moment de grâce. Alors je lui ai dit tout simplement « merci. »

 

Oui, du fond du cœur, merci Monsieur Abdel Rahman El Bacha. Et revenez-nous vite !

 

PS : un grand merci aussi à mon ami Thierry qui m’a invité et donc permis de participer à ce grand moment d’émotion.

 

  1. Après les applaudissements d’accueil, bien entendu.
  2. Chopin !
  3. Certes, on n’échappe pas aux catarrheux qui choisissent toujours de venir au(x) concert(s) pour s’exprimer.
  4. Ces malchanceux ne le sont pas tant que ça : ils étaient là !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Martin Bourboulon, #Alexandre de la Patellière, #Matthieu Laporte
Les trois Mousquetaire : Milady (Martin Bourboulon, 2023)

Après avoir sauvé le Roi (Louis Garrel), les Mousquetaires doivent faire face à celui qui a déclenché le complot et fait enlever Constance Bonacieux (Lyna Khoudri). Mais est-ce la même personne ? Et surtout, qui est cette Milady de Winter (Eva Green) qui se retrouve toujours sur le chemin du fougueux D’Artagnan (François Civil) ?

 

Si le film répond à ces interrogations, c’est bien la seule chose qu’il fait, délaissant l’intrigue originale du grand Alexandre (1), et ce dans les grandes largeurs, ainsi que pouvait le prévoir le premier opus. Mais alors que ce premier film conservait un intérêt certain, celui-ci en manque cruellement. En effet, Matthieu Delaporte et Alexandre (encore un !) de la Patellière (le fils de) ont tellement dépoussiéré le chef-d’œuvre archiconnu qu’il ont réussi à le dénaturer. Pourquoi avoir autant réformé (2) l’intrigue, au point de modifier quelques éléments pertinents voire les supprimer ?

Ce film me rappelle la restauration du Ecce Homo d’Elias Garcìa Martinez en 2012 : c’est bien la même œuvre, mais ce n’est plus la même.

 

Et pourtant…

Il y avait de quoi faire quelque chose de cette histoire fabuleuse avec les moyens actuels. Certes, certains mousquetaires n’ont plus l’âge du rôle, mais leur enthousiasme et leur talent compensent allègrement ce décalage. Et heureusement que nous avons Eva Green : elle est une Milady phénoménale, digne héritière de celles qui l’ont précédée, tout en nous offrant sa propre interprétation de ce personnage fourbe et fascinant. De pus, encore une fois, elle est beaucoup plus belle que Constance (1), ce qui est une autre prouesse puisque, à l’instar de Raquel Welch, elle est une Constance plus que convenable !

 

Et puis il manque tout de même ce qui fait le sel des aventures de nos mousquetaires : la camaraderie. Le complot prend tellement de place dans cette drôle d’intrigue qu’elle en atténue les liens qui unissent ces quatre hommes. De plus, D’Artagnan est un chevalier servant beaucoup trop obnubilé par son amour pour Constance, tellement qu’il en abandonne son côté calculateur voire arriviste qui créait une ambiguïté et par là même un autre intérêt pour ce personnage.

 

Je ne m’étendrai pas en plus sur les incohérences historiques, ne chargeons pas trop la mule, mais je dois avouer que cette deuxième partie m’a fortement déplu (3) et ne m’encourage pas à le recommander.

Je sais que nous sommes au cinéma et que tout est possible, mais là, je ne peux pas.

Désolé.

 

  1. Dumas. Pas « Le Grand ».
  2. A cause des Protestants de La Rochelle ?
  3. Vous aviez remarqué ?
Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Actualité, #Matteo Garrone
Moi Capitaine (Io Capitano - Matteo Garrone, 2023)

Seydou (Seydou Sarr) a 16 ans et vit au Sénégal avec sa mère et ses sœurs, près de chez son cousin Moussa (Moustapha Fall). Tous les deux ont un rêve : aller en Europe et devenir des stars de la musique. Seulement le voyage pour l’Europe n’est pas donné et surtout très dangereux. A force de travailler sur des chantiers, les deux cousins économisent assez pour partir et s’enfuient.

Tout se passe à peu près bien jusqu’au Mali, où il faut commencer à payer pour avoir un passeport. Puis c’est les bakchichs pour la police et le prix du voyage vers l’Italie.

Et quand nos deux héros arrivent en Libye, les choses se gâtent sévèrement : prison, torture...

 

Si le titre fait référence à la dernière réplique du film, il ne faut surtout pas oublier que c’est avant tout un récit du parcours des migrants africains qu’il est question ici. A travers les deux adolescents, ce sont des milliers de personnes qui sont concernées par ce voyage hautement périlleux. Mais malgré ce cadre des plus tragiques, Matteo Garrone exalte le courage et l’optimisme de Seydou, pourtant peu enclin à partir quand le film commence : entre sa maman (Ndeye Khady Sy) et celui qui connaît la procédure, il y a franchement de quoi refroidir les ardeurs (les cadavres qui jonchent le chemin, entre autres). D’ailleurs, arrivés dans le désert, nous pouvons voir les corps de ceux qui ont déjà essayé avant eux : des corps desséchés qui ne se décomposent pas faute d’humidité…

 

Et surtout, ce film est un incroyable road-movie. Ces deux jeunes gens vont parcourir quelques milliers de kilomètres en utilisant différents moyens de locomotion : en car, en 4x4, à pied et bien sûr en bateau. Et comme tous les films du genre, le héros – Seydou – va évoluer et devenir quelqu’un d’autre, une fois arrivé à destination (1). Quand il part, il est encore écolier, ne sait pas grand-chose de la vie sinon qu’elle lui a pris son père.

Quand il arrive au terme des ses pérégrinations, il a appris un métier (2), a été confronté directement à la mort et n’a plus aucune réticence quant au voyage entrepris.

Bref, il a grandi, tout comme son cousin, mais d’une autre façon.

 

En plus d’y décrire les conditions extrêmes que peuvent vivre certains migrants, il y a une symbolique dans le fait que ce soit Matteo Garrone, un Italien, qui ait réalisé ce film : alors que l’Italie a vu revenir – plus officiellement en tout cas – l’extrême-droite au pouvoir dans son pays, ce film devient presque un pied de nez à ces gouvernants pour qui ceux qui ne sont pas italiens sont quantité négligeable. Sans parler des polémiques et autres histoires concernant une autre île italienne où débarquent fréquemment de nombreux migrants : Lampedusa.

 

Au final, c’est un film formidable que nous propose ici Garrone, sans concession envers le trafic humain qui est inhérent à ce genre de voyage, n’éludant pas les images choc telles celles concernant la mort et la torture, avec tout de même une dimension onirique sublime. Seydou n’est pas encore adulte et se raccroche à ses croyances enfantines, illustrées par le shaman sénégalais et sa proximité des divinités. Cet onirisme se fond pleinement dans l’intrigue et il nous faut un (petit) temps d’adaptation pour nous dire que ce que nous voyons n’est rien d’autre qu’un rêve et que malheureusement, Seydou va se réveiller et retrouver sa triste condition.

Le tout rythmé par la musique toujours pertinente de Andrea Farri, mêlant rythmes africains et occidentaux avec bonheur.

 

Bref, un film à voir absolument !

 

  1. Encore que quand le film se termine, l’épopée n’est pas (près d’être) finie pour les deux garçons…
  2.  J’aurais tendance à dire « un métier et demi »…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Winner
Les Collines de la terreur (Chato's Land - Michael Winner, 1972)

Ces collines, c’est le Pays de Chato (1). Chato (Charles Bronson) est un métisse, moitié blanc, moitié apache. Et c’est dans ce coin reculé et aride que vase passer la majeure partie du film.

Et tout ça à cause d’un shérif raciste (Roland Brand) : Chato voulait juste boire un whisky, mais ce shérif refusait qu’on serve les gens de couleur. Et alors qu’il dégainait pour tuer ce « métis », Chato a été plus rapide.

Seulement voilà, tuer un shérif est mal vu, surtout quand on est un Indien. Et la justice des Blancs s’arrête à la couleur de la peau. Alors les « braves » habitants du coin (Nouveau-Mexique, dans le Sud, quoi) vont organiser une chasse à l’homme qui va les amener dans le territoire qui donne son nom au film.

 

Le western n’en finit pas de mourir et de ressusciter… Enfin, pas mourir mais plus ou moins décliner. C’est encore le cas ici puisqu’on peut facilement le classer dans ces westerns crépusculaires qui ont fleuri à la suite de la trilogie de l’Homme sans nom (merci monsieur Leone).

Ici, pas de cow-boys très reluisants, tous ont des choses à se reprocher dans cette chasse à l’homme où ils vont rapidement devenir le gibier. Mais tous se rejoignent sur un point : tuer l’Indien. Depuis la fin de la Guerre Civile (1861-1865), ces hommes qui font partie du camp perdant ressassent leur défaite. Et une fois les blessures pansées (certainement pas guéries), ils sont allés tuer les Indiens. Au nom, bien sûr, de la « Civilisation ».

Alors maintenant que les guerres indiennes ne les concernent plus, ils ont tendance à s’ennuyer et un Apache à pendre, ça remet tout le monde en selle (c’est le cas de le dire).

Même Quincey Whitmore (Jack Palance), qui était capitaine pendant la guerre a revêtu son vieil uniforme pour l’occasion.

Bref, ce sont tous des nostalgiques de la Guerre perdue et qui ne sont plus tous très jeunes. Beaucoup d’entre eux grisonnent (les moustaches de Jack Palance, par exemple) et c’est Jubal Hooker (Simon Oakland) qui l’exprime le mieux : avant et après la Guerre, il n’y avait rien.

 

En face, on trouve un Charles Bronson taciturne dans ce rôle d’Indien. Il ne parle pas beaucoup mais agit et va éliminer ces cafards l’un après l’autre, implacablement. Mais s’il tient le haut de l’affiche, ce n’est pas lui qu’on voit le plus ! En effet, Michael Winner s’attache à cette bande de nostalgiques qui légitime son action par la haine de l’Indien. Alors que les chasses à l’homme habituelles ne laissent pas beaucoup de personnages se distinguer, ici, on a le temps de caractériser tous ces hommes, de par leur haine mais aussi de par leurs positions. Et c »e n’est pas l’unité habituelle puisqu’on y trouve des frictions voire des désaccords qui vont précipiter la fin de ces hommes : certains ont compris qu’ils n’en reviendraient pas, mais l’impact du groupe (ou les menaces du revolver) les oblige à rester.

 

Bien entendu, on retrouve aussi quelques canons du western, comme les grands paysages, l’opposition Indien/cow-boys, ou la nature sauvage, et aussi le campement autour du feu. Mais il n’y a pas cette bonhomie habituelle qui fut de mise deux décennies plus tôt. Tout le monde est tendu, plus ou moins rongé par un dernier morceau de leur conscience : ils savent malgré tout que ce qu’ils font n’est pas juste. Et Winner nous l’a annoncé dès le début de la poursuite quand ils approchent Ezra Meade (Peter Dyneley) pour l’emmener avec eux : ses arguments (en plus de sa carabine) sont les plus sensés que nous entendrons chez les Blancs, parce qu’il considère que le shérif l’a bien mérité. En effet, toute cette meute assoiffée de sang s’est arrêtée à l’annonce de la mort du représentant de la Loi. Aucun d’entre eux n’a cherché avant tout à savoir pourquoi l’Indien l’avait tué.

Pas étonnant alors d’avoir une telle fin.

 

PS : oui, il y a une sorte de duel final qui voit s’affronter Chato et le dernier survivant de la meute. Et comme le western a changé, ce n’est plus le Blanc qui l’emporte…

 

  1. Le titre original

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Shawn Levy, #Ben Stiller
La Nuit au musée (Night at the Museum: Battle of the Smithsonian - Shawn Levy, 2009)

Bien entendu, comme c’est une suite, on ne retrouve pas le niveau du premier opus (tout le monde ne s’appelle pas F.F. Coppola ou Irvin Kerschner), mais on s’amuse tout de même et Shawn Levy réalise un deuxième film qui tient tout de même la route.

Mais reprenons.

 

Larry Daly (Ben Stiller) a quitté son poste de veilleur de nuit pour devenir inventeur (reconnu) et il propose même ses produits dans son émission de télévision. Mais bon, il a beau se faire beaucoup d’argent, il lui manque tout de même quelque chose.

Ce quelque chose va rapidement arriver : certains objets du Museum d’Histoire Naturelle de New-York ont été stockés aux Archives Nationales (Smithsonian Institute) à Washington. Mais comme le singe a emmené avec lui la tablette d’Akhmenrah (Rami Malek), ce sont tous éléments dépendant du Smithsonian Institute (et même un autre !) qui reviennent à la vie, dont Kahmunrah (Hank Azaria), frère aîné d’Akhmenrah qui veut diriger le monde grâce au pouvoir de la tablette…

 

Comme nous n’avons plus le plaisir de la découverte, il a fallu se creuser les méninges pour trouver une suite au film précédent. Et Shawn Levy a rassemblé (presque) tout son monde trois ans après et nous propose une variation sur la résurrection temporaire des articles de musée. Mais comme nous sommes à Washington et que les différents musées sont proches les uns des autres, nous assistons à d’autres retours à la vie, les statues, peintures et autres photos par exemple : Roy Lichtenstein (Crying Girl), Edward Hooper (Night Hawks) et Grant Wood (American Gothic), sans oublier Albert Eisenstaedt (V-J Day in Time Square)… Doit-on y voir une réminiscence de Harry Potter (Chris Columbus est à l production) où les tableaux sont vivants, ou un clin d’œil aux Monty Python quand les personnages des œuvres se mettent en grève ? Ou les deux ? A moins que la vérité soit ailleurs.

 

Quoi qu’il en soit, le principe reste le même et on retrouve de multiples clins d’œil au film précédent, avec en fil rouge la tablette (ce qui sera aussi le cas lors du film suivant). La nouveauté de cet opus tient dans l’utilisation sporadique du noir et blanc, donnant parfois un effet étrange à l’image : Al Capone (Jon Bernthal) et ses hommes sont franchement incongrus dans ce monde toujours très coloré. On a d’ailleurs du mal à distinguer sa balafre légendaire…

Et puisqu’on en est aux méchants, on peut dire que Levy (and Co) nous en propose quatre de bonne facture : outre Kahmunrah et Capone, nous avons droit à deux sanguinaires célèbres (1), Ivan le Terrible (Christopher Guest) et Napoléon (Alain Chabat), dont les références à la taille (la sienne) sont source d’énervement (pour lui) et de rire (pour nous.

 

Mais malgré tout, on constate que malgré l’idée géniale du premier film, ce second volet n’offre pas autant de contentement. Est-ce dû à l’éloignement et donc l’absence de l’environnement du Museum ? Ou à une intrigue un tantinet exagérée (2) ? OU encore une fois le problème du second film qui est (presque) toujours moins bien que le premier ? A moins que ce soit un peu de tout ça.

Quoi qu’il en soit, on peut savourer un petit plaisir avec le personnage de George A. Custer (Bill Hader) : en plus d’être un stratège militaire fort peu recommandable (Little Bighorn) et (plus qu’) un brin raciste, il est ici un imbécile magnifique.

Autre grand moment militaire : la charge d’Octavius (Steve Coogan) dans les jardins de la Maison Blanche.

 

Alors, un film à voir ? Oui, quand même.

Maintenant, je ne veux forcer personne.

 

  1. Dans le sens ou le sang a beaucoup coulé à leur époque…
  2. Peut-on vraiment parler d’exagération ?

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog