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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Martin Bourboulon, #Alexandre de la Patellière, #Matthieu Laporte
Les trois Mousquetaire : Milady (Martin Bourboulon, 2023)

Après avoir sauvé le Roi (Louis Garrel), les Mousquetaires doivent faire face à celui qui a déclenché le complot et fait enlever Constance Bonacieux (Lyna Khoudri). Mais est-ce la même personne ? Et surtout, qui est cette Milady de Winter (Eva Green) qui se retrouve toujours sur le chemin du fougueux D’Artagnan (François Civil) ?

 

Si le film répond à ces interrogations, c’est bien la seule chose qu’il fait, délaissant l’intrigue originale du grand Alexandre (1), et ce dans les grandes largeurs, ainsi que pouvait le prévoir le premier opus. Mais alors que ce premier film conservait un intérêt certain, celui-ci en manque cruellement. En effet, Matthieu Delaporte et Alexandre (encore un !) de la Patellière (le fils de) ont tellement dépoussiéré le chef-d’œuvre archiconnu qu’il ont réussi à le dénaturer. Pourquoi avoir autant réformé (2) l’intrigue, au point de modifier quelques éléments pertinents voire les supprimer ?

Ce film me rappelle la restauration du Ecce Homo d’Elias Garcìa Martinez en 2012 : c’est bien la même œuvre, mais ce n’est plus la même.

 

Et pourtant…

Il y avait de quoi faire quelque chose de cette histoire fabuleuse avec les moyens actuels. Certes, certains mousquetaires n’ont plus l’âge du rôle, mais leur enthousiasme et leur talent compensent allègrement ce décalage. Et heureusement que nous avons Eva Green : elle est une Milady phénoménale, digne héritière de celles qui l’ont précédée, tout en nous offrant sa propre interprétation de ce personnage fourbe et fascinant. De pus, encore une fois, elle est beaucoup plus belle que Constance (1), ce qui est une autre prouesse puisque, à l’instar de Raquel Welch, elle est une Constance plus que convenable !

 

Et puis il manque tout de même ce qui fait le sel des aventures de nos mousquetaires : la camaraderie. Le complot prend tellement de place dans cette drôle d’intrigue qu’elle en atténue les liens qui unissent ces quatre hommes. De plus, D’Artagnan est un chevalier servant beaucoup trop obnubilé par son amour pour Constance, tellement qu’il en abandonne son côté calculateur voire arriviste qui créait une ambiguïté et par là même un autre intérêt pour ce personnage.

 

Je ne m’étendrai pas en plus sur les incohérences historiques, ne chargeons pas trop la mule, mais je dois avouer que cette deuxième partie m’a fortement déplu (3) et ne m’encourage pas à le recommander.

Je sais que nous sommes au cinéma et que tout est possible, mais là, je ne peux pas.

Désolé.

 

  1. Dumas. Pas « Le Grand ».
  2. A cause des Protestants de La Rochelle ?
  3. Vous aviez remarqué ?
Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Actualité, #Matteo Garrone
Moi Capitaine (Io Capitano - Matteo Garrone, 2023)

Seydou (Seydou Sarr) a 16 ans et vit au Sénégal avec sa mère et ses sœurs, près de chez son cousin Moussa (Moustapha Fall). Tous les deux ont un rêve : aller en Europe et devenir des stars de la musique. Seulement le voyage pour l’Europe n’est pas donné et surtout très dangereux. A force de travailler sur des chantiers, les deux cousins économisent assez pour partir et s’enfuient.

Tout se passe à peu près bien jusqu’au Mali, où il faut commencer à payer pour avoir un passeport. Puis c’est les bakchichs pour la police et le prix du voyage vers l’Italie.

Et quand nos deux héros arrivent en Libye, les choses se gâtent sévèrement : prison, torture...

 

Si le titre fait référence à la dernière réplique du film, il ne faut surtout pas oublier que c’est avant tout un récit du parcours des migrants africains qu’il est question ici. A travers les deux adolescents, ce sont des milliers de personnes qui sont concernées par ce voyage hautement périlleux. Mais malgré ce cadre des plus tragiques, Matteo Garrone exalte le courage et l’optimisme de Seydou, pourtant peu enclin à partir quand le film commence : entre sa maman (Ndeye Khady Sy) et celui qui connaît la procédure, il y a franchement de quoi refroidir les ardeurs (les cadavres qui jonchent le chemin, entre autres). D’ailleurs, arrivés dans le désert, nous pouvons voir les corps de ceux qui ont déjà essayé avant eux : des corps desséchés qui ne se décomposent pas faute d’humidité…

 

Et surtout, ce film est un incroyable road-movie. Ces deux jeunes gens vont parcourir quelques milliers de kilomètres en utilisant différents moyens de locomotion : en car, en 4x4, à pied et bien sûr en bateau. Et comme tous les films du genre, le héros – Seydou – va évoluer et devenir quelqu’un d’autre, une fois arrivé à destination (1). Quand il part, il est encore écolier, ne sait pas grand-chose de la vie sinon qu’elle lui a pris son père.

Quand il arrive au terme des ses pérégrinations, il a appris un métier (2), a été confronté directement à la mort et n’a plus aucune réticence quant au voyage entrepris.

Bref, il a grandi, tout comme son cousin, mais d’une autre façon.

 

En plus d’y décrire les conditions extrêmes que peuvent vivre certains migrants, il y a une symbolique dans le fait que ce soit Matteo Garrone, un Italien, qui ait réalisé ce film : alors que l’Italie a vu revenir – plus officiellement en tout cas – l’extrême-droite au pouvoir dans son pays, ce film devient presque un pied de nez à ces gouvernants pour qui ceux qui ne sont pas italiens sont quantité négligeable. Sans parler des polémiques et autres histoires concernant une autre île italienne où débarquent fréquemment de nombreux migrants : Lampedusa.

 

Au final, c’est un film formidable que nous propose ici Garrone, sans concession envers le trafic humain qui est inhérent à ce genre de voyage, n’éludant pas les images choc telles celles concernant la mort et la torture, avec tout de même une dimension onirique sublime. Seydou n’est pas encore adulte et se raccroche à ses croyances enfantines, illustrées par le shaman sénégalais et sa proximité des divinités. Cet onirisme se fond pleinement dans l’intrigue et il nous faut un (petit) temps d’adaptation pour nous dire que ce que nous voyons n’est rien d’autre qu’un rêve et que malheureusement, Seydou va se réveiller et retrouver sa triste condition.

Le tout rythmé par la musique toujours pertinente de Andrea Farri, mêlant rythmes africains et occidentaux avec bonheur.

 

Bref, un film à voir absolument !

 

  1. Encore que quand le film se termine, l’épopée n’est pas (près d’être) finie pour les deux garçons…
  2.  J’aurais tendance à dire « un métier et demi »…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Winner
Les Collines de la terreur (Chato's Land - Michael Winner, 1972)

Ces collines, c’est le Pays de Chato (1). Chato (Charles Bronson) est un métisse, moitié blanc, moitié apache. Et c’est dans ce coin reculé et aride que vase passer la majeure partie du film.

Et tout ça à cause d’un shérif raciste (Roland Brand) : Chato voulait juste boire un whisky, mais ce shérif refusait qu’on serve les gens de couleur. Et alors qu’il dégainait pour tuer ce « métis », Chato a été plus rapide.

Seulement voilà, tuer un shérif est mal vu, surtout quand on est un Indien. Et la justice des Blancs s’arrête à la couleur de la peau. Alors les « braves » habitants du coin (Nouveau-Mexique, dans le Sud, quoi) vont organiser une chasse à l’homme qui va les amener dans le territoire qui donne son nom au film.

 

Le western n’en finit pas de mourir et de ressusciter… Enfin, pas mourir mais plus ou moins décliner. C’est encore le cas ici puisqu’on peut facilement le classer dans ces westerns crépusculaires qui ont fleuri à la suite de la trilogie de l’Homme sans nom (merci monsieur Leone).

Ici, pas de cow-boys très reluisants, tous ont des choses à se reprocher dans cette chasse à l’homme où ils vont rapidement devenir le gibier. Mais tous se rejoignent sur un point : tuer l’Indien. Depuis la fin de la Guerre Civile (1861-1865), ces hommes qui font partie du camp perdant ressassent leur défaite. Et une fois les blessures pansées (certainement pas guéries), ils sont allés tuer les Indiens. Au nom, bien sûr, de la « Civilisation ».

Alors maintenant que les guerres indiennes ne les concernent plus, ils ont tendance à s’ennuyer et un Apache à pendre, ça remet tout le monde en selle (c’est le cas de le dire).

Même Quincey Whitmore (Jack Palance), qui était capitaine pendant la guerre a revêtu son vieil uniforme pour l’occasion.

Bref, ce sont tous des nostalgiques de la Guerre perdue et qui ne sont plus tous très jeunes. Beaucoup d’entre eux grisonnent (les moustaches de Jack Palance, par exemple) et c’est Jubal Hooker (Simon Oakland) qui l’exprime le mieux : avant et après la Guerre, il n’y avait rien.

 

En face, on trouve un Charles Bronson taciturne dans ce rôle d’Indien. Il ne parle pas beaucoup mais agit et va éliminer ces cafards l’un après l’autre, implacablement. Mais s’il tient le haut de l’affiche, ce n’est pas lui qu’on voit le plus ! En effet, Michael Winner s’attache à cette bande de nostalgiques qui légitime son action par la haine de l’Indien. Alors que les chasses à l’homme habituelles ne laissent pas beaucoup de personnages se distinguer, ici, on a le temps de caractériser tous ces hommes, de par leur haine mais aussi de par leurs positions. Et c »e n’est pas l’unité habituelle puisqu’on y trouve des frictions voire des désaccords qui vont précipiter la fin de ces hommes : certains ont compris qu’ils n’en reviendraient pas, mais l’impact du groupe (ou les menaces du revolver) les oblige à rester.

 

Bien entendu, on retrouve aussi quelques canons du western, comme les grands paysages, l’opposition Indien/cow-boys, ou la nature sauvage, et aussi le campement autour du feu. Mais il n’y a pas cette bonhomie habituelle qui fut de mise deux décennies plus tôt. Tout le monde est tendu, plus ou moins rongé par un dernier morceau de leur conscience : ils savent malgré tout que ce qu’ils font n’est pas juste. Et Winner nous l’a annoncé dès le début de la poursuite quand ils approchent Ezra Meade (Peter Dyneley) pour l’emmener avec eux : ses arguments (en plus de sa carabine) sont les plus sensés que nous entendrons chez les Blancs, parce qu’il considère que le shérif l’a bien mérité. En effet, toute cette meute assoiffée de sang s’est arrêtée à l’annonce de la mort du représentant de la Loi. Aucun d’entre eux n’a cherché avant tout à savoir pourquoi l’Indien l’avait tué.

Pas étonnant alors d’avoir une telle fin.

 

PS : oui, il y a une sorte de duel final qui voit s’affronter Chato et le dernier survivant de la meute. Et comme le western a changé, ce n’est plus le Blanc qui l’emporte…

 

  1. Le titre original

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Shawn Levy, #Ben Stiller
La Nuit au musée (Night at the Museum: Battle of the Smithsonian - Shawn Levy, 2009)

Bien entendu, comme c’est une suite, on ne retrouve pas le niveau du premier opus (tout le monde ne s’appelle pas F.F. Coppola ou Irvin Kerschner), mais on s’amuse tout de même et Shawn Levy réalise un deuxième film qui tient tout de même la route.

Mais reprenons.

 

Larry Daly (Ben Stiller) a quitté son poste de veilleur de nuit pour devenir inventeur (reconnu) et il propose même ses produits dans son émission de télévision. Mais bon, il a beau se faire beaucoup d’argent, il lui manque tout de même quelque chose.

Ce quelque chose va rapidement arriver : certains objets du Museum d’Histoire Naturelle de New-York ont été stockés aux Archives Nationales (Smithsonian Institute) à Washington. Mais comme le singe a emmené avec lui la tablette d’Akhmenrah (Rami Malek), ce sont tous éléments dépendant du Smithsonian Institute (et même un autre !) qui reviennent à la vie, dont Kahmunrah (Hank Azaria), frère aîné d’Akhmenrah qui veut diriger le monde grâce au pouvoir de la tablette…

 

Comme nous n’avons plus le plaisir de la découverte, il a fallu se creuser les méninges pour trouver une suite au film précédent. Et Shawn Levy a rassemblé (presque) tout son monde trois ans après et nous propose une variation sur la résurrection temporaire des articles de musée. Mais comme nous sommes à Washington et que les différents musées sont proches les uns des autres, nous assistons à d’autres retours à la vie, les statues, peintures et autres photos par exemple : Roy Lichtenstein (Crying Girl), Edward Hooper (Night Hawks) et Grant Wood (American Gothic), sans oublier Albert Eisenstaedt (V-J Day in Time Square)… Doit-on y voir une réminiscence de Harry Potter (Chris Columbus est à l production) où les tableaux sont vivants, ou un clin d’œil aux Monty Python quand les personnages des œuvres se mettent en grève ? Ou les deux ? A moins que la vérité soit ailleurs.

 

Quoi qu’il en soit, le principe reste le même et on retrouve de multiples clins d’œil au film précédent, avec en fil rouge la tablette (ce qui sera aussi le cas lors du film suivant). La nouveauté de cet opus tient dans l’utilisation sporadique du noir et blanc, donnant parfois un effet étrange à l’image : Al Capone (Jon Bernthal) et ses hommes sont franchement incongrus dans ce monde toujours très coloré. On a d’ailleurs du mal à distinguer sa balafre légendaire…

Et puisqu’on en est aux méchants, on peut dire que Levy (and Co) nous en propose quatre de bonne facture : outre Kahmunrah et Capone, nous avons droit à deux sanguinaires célèbres (1), Ivan le Terrible (Christopher Guest) et Napoléon (Alain Chabat), dont les références à la taille (la sienne) sont source d’énervement (pour lui) et de rire (pour nous.

 

Mais malgré tout, on constate que malgré l’idée géniale du premier film, ce second volet n’offre pas autant de contentement. Est-ce dû à l’éloignement et donc l’absence de l’environnement du Museum ? Ou à une intrigue un tantinet exagérée (2) ? OU encore une fois le problème du second film qui est (presque) toujours moins bien que le premier ? A moins que ce soit un peu de tout ça.

Quoi qu’il en soit, on peut savourer un petit plaisir avec le personnage de George A. Custer (Bill Hader) : en plus d’être un stratège militaire fort peu recommandable (Little Bighorn) et (plus qu’) un brin raciste, il est ici un imbécile magnifique.

Autre grand moment militaire : la charge d’Octavius (Steve Coogan) dans les jardins de la Maison Blanche.

 

Alors, un film à voir ? Oui, quand même.

Maintenant, je ne veux forcer personne.

 

  1. Dans le sens ou le sang a beaucoup coulé à leur époque…
  2. Peut-on vraiment parler d’exagération ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Vincent Pérez
Une Affaire d'honneur (Vincent Pérez, 2023)

17 juillet 1887

Le maître d’armes français Clément Lacaze (Roschdy Zem) rencontre – amicalement – le maître d’armes espagnol Gustave de Borda (Pepe Lorente) devant le « tout Paris » (comprenez les riches Parisiens). Lacaze est vainqueur.

Dans le même temps, le jeune Adrien Lacaze (Noham Edje), neveu du précédent, provoque le colonel Berchère (Vincent Pérez) à cause de la dernière conquête du militaire. Ce dernier décide d’un duel où il tue le jeune homme.

De son côté, la féministe Marie-Rose Astié de Valsayre (Doria Tillier) demande l’abrogation d’une loi qui interdit aux femmes de porter un pantalon. Moquée, vilipendée, insultée, elle demande réparation auprès de ses détracteurs qui refusent à chaque fois : elle est une femme.

Pourtant, elle va l’obtenir son duel…

 

Bien sûr, le duel d’Astié, s’il est un moment fort du film, n’est pas le nœud de l’intrigue. Il s’agit plutôt de l’antagonisme entre Lacaze et Berchère, mais la place de la jeune femme reste toutefois centrale dans ce très beau film de Vincent Pérez.

Je l’ai souvent écrit ici, quand un acteur passe derrière la caméra, on ressent, en tant que spectateurs, une générosité envers ceux dont il faisait partie auparavant. Et ce film n’y échappe pas : l’interprétation est formidable, Roschdy Zem et Doria Tillier en tête, bien évidemment, mais tous ceux qui les entourent sont au diapason,condition sine qua non pour réussir une grande interprétation. Et pourtant, Pérez n’en est pas à son coup d’essai derrière la caméra (c’est son quatrième long métrage).

 

Et à l’instar des différents duels auxquels nous assistons, le film semble une immense chorégraphie bien réglée, au rythme équilibré et qui relève du film de cape et d’épée tout en restant très réaliste. Chacune des escarmouches est bien entendu un véritable ballet, les effets comiques en étant absolument exclus, donnant au duel sa véritable signification : une volonté de mort. Et cette volonté mortifère s’exprime pleinement dans les différents combats que va mener Berchère, véritable méchant du film. Méchant feutré et maniéré, mais méchant quand même !

Et comme un combat à l’épée au cinéma (ou au théâtre) est une affaire de ballet, le film tout entier est lui aussi réglé avec beaucoup d’équilibre et de changements de rythme : on n’a pas le temps de s’ennuyer sans être pour autant bombardé d’images plus ou moins spectaculaires. Il y a une maîtrise formidable du rythme, due aussi au montage de Sylvie Lager, qui sert pleinement l’intrigue du film.

 

Et question intrigue, ce n’était pas gagné : on se dit qu’on va assister au clou du film avec le duel entre Astié& et un homme – Ferdinand Massat (Damien Bonnard) en l’occurrence – et Pérez nous surprend complètement puisque le film est loin d’être fini à ce moment-là.

Alors on savoure l’instant et on attend avec impatience ce qui va suivre, amenant de nouveaux aspects de cette institution que fut le duel et qui perdura pendant un millénaire en France, et ce malgré différentes interdictions (1).

Parce que Vincent Pérez, et son complice cascadeur et chorégraphe Michel Carliez ont voulu nous offrir une page d’histoire du duel, à travers quelques éléments caractéristiques. De ce côté, c’est très réussi.

 

Mais le plus de l’intrigue – et donc du film – c’est le personnage de Marie-Rose Astié, se battant même à l’épée pour faire triompher ses idées. Ou son honneur. Montrant alors un courage qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’une vertu seulement virile.

Mais, et c’est là le (tout petit) bémol qu’on peut objecter quant au propos du film, comme le dit mon ami Thierry : « l’égalité homme femme, je suis pour et c’est un vrai progrès. » Mais que la femme égale l’homme dans la volonté de tuer, je ne trouve pas ça si progressiste que ça.

Et là-dessus, je ne peux que lui donner raison et terminerai en paraphrasant Christophe Alévèque à ce propos en guise de conclusion (un peu d’humour ne nuit pas) : «  Pourquoi les femmes veulent-elles absolument être les égales des hommes, alors qu’elles leur sont largement supérieures ? »

 

  1. C’est bien connu, les interdictions sont faites pour être enfreintes.
Claire-Léonie Ferdinande Tastayre (1846-1915) alias Marie-Rose Astié de Valsayre

Claire-Léonie Ferdinande Tastayre (1846-1915) alias Marie-Rose Astié de Valsayre

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Christopher Nolan, #Kenneth Branagh
Oppenheimer (Christopher Nolan, 2023)

6 août 1945 : la première bombe atomique militaire explose sur Hiroshima, faisant des dizaines de milliers de victimes, sur le coup et dans les semaines qui suivent. Trois jours plus tard, Harry Truman ordonne un deuxième lâcher de bombe A sur Nagasaki, faisant les mêmes dégâts.

A l’origine de ces deux machines infernales (1), un groupe de scientifiques menés par J. Robert Oppenheimer (Cillian Murphy) qui œuvra dans le village fermé de Los Alamos (Nouveau Mexique) sur le Projet Manhattan : créer une arme suprême qui permettra (aussi) de mettre un terme à la guerre en Europe.

Le film nous raconte cette course (en tête) aux armements, ponctuée par deux autres événements : le renouvellement de l’habilitation d’Oppenheimer auprès de la Commission de l’énergie atomique des Etats-Unis, et l’audience sénatoriale qui doit valider la nomination de Lewis Strauss (Robert Downey Jr.) à un poste ministériel.

 

Impressionnant.

Christopher Nolan nous revient avec un film fleuve (180 minutes) retraçant un moment-clé de l’histoire géopolitique humaine : l’utilisation de l’arme suprême sur des civils. Cette arme n’a plus été utilisée à cette intention depuis, mais avec l’homme, on peut s’attendre à tout (2). Il faut dire que Nolan est en plein dans son élément : la science. Mais ici, il fait revivre ce programme singulier avec beaucoup de maîtrise, jouant sur la lumière et le son – normal, on est au cinéma – avec beaucoup de bonheur.

De plus, il alterne à bon escient la couleur et le noir et blanc pour conter cette histoire peu banale de celui qu’on a aussi appelé Prométhée, puisqu’il a amené le feu divin aux autres hommes (3).

 

Et malgré tout, on a du mal à le considérer comme un immense méchant, et Harry Truman (Gary « Churchill » Oldman) résume bien cette position en disant que c’est lui, Président des Etats-Unis, qui a ordonné les bombardements, et personne d’autre. Quoi qu’il en soit, la recherche scientifique de ce projet, grâce au talent de Nolan, devient passionnante, bien qu’on ressente un certain malaise – voire un malaise certain – quand le projet est mené à terme, et surtout quand on voit les réactions de cette communauté scientifique qui exulte après Hiroshima.

Et comme Nolan sait faire du cinéma, il n’a pas oublié qu’il faut un méchant digne de ce nom, et Robert Downey Jr. incarne magnifiquement ce rôle : Strauss est celui sur lequel va se déverser l’antipathie du spectateur, épargnant donc Oppenheimer, d’une certaine façon. R. D. Jr. a-t-il basculé du côté obscur (4) ?

 

Mais revenons sur les éléments visuels et sonores : régulièrement, un grondement se fait entendre, jusqu’à ce qu’on ait son explication. Et ce grondement va régulièrement parasiter les répliques des personnages, voire certaines réactions collectives, laissant Oppenheimer dans une forme de silence isolant jusqu’à l’explosion inévitable. Tout comme la première explosion (Trinity, en juillet 1945) va d’abord être une sorte de feu d’artifice diabolique et silencieux, où le temps semble s’être arrêté avant de se faire entendre et de ramener tout le monde – interprètes et spectateurs – dans la réalité de l’instant (5). On retrouvera donc ce même décalage lumière/son dans le discours qui suit le premier largage, avec la même intensité.

Quant au noir et blanc, il concerne essentiellement les autres personnages de l’intrigue, Nolan réservant la couleur à son héros : cela permet aussi d’avoir plusieurs points de vue d’un même événement, mettant en évidence le ressentir des différents personnages.

 

On sent que Nolan a eu beaucoup de plaisir à raconter cet épisode  très particulier, recréant avec justesse une époque mettant en scène des personnages plus ou moins prestigieux – on peut  même y voir Einstein (Tom Conti) à différentes reprises – interprétés avec justesse (eux aussi) et conviction par quelques pointures qu’on aura plaisir à reconnaître, ou pas !

Bref, un grand film, sur un personnage fascinant, mené de main de maître.

Que demander de plus ?

 

  1. C’est véritablement le cas de le dire.
  2. Oui, c’est aussi à ça qu’on le reconnaît…
  3. Pandore aurait peut-être été plus approprié : il a ouvert une boîte et laissé s’échapper la calamité suprême.
  4. Il n’est pourtant pas encore trop vieux pour incarner des méchants, comme disait mon ami Jean…
  5. Oui, je sais, nous sommes au cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Série, #Policier, #Donald P. Bellisario, #Glen A. Larson
Magnum P.I. : Pas de Neige à Hawaï (Donald P. Bellisario & Glen A.Larson, 1980)

Thomas Magnum (Tom Selleck) est un détective privé (P.I. en anglais). Il loge chez Robin Masters, un écrivain à (grand) succès en contrepartie d’assurer la sécurité sur sa (très grande) villa (avec piscine, terrain de tennis, etc.). Il lui arrive même de conduire sa Ferrari, au grand dam d’Higgins. Jonathan Quayle Higgins III (John Hillerman) est une sorte de majordome dans la propriété de Robin Masters : c’est lui qui se charge des invités et de leur confort, et qui doit sans cesse se battre avec Magnum pour que ce dernier se plie à sa discipline. Pour cela, il a deux alliés de poids : Zeus et Apollon, ses dobermans.

Son compagnon d’armes (1) le lieutenant Dan Cook (Allen Williams) a été tué à son arrivée à Hawaï. L’autopsie a démontré qu’il avait des sachets de cocaïnes (2) déchirés dans l’estomac.

Magnum refuse de croire qu’il était une mule pour un trafiquant local.

Il va donc mener l’enquête, avec deux autres anciens compagnons d’armes : Orville « Rick » Wright (Larry Manetti) et Theodore « T.C. » Calvin (Roger E. Mosley).

 

C’est un début très prometteur que nous proposent Donald P. Bellisario et Glen A. Larson, posant les bases d’une série qui va durer 8 ans et surtout mettre Tom Selleck et John Hillerman au devant de la scène : ce duo mal assorti va réjouir les spectateurs pendant un peu plus de 150 épisodes, aidés par les deux complices et compères de Magnum. Pour cet épisode pilote, nous avons droit à deux parties qui donnent un contexte au personnage principal : ancien du Vietnam, il a démissionné de la Navy pour devenir détective. On apprend donc la relation qui le lie à TC et Rick, qui remonte donc à la guerre, mais on n’apprend que très peu de choses sur Higgins, à part le fait qu’il fut sergent-major dans l’armée des Indes et qu’il boit son whisky sans glace, en portant tout d’abord un toast à son régiment. Le reste viendra au fur et à mesure que la relation entre ces deux-là se construira, houleuse, bien entendu, mais aussi respectueuse : quand Higgins se fera tirer dessus et sera entre la vie et la mort, Magnum sera très affecté.

 

Toujours est-il qu’ici, on s’amuse beaucoup malgré un sujet assez grave – la guerre et un meurtre – et surtout la joute entre les deux personnages principaux. On comprend à quelques personnages secondaires que Magnum est avant tout un beau parleur, mais ce n’est pas bien grave, cela contribue aux effets comiques de la série.

Et puis il y a Robin Masters. Enfin, on aimerait bien, mais tout comme Charlie Townsend, c’est l’Arlésienne de la série. On ne le voit jamais et seul Higgins est habilité à lui parler.

Quoi qu’il en soit, c’est une occasion inespérée pour un type comme Magnum de vivre dans un tel cadre, et il en profite. Et nous aussi.

 

On appréciera la référence à Casablanca de ce premier épisode : Rick possède un café américain qui a exactement la même devanture que celle d’Humphrey Bogart. Et si on n’y joue pas (officiellement), on y danse, emmenés par Albert (Mel Carter) le D.J., que bien sûr Magnum appelle « Sam ». Etla musique qu’il dispense n’a, là encore, aucun rapport avec le film de Curtiz : c’est de la disco pure et dure…

 

Alors, à part (peut-être) la musique, on en redemande !

 

  1. Au Vietnam : nous sommes en 1980, soit quelques années après la fin du conflit
  2. D’où la présence de « neige » dans le titre de cet épisode pilote.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Comédie, #Shawn Levy, #Ben Stiller
La Nuit au Musée (Night at the Museum - Shawn Levy, 2006)

Larry Daley (Ben Stiller) est un gros naze. Il n’est pas capable de garder un boulot pendant plus d’une journée et doit donc régulièrement déménager pour loyer impayé. Sa femme (Kim Raver) l’a aussi quitté pour ça, obtenant la garde de leur fils Nick (Jake Cherry).

Un dernier espoir s’offre à lui : remplacer le trio de veilleurs de nuit au prestigieux Muséum d’Histoire Naturelle de New York. Ce n’est pas très folichon, mais il faut bien vivre.

Sauf que les trois veilleurs sont partis sans rien lui expliquer, recommandant tout de même de ne laisser personne entrer… ni sortir ! En effet une fois le soleil couché, les différents éléments s’animent, semant une certaine pagaille dans l’enceinte du bâtiment. Tout ça depuis qu’on a amené la momie du pharaon Ahkmenrah (Rami « Freddie » Malek) et une mystérieuse tablette qui l’accompagnait.

 

Fantastique (dans tous les sens du terme) !

C’est, bien entendu, hautement improbable mais ça marche. C’est absolument loufoque et Ben Stiller évolue dans ce monde avec son aisance coutumière, et on s’amuse beaucoup de cette situation incroyable. Bien sûr, les effets spéciaux numériques sont la clé de ce film, et on est toujours un tantinet bluffé de voir les animaux naturalisés prendre vie tout en conservant leur aspect artificiel. Quant aux statues, si elles  redeviennent humaines, elles n’en conservent pas moins leur texture de statue, comme le montre très bien Theodore « Teddy » Roosevelt (Robin Williams). Encore une fois, Ben Stiller retrouve son complice Owen Wilson (Jedediah), même s’ils n’ont pas de vraies scènes ensemble.

Et le sel de l’intrigue consiste à faire cohabiter – le temps d’une nuit – des éléments aussi différents que des animaux sauvages (lions, éléphants…), des statues de cire, des figurines de maquette, sans oublier une statue de l’Ile de Pâques et un tyrannosaure !

Et Shawn Levy, s’en tire à merveille, multipliant les situations toujours plus absurdes les unes que les autres. Il faut dire qu’il a pas loin de lui un certain Chris Columbus à la production : n’oublions pas qu’il a réalisé les deux premiers films Harry Potter, et on sent bien son influence dans les événements magiques.

 

Bien sûr, on y trouve de bonnes intentions, et comme tout bon film américain qui se respecte, on a droit à une certaine forme de rédemption : celle de Larry qui devient – évidemment – un type formidable, dont son fils peut enfin être fier !

Mais là encore, c’est très bien amené, alors on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu’en plus on a le plaisir de retrouver quelques vétérans presque oubliés : les trois anciens veilleurs ne sont autres que Bill Cobbs (72 ans, petit jeune !), Dick « Bert » Van Dyke (81 ans) et Mickey Rooney (86 ans). Ces trois-là composent un trio bien singulier et plus cachottier qu’on peut l’imaginer.

Bref, ça bouge dans tous les sens et en plus on rit.

 

Ca marche donc, mais c’est normal : tout enfant a un jour rêvé que les musées s’animaient la nuit quand il n’y avait plus personne pour regarder. C’est pour ça que l’intrigue fonctionne : il y a toujours une part d’enfant dans chaque spectateur qui n’en est plus un (enfant).

Et c’est aussi ça le succès de ce film : Shawn Levy s’adresse à tous sans distinction, amenant le sourire (sinon plus) aux plus jeunes comme aux plus âgés, avec un lieu prestigieux mais tout de même propice à la comédie

 

Ca nous change des premières enquêtes de l’inspecteur Pendergast au même endroit…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Patty Jenkins
Wonder Woman 1984 (Patty Jenkins, 2020)

 

On prend (presque) les mêmes et on recommence.

Si les spectateurs ont vieilli de trois ans quand sort le film, Diane Prince (Gal Gadot) a fait un bond en avant d’environ 65 ans puisque nous débarquons en 1984, où elle travaille pour le prestigieux Institut Smithsonian (Washington D.C.). Mais malgré tout, elle reste toujours aussi jeune et fraîche : être une super-héroïne a ses avantages…

Nous sommes donc en pleine Guerre Froide, mais la menace qui se profile reste surnaturelle : une pierre magique qui réalise tous les souhaits de la personne qui l’utilise. Avec un revers bien sûr : pendant qu’elle réalise un souhait, elle prend à son utilisateur ce qui lui tient le plus à cœur.

Et celui qui a l’idée de s’en servir pour obtenir un pouvoir absolu, n’est pas spécialement le personnage idéal : Maxwell « Max » Lord (Pedro Pascal) est un escroc à la petite semaine.

La menace apocalyptique n’en devient alors que plus grande…

 

Pas si mal. Le film fut beaucoup décrié par son propos et son esthétique, certaines personnes étant incapables de faire un saut « moral » dans le temps : nous sommes en 1984 avec ce que cela signifie en termes de comportements, habillement, voire coiffures… Pourtant le générique d’ouverture donne le ton avec ces titres qui rappellent les télévisions de l’époque et leurs images pas toujours très nettes. Pour le reste, on retrouve cette époque (que je n’aime pas beaucoup) où régnaient ceux qu’on va appeler yuppies, prêts à tout pour se faire de l’argent, comme Lord le démontre magnifiquement.

On y retrouve un président américain – Reagan ? (Stuart Milligan) – obsédé parles missiles nucléaires et un Moyen-Orient en ébullition. Bref, on s’y croirait.

 

Et notre Wonder Woman, là-dedans ? Elle n’a pas oublié le beau Steve (Chris Pine) et succombe au pouvoir de la pierre : il revient ! Mais bien sûr, il y a une contrepartie : elle s’affaiblit, et n’est même plus capable de crocheter (détruire serait plus juste) un pauvre cadenas ! Bien évidemment, avec son apparition, l’intrigue devient encore plus improbable mais qu’importe, nous sommes au cinéma, alors profitons-en puisque tout devient possible. Et WW le comprend puisqu’elle acquiert un nouveau superpouvoir que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait. Et bien entendu, à la fin elle triomphe et le Bien l’emporte (comme toujours).

C’est d’ailleurs la fin qui me satisfait le moins puisqu’elle est un tantinet bourrée de bons sentiments et de morale, mais là encore, les superpouvoirs amènent aussi de super-sentiments…

 

Par contre, je ne suis pas convaincu par la séquence d’ouverture qui nous montre la jeune Diana (Lily Aspell) participer à une course qui relève plus du parcours du combattant que du 100 mètres plat. Le seul avantage que j’y trouve, c’est de revoir Robin « Buttercup » Wright, toujours aussi belle. Pour le reste, la pertinence de cette séquence est des plus légères, même si elle est spectaculaire.

Autre élément en défaveur du film, comme déjà exprimé dans l’opus précédent : son aspect austère qui détone complètement avec l’autre franchise de superhéros (Marvel). Encore une fois,tout cela manque cruellement d’humour, même si on sourit aux différentes tenues qu’enfile Steve avant de sortir de « chez lui » (1)…

 

PS : ne manquez pas la séquence post-générique qui aurait certainement fait plaisir à M. Hubert Mounier (Affaire Louis Trio)

  1. Comme Steve a « emprunté » le corps d’un autre (« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » - Lavoisier)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Joel SUrnow, #Robe"rt Cochran, #Dennis Hopper
24 Heures chrono (24 - Joel Surnow & Robert Cochran, 2001)

Jack Bauer (Kiefer Sutherland), travaille pour la CTU (1). En ce moment, il est chargé de la protection du sénateur Palmer (Dennis Haysbert) qui brigue (pour l’instant) la candidature démocrate pour les élections présidentielles.

Or le 7 mars 2000, le CTU reçoit une menace sérieuse d’attentat contre lui. Jack va devoir enquêter pour savoir et trouver qui lui en veut. Dans le même temps (ou presque), son épouse Teri (Leslie Hope) sa fille Kimberly (Elisha Cuthbert) sont enlevés par les hommes d’Ira Gaines (Michael Massee) qui est tout sauf un enfant de chœur.

Y a-t-il un lien entre le sénateur et les enlèvements ? Bien sûr, comme va le découvrir Jack. Mais trouver le lien n’est pas résoudre l’enquête ni sauver le sénateur.

Surtout qu’à l’intérieur de la CTU, il y a une taupe…

 

Formidable. Avec cette série, la FOX réussit un coup double : créer une série en temps réel et signer un succès phénoménal qui ne se dément pas même une vingtaine d’années plus tard. Nous suivons tous les éléments de cette enquête complexe avec un intérêt toujours constant : on s’inquiète des péripéties que doivent vivre Jack et les siennes, ainsi que les dessous d’une campagne électorale américaine. Avec en prime un élément prémonitoire : Palmer est en course pour devenir le premier président noir américain ! (2)

Bien sûr, les épisodes ne durent pas une heure : ils étaient entrecoupés de publicité ce qui ramène la durée totale d’un épisode à une quarantaine de minutes (42 ?). Et quand on regarde aujourd’hui la série, ce gros quart d’heure manquant n’est pas bien grave.

 

Parce qu’il faut le dire, le scénario est à la hauteur des espérances, ainsi que le suspense et la violence : on compte de nombreux morts, et ce dès le premier épisode, à tous les niveaux que ce soit autour de la CTU. Bien entendu, la longévité de cette intrigue très habile est basée sur les non-dits et les secrets. Autrement, on aurait appelé ça une mini-série… Mais en plus de l’unité de temps qui est sans cesse rappelée (l’heure défile régulièrement sur l’écran, et pas seulement &au moment des pubs), on a aussi droit à une unité de lieu puisque tout se passe à Los Angeles, dont dépend l’unité de Jack. De plus, on a aussi une certaine unité d’action telle que l’entend le théâtre classique : tout tourne autour de Jack et du sénateur, eux-mêmes liés par autre chose que la mission de protection initiale.

 

Bref, c’est un scénario à la dimension hautement classique qui nous est offert, avec une interprétation à la hauteur de l’événement. Kiefer Sutherland est – encore une fois – impeccable, voire plus. Il est un Jack Bauer solide et d’une probité incontestable, et ce malgré ses manquements fréquents aux règles du service. De son côté, Dennis Haysbert est le candidat démocrate qu’on peut attendre, annonçant donc Barak Obama, même si sa situation familiale est différente : il a deux enfants dont l’un Keith (Vicellous Shannon), a un passé bien singulier, voire menaçant pour la campagne du sénateur…

Là encore, les femmes jouent un rôle primordial qu’elles soient de la famille de Jack ou de celle de Palmer. Leslie Hope et Elisha Cuthbert sont elles aussi impeccables dans leurs rôles respectifs, comprenant jusqu’à un certain point qui est cet homme qu’elles connaissent au final pas si bien que ça (son activité oblige le secret). Sarah Clarke (Nina Myers dans la série) joue avec subtilité un personnage ambigu : collaboratrice proche de Jack, elle a eu une aventure amoureuse avec lui quand il s’était séparé de Teri et la situation inextricable dans laquelle tout le monde va se trouver va se faire rencontrer les deux femmes automatiquement.

Autre femme importante, Penny Johnson Jerald campe une future (?) Première Dame – Sherry Palmer – qui n’a rien d’une potiche qu’on exhibe aux grands moments. Et ce couple nous permet d’accéder aux coulisses d’une aventure éprouvante à tout point de vue : surtout avec cette histoire d’attentat…

Quant aux méchants, ils sont eux aussi très bien réussis, que ce soit Gaines ou les Drazen (les commanditaires du premier, ils sont d’une méchanceté absolue, avec juste ce qu’il faut de psychopathie, indispensable dans ce cas-là.

 

Bref, une totale réussite : vivement la saison 2 ! (à suivre, donc…)

 

PS : oubliez la fin alternative proposée sur le DVD. Elle n’est pas très crédible. Maintenant, vous faites comme vous voulez…

 

  1. Counter Terrorist Unit (unité anti-terroriste)
  2. Sa couleur est une première hypothèse pour trouver la source de l’attentat.

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