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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Aki Kaurismäki
Les Feuilles mortes (Kuolleet lehdet - Aki Kaurismäki, 2023)

Bien sûr, on pense à Prévert et Kosma. Et d’ailleurs, on a bien raison.

Alors on pense à l’automne. Et là encore, on a raison.

Mais si la chanson était l’histoire d’un amour mort, ici, c’est d’un amour naissant qu’il est question.

Celui de la rencontre entre Ansa (Alma Pöysti) et Holappa (Jussi Vatanen). Deux solitudes sous le ciel de Finlande, alors que les saisons s’enchaînent inlassablement et nous entraînent avec ces deux protagonistes vers l’automne qui verra la résolution de l’intrigue.

Il leur faudra tout de même trois rencontres (et la moitié du film !) pour se parler, alors aller plus loin va prendre encore plus de temps. Surtout que Holappa perd le numéro d’Ansa…

Mais pas seulement.

 

Formidable.

Tout le talent de Kaurismäki, dans ce film, est de faire de cette rencontre – attendue – une histoire d’amour – attendue elle aussi – et surtout un conte de fées (1) ! Et tout dans un format minimaliste : 81 minutes (génériques compris !).

C’est superbe, c’est sobre, et en plus c’est drôle. Pourtant, ce n’est pas gagné quand le film s’ouvre : les vies des deux personnages principaux sont d’une grande banalité et surtout d’un niveau relativement bas : entre Ansa qui travaille dans un supermarché et Holappa qui dérouille du métal avec un compresseur, rien de bien folichon. Et comme en plus chacun des deux est viré de son poste pour « faute professionnelle » (2), on se demande comment on va pouvoir arriver à une issue heureuse, et surtout où va apparaître le merveilleux !

 

Mais justement, c’est dans l’accumulation que réside tout le sel de ce film. Et aussi dans le traitement du temps (pas la météo !).

L’accumulation parce que les vies des personnages est vraiment une petite vie et que les calamités s’enchaînent, les obligeant à trouver encore et toujours un nouveau travail. Que l’alcoolisme de Holappa devient un véritable problème, pour sa relation avec Ansa mais surtout pour lui-même. Mais cet empilement de catastrophes est tellement énorme qu’il en devient comique, basculant le film dans un nouveau genre totalement éloigné de ce à quoi nous pouvions nous attendre.

 

Quant au temps de l’intrigue, Kaurismäki est là encore très habile et nous balade constamment !

Comme l’annonce régulièrement la radio, la Russie est en guerre contre l’Ukraine – donc nous sommes après le 24 février 2022 – mais que ce soit dans l’habillement, les décors et les coiffures, il nous est difficile de dater les personnages. Et qui plus est, on ne voit aucune voiture de tout le film : difficile là encore de dater quelque chose. Au contraire, on pourrait se croire dans une période qui va des années 1950 à 1990 !

Seule concession à la modernité : la possession par les deux protagonistes d’un téléphone portable. Mais comme Holappa perd le numéro d’Ansa…

Mais Kaurismäki va jusqu’au bout et nous révèle même l’année de cette intrigue (3).

 

Et puis il y a le cinéma. C’est là que se termine la première sortie des deux amoureux, qui, chose magnifique (encore une fois) se quittent devant l’affiche de Brève Rencontre ! Et d’une manière générale, les affiches de film émaillent les différents décors de l’intrigue. Quand ce ne sont pas des influences (hommages ?) directes qui nous sont proposées : la première image qu’on a de Holappa dans son travail n’est pas sans rappeler celle de Gabin dans Le Jour se lève, ni la rencontre finale entre eux deux celle de Elle et Lui…

Quant au roi Chaplin, il est cité deux fois : la première de façon homonymique puisqu’il s’agit d’une ville d’Ukraine, bombardée par les Russes ; la seconde de façon très appuyée et cinématographique, concluant ce magnifique film.

 

Il va être temps que je me remette à Kaurismäki : j’ai beaucoup de retard !

 

  1. Si, si ! (je vous laisse découvrir comment)
  2. Elle ramène chez elle des produits dépassés, il boit au boulot…
  3. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous la dire !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Bob & Peter Farrelly
Dumb& Dumber (Peter & Bobby Farrelly, 1994)

D’un côté, il y a Lloyd Christmas (Jim « Truman » Carrey) et de l’autre, Harry Dunne (Jeff « Noone » Daniels). L’un est un abruti fini. L’autre aussi. D’où le titre.

Mais reprenons.

 

Lloyd conduit la belle Mary Swanson (Lauren Holly) à l’aéroport où elle doit déposer une mallette remplie de billets de banque (cela, Lloyd ne le sait pas) puis s’envoler pour Aspen (Colorado). Mais Lloyd ne sait pas que la mallette doit rester, et il décide d’aller la rapporter à sa propriétaire.

Harry a transformé son van en chien (!). Comme il est encore viré d’un petit boulot (convoyer des chiens à un concours), il accepte de conduire son ami – et colocataire – retrouver la jeune femme dont Lloyd est en outre tombé amoureux.

Seulement voilà : la mallette contient la rançon d’un être cher à Mary, et les deux imbéciles sont alors poursuivis par les ravisseurs qui ont vu la rançon leur échapper…

 

Il s’agit ici du premier film des frères Farrelly, et si j’ai déjà parlé ici de leur humour décapant (euphémisme), ce premier opus l’est encore plus. Oui, on s’amuse beaucoup des aventures vécues par ces deux abrutis, dont la bêtise frôle le pathétique. On se dit que ça ne peut pas être pire et les Farrelly nous démontrent que si !

Certes, ces deux imbéciles sont attachants. C’est avant tout leur candeur qui l’est : tout comme Forrest Gump (le film est sorti environ six mois plus tôt), ils ont une intelligence limitée. Mais alors qu’on s’amusait avec beaucoup d’émotion chez Zemeckis, ici, pas beaucoup d’émotion ne transpire des différents échanges de ces deux-là. Ils sont idiots, et c’est tout.

 

Et il n’y en a pas un pour rattraper l’autre !

Et si le titre nous présente un imbécile (Dumb) et un autre qui l’est plus (Dumber), on a du mal à les distinguer. Parce qu’à chaque fois que l’un fait ou dit une énormité, l’autre en rajoute. Et c’est comme ça pendant tout le film, chacun leur tour. Donc ce n’est ni Lloyd ni Harry qui est le plus idiot : cela dépend du moment.

Et le duo Carrey-Daniels fonctionne admirablement : le premier, coupe au bol et dent cassée sur le devant ; le second cheveux ébouriffés et regard vide en (presque) toute circonstance.

Bref de vraies « têtes de vainqueurs ! »

 

Tellement vainqueurs qu’il y aura une suite (qui se passe avant) et un retour des deux susnommés vingt ans plus tard.

Sans oublier la série créée par Hannah & Barbera. Mais ceci est une autre histoire. Enfin pas vraiment.

Bref, un film dingue de dingues.

J’aime !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gangsters, #Michel Audiard
Faut pas prendre les Enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (Michel Audiard, 1968)

Surtout pas.

Et encore plus quand ils sont interprétés par ces gens-là.

 

Rita (Marlène Jobert) est une jeune femme qui n’a qu’une passion dans la vie : l’argent.

Charles (Bernard Blier) est un homme d’affaires louches qui travaille pour l’argent.

Fred l’Elégant (André Pousse) est un braqueur de premier ordre, spécialiste des explosifs, et dont l’argent est la seule motivation.

Quant à Léontine (Françoise Rosay), non seulement elle est la tante de Rita, mais elle a un passé (international) très chargé qui la voyait régulièrement visiter les banques quand elles étaient fermées.

Et tout ce petit monde se retrouve autour d’une histoire de lingots volés qui changent de mains.

 

Non, Audiard n’était pas un grand réalisateur. Il le disait lui-même, précisant que ce qui l’intéressait (outre les dialogues, bien sûr) le plus dans la conception d’un film, c’était son titre. Et pour un premier film (en tant que réalisateur), le titre à rallonge est de sortie. Par contre, le format du film est court, ce qui n’est pas trop grave : 80 minutes sont suffisantes pour une telle histoire. C’est absolument foutraque, émaillé – bien entendu – de bons mots, et les cadavres ont tendance à s’accumuler, et pas seulement dans la pension de Ruffin (Paul Frankeur). On sent que tout le monde s’amuse beaucoup dans cette intrigue hautement improbable. Outre Blier et Rosay, on retrouve quelques habitués du monde d’Audiard : André Pousse, beaucoup plus drôle que dans Le Pacha qui est sorti quelques mois plus tôt (avec Audiard aussi), ou encore Robert Dalban (Casimir), et l’incontournable Dominique Zardi qui a droit à un petit peu plus de répliques que d’habitude.

 

Comme souvent chez Audiard, on retrouve quelques critiques sociales, ici en particulier la jeunesse tendance hippie qui a envahi le même hôtel. Cette jeunesse est brocardée par les interprètes (sauf Marlène Jobert), tous ayant un âge plus ou moins avancé (Rosay, 75 ans ; Dalban, 65 ans ; Frankeur 64). Nous avons même droit à un micro-trottoir sur le sort à réserver aux criminels (ceux qui volent des lingots d’or, par exemple). Bref, on retrouve les ingrédients de « l’anar de droite » comme on pouvait le définir…

 

Et pour enrober tout cela, Audiard nous gratifie de quelques saillies dont il a le secret, surtout quand elles sont déclamées par de tels interprètes :

« La connerie à ce point-là, j’dis qu’ça devient gênant. (Fred) »

« J’ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse. 

- Ca c’est chouette comme métaphore. (homme de main)

- C’est pas une métaphore, c’est une périphrase (autre homme de main – Zardi)

- Ah fais pas chier !

- Ca, c’est une métaphore. »

 

Donc tout le monde s’amuse, le spectateur aussi et les différents interprètes font des adresses à l'écran, rendant complice ce même spectateur, et accentuant par là-même l’aspect absurde de cette histoire de truands pour de rire.

Bref, c’est du Audiard.

Alors on savoure.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Josiane Balasko, #Michel Blanc
Demi-Sœur (Josiane Balasko, 2013)

Nénette (Josiane Balasko) vient de perdre sa maman. Elle se retrouve toute seule avec Totoche, sa tortue. Alors on l’envoie aux Tilleuls, une maison de retraites. Mais dans cet établissement, les animaux sont interdits. Alors Nénette décide d’aller chez son papa, à Angers. Malheureusement, lui aussi est mort et Nénette fait la connaissance de Paul (Michel Blanc), qui se trouve être son demi-frère.

Mais ce demi-frère ne voit pas d’un très bon œil cette sœur qui tombe du ciel et s’invite chez lui.

Il faut dire aussi que Nénette n’est pas une sœur comme les autres. Comme elle le dit elle-même, elle est née « trop petite ». En clair, elle a un handicap et accuse un retard mental qui lui donne l’esprit d’un jeune enfant.

 

A nouveau, Josiane Balasko un rôle remarquable (1), prétexte à une performance encore une fois  inoubliable. Bien sûr, elle en fait beaucoup (trop ?), mais comme je l’ai déjà dit la dernière fois, c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Et surtout, elle rend le personnage de Nénette très attachant, soutenue par une nouvelle belle prestation de Michel Blanc. Tout comme dans Je vous trouve très beau, il interprète quelqu’un qui a une vie bien réglée – bien rangée – et qui se retrouve dans l’inconnu parce que une personne qui lui est totalement différente va changer sa vie. En mieux, bien sûr. Mais comment pourrait-il, en être différemment avec une telle sœur ? Sa simplicité (dans tous les sens du terme) est un gage indiscutable de gentillesse, et d’altruisme, choses qui semblent absentes de la vie de ce pharmacien bien établi.

 

Certes, ce film fut un échec commercial, mais on ne peut pas ignorer la tentative de parler autrement du handicap, retransmis ici d’une manière malgré tout très sensible : nous spectateurs comprenons de suite que Nénette est « différente », ce qui n’est pas le cas des autres protagonistes. Et ce n’est qu’après avoir ingéré de l’ecstasy « à l’insu de son plein gré » que Paul va une première fois accueillir à bras ouverts cette femme si différente de lui.

Et il est clair que le ton comique du film n’aurait pas permis d’aller aussi loin avec une actrice véritablement handicapée. Alors on peut saluer la performance de la Balasko. Surtout que Michel Blanc est lui aussi à la hauteur de l’enjeu, tout en retenue, encore une fois.

 

Bref, un film agréable à regarder où on n’échappe pas, une nouvelle fois, à une forme de rédemption. Mais c’est avant tout une très belle histoire d’amour entre deux personnes que tout séparait. Et réunissait.

Merci Josiane Balasko.

 

  1. Dans le sens « qu’on remarque ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Justice, #Justine Triet
Anatomie d'une Chute (Justine Triet, 2023)

Si une Palme d’Or, tout comme un Oscar, n’est pas toujours une récompense justifiée (1), celle de Justine Triet l’est pleinement !

C’est un film époustouflant voire bouleversant tant le propos et l’interprétation sont d’une justesse incroyable, le tout mâtiné d’une grande maîtrise technique, ce qui ne gâche rien.

Mais reprenons.

 

Quand Daniel (Milo Machado Graner) rentre d’une promenade avec Snoop son chien (Messi), il découvre une forme allongée par terre, entourée d’une autre rouge. C’est Samuel (Samuel Theis), son père, qui gît là, mort.

Il appelle sa mère, Sandra (Sandra Hüller) qui ne peut que constater le désastre et appeler – inutilement – les secours.

Il semble que c’est un suicide, mais certains éléments laissent à penser que Samuel n’est peut-être pas tombé accidentellement.

Sandra se retrouve alors jugée pour homicide volontaire sur son mari.

 

Bien sûr, on pense à Otto Preminger et son formidable Autopsie d’un Meurtre (Anatomy of a Murder, 1959), au vu de cette intrigue judiciaire, et pas seulement pour le nom. Mais alors que le réalisateur autrichien racontait le jugement d’un meurtre avéré, Justine Triet, qui a aussi coécrit le scénario avec Arthur Harari, nous montre le jugement d’une possibilité de meurtre. Mais à nouveau, c’est une femme qui est accusée, ici d’avoir frappé et poussé son mari dans le vide.

Mais là s’arrête le parallèle puisque c’est surtout l’avocat (James Stewart) qui est suivi dans le film de Preminger, ici c’est surtout Sandra et son fils qui sont le centre de l’attention. L’avocat (Swann Arlaud), ici, n’a pas de vie personnelle sauf les quelques bribes qu’il rappelle à Sandra qu’il connaît depuis longtemps : il reste exclusivement cantonné à sa profession, et ce malgré le lien fort qui l’unit à cette femme.

 

Et Justine Triet prend le temps pour mettre en place son intrigue, et ce malgré la découverte plutôt rapide du mort. Mais cette exposition succincte est tout de même bien amenée puisqu’on est capable dès la première intervention policière d’avoir une idée de ce qu’il s’est passé. Et cette idée va être exploitée avec beaucoup de justesse : qu’on croit Sandra coupable ou innocente de ce qui lui est reproché, jusqu’au verdict final qui sera annoncé à la télévision (oui, nous sommes au cinéma) on ne pourra pas savoir ce qu’il en est. Et j’aurai tendance à dire, même après ! Mais ça, c’est plus personnel. Toujours est-il que la personne qui m’accompagnait était d’accord pour dire qu’il y avait un débat possible après. Débat que nous avons un tantinet commencé…

 

La grande force du film, c’est bien sûr l’interprétation. Sandra Hüller est magnifique dans le rôle de cette femme qui se bat pour prouver son innocence. Outre le ton – très juste, donc – elle nous montre sa capacité physique à exprimer ses différentes émotions, passant parfois de l’une à l’autre sans transition. A ses côtés, le jeune Milo Machado Graner est un Daniel phénoménal : mal voyant, on assiste avec lui aux différentes phases du procès, et ce malgré la réticence de la juge qui considère que ce n’est pas un lieu pour un enfant. Et surtout, on ressent les mêmes émotions que lui : sa mère est accusée d’avoir tué son père. SI ce n’est pas oedipien, c’est tout de même bien proche ! Et Daniel en plus d’être un enfant très fort psychologiquement, est d’une très grande intelligence, en remontrant même à certains adultes de cet entourage judiciaire.

D’ailleurs, les deux principaux protagonistes judiciaires, l’avocat général (Antoine Reinartz) et celui de Sandra se livrent à une joute oratoire en plusieurs reprises, là encore d’une très grande justesse. Il y a une forte dose d’authenticité dans ce procès qui nous change complètement de ce que nous avons l’habitude devoir dans les films américains. Et quand les avocats interviennent, l’hilarité récurrente qu’on retrouve aussi chez Preminger n’a que très peu de place ici. Et aucun effet de manche ! On reste concentré jusqu’au bout sur les débats et le sens des mots : de toute façon, on ne peut rien faire d’autre puisqu’il n’y a aucun témoin de cette chute !

 

Je terminerai en parlant de la façon de montrer cette affaire judiciaire. IL est important de souligner le travail conjoint de prises de vue et de montage qui donnent çà ce film une autre force qui, jointe aux autres oblige de lui décerner la Palme d’Or. Le rythme du montage est très pertinent et le jeu sur les différents points de vue, s’il peut parfois décontenancer (2), l’est tout autant : entre ce que voient Sandra et/ou son fils, les cadrages de la police judiciaire ou de la télévision, on aurait pu s’étourdir de cette profusion.

Il n’en est rien. Justine Triet mène son film d’une main de maître et on ne peut que l’en féliciter.

Tout comme pour sa Palme d’Or !

 

  1. Non, je ne citerai pas de nom !
  2. Parfois on se demande quand même : « pourquoi ce point de vue ? »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Eric Besnard, #Josiane Balasko, #Pierre Richard
Mes Héros (Eric Besnard, 2012)

Maxime (Clovis Cornillac) reçoit un coup de téléphone qui lui apprend que sa maman, Olga (Josiane Balasko), est en garde à vue après avoir tabassé un policier (!). Déjà que son entreprise d’ambulances a tendance à battre de l’aile et que sa femme (Anne Charrier) est allée voir ailleurs, lassée de l’attendre… Et comme si cela ne suffisait pas, sa mère qu’il est allé chercher à Bordeaux (il habite Paris) a décidé de planquer un petit garçon, Tiémoko (Ibrahim Burama Darboe), dont la mère est en cours de reconduite à la frontière.

Maxime décide alors de ramener cette mère singulière et le petit garçon chez elle, envisageant le pire lors de la confrontation avec son père, Jacques (Gérard Jugnot) : elle était partie parce que ce dernier lui tapait sur les nerfs et ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée d’un enfant de sans papier chez lui…Et comme si cela ne suffisait pas, Jacques sort d’un AVC…

 

Et bien, malgré ce résumé pessimiste, il s’agit d’une comédie. On s’en serait douté rien qu’avec la présence du duo Balasko-Jugnot et de Pierre Richard (Jean, l’ami de Jacques). Mais, et c’est là tout l’intérêt du film d’Eric Besnard, on arrive à rire d’une situation franchement très difficile (pour Maxime et Tiékomo), grâce à l’intervention de ces deux parents qui ne sont ni pires ni meilleurs que les autres mais réussissent tout de même à démêler cet écheveau. Comment ? Par l’amour, évidemment.

Parce que ce film est aussi une belle histoire d’amour entre deux personnes qui se connaissent par cœur et ne se lassent (presque) pas de la présence de l’autre. Bien sûr, il y a des bas (le départ d’Olga qui amène cette intrigue), mais ce sont surtout les hauts que l’on retient, tant ce couple est attachant.

 

Et ça fait plaisir de retrouver Balasko et Jugnot dans un autre couple que celui des Bronzés (celui que vous voulez), dans un rôle plus tendre, plus intelligent, mais tout de même comique (on ne peut pas renier ses racines !). Et de son côté, Besnard brouille les pistes quand il les présente sur l’affiche : lui bougon et elle complice : Balasko passe (une bonne partie de) son temps à râler tandis que Jugnot cherche par tous les moyens à lui échapper : une balade aux champignons (et autres choses qu’on peut ramasser) est toujours la bienvenue, surtout quand son acolyte est Pierre Richard, toujours aussi lunaire, comme on l’aime. Enfin comme je l’aime.

 

Alors si le film d’Eric Besnard ne casse pas trois pattes à un canard, il se laisse tout de même regarder avec beaucoup d’indulgence, le sourire toujours au coin des lèvres.

Bref unfilm qui fait du bien.

C’est aussi ça qu’on recherche quand on va voir un film…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Marvin J. Chomsky
Holocauste (Marvin J. Chomsky, 1978)

1935-1945 dix années qui ont détruit la famille Weiss : Joseph (Fritz Weaver) le père, médecin à Berlin ; Berta (Rosemary « Aunt May » Harris) la mère, Karl (James Woods), Rudi (Joseph Bottoms) et Anna (Blanche Baker) les enfants. Sans oublier Inga (Meryl Streep), la femme de Karl.

C’est par le mariage de ces deux derniers que s’ouvre cette série : un mariage « mixte » (une chrétienne et un juif) auquel ont été conviés Hans Helms (Michael Beck) un soldat qui est aussi le frère d’Inga, mais surtout Heinrich Müller (Anthony Haygarth), un ami de la famille qui est aussi membre du parti nazi.

Puis ce sont les dix années qui vont séparer tous ces gens, plus ou moins définitivement jusqu’à la fin de cette guerre et de son bilan effrayant.

 

Bien sûr, c’est une histoire très romancée voire aseptisée qui nous est contée ici par Marin J. Chomsky, et je ne reviendrai pas sur les reproches (justifiés) élevés par d’anciens déportés qui ont de leur côté transmis leurs récits de la Shoah (Primo Levi, Simone Veil, etc.). Mais quand la série est passée pour la première fois en France, je n’avais que 11 ans et j’ai alors découvert une (infime) partie de ce génocide atroce qui reste encore (heureusement) inégalé.

Parce que Chomsky a aussi émaillé sa série de documents authentiques qu’en général Erik Dorf (Michael Moriarty), un jeune juriste opportuniste montre à son supérieur, l’ignoble Reinhard Heydrich (David Warner).

 

C’est pourquoi je garde un souvenir fort de cette série car ce fut aussi l’occasion de discuter de ce qu’il s’était passé en marge de la Seconde Guerre Mondiale : les quelques films de guerre que j’avais pu voir à l’époque ne traitaient jamais ce sujet et j’étais resté sur des superproductions du style Le Jour le plus long ou Paris brûle-t-il ?

Et je sais que je ne suis pas le seul qui ai apprécié cette série : ce fut un grand moment de télévision dans beaucoup de pays du monde. Et ce fut aussi le début d’une recrudescence des films et documentaires sur le sujet, avec en point d’orgue l’extraordinaire Shoah de Claude Lanzmann. Mais attention depuis 1934, on connaît l’existence des camps de concentration au cinéma : le film documentaire Hitler’s Reign of terror (Hitler, le Règne de la terreur) est sorti sur les écrans le 30 avril de cette année-là.

 

Et n’oublions pas les différents interprètes de cette série qui ont mis beaucoup de conviction pour interpréter ces personnages, bons ou méchants. Les méchants surtout, comme d’habitude. Si Ian Holm fait une courte apparition en Himmler, c’est vers le duo Heydrich-Dorf qu’on trouve des personnages véritablement terribles. Il faut dire que David Warner a une filmographie qui parle dans ce sens et il est un Heydrich redoutable de bout en bout : froid et calculateur comme le fut son modèle. Quant à Erik Dorf, cet opportuniste, il n’est chaleureux que quand il exécute son service : planification des exécutions des Juifs de l’Est (Einsatzgruppen & camps de la mort). Et ce sont donc eux qui nous permettent de voir de véritables images (trop rares ?) des massacres effectués.

Quant aux gentils, on admire déjà Meryl Streep ou James Woods, ainsi que les deux parents Weiss, et bien évidemment Joseph Bottoms dans le rôle de Rudi qui me fit rêver quand j’étais enfant : je voulais posséder son courage et sa combativité. Et sa fiancée, Helena (Tovah Feldshuh).

 

Alors, près de 45 ans plus tard, je pense qu’il faut encore regarder Holocauste. C’est à mon avis une bonne entrée en matière pour les plus jeunes avant de découvrir la véritable horreur nazie dans toute son immensité et son abjection.

Pour ne pas oublier.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Alex Garland
Men (Alex Garland, 2022)

Une jeune femme qui saigne du nez. Elle regarde par la fenêtre. Un reflet. Elle crie.

La jeune femme, c’est Harper Marlowe (Jessie Buckley), elle s’est rendue dans la campagne (4 heures de Londres) pour se ressourcer, loin de tout et surtout de la mort de son mari, James (Paapa Essiedu). Ce dernier serait tombé du balcon des voisins : accident ou suicide ? Il faut dire que James avait prévenu qu’il se suiciderait si elle le quittait…

C’est cela qui ronge Harper dans cette campagne si verte et si tranquille. Enfin pas si tranquille que ça puisqu’un homme nu se balade alentour.

Et il va même essayer d’entrer dans la maison de Harper. Mais la police veille et le danger est – momentanément – écarté.

 

J’avais beaucoup aimé Ex Machina, le premier film d’Alex Garland et me réjouissais de cette nouvelle œuvre (1), mais je dois avouer que je suis resté sur ma faim. A nouveau on retrouve une solitude, et à nouveau Garland fait monter progressivement la tension, mais alors que son premier film avait un scénario solide, ici on ne peut pas vraiment en dire autant. Certes, le film est très beau, la première heure étant une véritable féerie visuelle qui magnifie la campagne anglaise.

Dans cette première heure d’ailleurs, Alex Garland prend le temps de mettre en place son histoire, amenant une progression régulière de la tension jusqu’au basculement : on y découvre de rares personnages : Geoffrey (Rory Kinnear), le propriétaire qui loue la maison à Harper ; Sam (Zak Rothera-Oxley) un jeune garçon à la figure d’homme mûr ; et un vicaire (Rory Kinnear) on ne peut plus troublant.

 

L’isolation du personnage principal combinée à la nuit va laisser la place à un véritable cauchemar dont les différents éléments sont à retrouver dans la Bible ou la mythologie grecque, avec comme élément central mythologique : un pommier dont Harper a cueilli et croqué une pomme dès son arrivée.

Et si Geoffrey s’en amuse, citant « le fruit défendu », cette référence n’est certainement pas anodine. En effet, en pénétrant dans ce qui semblait être un véritable petit paradis (2), c’est tout naturellement qu’elle est attirée par ce pommier et ses fruits. On ne la verra d’ailleurs mordre qu’une seule fois dans la pomme qui terminera sur la table, non finie, comme celle d’Adam & Eve avant d’être chassés du Jardin d’Eden. La présence de l’homme nu près de ce même pommier renforce cette idée de faute à partir de laquelle rien ne va plus.

 

Mais malgré tout, et surtout le superbe maquillage de Sara Fagan et son équipe, on se sent un tantinet floué quand la dernière image disparaît pour laisser place au générique de fin. Il manque quelque chose et je n’ai pas envie, en tant que spectateur, de trouver ce que c’est. C’est peut-être de la paresse mais je trouve dommage que Garland n’ai pas fait une véritable fin (3).

L’ambiance est là, les images sont belles, la musique et d’une manière générale la bande-son est elle aussi magistrale, mais, à mon avis, cela ne suffit pas.

 

Dommage.

 

  1. Non, je n’ai pas (encore) vu Annihilation.
  2. C’est ce que pense son amie Riley (Gayle Rankin).
  3. D’un autre côté, il ne nous a pas fait le truc facile du rêve…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Michael Cacoyannis, #George P. Cosmatos
Zorba le Grec (Αλέξης Ζορμπάς - Michael Cacoyannis, 1964)

Basil (Alan Bates) se rend en Crète, où il a hérité d’un terrain avec une mine. Au Pirée (?), il fait la connaissance d’Alexis Zorba (Anthony Quinn) qui lui propose ses services. I9ntrigué par cet homme qui tombe de nulle part, le jeune homme accepte et se rend donc toucher son héritage.

Là il fait aussi la connaissance de madame Hortense (Lila Kedrova), une ancienne « femme de tout le monde » qui vit dans ses rêves de jeunes amiraux qui se partageaient ses faveurs. Il rencontre aussi une jeune veuve (Irene Papas), dont tous les hommes alentour sont amoureux mais qui leur reste inaccessible.

Et puis il y a l’exploitation de la mine : et comme Zorba sait tout faire, ça ne devrait pas poser de problème…

 

Superbe.

Une formidable leçon de vie pour le spectateur, mais aussi et surtout pour Basil (1), ce jeune homme moitié british et moitié grec, véritable pendant de Zorba. En effet, alors que Zorba est un être fantasque et exubérant, Basil lui est plein de cette retenue britannique traditionnelle. Mais il n’y a pas que lui qui reste campé sur des traditions : les Crétois présents autour des deux hommes semblent hoirs du temps, hors du siècle, vivant comme ils l’ont toujours fait depuis l’invasion de l’île par les Anatoliens près de 10 000 ans plus tôt. La seule modification qui serait arrivée depuis est la religion orthodoxe qui s’y est solidement implantée.

Il est d’ailleurs difficile de dater le temps de l’intrigue tant ce qui nous est proposé pour le faire est ténu. Ce que nous appelons civilisation moderne se cantonne au port du début du film. Tout le reste semble figé, comme si le temps s’était arrêté avec l’apparition de Zorba.

 

Nous sommes donc dans une Crète traditionnelle et un tantinet stéréotypée, avec ses habitants fiers (et farouches !) et mutiques tels des mafiosi siciliens, qui règlent leurs affaires en vase clos : la seule présence de l’administration consiste en un officier à képi qui ne fait rien pour établir un quelconque ordre. Bien au contraire : il y participe sans vergogne !

Cette Crète traditionnelle est un véritable choc culturel pour notre Basile, qui ne comprend pas le mode de vie de tous ces gens, même s’il tente d’en découvrir les différents éléments.

Et tel un chien dans un jeu de quilles, Zorba se détache totalement des différents interprètes. D’un côté, il connaît les coutumes locales mais s’en est affranchi, et de l’autre il se démarque formidablement de cet anglais intellectuel et réservé.

 

Et cette combinaison d’une Crète hors du temps conjuguée à la présence de cet homme tombé du ciel donne une impression irréelle voire surréelle à l’intrigue. Comme si Basil rêvait ce qui lui arrive. Avec certains moments qui virent au cauchemar, bien entendu. Le temps est distendu et on devine qu’une année (environ) s’écoule pendant le film, mais rien n’est sûr. Et l’attitude fantasque qu’adopte ce drôle de Grec contribue pleinement à l’aspect irréel qui baigne le film : sa première danse de joie (et de peine, c’est la même) est incroyable et irrésistible puisque même le musicien qui est là va se calquer sur son propre tempo pour l’accompagner. Cette danse, c’est la véritable expression de Zorba, c’est avec elle qu’il se réjouit et qu’il calme sa peine. C’est là qu’il est encore plus Zorba qu’à la normale, encore plus exubérant, encore plus grandiose.

Parce que Zorba est avant tout grandiose : dans la victoire ou dans la défaite, il n’est jamais petit. Il fait tout à fond, même s’il sait que de toute façon c’est vain : ses fiançailles avec sa Bouboulina l’illustrent admirablement.

 

Il faut dire qu’Anthony Quinn est inoubliable dans ce rôle presque taillé sur mesure : sa prestance, sa démesure en font un Zorba hors norme, irréel voire surréel comme écrit plus haut. A ses côtés, bien sûr qu’Alan Bates fait pâle figure, mais son rôle l’exige avant tout et c’est l’association de ces deux contraires (opposés ?) qui est l’un des points forts du film. Parce que si la vie d’avant de Basil est hautement prévisible et se devine comme un livre ouvert (c’est le cas de le dire), celle de Zorba est plus complexe, et aussi plus tragique comme en témoignent ses marques.

Et si Basil, en fin de compte n’a pas gagné grand chose, il repartira tout de même plus riche qu’avant : Zorba lui aura appris sa danse.

Cette fausse danse traditionnelle est avant tout l’œuvre (réelle) de l’immense Mikis Theodorakis, qui signe ici l’une des ses œuvres les plus emblématiques, puisqu’elle sera unanimement célébrée dans le monde entier, et encore plus une fois les colonels en poste à Athènes.

Un grand film, pour un grand personnage. Et un grand acteur, cela va sans dire.

 

PS : la compagnie Royal de Luxe s’en servira même pour illustrer une mémorable bataille navale qui verra s’affronter les galères romaines aux réales égyptiennes !

 

  1. Il n’est jamais nommé pendant le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Michael Caton-Jones, #Ridley Scott, #Tony Scott
Un Monde sans fin (World without End - Michael Caton-Jones, 2012)

Retour à Kingsbridge, deux siècles (environ) après Les Piliers de la Terre.

La cathédrale est toujours debout et le prieuré a beaucoup prospéré, devenant alors la proie des convoitises de certains frères qui n’en ont que le titre. C’est le cas de Godwyn (Rupert Evans) qui rêve de devenir prieur. Et comme il peut compter sur sa mère, Petranilla (Cynthia Nixon) qui connaît certaines poudres, il va y arriver. Dans le même temps, les enfants du comte de Shiring voient leur père être exécuté pour trahison et se retrouvent livrés à eux-mêmes : Ralph (Oliver Jackson-Cohen) va tout de même devenir chevalier quand Merthin (Tom Weston-Jones) va devenir bâtisseur.

A cela se greffe la Grande Histoire : la Guerre de Cent Ans qui commence et la Peste Noire qui va s’étendre sur l’Europe. Sans oublier les procès en sorcellerie dont les femmes (déjà) feront les frais.

 

A nouveau, les frères Scott (Ridley et Tony) ont eu le nez creux en investissant dans ce deuxième opus de Ken Follett. Tout comme dans le premier, on retrouve ce même mélange savamment dosé entre la petite et la grande histoire, avec des personnages très bien caractérisés, se positionnant du bon ou du mauvais côté de la morale afin de donner toute sa puissance à cette nouvelle fresque médiévale. Et donc, encore une fois, ça fonctionne : on est à nouveau happé par cette épopée haute en couleur où les enjeux (économiques) sont synonymes de puissance (politique) et où les méchants le sont vraiment, même si on s’éloigne progressivement du roman initial.

Qu’importe, le spectacle est là et on en profite pleinement.

 

Il faut dire que Godwyn et sa mère sont des affreux rarement rencontrés, donnant véritablement le ton dans cette série. Si vous avez aimé haïr Waleran dans la première série, vous n’allez que vous complaire à abhorrer ces deux protagonistes, avec en prime (« jamais deux sans trois », c’est bien connu) sir Ralph, un chevalier qui ne s’embarrasse pas vraiment du code qui régit cet ordre. Bref, là encore, le succès de la série est porté par des méchants de première force, ce qui ne gâche rien.


Ce qui est bien rendu aussi, ce sont les différentes sous-intrigues qui émaillent cette histoire :

  • l’antagonisme entre Godwyn, ce clerc fanatique et frustré, et sa cousine Caris (la belle Charlotte Riley) qui doit renoncer à son amour pour Merthin afin d’échapper au bûcher ;
  • Celui entre ce même Godwyn et la mère supérieure du couvent pour contrôler les richesses de l’Eglise ;
  • Celui entre Ralph et Merthin, frères ennemis du fait des circonstances et dont l’apparentement avec Abel et Caïn est d’ailleurs mentionné ;
  • Celui entre Ralph et Wulfric (Tom Cullen) qui été injustement dépossédé et doit survivre en serrant les dents ;
  • Et bien sûr celui opposant un fils – Edward III (Blake Ritson) – et sa mère – Isabelle de France (Aure Attica), né après l’exécution d’Edward II, père du premier.

Et au milieu de toute ces oppositions, la présence de Thomas Langley (Ben Chaplin), dont le rôle autour de cette même exécution n’est pas très clair, surtout qu’il possède un secret qu’on aimerait bien voir disparaître.

 

Donc, n’hésitez pas et plongez-vous dans cette fresque formidable, portée par des interprètes à la hauteur de l’enjeu, même s’ils n’ont pas obligatoirement la même notoriété que ceux qui étaient là dans la série précédente.

On en redemande !

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