Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Politique, #Dennis Gansel
La Vague (Die Welle - Dennis Gansel, 2008)

« Essayez la dictature, et vous verrez ! » (E. Macron, 23-01-2020)

 

C’est la semaine politique au lycée Marie Curie ! Pendant une semaine, les professeurs vont parler de différents systèmes politiques aux élèves, afin de leur faire prendre conscience les bienfaits de la démocratie.
Rainer Wenger (Jürgen Vogel), professeur d’EPS et de politique a prévu de faire cours sur l’anarchie, son domaine de prédilection. Seulement voilà, cette leçon a été confiée au professeur Wieland (Hubert Mulzer), un professeur un tantinet plus modéré (euphémisme). Rainer doit donc s’occuper de l’autocratie.

Bien sûr, derrière l’autocratie, les jeunes Allemands pensent au nazisme et à Hitler et commencent par rejeter ce cours qu’ils considèrent « culpabilisateur ».

Qu’à cela ne tienne, Rainer va leur proposer un jeu de rôles : il est leur leader et ils vont vivre une expérience afin d’améliorer leurs conditions de travail et surtout leurs relations dans la classe.

Bien sûr, « tout nouveau tout beau », alors ça fonctionne. Mais quand certains refusent une règle, ils sont virés du cours…

Et ça, ce n’est que le début.

 

Peut-être, tout comme moi, avez-vous lu La Vague (The Wave) de Todd Strasser (1981) adapté du téléfilm du même nom lui-même adapté de l’expérience menée en 1967 au lycée Cuberley de Californie par le professeur Ron Jones. Dans ce cas, vous serez peut-être d’accord avec moi pour dire que cette nouvelle adaptation est encore plus forte que ce roman. En effet, avec ce film, non seulement Dennis Gansel actualise le propos mais surtout le transpose là où est né le nazisme. Et le résultat de l’expérience de Wenger est on ne peut plus parlant : oui, une dictature nazie peut revenir. Mais là où il rejoint l’expérience de Jones, c’est que cette transposition peut être exportée n’importe où dans le monde dans chacune des différentes démocraties qui existent avec le même résultat. Hélas.

 

Et Dennis Gansel (aidé de Peter Thorwarth, co-scénariste) réussit pleinement sa démonstration, montrant que ces jeunes, conscients du passé de leur pays et vigilants à ne pas réitérer les mêmes erreurs, vont tout de même retomber dans les mêmes ornières que leurs aînés, progressivement, insidieusement, sans véritable coup de force de la part de leur leader : ils ont accepté à l’unanimité sa direction. Oui, comme Hitler, il est arrivé légitimement au pouvoir.

Et ce qui fait la force de ce film, outre son propos, c’est aussi la justesse des différents élèves : chacun est défini succinctement mais précisément et va induire on comportement dans cette expérience de fascisme moderne. Et le réalisme de cette expérience va jusqu’à utiliser un uniforme : une chemise blanche. Bien sûr, cette chemise n’est pas noire mais cette opposition chromatique ne peut pas nous faire oublier celles de Mussolini. Et Gansel va encore plus loin puisqu’il prend le temps de nous montrer une dernière fois Rainer s’habiller pour le dernier « meeting » : sa calvitie avancée et sa posture nous rappellent fortement le Duce. L’aspect prognathe en moins.

 

Et si le leader (1) est bien réussi, la présence des jeunes acteurs qui l’entourent est primordiale. Non seulement ils jouent au même niveau que Vogel, mais en plus, le scénario donne à chacun de leurs personnages ses propres dispositions pour entrer dans un mouvement fasciste. Entre Tim (Frederick Lau), geek solitaire un peu bêta qui cherche à s’intégrer dans un groupe et les autres élèves qui cherchent une existence, Gansel a su retransmettre ce besoin de reconnaissance qui fut le terreau du nazisme. On est absolument « bluffé » par ces personnages qui illustrent admirablement le propos. Sans oublier les regroupements occasionnels qui ressemblent aux intimidations violentes des SA au début des années 1930.

De même l’utilisation du water-polo comme sport d’une partie des élèves est on ne peut plus pertinente. Alors qu’on aurait pu avoir un match de foot, milieu propice à l’avènement du fascisme (2), Gansel et Thorwarth choisissent ce sport aquatique en référence à une tragédie issue de la dictature : la rencontre entre l’équipe de Hongrie et celle de l’URSS à Melbourne le 12 décembre 1956 qu’on peut résumer simplement par « du sang dans la piscine ».

 

Le tout accentué par les couleurs qui baignent ce mouvement : outre le blanc, on retrouve le rouge et le noir dans les logos disséminés sur la ville (Berlin). Les trois couleurs du drapeau nazi.

Et puisque nous en sommes aux couleurs, on notera celle que va porter une des élèves qui va entrer en résistance : alors que tous ses camarades ont accepté de porter une chemise blanche comme le leur a demandé Wenger, elle est la seule à porter une autre couleur, le rouge. Son choix est présenté comme arbitraire, comme si c’était le premier tee-shirt qui s’était présenté à elle. Mais quand on sait ce que les nazis (et affiliés) réservaient comme sort aux « rouges », on comprend pourquoi elle n’est pas en bleu ou jaune (ou autre).

 

Bref, le film, comme l’expérience de Vogel est une magnifique démonstration du danger fasciste qui se développe autour de nous.

En 2008 quand le film est sorti, tout comme aujourd’hui.

 

  1. Je n’ose parler de « Führer » !
  2. J’aime bien le foot ! Si, si !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Marvin J. Chomsky
Racines (Roots - Marvin J. Chomsky & Co, 1977)

1767, Gambie.

Kunta Kinte (LeVar Burton puis John Amos) est un jeune guerrier mandinka fraîchement initié. Alors qu’il est en forêt à la recherche d’un tronc pour faire un tambour, il est capturé par des esclavagistes et est envoyé en Amérique (1) et vendu au riche juge Reynolds (Lorne Greene).

Bien entendu, Kunta n’a qu’un seul souhait : s’échapper de cet esclavage. Mais à chaque fois, il est rattrapé, fouetté et même mutilé (on lui coupe le pied).

Alors il se marie avec Bell (Madge Sinclair) et a une fille, Kizzy (Leslie Uggams). Il lui apprend alors sa vie d’avant, faisant naître en elle ce désir de liberté qui l’a sans cesse étreint.

Puis, c’est Kizzy qui le transmettra à son fils « Chicken » George (Ben Vereen). Et il en serait ainsi jusqu’à la fin des temps (2) s’il n’y avait eu la Guerre de Sécession…

 

Epoustouflant.

C’est une extraordinaire série qui nous est proposée là, d’après le livre d’Alex Haley – copié, certes, mais c’est tout de même celui-ci qui sert de trame – et qui a eu un succès fort mérité à sa première diffusion, voici déjà plus de 25 ans (3). Et ce qui transparaît surtout, c’est le rôle maléfique joué par tous ces esclavagistes et autres propriétaires terriens du Sud. La cruauté, l’injustice, le racisme sont leur ferment et la famille de Kunta (entre autres) va en faire les frais à différents niveaux et pendant près de cent ans (la série se termine après la Guerre Civile).La plupart des Blancs sont d’affreux réactionnaires racistes, baignés de religion mais surtout confortés dans des stéréotypes tout à leur avantage.

 

Et plus de vingt-cinq ans après cette première diffusion, Racines n’a rien perdu de sa force, même si on a pu constater certaines erreurs factuelles. Mais cela ne nous intéresse pas : à partir du moment où nous sommes dans une adaptation, c’est avant tout le(s) réalisateurs et les scénaristes qui sont aux commandes et peuvent (presque) faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas le cas, rassurez-vous, et c’est pourquoi nous sommes ici plus dans une espèce de docu-fiction où, même s’il y a des erreurs, la force de ce qui nous est montré est suffisante pour emporter le soutien du spectateur. Enfant (j’avais 9 ans quand c’est passé pour la première fois à la télévision), j’étais bien sûr révolté par les mésaventures de Kunta Kinte et espérais qu’il réussirait à s’évader et rentrer en Afrique. Et aujourd’hui (vous calculerez donc facilement mon âge…) son sort est tout aussi abject. Mais ce qui me révolte le plus aujourd’hui, ce sont ces riches propriétaires racistes qui sont férus de religion : ils convertissent de force leurs esclaves à la religion chrétienne (4) et surtout se prévalent de valeurs religieuses tout en traitant d’autres êtres humains comme des êtres inférieurs, moins bien traités que leurs chiens.

 

Bien évidemment, les méchants de la série sont blancs, mais pas tous, certains le sont (un peu) moins que d’autres (les Harvey) et quelques très rares individus sont carrément du côté des Noirs - Vieux George (Brad Davis) et Martha (Lane Binkley), par exemple – mais la palme de la méchanceté doit certainement revenir à Evan Brent (Lloyd Bridges), en Reb raciste et amer de la défaite du Sud.

Et si Lloyd Bridges est magnifique dans cet ignoble personnage, on ne peut pas taire la justesse des acteurs et actrices noires qui ont quasiment vécu leur rôle, créant même, paraît-il, une certaine tension pendant le tournage. On ne peut pas oublier les deux interprètes de Kunta Kinte, tout comme Kizzy, Mathilda (Olivia Cole)  ou encore Tom Harvey (Georg Stanford Brown), ni bien sûr Chicken George et sa malice, ni, un de mes préférés, Violon (Fiddler – Lou Gossett Jr.).

 

A (re)voir !

 

  1. Encore quelques années avant que ce soient les Etats-Unis…
  2. Peut-être pas, quand même…
  3. 23-1-1977 aux Etats-Unis, 28-1-1978 en France.
  4. La Bible et le fusil, les deux bases de la conversion dans l’Ouest…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Biopic, #Franco Zeffirelli
Jésus de Nazareth (Jesus of Nazareth - Franco Zeffirelli, 1977)

Six heures et vingt-deux minutes.

Des semaines de tournages.

Une liste d’interprète prestigieux longue comme le bras, et pour « seulement » 30 000 $ par semaine.

Pour au final une épopée digne des cinéastes qui ont précédé Franco Zeffirelli qui réussit ici un formidable pari : faire de l’histoire de Jésus (Robert Powell) une histoire (presque) ordinaire, où le merveilleux n’est pas aussi omniprésent qu’on aurait pu le croire.

Zeffirelli, avec cette mini-série, nous propose une synthèse des quatre évangiles, reprenant les événements les plus marquants, ainsi que les répliques les plus attendues même si ma préférée n’y est pas (1) : elle n’est pas non plus la plus importante.

 

Tout le monde est là et bien là, de Hérode le Grand (Peter Ustinov) à son fils Antipas (Christopher Plummer), en passant par Marie (Olivia «  Juliette » Hussey), Pilate (Rod Steiger), Jean-Baptiste (Michael « D’Artagnan » York), et bien sûr l’incontournable et indispensable Judas (Ian « Waleran » McShane).

Et Zeffirelli prend son temps pour nous narrer cette incroyable histoire (2), fondement de la religion chrétienne. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’il met l’accent sur les deux éléments qui délimitent la vie de Jésus, sa naissance et sa mort. En effet, ces deux éléments correspondent aux deux plus grandes fêtes de la religion, véritables éléments fondateurs : c’est de la croyance en la résurrection et donc que Jésus était le Messie annoncé que les chrétiens se sont démarqués des Juifs : n’oublions jamais que Jésus lui-même était juif…

 

Mais nous ne sommes ici que pour parler d’un spectacle, pas pour nous lancer dans un débat théologique. Et je dois avouer que cette fresque zeffirellienne est absolument magnifique. Non seulement, il réussit à développer surtout la nature humaine de Jésus, mais surtout, il limite les interventions surnaturelles au strict minimum, évitant la grandiloquence demillienne (cf. Les dix Commandements) qui était alors la référence en terme d’adaptation visuelle des Ecritures (3). Et surtout, il dépoussière cette histoire fantastique, utilisant des interprètes plus jeunes que les représentations picturales qui émaillent l’histoire de l’art : la Cène, par exemple n’a plus grand-chose à voir avec celle qui nous a été proposée depuis fort longtemps. Ce sont de jeunes hommes qui suivent Jésus, plus en adéquation avec une certaine authenticité : si Pierre doit Mourir à Rome entre 64 et 68, il ne peut pas déjà avoir des cheveux et une barbe aussi blancs !

 

Tout comme dans son Roméo & Juliette (1968), il joue sur l’authenticité des personnages et on peut alors sourire de la présence ici de Olivia Hussey qui fut sa Juliette à ce moment-là.

Mais cette authenticité a ses limites, sacrifiée sur l’autel des croyances : Robert Powell est un extraordinaire Jésus, pleinement dans son rôle, mais on a du mal à croire que ce même Jésus avait des yeux aussi bleus, Fils de Dieu ou pas ! De même, en faisant arrêter Jésus par le Sanhédrin, il tend à accréditer la thèse comme quoi les Juifs sont les assassins du Christ. Non. Les Romains ont un rôle plus important que ce qui nous est montré ici. De même, on aurait pu avoir le lavage des mains par Pilate, autre épisode, à mon avis, incontournable de cette épopée.

 

Mais là encore, nous sommes dans une adaptation, et il a fallu faire des choix. Ceux de Zeffirelli peuvent paraître contestables, et pour ma part je trouve que l’essentiel y est, servi par une distribution aussi prestigieuse que talentueuse. De plus, l’accent mis sur les deux événements fondateurs (la naissance dans le premier épisode qui prend les trois quarts du temps) et la Passion qui concerne tout le dernier est un choix très judicieux, sans pour autant sombrer dans la superstition ni l’emphase. Et l’interprétation de Robert Powell, dont le visage aux yeux clairs n’est pas sans rappeler l’Autoportrait à la fourrure de Dürer (voir ci-dessous), lui-même rappelant les représentations christiques antérieures.

 

Bref, une très belle adaptation des évangiles, même si l’aspect un tantinet sulpicien de Jésus peut lasser. Mais utiliser un acteur comme Powell et surtout ses yeux clairs, c’est peut-être aussi pour s’ouvrir aux chrétiens orthodoxes : ce visage n’est pas bien loin de celui qui fut autorisé par l’Eglise orthodoxe pour représenter Jésus.

Si vous ne me croyez pas, allez voir à Sainte-Sophie (Istanbul)…

 

  1. Jean, 19 : 28. Je vais encore me faire des amis, tiens…
  2. Tout est question de foi…
  3. Si, si, même Wyler et son Ben Hur y sacrifient…
Autoportrait à la fourrure (Albrecht Dürer, 1500)

Autoportrait à la fourrure (Albrecht Dürer, 1500)

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Drame historique
Les Piliers de la Terre (The Pillars of the Earth - Sergio Mimica-Gezzan, 2010)

25 novembre 1120.

La Blanche-Nef sombre au large du Cotentin, entraînant la mort d’une partie de la noblesse anglaise et parmi elle, l’héritier au trône d’Henri 1er (Clive Wood).

1135.

La guerre civile fait rage entre Etienne (Tony Curran) et Mathilde (Alison Pill) suite à la prise de pouvoir du premier au détriment de la seconde.

Tom le Bâtisseur (Rufus Sewell) arrive à Kingsbridge avec sa famille, accompagné de Jack Jackson (Eddie « Newt Scamander » Redmayne) et sa mère Ellen (Natalia Wörner). Il va y être engagé comme maître d’œuvre dans le chantier gigantesque qu’a décidé le prieur Philip (Matthew Macfadyen) : construire une cathédrale.

Seulement voilà, l’évêque de Shiring, Mgr. Waleran (Ian McShane) est opposé à cette construction, tout comme les nouveaux seigneurs du lieu, qui ont remplacé la famille titulaire parce que jugée traîtresse au roi puisqu’ils soutenaient Mathilde.

 

Après l’immense succès (absolument mérité) du roman de Ken Follett, il fallait bien que la télévision s’empare de cette formidable intrigue et en fasse une adaptation. C’est donc chose faire et de façon plutôt réussie : ce sont 8 épisodes haletants qui voient une petite ville (fictive) de l’Angleterre se développer avec sa cathédrale tout en subissant les conséquences dévastatrices de la guerre civile. Et cette cohabitation entre la petite et la grande histoire fonctionne parfaitement, donnant une impression réaliste impressionnante, et montrant, une fois de plus qu’un conflit, quel qu’il soit, n’a rien d’esthétique : la guerre est tout ce qu’on veut sauf belle !

 

Mais ce qui assure surtout la réussite de cette épopée, c’est l’interprétation menée de main de maître par Sergio Mimica-Gezzan de bout en bout : chaque personnage est bien caractérisé et bien campé, donnant une force et une émotion indispensable à la réussite de cette série. Avec en particulier un méchant de toute beauté : Waleran.

On sent que John Pielmeier (le scénariste) a bien compris le principe hitchcockien du méchant réussi : Waleran est parfait dans ce rôle et Ian McShane interprète avec maestria ce personnage fanatique et roué, ce rhéteur rompu qui profite de la situation troublée pour assouvir son ambition : de venir archevêque de Canterbury (1).

Bien entendu, il n’est pas le seul méchant de l’histoire puisque l’intrigue a tendance à prendre le parti de Mathilde (2), et la sous-intrigue concernant le titre du comté de Shiring amène d’autres méchants, alliés bien sûr à Waleran : les Hamleigh.

 

Et ça marche : on s’indigne devant les raids du jeune Hamleigh (David Oakes) et les fourberies de Waleran, on se réjouit de l’amour naissant entre Jack et la belle Aliena (Hayley Atwell), et on s’émeut devant le sort fatal d’un des personnages centraux de l’histoire (3).

Bref, c’est du grand spectacle où la violence n’est aucunement édulcorée et où les intrigues sont aussi bien construites que l’oeuvre de Tom le Bâtisseur.

Par contre, je trouve que le sort réservé à Waleran est plus expéditif, et certainement moins intéressant que celui qui lui est réservé dans le roman. Quoi qu’il en soit, comme toujours chez Follett, les méchants sont châtiés et c’est ce qui compte, non ?

 

  1. Le poste le plus élevé dans l’église anglaise.
  2. Normal, c’était elle qui devait succéder à son père en attendant la majorité de son fils.
  3. Je ne vous dirai pas qui, allez le découvrir.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Graham Theakston, #Ken Grieve
Cadfael (Graham Theakston, Ken Grieve & Co, 1994-1998)

Après avoir combattu pour la gloire du Christ à Jérusalem pendant la Quatrième Croisade, Cadfael (Derek Jacobi) a été touché par la grâce et a décidé de se retirer et d’y prendre l’habit. Depuis, il vit paisiblement à l’abbaye de Saint-Pierre et Saint-Paul à Shrewsbury (Shropshire), à un jet de pierre de la frontière galloise. Il est devenu le frère herboriste et soigne les malades tout en entretenant son jardin.

Enfin pas si paisiblement que cela : depuis qu’Etienne de Blois (Michael Grandage) a pris le pouvoir à la place de Mathilde l’Impératrice, c’est une guerre civile (guère civile, cela va de soi) qui déchire l’Angleterre, l’Eglise ayant son rôle à y jouer, soutenant l’un puis l’autre (à moins que ce soit le contraire).

Et si ce n’était que ça : de temps en temps, en marge du conflit fratricide, des crimes plus ou moins sordides ont lieu autour de l’abbaye, quand ce n’est pas dedans… A chaque fois Cadfael est missionné pour aider Hugh Beringar (Eoin McCarthy/Sean Perwee/Anthony Green) à résoudre ces meurtres pas aussi évidents qu’on voudrait le faire croire.

 

Il y a près de 50 ans, la grande Ellis Peters,férue de Moyen-âge, avait créé cette série comportant 20 énigmes policières,et ce quelques années avant Umberto Eco et son magnifique Nom de la Rose (1). Ici, tout tourne autour de l’abbaye, ses différents offices et les règles (de Saint Benoît) qui doivent y être respectées.

Bien sûr, de par son passé et surtout son tempérament, Cadfael a beaucoup de mal à s’y conformer strictement, au grand dam du frère Prieur Robert (Michael Culver) et surtout de son acolyte frère Jérôme (Julian Firth) qui guette le moindre faux-pas de l’herboriste pour le dénoncer. De plus, la moindre occasion qui s’offre à lui est saisie pour sortir de l’univers confiné du saint lieu pour aller se promener dans la campagne et surtout chevaucher, ce qui n’est plus vraiment une activité monastique.

 

Et si la série romanesque est formidable, la version qu’a produite ITV mérite largement le détour. On y retrouve une abbaye plus vraie que l’originale (2), et un microcosme villageois truculent, parmi lequel notre bon frère se balade comme un poisson dans l’eau : aimé de tous – sauf des méchants, cela va de soi – il prodigue soins, conseils et surtout solutions d’énigme à qui veut bien le constituer.

On y trouve tous les milieux sociaux de l’époque : clergé, Noblesse, bourgeoisie, paysannerie, et chacun reste subordonné à l’Eglise. Et les différentes intrigues (13 épisodes) reconstituent aussi bien qu’Ellis Peters cette période trouble, mêlant la petite histoire dans Shrewsbury à la grande Histoire.

Et Cadfael, en plus d’une gentillesse et d’un grand savoir botanique, possède un esprit éveillé qui se méfie des évidences et n’accepte pas aussi facilement que les autres ce qui leur semble être un miracle. Et bien entendu, il a très rarement tort.

 

On suit avec beaucoup d’intérêt ces différentes enquêtes singulières, habitués que nous sommes (devenus) des procédés scientifiques indiscutables : pas d’empreinte digitale, pas de prélèvement d’ADN, juste des observations, et surtout un raisonnement logique. Bref, Le digne aîné de Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.

Et malgré la noirceur régulière qui entoure les différents épisodes, les différents scénaristes réussissent à y glisser quelques éléments comiques, surtout avec la présence des deux (faux) ennemis de Cadfael dans l’abbaye, Robert Jérôme. Par rapport à Cadfael, ils représentent (surtout Jérôme) la superstition et les croyances de l’époque, se référant strictement à la Règle, quitte à passer pour des personnes inhumaines. Et à chaque fois q’ils croient tenir Cadfael, rien ne se passe comme prévu, voire fait empirer les choses.

 

Reste que Cadfael est une (courte) série qui se déroule dans le même temps qu’une autre qui va arriver presque 10 ans après : Les Piliers de la terre.

 

Ces deux séries traient des mêmes choses : la vie des hommes pendant l’Anarchie anglaise, les jeux de pouvoirs, la vie et la mort, mais aussi l’amour, inévitable avec Cadfael qui, en plus de résoudre des énigmes a tendance à favoriser certaines amours…

Mais alors que les Piliers traitent plus de la politique et de la vie hors de l’abbaye, ici, c’est la vie de l’abbaye qui est au centre et tout le monde gravite autour, de quelque condition que ce soit.

 

Et Derek Jacobi est irrésistible dans ce rôle de moine bien singulier : toutes les femmes (ou presque) l’embrassent !

 

  1. Ce roman est aussi un état des lieux de l’hérésie au XIVème siècle.
  2. Celle de Shrewsbury ayant été totalement détruite, c’est une reconstitution en Hongrie que nous pouvons admirer : 6 mois ont été nécessaires pour la recréer.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Wes Anderson
Asteroid City (Wes Anderson, 2023)

C’est pas de chance ! Aug Steenbeck (Jason Schwartzman) tombe en panne en plein milieu d’Asteroid City. D’un autre côté, c’est là qu’il se rendait, pour la remise des prix de la Junior Stargazer à laquelle son fils Woodrow (Jake Ryan) a participée.

Asteroid City porte son nom du fait de la chute d’un météore, créant un immense cratère, seul site touristique en plein désert. Or, pendant la remise des prix, un extraterrestre longiligne (Jeff Goldblum) vient et s’empare du météore.

Dès lors, l’armée prend les choses en main et met tout les spectateurs en quarantaine, essayant de limiter au minimum une telle information…

J’oubliais : il s’agit d’une pièce de théâtre écrite par le regretté Conrad Earp (Edward Norton) pour la télévision.

 

Encore une fois, Wes Anderson nous régale avec une nouvelle histoire fantasque, à la croisée des genres, servie admirablement par une image et des décors superbes et une interprétation à la hauteur de l’événement. Bien sûr, on y retrouve quelques habitués comme Adrian Brody (Schubert Green) ou Willem Dafoe (Saltzburg Keitel), mais on y découvre aussi quelques autres personnalités telles Scarlett Johansson (Midge Campbell) ou Tom Hanks (Stanley Zak) pour ne citer qu’elles.

Ce sont alors 104 minutes d’une drôle de féerie (oui, oui !) où Anderson mêle avec beaucoup de bonheur (et d’habileté) les trois principaux éléments d’un bon film : les images, le son et le propos (intrigue). Et sans méchant, histoire de faire mentir Hitchcock. Enfin non, pas vraiment puisqu’il s’agit surtout ici d’une comédie. Sophistiquée, certes, mais une comédie tout de même.

 

Et, et là encore c’est aussi ça la marque d’un grand réalisateur, c’est la narration qui fait toute la différence : Anderson entre dans le vif du sujet dès la première séquence, nous plongeant dans une mise en abyme qui v&a se prolonger pendant toute film, passant d’un format télévision (4:3) en noir et blanc censé représenter le présent de la narration (par Bryan Cranston) à un format grand écran (16:9) en couleurs représentant la réalité de la pièce de théâtre. Ces deux formats d’image rythment le film, alternant deux réalités tangibles dont, paradoxalement, c’est la création artistique – la fausse réalité – qui porte des couleurs.

Et cette réalité augmentée est – encore une fois – magnifiquement rendue, véritable hommage rendu au cinéma de ces années-là, mais aussi à celui à venir (1).

Le générique d’introduction reprend d’ailleurs un affichage (avec lettres en relief) très usité pendant les années 1950, avec bien sûr les acteurs et grands contributeurs du film (scénario, images, musique, production...), ce qui a disparu dans les films actuels qui les placent à la toute fin.

 

Le terme de « réalité augmentée » convient parfaitement à ce film. EN effet, si nous voyons (en couleurs) une intrigue se dérouler progressivement, on ne peut qu’être sceptique quant à son authenticité, et ce sans prendre en compte la mise en abyme. En effet, encore une fois, Anderson nous propose un film très coloré mais avec des couleurs presque irréelles, donnant une sorte d’artificialité bienvenue. On retrouve un peu le même genre de microcosme faussement daté que dans Edward Scissorhands : une communauté marquée par ses allures sans pour autant appartenir véritablement à une époque.

Et cette artificialité est accentuée par des décors qui sont délibérément faux mais ont complètement leur place dans cette histoire. Sur certains points, on retrouve Monument Valley mais avec un effet décors de théâtre indispensable (la mise ne abyme). Nous sommes dans un désert qui semble américain, mais pas complètement.

Par contre, ce désert est habité, outre par ce champignon urbain (un motel et un snack-bar), par une créature complètement à sa place : un roadrunner (2), qui fait bien sûr « bip bip ». Et le coyote ? On l’entend, rassurez-vous !

 

Bref, Wes Anderson nous régale, nous ses fans, avec une comédie toujours aussi absurde avec quelques éléments burlesques irrésistibles, sans oublier les différents distributeurs automatiques.

Formidable !

 

PS : on ne peut pas se réveiller si on ne dort pas.

 

  1. Steven Spielberg est remercié à la fin du générique. Est-ce pour un emprunt ?
  2. Geococcyx californianus : géocoucou de Californie (ou grand géocoucou)

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Julian Fellowes
Downton Abbey (Julian Fellowes & Co, 2010-2015)

Ca y est !

J’ai enfin vu les 52 épisodes sur cette famille Crawley et leurs domestiques dans cette immense propriété d’un autre temps.

Tout commence en 1912, au milieu du mois d’avril. Patrick Crawley a été déclaré mort suite au naufrage du Titanic, le 12 avril. En quoi cela nous concerne-t-il ? En tout ! Ce monsieur était l’héritier désigné de Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville), comte de Grantham. De plus, il devait épouser Lady Mary (Michelle Dockery) afin de préserver le domaine dans la lignée de Robert qui n’avait pas eu la chance d’avoir un fils.

Des recherches sont entreprises qui découvrent un nouvel héritier à Sir Robert : Matthew Crawley (Dan Stevens), issu (de loin) de cette même famille, mais fils d’un médecin à Manchester (quelle horreur !).

Que va devenir Downton Abbey quand Robert ne sera plus ?

 

Epoustouflant ! Superbe ! Magnifique ! (etc.)

Treize ans d’une famille aristocratique et de sa maisonnée vont des dérouler sous nos yeux, sans jamais perdre en intensité. C’est une magnifique prouesse qu’a réalisé là Julian Fellowes (l’auteur) et les différentes équipes de tournage. Ce dernier a réussi son alchimie : suivre une famille aristocratique britannique pendant le déclin de la noblesse en même temps que l’évolution de la domesticité sur cette même période, alors que le monde est en train de rentrer de plain pied dans le XXème siècle.

Et le choix du naufrage du Titanic pour ouvrir cette série n’est pas anodin : tout comme l’a montré James Cameron dans son film éponyme (1), ce désastre maritime annonce la fin d’une époque. Et cette (r)évolution va s’amplifier deux ans plus tard avec la Première Guerre Mondiale.

 

Bien sûr, il y a une barrière entre ces deux mondes, héritage edwardien du siècle passé, superbement illustré par le personnage (incontournable) de la douairière Lady Grantham (Maggie Smith), mais il existe aussi certaines passerelles qui joignent ces deux mondes distincts. La proximité est le premier facteur de rapprochement, mais c’est surtout l’intimité – obligée – entre certains domestiques (femmes et valets de chambre) et leurs maître·sse·s qui le permet. Mais si la guerre a rapproché les hommes d’un même camp, il n’en va pas de même pour les maîtres et leurs serviteurs : quand Matthieu s’en va à la guerre, il est accompagné d’un valet de pied (Thomas Howes) de Downton Abbey qui reste immanquablement sous ses ordres, prêt à le servir jusqu’à la mort, comme de bien entendu.

 

Bien sûr, la préférence du spectateur (enfin la mienne en tout cas) va aux domestiques qui doivent sans cesse s’adapter à des imprévus de dernière minute, essentiellement des réceptions, qui donnent au sous-sol (l’univers des serviteurs) une activité et une fébrilité qui sont aussi sources de tension :mais si tout allait bien, où serait l’intérêt ?

Et des tensions, il y en a : entre Thomas Barrow (Rob James-Collier) et John Bates (Brendan Coyle), c’est tout sauf l’entente cordiale surtout que le même Barrow a tendance à conspirer avec Mrs. O’Brien (Siobhan Finneran), la première femme de chambre. Et puis il y a les histoires d’amour, plus simples que celles d’en haut, mais qui ne sont pas pour autant aussi rapides : si Anna (Joanne Froggatt) trouve rapidement l’âme sœur, c’est plus compliqué pour Daisy (Sophie McShera). Alors que dire de Barrow ?

 

Et surtout, il y a le lien avec l’époque qui reste toujours très étroit pour ce microcosme, replaçant cette communauté dans ce siècle en perpétuel mouvement. Si la guerre est un tournant de la série, on n’échappe pas pour autant aux petits éléments historiques : le programme du cinéma qui se développe (2), les arrivées du phonographe et de la TSF, du frigo, du sèche-cheveux…

Mais aussi les signes du déclin aristocratique avec les menaces financières qui planent sur le domaine : les voisins qui étaient autrefois fortunés se voient poussés à la vente à cause de ce monde en évolution, mettant un terme inévitable au faste traditionnel. Et si Downton réussit à survivre à cette déferlante, elle doit tout de même s’adapter et faire des choix plus ou moins drastiques et, évidemment (presque) lourds de conséquence(s).

 

Bien sûr, l’interprétation est l’une des clés du succès (mérité) de cette série. Outre les interprètes déjà mentionnés, on peut distinguer Jim Carter (Carson, le majordome) qui est, à mon avis, l’un des personnages les mieux réussis : à l’instar de la douairière, il représente l’étiquette traditionnelle (et traditionaliste) de ce milieu, difficilement compatible avec les changements. Bien entendu, son rigorisme totalement edwardien est aussi source de comique. Parce que malgré ses allures hautaines, cette microsociété a un fort potentiel comique, britannique certes, mais très drôle. Avec en point d’orgue les rapports entre Lady Grantham (la douairière) et Isobel Crawley (Penelope Wilton), la mère de Matthew.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, si l’humour l’emporte très souvent, la tragédie est toujours présente, avec la guerre, bien sûr,mais pas seulement puisque Downton Abbey va payer cher son tribut à ce monde en mouvement.

 

Bref, une formidable série, ponctuée (pour l’instant) par deux films qui continuent l’aventure (si on peut parler d’aventure…) et nous consolent d’en avoir fini avec ces six années de bonheur.

 

  1. Saint Paul (2 Cor, 5)
  2. On entend quelques beaux noms : Theda Bara, Lillian Gish (Way down East), Rudolph Valentino & Agnes Ayres (The Sheik), Clara Bow…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Indiana Jones, #Aventure, #James Mangold, #Steven Spielberg, #George Lucas
Indiana Jones et le Cadran dela destinée (Indiana Jones and the Dial of destiny - James Mangold, 2023)

Indiana Jones (Harrison Ford) revient. Une dernière fois ?

« Avec lui, c’est le retour de la grande aventure : celle qui fait hurler, celle qui fait frémir, dans la nuit, dans le vent et dans la froidure. » (1)

Enfin, de la froidure, c’est un tantinet exagéré vu que l’intégralité de l’intrigue se situe en plein été, et surtout plus de la moitié dans le bassin méditerranéen.

 

Après avoir retrouvé l’Arche d’Alliance, les pierres de Sankara, le Graal et le crâne de cristal, que restait-il à cet aventurier vieillissant à découvrir, surtout avec l’homme qui vient de faire les premiers pas sur la lune ?...

Et bien heureusement, les frères Butterworth (Jez & John-Henry), James Mangold (qui n’a pas que réalisé le film) et l’incontournable David Koepp nous ont concocté un scénario à la hauteur de l’événement (son retour) et surtout du personnage : la quête du temps. Parce que le cadran de la destinée, c’est la possibilité de prévoir les failles spatio-temporelles et donc pouvoir agir sur le cours de l’Histoire. Et qui sont les méchants dans cette nouvelle histoire ? Ceux du début : les nazis ! (2)

Et le retour d’Indiana Jones, c’est aussi le temps des bilans et la possibilité de voir une dernière fois ceux qui ont réussi à survivre à une trentaine d’années d’aventures (ils ne sont que deux en plus de notre héros)…

 

Oui, Spielberg ne réalise pas ce dernier épisode, mais avoir confié cette tâche à James Mangold ne fut pas une mauvaise idée, puisque ce nouvel opus tient ses promesses, confirmant le fait que les films impairs – Raiders of the lost Ark, Indiana Jones and the last Crusade – sont supérieurs aux autres. Attention, je ne remets pas en question la qualité des deux autres films, mais je les trouve tout de même un cran au-dessous. Il faut dire aussi que les producteurs exécutifs étant George Lucas et Steven Spielberg, le travail de Mangold est très balisé.

Mais le véritable tour de force du film, c’est d’avoir réussi à remettre en selle Harrison Ford pour une ultime aventure archéologique : il a 80 ans bien sonnés quand est présenté le film pour la première fois. Et en plus, à l’instar de Carrie « Leïa » Fisher dans Rogue One: A Starwars Story, la première séquence nous montre Indiana Jones comme nous l’avions laissé (ou presque) après sa quête du Graal : merci aux effets numériques !

Et pourtant, il tient la route, plus qu’

Honorablement. Et puisqu’on en est à « l’âge du capitaine », si on calcule d’après les éléments en notre possession depuis 1981 (et surtout le film de 1989), Harrison Ford reste quand même plus âgé que ne le serait son personnage qui semble être né aux alentours de 1895…

 

Quoi qu’il en soit, pour la cinquième fois, on savoure pleinement cette aventure hautement improbable (3), qui fait référence, bien entendu aux épisodes précédents, directement –le bilan énoncé par Henry Walton Jones Jr. (son nom complet comme on peut le voir sur une convocation) pendant qu’il escalade une paroi, par exemple – ou en reprenant quelques passages obligés –la poursuite en voiture inévitable, entre autres choses – tout en restant dans son domaine de prédilection : l’archéologie. La découverte d’un tombeau nous rappelle celui du chevalier sous Venise ou encore l’emplacement de l’Arche, mais surtout, comme véritable apothéose de ce dernier opus, Indiana Jones va – enfin ? – vivre ce qu’il a passé sa vie à étudier : l’Histoire.

Et comme nous sommes dans une histoire temporelle, nous avons droit à l’incontournable interaction du voyage dans le temps, mais à rebours. (4)

 

Bref, pour cette nouvelle (et dernière ?) aventure, Indiana Jones reste encore en forme, et il ne semble pas prêt à passer le relais (le chapeau ?) à quelqu’un…

 

Un régal.

 

  1. Le Retour de Gérard Lambert (Renaud, 1981)
  2. « C’est marrant, c’est toujours les nazis qui ont le mauvais rôle. » (Oss 117 : Le Caire, Nid d’espion)
  3. Nous sommes au cinéma : tout est possible !
  4. Je ne m’expliquerai pas sur cette remarque : voyez le film, vous comprendrez.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Mabel Normand, #Mack Sennett, #Charles Chaplin
Mabel au Volant (Mabel at the Wheel - Mabel Normand & Mack Sennett, 1914)

Mabel (Normand) et son fiancé (Harry McCoy) se sont disputés et l’infâme (Charles Chaplin) en profite pour essayer de souffler la jeune femme à ce prétendant. Mais cela rate et la belle peut se rendre à la course automobile encourager son bel ami.

Mais l’infâme continue de rôder et enlève le jeune homme. Mais pour sauver sa course, c’est Mabel qui va prendre le volant et amener la voiture vers la victoire (prévisible) malgré les (vaines) tentatives du même personnage infâme pour la faire perdre.

 

Si Mabel Normand est toujours égale à elle-même, il n’en va pas de même de Chaplin qui interprète un personnage hautement antipathique, voire insupportable. Il est encore en train de se chercher et surtout de mettre au point son personnage fétiche. Ici, seuls un chapeau (haut-de-forme) et une moustache nous annoncent le vagabond : sa mise est soignée et surtout on devine qu’il gagne bien sa vie puisqu’il possède une moto. On lui découvre tout de même une habileté certaine à l’épingle qu’il reprendra plus tard.

Mais nous sommes en 1914, et même si Mabel Normand est doublement aux commandes puisqu’elle réalise aussi le film, on sent tout de même le poids de Mack Sennett dans l’intrigue et la réalisation : cette intrigue est prétexte à des gags un tantinet redondants, et si les flics n’interviennent pas, c’est avant tout parce que le scénario ne le permet pas. Mais cela ne vole pas tellement plus haut pour autant.

 

Pire, certains gags traînent en longueur (pour le format du film) : quand le méchant a aspergé la piste d’eau ou/et d’huile, seule la voiture de Mabel est victime de cette exaction, les autres voitures évitant sans problème le piège. La première fois, on peut sourire, mais à la troisième, on commence à regarder l’heure (1).

Et à l’arrivée (pas seulement de la course), on a presque plus de plaisir à essayer de reconnaître les autres interprètes que de se passionner pour une course courue d’avance où le méchant, disons-le, est plutôt raté.
 

Alors on cherche et si on trouve facilement Chester Conklin ou Joe Bordeaux, il est plus ardu de voir Mack Sennett ou encore Mack Swain. Quant à Charley Chase, j’avoue humblement que je ne l’ai pas aperçu. Il faudra que je revoie le film.

Ou peut-être pas…

 

  1. Ce qui est bien dommage pour un film de seulement 18 minutes…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Laurel & Hardy, #Fred Guiol, #Hal Roach
En plein Méli-mélo (Slipping Wives - Fred Guiol, 1927)

Une jeune femme (Priscilla Dean) est négligée par son mari Leon (Herbert Rawlinson), artiste peintre. Squirtz (Herbert Rawlinson), ami du couple lui propose de rendre son mari jaloux en payant quelqu’un pour lui faire la cour.

Ferdinand Flamingo (Stan Laurel) vient livrer de la peinture : son intelligence minimale en fait le parfait candidat pour le petit complot.

Bien entendu, Flamingo se montrera encore meilleur que prévu, amenant le chaos dans la maison, mais surtout ramenant l’amour entre les deux époux.

 

Il s’agit ici du quatrième film dans lequel apparaît le duo mythique. Mais qu’on ne s’y trompe pas : la véritable vedette, c’est bien Priscilla Dean, et les deux compères ne sont que des faire valoir du couple, amenant ce qu(‘il faut de situations comiques pour faire de cette histoire de couple qui s’étiole une comédie légère et enlevée. Certes, nous ne sommes pas encore aux sommets du duo, mais on apprécie les quelques moments où ils se retrouvent seuls tous les deux, posant –malgré eux ? – les jalons de ce qui va devenir une collaboration extraordinaire.

 

On trouve bien sûr la volonté de dominer chez Hardy (Jarvis, le majordome de la maison) qui n’a pas encore sa moustache caractéristique, et l’aspect pleurnichard de Laurel face à une catastrophe annoncée. Et bien entendu, les éléments burlesques habituels (coup de pied au cul ou visage dans la peinture.

Mais malgré tout, on sent que la comédie a changé et les ressorts du cinéma de Mack Sennett ne sont qu’une petite partie des effets comiques. Et puis il ne faut pas négliger la présence du scénariste : Hal Roach. Lui aussi met en place son cinéma et l’utilisation (récurrente) qu’il aura des deux acteurs.

 

Et on s’amuse beaucoup de ce méli-mélo (1) qui à un moment nous renvoie même à La Ruée vers l’or (2), où la situation comique initiale se complique avec un quiproquo : Flamingo est idiot au-delà des espérances des deux conspirateurs. EN plus, on sent que Roach a bien saisi la force comique des deux seconds rôles permettant quelques gags réjouissants. Mais si Laurel commence à se faire un nom (il n’a pas attendu son complice pour accéder à la notoriété), il n’atteint pas encore le niveau de popularité de l’actrice vedette et reste cantonné aux utilités. Mais ce sont tout de même de sacrées utilités et les différents éléments comiques ne fonctionnent que par la présence du duo qui fait de ce film une comédie irrésistible n’en déplaise à William K. Everson (3).

 

Quant à elle, Priscilla Dean est au sommet de sa carrière, l’année 1927 verra cinq films avec elle. Mais cinq ans plus tard, alors que Laurel et Hardy seront définitivement lancés et accumuleront les succès (mérités), Priscilla Dean tirera sa révérence, n’apparaissant plus que dans deux films, dont un où elle n’aura même pas le premier rôle (Klondike, 1932).

C’est malheureusement le lot des actrices vieillissantes (4), plus que celui des acteurs.

 

  1. Certes, le titre original fait référence à l’éloignement marital d’un point de vue féminin, mais le titre français n’est pas si mauvais que ça ! Et difficile de trouver un titre court et pertinent sur le sujet.
  2. Je vous laisse découvrir/deviner la référence…
  3. W.K. Everson (1929-1996), critique de cinéma américain : « « Sans grand intérêt, ce film qui, dans la tradition de Mack Sennett, fait la part trop belle aux poursuites frénétiques et aux cabrioles, montre Laurel et Hardy se livrant, ensemble, à des gags visuels; en fait, leurs rôles respectifs n'étaient pas conçus en vue d'un travail d'équipe. La séquence qui montre Hardy aidant Laurel à prendre un bain et ressortant tout habillé et dégoulinant de la baignoire anticipe sur les gags futurs du tandem. » in Laurel et Hardy (1975)
  4. Elle n’a pourtant que 36 ans quand elle met un terme à sa carrière.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog