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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Martin Scorsese
Silence (Martin Scorsese, 2016)

Les bruits de la nature.

Et puis d'un coup, le silence.

Silence dans la salle, « SILENCE » sur l'écran.

 

Deux jeunes pères jésuites, Rodrigues (Andrew Garfield) et Galupe (Adam Driver) veulent retrouver celui qui fut leur guide spirituel, le père Ferreira (Liam Neeson), qu'on dit avoir abjuré sa foi. Leur enthousiasme juvénile refuse cette nouvelle et ils décident d'aller au Japon se rendre compte par eux-mêmes.

Mais au Japon, en 1640,  la religion chrétienne est interdite et les prêtres et les fidèles suppliciés, à moins qu'ils abjurent...

 

Scorsese est un réalisateur catholique. Et son œuvre porte les stigmates de ses réflexions théologiques : de la culpabilité, de la souffrance, du sacrifice...

Presque trente ans après La dernière Tentation du Christ, il nous propose un nouveau film théologique, inspiré du roman éponyme, de Shūsaku Endō, écrivain japonais catholique lui aussi. Mais si la dernière Tentation fit polémique, il n'en est rien de ce film..

Mais derrière cette histoire du dix-septième siècle, c'est bien de foi qu'il s'agit. Peut-on tout accepter au nom de sa foi ? Le doit-on ? Et si oui, jusqu'où doit-on aller ? Y a-t-il une limite ?

Ce sont ces questions qui reviennent sans cesse à l'esprit de Rodrigues, véritable personnage principal du film.

Et le film nous montre la lente évolution de l'esprit de ce jésuite, au commencement pétri de bonnes intentions et prêt à tout pour transmettre sa foi.

 

Mais quand ses fidèles meurent à cause de cette même foi, ces certitudes s'effritent, avec sa foi.

Mais comme l'annonce le titre, l'élément le plus important, c'est le silence. Ce silence synonyme de solitude qu'éprouvent Rodrigues et Galupe. Ce silence oppressant, parfois rompu par les gémissements des suppliciés.

Mais ce silence, c'est surtout le résultat de l'abandon de ce prêtre. Et c'est ce même silence qui allonge le temps et lui permet de questionner sa foi, et se rendre compte de plus en plus de sa solitude.

Rodrigues - comme Galupe - a été abandonné par son Dieu dans un pays qui n'est pas prêt, de par sa culture, à accueillir cette nouvelle religion. Et le grand Inquisiteur Inoue (Issei Ogata) exprime très bien la différence entre cette religion importée et déracinée et le bouddhisme traditionnel et multiséculaire.

 

Parce que c'est un film où on parle beaucoup, mais sans pour autant posséder le bavardage d'un Tarantino. On parle beaucoup, mais le titre est amplement justifié : peu de musique, beaucoup de monologues intérieurs. Et un grand absent : Dieu. Rodrigues, avec le temps, a beau ressembler de plus en plus à Jésus, il n'en est que plus seul. Et c'est cette identification - plus ou moins consciente - qui est la clé de son salut (le terme n'est peut-être pas bien choisi...).

Alors le temps passe, magnifié par les superbes prises de vue de Rodrigo Prieto, rappelant régulièrement, par un détachement aérien, la futilité de l'homme et sa petite place dans le monde.

 

Ce silence, cet abandon, sont les atouts de l'inquisiteur : il a la patience de celui qui est déjà passé par là, pour qui l'issue ne fait aucun doute.

Seul Rodrigues ne le sait pas.

 

Et puis le Silence est rompu. Et Rodrigues franchit le pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lon Chaney, #Tom Forman
Shadows (Tom Forman, 1922)

Urkey, village de pêcheurs (et de pécheurs, bien entendu...).

Sympathy (Marguerite de la Motte) est mariée à une brute épaisse, Dan Gibbs (Walter Long). Lors d'un sauvetage, Dan est englouti et seuls survivent un des pêcheurs et un Chinois, Yen Sin (Lon Chaney). Ce dernier est rapidement mis au ban, il n'est rien d'autre qu'un païen.

Parce que ce film est avant tout une histoire religieuse.

Alors que Sympathy est délivrée, le diacre Nate Snow (John St Polis) voit sa chance arriver. Mais John Malden (Harrison Ford), un jeune pasteur arrive dans la communauté, et rapidement, c'est le grand amour avec Sympathy (qui porte alors très bien son nom !).

Mais alors que naît leur premier enfant, Malden reçoit une lettre de Dan Gibbs, miraculeusement rescapé. Commence alors un chantage où Yen Sin aura un rôle primordial à jouer.

 

Yen Sin est l'un des mille visages de Lon Chaney. Mais c'est certainement l'un des plus attachants. Comme son nom et sa fonction l'indiquent, il est chinois. Alors Lon Chaney - maître du maquillage s'il en est - est chinois. Méconnaissable si ce n'était ses oreilles caractéristiques, et à un moment, son regard menaçant qui point derrière la figure douce de Yen Sin.

Mais quel rôle ! C'est un paria, parce que païen, dans une société puritaine et très religieuse. Chaque action est faite en fonction de la religion. Sauf pour Yen Sin, qui a sa propre religion (païenne, cela va de soi). Et pour un jeune garçon (Buddy Messinger) qui va devenir l'un de ses rares amis. Dès son arrivée, suite à une tempête, Yen Sin est rejeté. Alors qu'il sauve le pêcheur venu à sa rescousse, c'est ce dernier qu'on réconforte, délaissant cet étranger. L'installation de Yen Sin dans ce milieu à l'hostilité feutrée n'est pas anodine : c'est sur une espèce de bateau à fond plat qu'il investit. Ainsi, il est près de la communauté, sans pour autant vivre sur le même sol. D'ailleurs, quand Sympathy et le pasteur se marient, il leur offre une statuette des trois singes : celui qui ne voit rien, celui qui n'entend rien celui qui ne dit rien. Et Yen Sin est comme ces singes. Il vit près de ces gens, mais ne rend pas part à leur vie. Mais, comme on dit, il n'en pense pas moins. A chaque événement, il est là, mais de par ses croyances, est à part. Jusqu'au jour où il doit intervenir pour le salut de tout ce monde, alors que tous les autres ne rêvent qu'à sa conversion, lui assurant son propre salut. Une situation paradoxale qui se résoudra heureusement ou malheureusement, selon le point de vue que l'on prend.

Yen Sin obtiendra la rédemption, alors que jamais il ne la recherche - les autres le font assez pour lui. C'est une belle âme qui ne pense qu'au bien des autres.

La séquence finale, où Yen Sin est perclus de douleur - il est très malade - est magnifique. Lon Chaney, au-delà du maquillage, nous montre l'étendue de son talent d'acteur, rendant cet être insignifiant grandiose : une figure presque christique qui se sacrifie pour le bien de tous, sans aucune contrepartie.

 

Un rôle inoubliable

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lon Chaney, #Lambert Hillyer
The Shock (Lambert Hillyer, 1923)

Incroyable !

Un film avec Lon Chaney qui se termine bien !

On n'y est si peu habitué que ça en devient presque impossible.

D'habitude, on a un méchant identifié - Lon Chaney, bien sûr - à qui il arrive quelque chose de malheureux, et il va se venger ou décider de tuer un rival. Enfin rien que de très habituel. Et puis, pour faire bonne mesure, le méchant est démasqué ou/et supprimé et la morale est sauve.

Mais là, pas du tout.

Je m'explique.

 

Chinatown, San Francisco (le lieu est très important).

Wilse Dilling (Lon Chaney) est un truand. Mais pas n'importe quel truand : il est estropié (deux pieds tordus) et se déplace en béquilles. Il a pour chef(fe ?) une sacrée méchante : Queen Ann qui règne sur Chinatown dans son repaire, le Mandarin Café.

Dilling est envoyé au vert, à Falbrook, où il rencontre une jeune femme - Gertrude Hadley (Virginia Valli). Il semble avoir trouvé le chemin de la rédemption (film américain oblige !). Mais - heureusement - le père de celle-ci a des ennuis avec Queen Ann, qu'il a contribué à faire mettre en prison. Il semble donc que son passé de truand le rattrape.

Evidemment, Dilling tombe amoureux de Gertrude. Et comme toujours avec Lon Chaney, cet amour n'est pas réciproque : elle en aime un autre - Jack Cooper (Jack Mower).

Alors arrive ce qu'on attend depuis le début : Dilling menace Cooper de lourdes représailles s'il ne la rend pas heureuse !

Tout est donc prêt pour une réalisation habituelle d'un film avec Lon Chaney.

Mais Lambert Hillyer n'est pas Browning. Et si Lon Chaney nous offre encore un rôle magnifique d'invalide, les cartes sont faussées et nous n'aurons pas la fin attendue. D'où la surprise initiale !

Quoi qu'il en soit, pour le reste, Lon Chaney est véritablement formidable (euphémisme). Son jeu de visages est merveilleux et toujours aussi convaincant (avoir des parents sourds peut être aussi un atout !) : son visage décomposé à la vue de Cooper enlaçant Gertrude est d'une grande justesse, et même si ce n'est pas la première fois que je le vois, je suis toujours aussi impressionné. Et puis il y a aussi son visage menaçant - encore une expression vue de nombreuses fois chez Chaney - a toujours cette même force.

Mais comme toujours, il faut un méchant convaincant. Et comme ce n'est pas Lon Chaney, il faut le trouver ailleurs. Et c'est même LA trouver ailleurs : Queen Ann (Christine Mayo). non seulement elle est franchement mauvaise (le personnage, pas l'actrice), mais en plus, elle rivalise avec Chaney dans les expressions faciales. A eux deux, c'est un festival visuel, chacun dans son registre. Si Dilling sait être menaçant envers Cooper, Ann est glaçante et effrayante dans ses interventions, surtout envers son ex-partenaire.

 

Et puis il y a le séisme, San Francisco oblige. C'est grandiose, apocalyptique à souhait : la terre remue et se soulève, le feu prend un peu partout, les maisons s'effondrent, c'est la panique.

 

Horriblement magnifique.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rob Reiner
Misery (Rob Reiner, 1990)

Paul Sheldon (James Caan) vient de terminer son dernier livre.

Il fume une cigarette en buvant un verre de Dom Pérignon 1982.

Le rituel.

Ensuite, il range ses affaires et retourne à New York pour présenter son travail à Marcia Sindell (Lauren Bacall), son éditrice.

Autre rituel.

Mais cette fois-ci, le blizzard le surprend et sa voiture se renverse. Blessé, il est secouru.

Il se réveille chez sa sauveuse, Annie Wilkes (Kathy Bates).

Sa fan numéro un.

 

Cette fois-ci, Rob Reiner change de genre - encore une fois ! - et nous propose un thriller. Adapté du best-seller éponyme de Stephen King, il raconte la relation entre un écrivain et sa plus grande admiratrice.

Une relation qui commence sous les auspices les plus favorables. Mais ce n'est qu'un vernis. Rapidement, il se craquèle et Paul aperçoit puis prend conscience de la personne qui l'a sauvé.

Parce que Kathy Bates interprète une femme malade avec beaucoup de talent. Son regard surtout est le plus impressionnant. Passant du sourire à la moue la plus dédaigneuse, elle n'est pas inquiétante : elle est angoissante !

A chaque apparition - pour Paul, qui est blessé et drogué, ce sont des apparitions, mais rapidement, ce sont aussi des apparitions pour le spectateur ! - on s'attend à une menace, à un nouveau soubresaut de son esprit malade. Et on n'est pas déçu.

 

Dès le début, pourtant, on sait que tout va mal se passer : dans la scène initiale, Paul a terminé son œuvre, il fume sa dernière cigarette et boit son dernier verre, les attributs du condamné. Parce que Paul est condamné. Et ce qui va suivre, c'est sa vie après la mort : l'enfer.

Sheldon essaie sans cesse de se sortir de cette situation, mais à chaque fois, un grain de sable s'insinue et son plan s'effondre. La scène du toast est très révélatrice de cet état.

Mais Misery, c'est aussi l'accumulation de petites choses qui se liguent contre Paul, nous faisant penser que l'issue sera fatale : la voiture sous la neige, le pingouin... Paul est enfer et son supplice est de revivre à chaque fois des tentatives infructueuses pour s'en sortir. Une espèce de Tantale qui voit la liberté lui échapper à chaque fois qu'il s'en approche.

 

Mais Misery, c'est surtout Kathy Bates qui irradie à longueur de film. Pas étonnant qu'elle ait décroché l'Oscar de la meilleure actrice ! En plus de son regard si changeant, son attitude bipolaire est magnifiquement rendue : passant d'un sadisme froid envers Paul, elle peut s'exciter comme une petite fille en lisant les aventures de son héroïne préférée : Misery.
Parce que Misery (Misère en anglais), ce n'est pas seulement la situation de Paul Sheldon. C'est avant tout une héroïne de roman à l'eau de rose que ce dernier a eu la bonne idée - sauf pour elle, semble-t-il - de faire mourir dans le dernier volume afin de passer à autre chose.

 

Et Annie Wilkes veille... De la façon que l'on sait !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rob Reiner
The Princess Bride (Rob Reiner, 1987)

Une belle jeune femme : Bouton d'or (Robin Wright).

Un valet de ferme : Westley (Cary Elwes).

Un prince sans scrupule : Humperdinck (Chris Sarandon).
Et aussi : un trio maléfique Vizzini (Wallace Shawn), Inigo Montoya (Mandy Patinkin) et Fezzik (André « le Géant Ferré » Roussimov) ; un comte avec six doigts à la main droite ; un charlatan vendeur de miracles ; des rongeurs de taille inhabituelle, des anguilles hurlantes... Et le terrible pirate Roberts !

Et puis aussi, un grand-père (Peter Falk) et son petit-fils (Fred Savage)...

 

Avec tous ces ingrédients, Rob Reiner, cinéaste protéiforme, nous raconte la magnifique histoire d'amour de la princesse Bouton d'Or et de son valet Westley. Amour contrarié, sinon, où serait l'histoire ?
Mais Princess Bride*, c'est le retour du merveilleux au cinéma. On a longtemps cru que Disney en possédait l'exclusivité. C'était sans compter sur le talent de Rob Reiner. Il réussit à nous séduire avec cette histoire.

Et en plus, il y a du sport : « duels, bagarres, torture, vengeance, géants, monstres, poursuites, évasions, Grand Amour et miracles ». Tout un programme !

Et un programme respecté : ce ne sont que péripéties spectaculaires - un duel à l'épée d'anthologie, la traversée du Marais de Feu - et personnages truculents - Fezzik, Miracle Max (Billy Crystal) - ou maléfiques - Humperdinck et Vizzini. Et au milieu de tout ce monde, la belle princesse Bouton d'Or qui attend son grand amour, tué (Hein ? Mais c'est horrible !) par le terrible pirate Roberts.

Mais ce n'est qu'une histoire, racontée par le grand-père à son petit-fils. Une histoire pas si innocente que ça. Une histoire d'amour, universelle. Et même l'enfant s'y fait...
Alors le spectateur savoure cette histoire peu probable - « inconcevable » diront certains - mais tellement belle !

Il y a du Douglas Fairbanks dans Westley, ou plutôt le terrible pirate Roberts, masqué et tout de noir vêtu (un compromis entre Le Pirate noir et Le Signe de Zorro), qui maîtrise l'escrime, la lutte et les jeux d'esprit. Et en plus, il est jeune est beau, alors...

En plus des personnages principaux, Reiner nous présente une belle galerie de seconds rôles : entre le serviteur albinos à la voix mystérieuse (le regretté Mel Smith), Valerie, épouse à tête de sorcière du formidable Miracle Max, et l'inénarrable évêque (Peter Cook), peut-être un lointain cousin du Ponce Pilate de La Vie de Brian, qui sait...

Et puis ce sont aussi des répliques ciselées (comme toujours dans ces cas-là) : l'annonce d'Inigo qu'on ne peut oublier et que répéter en pensant à lui ; les incessants inconcevables de Vizzini, les vers de mirliton de Fezzik et les mensonges fabuleux de Humperdinck. Décidément, quel sale prince. Et je vous le demande : c'est quoi, comme nom, « Humperdinck** » ? Pas un nom de prince qui gagne en tout cas !

Un dernier mot sur la musique qui rythme les faits et gestes des protagonistes et qui est signée par Mark Knopfler (sauf la chanson de fin qui est de Willy DeVille - encore un disparu...).

 

 

*Trente ans, déjà !

**Oui, je sais, c'est le nom d'un compositeur allemand (1854-1921) et de son homonyme chanteur de variétés anglais (né en 1936). [Ceci afin d'éviter les commentaires à ce sujet !]

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tod Browning, #Lionel Barrymore
Les Poupées du diable (The Devil-doll -Tod Browning, 1936)

Deux fugitifs dans les marais : Paul Lavond (Lionel Barrymore) et Marcel (Henry B. Walthall) se réfugient auprès de Malita (Rafaela Otiano), la femme de Marcel.
Depuis que son mari est en prison, elle poursuit son œuvre : réduire les êtres vivants à la taille de poupées, afin d'économiser les ressources.

Mais Lavond voit dans cette expérience une bonne occasion de se venger de ceux qui l'ont envoyé à l'ombre pendant ces dix-sept dernières années.

 

Tod Browning, dans son avant-dernier film continue son exploration de la difformité. Après le vampire et les phénomènes de foire, il s'intéresse à des êtres transformés par un esprit malade, celui de Marcel, aidé de sa femme. Cette femme est par ailleurs un magnifique monstre elle-même : elle boîte bas, aidée d'une béquille et a une coiffure qui n'est pas  sans rappeler celle de la Fiancée de Frankenstein : des cheveux noirs avec une mèche blanche...

Mais tout l'intérêt du film réside dans ces créatures de trente centimètres qui sont contrôlées par l'esprit de leur « créateur ».

Browning nous propose des scènes où se côtoient un décor normal avec des acteurs réduits, avec beaucoup d'habileté. Bien entendu, nous, spectateurs du XXIème siècle connaissons très bien le trucage, mais l'intérêt réside aussi dans la prouesse de mélanger les échelles des personnages. Et le résultat, même quatre-vingts ans après est toujours étonnant. On veut croire à cette histoire de vengeance pour la bonne cause avec cette histoire de modèles réduits conçus par un esprit brillant mais malade.

Dans ce film, aussi, Browning renoue avec de vieux souvenirs :

- Mme Madlelip, la couverture de Paul Lavond, est une déclinaison de Mrs O'Grady, interprétée par Lon Chaney (acteur fétiche s'il en fut !) dans Le Club des trois : une vieille femme qui sert de couverture pour des activités criminelles ;

- Lionel Barrymore est encore une fois à l'honneur, pour la quatrième fois (dont West of Zanzibar avec Lon Chaney) ;

- Henry B. Walthall, pour la troisième fois (dont The Road to Mandalay, avec le même Chaney...). Il est à noter que Walthall mourra un mois avant la sortie du film.

Bref, nous sommes en territoire connu et nous savourons. Mais Barrymore n'était Chaney et Lavond atteindra la rédemption qui fut longtemps refusée au maître de la transformation.

Malheureusement, les studios font de moins en moins confiance à Browning, et après un dernier film, il se retirera jusqu'à sa mort en 1962, d'un cancer du larynx, comme son acteur fétiche...


Non, cette histoire n'est pas réaliste. Mais puisque nous sommes au cinéma, et comme disait Tex Avery « tout est possible », alors laissons-nous entraîner dans cette histoire de vengeance et de rédemption avec l'un des monstres sacrés hollywoodiens : l'immense Lionel Barrymore, encore debout avant de finir sa carrière dans un fauteuil roulant.

Un acteur à redécouvrir absolument.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Patty Jenkins
Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017)

Quarante ans après Lynda Carter* (eh oui, déjà...), Wonder Woman revient. Elle est - toujours - très belle, et bien entendu, elle est super forte !

Il ne manquait qu'elle dans les reprises des super-héros DC. Dès le début, un coursier de Wayne Enterprises (la couleur est annoncée dès le début !) lui apporte une photo. Alors elle se souvient... De sa guerre.

 

Née en 1941, sous le crayon de William Moulton Marston,  cette justicière « interplanétaire » (dixit le générique de la série en français) intervient pendant la seconde guerre mondiale. Et la bonne idée du film, c'est d'avoir transposé l'action pendant... La première !

La voilà donc découvrant Londres au début du vingtième siècle, dans une Angleterre encore influencée par le victorianisme : il faut la voir essayer de trouver une tenue « correcte » au milieu de femmes très couverte... Amusant.

Il faut dire qu'elle ne vient pas d'une autre planète mais d'une île méditerranéenne très axée mythologie grecque : le pays des Amazones. Alors ces Amazones-là n'ont pas un sein coupé (pour les manchots ?) , mais ce sont tout de même de sacrées femmes guerrières, menée par Antiope, générale prestigieuse (Robin Wright, toujours aussi belle !). C'est là que grandit Diana (Lilly Aspell, Emily Carey puis la superbe Gal Gadot) et qu'elle rencontre un aviateur en perdition : Steve Trevor (Chris Pine). Ensemble, ils vont essayer d'arrêter la guerre menée.

 

Mais pour mener à bien ce projet, ils ont besoin d'aide. C'est ici qu'intervient un trio de choc : Samir (Saïd Taghmaoui), Charlie (Ewen Bremner) et le Chef (Eugene Brave Rock), ou plus simplement un voleur, un tueur et un contrebandier.

Et... Et puis c'est tout. Alors que ces personnages partent sur de bonnes bases - Samir essaie d'arnaquer des gens, Charlie se fait tabasser - et on pense que ces pieds nickelés vont apporter un petit plus ironique voire décalé... Et bien non. Et on se dit, finalement, que s'ils n'avaient pas été là, les choses n'auraient pas été bien différentes.

Dommage.

 

Pour le reste, côté action, on n'est pas déçu. Ca explose de partout, on a un duo de méchants Ludendorff (Danny Huston, le fils de son père) et Isabel Maru (Elena Anaya) haïssables à souhait. Bref, de quoi passer un bon moment.

Si ce n'étaient les effets.

Parce que question effets spéciaux, tout explose quand il faut, rien de ce côté là. C'est plutôt dans la manière de le montrer que ça pèche un peu. Patty Jenkins ne peut pas s'empêcher d'user - et donc à un moment d'abuser - des ralentis pour montrer la puissance de cette femme extraordinaire. Non seulement, cette démonstration est un peu trop récurrente, mais surtout, elle intervient très tôt dans le film, coupant un peu l'effet de surprise attendu.

Et au bout d'un moment, c'est un peu lassant.

Dommage.

Encore.

 

Un peu moins de ralenti et un petit peu plus de reliefs sur les seconds rôles auraient certainement rehaussé ce film. Domm... Mais, je l'ai déjà dit.

 

Et puis enfin, une surprise finale : pas de micro-séquence finale annonciatrice. Rien. Fin du générique, puis lumière dans la salle.

 

Alors, pas de suite ?

 

 

*Petite pensée (émue) pour l'un de ses plus grands fans : Hubert « Cleet Boris » Mounier.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Lester
Les trois Mousquetaires (The three Musketeers - Richard Lester, 1973)

Les Ferrets de la reine

 

Et c'est reparti.
Cette fois-ci, c'est Richard Lester, avec une distribution de rêve : parmi ce qui se faisait de mieux sur les écrans dans les années 1970s. Imaginez : Michael York (d'Artagnan), Charlton Heston (Richelieu), Faye Dunaway (Milady), Christopher Lee (Rochefort), Raquel Welch (Constance), Oliver Reed (Athos)... Que du beau monde !

Avec une intrigue bien connue : c'et déjà la onzième adaptation du roman d'Alexandre Dumas.

Et, à mon avis, l'une des meilleures, ou du moins des plus fidèles.

Alors que Fred Niblo (Les trois Mousquetaires 1921) ne traitait que la première partie du roman et que George Sidney (Les trois Mousquetaires 1948) survolait la deuxième partie, lester a pris le parti de scinder l'histoire en deux et de présenter cette première partie, consacrée aux célèbres ferrets de la reine.

Gene Kelly avait été un incroyable d'Artagnan, et la tâche de lui succéder était plutôt difficile pour Michael York. Pourtant, il campe un d'Artagnan attachant. Tout d'abord, il a le profil du héros : c'est un paysan mal dégrossi qui débarque à Paris et se bat en duel dès que possible. Mais ce qu'il a et que les deux autres n'avaient pas, c'est la naïveté qui manquait aux autres, surtout Fairbanks (qui était tout de même un tantinet âgé pour le rôle.

Ici aussi, les combats à l'épée sont impressionnants, dans le même esprit que chez Sidney, la chorégraphie de Kelly en moins.

Mais on ne s'ennuie pas, Lester pimentant son histoire de gags visuels irrésistibles.
Quant à l'intrigue, elle respecte plutôt bien l'histoire, d'Artagnan interdisant même de tuer Rochefort ! (c'est d'ailleurs une des erreurs de l'adaptation : ce n'est pas Rochefort qui veut prendre le bateau à Calais, mais de Wardes. Mais passons. La rencontre de Rochefort et d'Artagnan, à ce moment du film, nous amenant un duel d'épée original : en pleine nuit noire, les deux protagonistes armés en plus d'une torche utilise cet accessoire pour déstabiliser l'adversaire ou se protéger. Belle idée.

Vingt-cinq ans ont passé depuis les bonds de Gene Kelly. Les temps ont changé et les mentalités aussi : Constance est - enfin - mariée à Bonacieux (dans les deux précédentes versions susnommées, elle était sa nièce (1921) ou sa filleule (1948). Et alors que Bonacieux (Spike Milligan) était un personnage de troisième ordre (voire encore plus insignifiant), il prend une part plus importante dans l'intrigue (sans toutefois la bouleverser). le choix de Milligan (star de la radio anglaise) a beaucoup fait pour le développement de ce personnage, qui devient grandiose de ridicule : Spike Milligan ne laisse jamais indifférent...

Un mot enfin sur le méchant de l'histoire : Richelieu. Charlton Heston est - enfin - passé du côté obscur et interprète un Richelieu fort acceptable. Il est à la fois obséquieux, roué et calculateur : tout ce qu'on attend de ce personnage. De plus, il est secondé le couple Milady et Rochefort à la fois stylés et mauvais : de vrais méchants de cinéma !


Et quand le film se termine, tout est en place pour une deuxième partie aussi palpitante, mais hélas funeste : du Roi Louis XIII (Jean-Pierre Cassel) à Constance, de Richelieu à Planchet (Roy Kinnear), tous sont réunis dans la scène finale, que Milady traverse, se faisant remarquer par d'Artagnan, rompant ainsi, subrepticement, l'équilibre qui semblait avoir été atteint avec la restitution des ferrets.


A suivre, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Erich von Stroheim
Les Rapaces (Greed - Erich von Stroheim, 1924)

L'image : des mains, maigres, qui brassent des pièces (d'or, bien sûr)...

 

Réalisme.

Ni poétique, ni nouveau.

Juste le réalisme.

Stroheim, avec ce film - et quel film ! - nous plonge dans le plus noir de l'âme humaine.

Mais cette fois-ci, il  n'apparaît pas. Il n'a pas besoin d'ajouter à la noirceur en participant au jeu. Ses personnages qu'on aimait haïr - souvent des officiers sadiques - sont superflus dans ce film : Mc Teague (Gibson Gowland), Trina (Zasu Pitts) et Marcus (Jean Hersholt) se suffisent à eux-mêmes. Ils  n'ont pas besoin d'en rajouter. S'il avait joué, il aurait certainement détourné l'attention.

 

Quelle histoire !

Adaptée de Mc Teague de Frank Norris (1899), elle raconte la rencontre de Mc Teague et Trina : leur amour naissant puis la déchéance progressive de cet amour qui les emmène vers la mort.

Il n'y a aucune rédemption possible : ces êtres sont marqués par le destin. Ils ne peuvent pas s'en sortir. C'est peut-être aussi pour ça que ce fut un échec.

L'autre raison, bien entendu, c'est la mutilation du film : d'une histoire de neuf heures, on arrive péniblement à deux heures et dix minutes d'une intrigue réduite au strict minimum, voire encore moins !

Parce qu'à l'origine, il y a plusieurs histoires : les gens qui gravitent autour de Mc Teague et Trina : Maria (Dale Fuller) et Zwerkow (Cesare Gravina), Mr Grannis et Miss Baker (Fanny Midgley). Ces personnages ont soit disparu, soit interviennent très peu (on était obligé de garder Maria, instrument du destin). De l'intrigue entre Maria et Zwerkow, qui promettait beaucoup de noirceur, il ne reste que quelques photos. Hélas.

Concentrons-nous alors sur ce qui reste.

 

Mc Teague est une brute. Mais une brute au grand cœur : alors qu'il pousse des chariots remplis, à la mine, il est  capable de s'arrêter pour un pauvre petit oiseau blessé. Mais malheur à celui qui se moque de lui : tout se règle par la violence.

Et pourtant. Quand il rencontre Trina, sa vie bascule. C'est l'amour. Mais quel amour : la sortie dominicale se fait sur une plaque d'égout, à jouer UN cantique sur un accordéon diatonique ... On est loin des liaisons romantiques qu'on trouve avec Greta Garbo ou Gloria Swanson...

Et tout est de cet acabit : le mariage n'est qu'une occasion de bâfrer, sans aucune solennité.

Mais c'est avec le mariage que la situation empire : Mc Teague offre à Trina un couple d'oiseaux en cages. Ces oiseaux, ce sont eux, enfermés et à la merci d'un chat de plus en plus entreprenant : prisonniers d'un mariage qui les enferme de plus en plus, menacés par Marcus qui les envie toujours plus. Pas étonnant alors que ces oiseaux accompagneront Mc Teague jusqu'à la fin, dans un lieu hautement prémonitoire : Death Valley (La Vallée de la Mort).

 

Et puis il y a le destin, facétieux, bien entendu : Trina achète un billet de loterie et abracadabra, elle gagne. Cinq mille dollars. Plus qu'elle n'aurait pu gagner dans toute une vie...

Mais ces cinq mille dollars vont amener la chute : Trina est d'une avarice maladive (« pas question d'y toucher »), et Marcus est amer, lui qui s'est effacé devant Mc Teague pour la conquête de Trina. Et cette amertume se transformera en haine, voire en haine mortelle. Haine qui se résoudra dans la Vallée de la Mort, au beau milieu du désert qui n'aura jamais mieux porté son nom.

Et tout ça pour quoi ? Pour l'argent. L'argent, c'est bien connu, corrompt. Mais ici, en plus, cet argent pourrit. Il pourrit la vie des personnages, il pourrit leurs âmes.

Mais cette décomposition est magnifiquement montrée. Et Stroheim retranscrit très bien l'évolution de Trina, rongée par l'avarice (« greed » en Anglais) et son obsession de posséder, qui économise à l'extrême : non seulement le maigre argent que ramène Mc Teague, mais aussi ses propres économies. Elle devient terne, voire cadavérique, allant jusqu'à coucher nue avec son argent.

D'une manière générale, le film est très fidèle au livre - si on oublie les mutilations - montrant avec précision les ravages que peut faire l'argent chez des gens qui n'en ont jamais eu.

Et quand Mc Teague, seul, enchaîné à Marcus, au milieu du désert, se rend compte qu'il a tout perdu, on ne peut que déplorer le côté illusoire de l'intrigue :

« tout ça, pour (seulement) ca », a-t-on envie de crier alors que la caméra s'est éloignée de Mc Teague, l'abandonnant à son sort funeste.

 

Oui, tout ça pour ça, mais que c'est beau !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robin des Bois, #Michael Curtiz
Les aventures de Robin des Bois (The adventures of Robin Hood - Michael Curtiz, 1938)

Quinze ans après Douglas Fairbanks, Errol Flynn est le nouveau Robin des bois.
Et cette version n'a rien à envier à la précédente : ici aussi, ça virevolte, ça brette et ça bondit, dans une atmosphère tout aussi joyeuse.

 

Deux atouts supplémentaires pour ce film : le son - Robin des bois parle ! - et le Technicolor !

C'est un véritable festival de couleurs chatoyantes, voire pétantes ! Ce sont des rouges éclatants, des bleus merveilleux, et toute la gamme que propose la palette. Les tenues de Lady Marianne (sublime Olivia de Havilland) sont superbes. C'est un régal pour les yeux - même les daltoniens trouvent leur compte !

On a longtemps considéré ce film comme le premier en Technicolor. Bien entendu, il n'en est rien. Mais ce qu'on peut dire sans se tromper, c'est que ce  fut  un succès phénoménal - mérité - et que la couleur y a joué un grand rôle.

 

En plus de cet aspect esthétique, Michael Curtiz - qui retrouve ici une partie de la distribution de Capitaine Blood - a renoué avec la légende du hors-la-loi de Sherwood. Alors qu'Allan Dwan insistait sur le rôle des Croisades dans l'éloignement de Richard, Michael Curtiz considère ce départ comme accompli et s'intéresse au sort des Saxons sous la houlette de l'infâme Prince Jean (Claude Rains, toujours impeccable en méchant). On a donc droit aux trois éléments légendaires incontournables (sauf pour Allan Dwan) : Robin apportant le cerf royal, la rencontre avec Petit Jean (Alan Hale) et le tournoi d'archers. La scène du cerf permet surtout de poser les bases de l'intrigue concernant Robin : Jean est séduit par cet ennemi à sa mesure, alors que Gisbourne (Basil Rathbone, formidable) exprime sa haine envers ce hors-la-loi. On remarque à ce moment aussi la couardise latente du shérif de Nottingham (Melville Cooper). Mais surtout, on jubile devant la hardiesse de Robin, qui va défier Jean jusque dans le château de Gisbourne. Quant à la rencontre avec Petit Jean, elle nous permet de retrouver Alan Hale qui fut déjà le petit Jean de Robin Fairbanks. La distribution nous permet aussi de retrouver celui qui fut Aramis avec le même Fairbanks, Eugene Pallette, ici un frère Tuck d'une grande truculence, et Herbert Mundin - second rôle notable dans Les Révoltés du Bounty (1935) et Tarzan s'évade l'année suivante - dans un de ses derniers rôles avant son tragique accident de voiture en 1939.

 

Mais ce film est aussi une nouvelle occasion d'admirer l'esthétique de Michael Curtiz et sa prédilection pour les jeux d'ombres : à plusieurs moments du film, l'action principale est supplantée - avec adresse - par sa transposition ombrée sur un mur. Quand les Saxons sont suppliciés, quand Robin est enchaîné... Mais surtout pendant le combat final entre ce dernier et Gisbourne, duel à mort parmi les plus spectaculaires du cinéma. Il faudra attendre Gene Kelly dans Les trois Mousquetaires (1948) pour retrouver un duel de cet acabit !

Ce duel mortel est phénoménal (euphémisme). On retrouve la grandeur de Robin, son esprit chevaleresque (il rend son épée à Gisbourne) et la bassesse voire la traîtrise de ce même Gisbourne : il n'hésite pas à utiliser sa dague pour en finir plus vite !

Mais c'est justement quand il abuse de ces effets vils que le sort du duel se joue : il est - justement - châtié. Pour sa traîtrise, mais surtout pour l'ensemble de son œuvre.

 

Plus de quatre-vingts ans après sa sortie, ce film n'a pas pris une ride. C'est aussi l'occasion de revoir toute cette ribambelle de grands acteurs dans une histoire qui devient presque intemporelle tant elle est vécue par chaque nouvelle génération de spectateurs. J'en veux pour preuve mon fils qui, dès l'âge de quatre ans, regardait en boucle ce film formidable.

Et puis Olivia de Havilland (101 ans aujourd'hui 1er juillet...) est tellement belle... (1)

 

                   (1) Cet article commence à dater... (18-4-2024)

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