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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Kevin Reynolds, #Comédie dramatique, #Morgan Freeman, #Kevin Costner
Robin des Bois, prince des voleurs (Robin Hood,  prince of thieves - Kevin Reynolds, 1991)

Régulièrement, Robin des Bois revient sur les écrans. C'était le cas pour le film de Kevin Reynolds : voici donc une septième version, la deuxième de 1991 (l'autre était signée par John Irvin).

Mais cette autre version ne peut rivaliser face à ce Robin : Kevin Costner, propulsé au premier plan grâce à Danse avec les Loups.
Et on peut dire que ce dernier ne dépareille pas par rapport à ses deux glorieux prédécesseurs : Douglas Fairbanks et Errol Flynn. Il a l'agilité du premier et le charme du second.

 

C'est une vraie réussite. De plus Reynolds a donné une teinte plus réaliste, reprenant la légende et ses épisodes incontournables mais dans un contexte historique vraisemblable : les Croisades et la dure vie des hommes des bois [certes, la séquence d'ouverture aurait pu être évitée, mais dans ce cas, pas de Maure (voir plus bas), et donc une histoire un tantinet plus pauvre]. On a donc droit au duel au bâton sur la rivière ; l'attaque du chariot d'or ; les exactions des hommes du shérif ; le duel avec le méchant ; l'arrivée finale du roi Richard - un ancien Robin des bois lui aussi - ; et l'épisode de la flèche qui en coupe une autre ! Il ne manque que le prince Jean, grand absent de cette histoire : le shérif remplaçant avantageusement cet infâme personnage.

Pour le reste, les combats sont impressionnants de réalisme : le sang coule régulièrement, que ce soit pendant les combats ou pendant les serments.


Alors que Dwan ou Curtiz nous présentait un héros romantique un tantinet omnipotent, ici, c'est un personnage faillible, parfois un peu emporté, mais qui grandit. Il grandit surtout au côté de son compagnon maure : Azeem (Morgan Freeman).

Le Maure, c'est LA bonne idée. C'est le personnage le plus civilisé qui soit, mais qui pourtant est toujours considéré comme un barbare. C'est aussi, par ses accessoires, celui qui rétablit l'équilibre quant aux Croisades : non les Sarrazins n'étaient pas tous des barbares incultes ; et oui, les Croisés étaient de sacrés ignorants !
Et puis c'est Morgan Freeman.

 

Comme le disait Hitchcock (à moins que ce soit un autre, peu importe), pour réussir un film, il faut un méchant réussi. Et là encore, on a affaire à un cador dans la galerie des méchants : Alan « Snape » Rickman, qu'on avait découvert dans Piège de Cristal où il interprétait un autre fameux méchant qui n'avait rien à envier au Shérif de Nottingham.

Parce que cette fois, c'est le shérif, le vrai méchant, alors qu'il était franchement ridicule chez Curtiz...

Ici, George (le petit nom du shérif) est un affreux qui tue de sang-froid quand il est déçu, même si c'est quelqu'un de sa famille. Il ne recule devant rien, et surtout, il a cette allure froide et flegmatique (on est anglais ou on ne l'est pas !) qui fit son succès dans la saga Harry Potter. Et en plus, il a été élevé par Mortianna (Geraldine « Miss Marple » McEwan), une sorcière un tantinet divinatrice... Bref, une autre personne peu recommandable.

 

Et puis il y a LA révélation ! Elle intervient vers la fin, mais ne change pas grand chose. Elle permet certains éclaircissements de cette nouvelle intrigue, c'est tout. On aurait pu s'en passer.

Terminons par la très belle Marianne (Mary Elizabeth Mastrantonio) : autrement belle que Olivia de Havilland (ce ne sont pas les mêmes beautés), mais plus forte et plus mordante. Elle aussi resplendit dans de magnifiques tenues et elle a ce sourire ironique qui augmente (si c'est encore possible) son charme.

 

Un belle version !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
Snatch (Guy Ritchie, 2000)

Un diamant (84 carats).

Un flambeur à quatre doigts :  Franky « Four Fingers » (Benicio del Toro).

Deux bookmakers noirs : Vinny (Robbie Gee) & Sol (Lennie James).

Un conducteur maladroit : Tyrone (Ade).

Un russe qui évite les balles : Boris Bullet Dodger « The Blade » (Rade Serbedzija).

Un Anglais au dents de plomb : « Bullet-Tooth » Tony (Vinnie Jones).

Un caïd myope : Brick Top (Alan Ford).

Tommy (Stephen Graham).

Turkish (Jason Statham).

Des Manouches.

Un chien.

Et des cochons. Qu'il faut bien  nourrir...

 

Difficile de raconter une telle histoire. Toujours est-il que Turkish & Tommy organisent des matches de boxe interdits, auxquels participe Mickey (Brad Pitt), le champion des manouches ; et un diamant est volé à Anvers. Celui de 84 carats.

En gros, il s'agit de récupérer le diamant. Tous sont concernés sauf Tommy, Turkish et les manouches.

L'histoire est aussi décousue que la liste des participants. Mais malgré tout, on suit. On suit, mais surtout on s'amuse.

Parce que Guy Ritchie nous promène dans un milieu improbable ou des gens - eux-mêmes improbables - se rencontrent autour du prétexte : le diamant. Il passe de mains en mains et même ailleurs !

 

Et ce sont les personnages qui sont les plus intéressants. C'est une galerie des horreurs mâtinée de bras cassés. Chacun est dans l'illégalité : de Turkish et Tommy, petits escrocs, à Brick Top, grand ponte éleveurs de cochons (il faut pouvoir faire disparaître aisément des cadavres...), en passant par Vinny, Sol & Tyrone, trio de Pieds Nickelés franchement minables et maladroits. Le tout à Londres, donc avec la retenue et le flegme légendaires des sujets de Sa Gracieuse Majesté.

 

Mais là où est le talent de Ritchie, c'est dans la narration. Tout a son importance. Du fait le plus important - le braquage initial qui entraîne toute l'intrigue du film - au plus infime détail - Tommy jetant par la fenêtre le brick de lait de Turkish.

Parce qu'il n'y a pas de petit détail. Tout est pertinent et ne peut être enlevé sans altérer l'histoire voire l'arrêter.

Et si l'on excepte Tommy et Turkish, somme toute assez insignifiants et presque normaux, on a une ribambelle de dingos assez extraordinaires, avec en tête Brad Pitt, manouche psychopathe au langage assez déroutant (surtout en VO !), et Brick Top, caïd aussi froid qu'il est terrifiant .

 

C'est un film totalement délirant, rythmé par quelques musiques bien choisies dont le Golden Brown des Stranglers et son rythme ternaire,  entraînant Tommy (et Turkish, bien sûr) dans un tourbillon qui ne s'arrêtera qu'avec le film !

Un petit bémol toutefois, le rythme parfois un peu trop rapide de certaines séquences qui a parfois tendance à nous assommer, à l'instar des boxeurs à poings nus de Turkish et Tommy.

Pour le reste, un film très british, où supprimer un chien, pour un tueur de sang-froid, est parfois plus difficile que de tuer Boris, le bien nommé Bullet Dodger !


Et, en prime, un générique habile où tout se passe à travers les moniteurs de la vidéo-surveillance !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape et épée, #André Hunebelle
Le Bossu (André Hunebelle, 1959)

« Si tu ne vas pas à Lagardère... »

 

Combien de petit garçons ont proféré cette réplique en s'adressant quelque ennemi invisible ?

C'est même le cas de celui qui vit ici et n'est plus vraiment petit. D'ailleurs, quand on lui demandait ce qu'il voulait être plus tard, il répondait sans hésitation : « Lagardère ! »

Tout ça pour dire que le film d'André Hunebelle, même s'il ne restera pas dans les annales du cinéma mondial, aura toujours une place dans le cœur de certains ex-petits garçons.

 

Pensez donc : un chevalier sans peur et sans reproche (« hum, j'ai déjà vu ça...») qui secourt un duc (Nevers) assailli par une troupe de spadassins et assassiné par un félon masqué... Tout le sel de l'aventure de cape et d'épée est là.

Mais c'est André Hunebelle. Alors, ça ne vole pas bien haut. Mais malgré tout, les envolées de Jean Marais, elles, restent magiques. Il est un bossu qui, s'il n'est pas spécialement sympathique au premier abord, reste tout de même méconnaissable : Daniel Auteuil peut-il en dire autant ?

 

Du roman de Paul Féval (1857), que reste-t-il ? Franchement, je n'en sais absolument rien, ne l'ayant pas lu. Mais comme le dirait mon ami le professeur Allen John : « que nous importe, nous avons un film ! »

Bien sûr, comme je l'ai déjà dit, ça ne casse pas des briques, mais tout de même : Jean Marais bondit et brette avec dextérité. On pourrait presque croire qu'il douglasfairbankse. Mais celui qui retient notre attention, c'est LE second rôle, l'unique : Bourvil. Il est tour à tour pleutre, faussement courageux, charmeur, nourrice... Il peut presque tout jouer (sauf, bien entendu, les jeunes premiers !).

 

Et puis si on regarde attentivement, on retrouve quelques noms du cinéma français, à commencer par Guy Delorme, spécialisé dans l'archétype du méchant spadassin. Ici, il joue juste les utilités, mais son heure arrive et avec le même Hunebelle il va connaître une longue carrière de méchant bretteur, inspirant même Ayroles et Masbou dans le personnage de Mendoza pour leur série De Cape et de crocs. On retrouve aussi Jean Rougerie, dans un rôle muet de spadassin (encore un !). Et puis, bien entendu, le maître : Jean Le Poulain.

Bref, nous sommes en bonne compagnie.

Alors, ne boudons pas notre plaisir, et savourons ce Bossu comme il se doit : ce n'est pas extraordinaire, mais ça reste du cinéma.

Et tant qu'il restera des petits garçons pour rêver de devenir un jour Lagardère...

 

          (1) Douglasfairbankser : (v. intr. du 1er gr.) Se conduire au cinéma comme Douglas Fairbanks.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Johnston
Jumanji (Joe Johnston, 1995)

Alan Parrish (Adam Hann-Byrd, puis Robin Williams) est un jeune garçon réservé. Son père (Jonathan Hyde, pas encore Bruce Ismay dans Titanic...) possède la grande manufacture de chaussures de la ville, alors ça crée des jalousies. Et tous les jours, avec Billy Jessup, une bande de gamins vient l'embêter.

Bref, la vie n'est pas rose pour lui. Et comme si ça ne suffisait pas, il trouve un jeu de plateau qui avait été enterré (pour une bonne raison, évidemment, sinon, il n'y a pas de film) : Jumanji. C'est un jeu d'aventure. Super ? Non. Parce que les aventures, après chaque coup de dés, deviennent réelles...

Alan commence une partie... Et disparaît !

Vingt-six ans après, le jeu continue, et Alan revient !

 

Nous sommes à l'aube de la révolution numérique. Pour nous, spectateurs vingt ans après, les effets spéciaux peuvent sembler rudimentaires. Et pourtant. En 1994-95, on en était là. Et malgré tout, le résultat est satisfaisant (bon travail de Stephen L. Price qui décèdera avant la sortie). Et le fait que les créatures sauvages sortent d'un jeu de société explique le décalage entre les images numériques et réelles.

Et en plus, Robin Williams n'en fait pas des tonnes, même quand il est habillé en sauvage.

Mais ce film, c'est avant tout l'occasion de voir une jeune (13 ans quand le film sort) actrice - qui ira très loin - tenir le premier rôle féminin : Kirsten Dunst !

Malgré tout, nous assistons à un déluge d'effets spéciaux : chaque tour de jeu est prétexte à toujours plus d'ennuis et de scènes spectaculaires : la galopade des éléphants, rhinocéros et autres quadrupèdes est à ce sujet impressionnante !

Toutefois, on n'en est pas encore aux films qui vont déferler sur les écrans les années suivantes : ce ne sera qu'une suite immodérée d'effets spéciaux sans scénario véritable : Deep Impact, Chapeau melon et Bottes de cuir (pour ne citer que ces deux-là !)...

Et puis Joe Johnston est avant tout un cinéaste familial. Alors son film - malgré tout comique - est pétri de bons sentiments.

 

On le regarde alors en famille, en se disant que Spielberg, c'est tout de même autre chose !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Sydney Pollack, #Robert Redford
Out of Africa (Sydney Pollack, 1985)

Magnifique.

 

L'Afrique comme Hollywood ne l'a jamais filmée.

Ni désert, ni animaux dangereux dans tous les coins.

Du vert. Partout.

Et au milieu, Karen Dinesen (Meryl Streep, toujours aussi merveilleuse) qui va devenir Blixen.

Et juste à côté, Dennis George Finch Hatton (Robert Redford, toujours séduisant), l'amour de sa vie.

 

Parce qu'il s'agit d'une histoire d'amour. L'amour de Karen pour Denys, et l'amour de Denys pour l'Afrique.

Mais c'est aussi une histoire sur la fin de l'Afrique sauvage. Celle que les colons (Anglais, français, Allemands) ont essayé de dompter et dont on voit encore aujourd'hui les marques terribles que ces gens ont fait. C'est une marche forcée vers la civilisation, à laquelle Karen aussi contribue.

Certes, l'Afrique coloniale de Tarzan est pittoresque à côté de ce que Sydney Pollack nous propose. Mais tout de même, il y a un décalage entre ces gens qui prétendent diriger ce grand continent et les véritables personnes à qui il appartient. Et le dernier combat de Karen avant son départ va dans le sens de ces derniers : elle a compris.

 

Mais elle a mis du temps : plus de quinze ans. Entre le moment où elle débarque de son Danemark natal (1913) et son retour au pays, elle a compris que l'Afrique ne lui appartenait pas. Mais ce fut long. Sans cesse elle parle de SES possessions : SES porcelaines, SA ferme africaine, SES Kikuyus (autochtones de la ferme).

Mais c'est avec Denys qu'elle va évoluer et comprendre que sa place n'est pas ici, ou tout du moins tant qu'elle ne considèrera pas ce territoire comme un lieu de passage, un emplacement qu'on emprunte le temps d'une vacation. Parce que c'est ce qu'elle vit : une parenthèse dans sa vie de Danoise blasée et malheureuse. L'Afrique, la vraie, celle de Denys, c'est son Eldorado, mais comme ce lieu mythique, elle n'existe pas vraiment, en tout cas pas pour elle.

 

A l'instar du Titanic de James Cameron, Out of Africa nous fait vivre la fin d'un monde : celui de l'aristocratie anglo-saxonne. Alors que la guerre éclate, le système en place vit ses dernières heures. De ce conflit, d'ailleurs, on ne voit que peu de choses : une réunion suite à la déclaration de guerre (combien de semaines après ?), un campement en rase campagne, loin de tout, que Karen réussit à atteindre avec sa caravane - sous l'œil ébahi des hommes (des vrais : ils font la guerre !), et un défilé nocturne pour célébrer la victoire (à Noël !).

 

Mais quand le conflit se termine, la donne change. Les colons tentent de reprendre la main, mais la civilisation débarque avec les voitures et le chemin de fer, les camions qui laissent d'énormes ornières dans ce qui fut un magnifique paysage, et l'avion... Cet avion qui emmène Karen (et Denys) au ciel (le septième ?), mais permet à ce même Denys de voir les blessures béantes de cette civilisation. La deuxième guerre mondiale arrivera, préparant le lit des indépendances qui balaieront tout ça, laissant tout de même les cicatrices.

 

Et pendant ce temps, nous assistons à l'éveil à la vie d'une femme. Eveil à la réalité du monde (le travail, la guerre) et éveil à l'amour.

L'amitié (le parent pauvre de l'amour) avec Bror von Blixen (Klaus Maria Brandauer), l'amour platonique avec Berkeley Cole (Michael Kitchen), et l'amour fou avec Denys.

 

Merveilleux.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder, #Audrey Hepburn
Sabrina (Billy Wilder, 1954)

La vie est un conte de fées...

 

Sabrina (Audrey Hepburn, fraîche et merveilleuse) est une jeune fille qui a été élevée dans une grande demeure de Long Island. Une demeure remplie de jardins et de serviteurs, dont un pour s'occuper de George, le poisson rouge.

Mais Sabrina, malgré tout n'est pas né du bon côté. Si elle habite cette demeure, c'est avant tout parce que son père y est employé comme chauffeur de maître.

Alors elle rêve, juchée sur un arbre, pendant que les Larrabee (propriétaires du manoir) organisent de somptueuses réceptions. Elle rêve surtout du fils cadet, David (William Holden), séducteur invétéré.

Mais David ne peut pas remarquer la fille du chauffeur. Comme le dit ce dernier : dans une voiture, il y a une banquette à l'avant, une banquette à l'arrière, et une vitre pour les séparer.

Alors Sabrina est malheureuse et part étudier à Paris.

Et quand elle revient, elle a changé. En bien. En très bien, même !

D'un seul coup, David la remarque. Son frère, Linus (Humphrey Bogart), aussi...

 

Sabrina, c'est avant tout Audrey Hepburn. Après Vacances romaines, et avant Guerre et Paix, elle s'impose de plus en plus comme la star montante. Elle es(t jeune (25 ans quand sort le film), elle est belle (oh oui !), elle chante (même en français !)  et elle a une grâce... Bref, une tornade brune vient de souffler sur Hollywood pour notre plus grand plaisir.

Son arrivée à la maison Larrabee après ses deux années d'étude à Paris illustre très bien tout cela : dès qu'elle paraît, les habitudes sont bousculées, tout le monde se retourne sur son passage... On ne voit qu'elle !

Et puis c'est un film de Billy Wilder ! Ce dernier retrouve une troisième fois William Holden (après Sunset Boulevard et Stalag 17), mais dans un genre différent : la comédie. Il réussit même à faire rire avec Bogart, qui était tout de même plus classé comme un acteur sérieux, voire dur.

 

Alors, là encore, on s'amuse. Holden est un playboy juste assez pénible pour rester attachant, Bogart un bonnet de nuit juste assez sympathique pour l'être complètement. Et puis Audrey... Toujours elle.

C'est aussi l'occasion de retrouver quelques seconds rôles emblématiques : Francis X. Bushman - qui a bien vieilli depuis Ben Hur de Fred Niblo, et Marcel Dalio - acteur international s'il en fut - en gentil grand-père aristocratique et protecteur de Sabrina.

 

Alors on s'amuse, on rit et on s'en fiche que cette histoire soit totalement improbable. Je l'avais annoncé au début de cet article : c'est un conte de fées.

Alors, même si la jeune bergère n'épouse pas le prince charmant qui était prévu, quelle importance ! Elle en trouve un autre qui est encore mieux. Et en plus, c'est Humphrey Bogart !

 

Elle n'est pas belle, la vie ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #John Huston
La Reine africaine (The African Queen - John Huston, 1951)

Afrique centrale, 1914.

Dans une région contrôlée par les Allemands, Samuel Sayer (Robert Morley) et sa sœur Rose (Katherine Hepburn), en mission (pour Dieu, bien sûr).

De temps en temps, Charles Allnut (Humphrey Bogart), un vieux loup de mer - à moins que ce ne soit un marin d'eau douce - leur apporte le ravitaillement.

Et puis la guerre éclate, et rien n'est plus comme avant : Samuel meurt, Rose et Charles s'enfuient, à bord de l'African Queen.

 

L'African Queen, c'est avant tout un immonde rafiot que conduit Allnut, avec l'aide d'Africains à son service : en clair, il ne fait pas grand chose, si ce n'est fumer des cigares et boire du gin. Mais, heureusement pour nous, la guerre ayant éclaté, il se retrouve pris dans la tourmente, obligé de véhiculer une vieille fille - aigrie, cela va de soi, autrement, ce ne serait pas drôle ! - dans une odyssée improbable mais tellement formidable. Il s'agit, la plupart du temps, d'un huis clos qui se passe sur un bateau où la proximité va, bien sûr, être source de conflit (dans un premier temps), mais surtout révéler et réunir deux êtres totalement différents.

 

Allnut n'est qu'un alcoolique canadien, au vin parfois mauvais, alors que Rose est une vieille pimbêche extrêmement formelle, et qui ne connaît de la vie que l'intensité des sermons de son pasteur de frère.

Mais nous savons bien que cette opposition ne durera pas - sinon, où serait l'intérêt ? - et qu'ils finiront par tomber amoureux l'un de l'autre. C'est un amour  sincère, mais maladroit. Entre une bigote desséchée qui n'a jamais connu quelqu'un - même son frère la considère comme une femme peu attirante - et un vieux garçon, un tantinet misanthrope aux manières peu distinguées, le cocktail est détonant. Mais la mayonnaise prend : sur l'écran et dans la vie. D'ailleurs, suite au film, les Bacall-Bogart et les Hepburn-Tracy deviendront de très grands amis.

 

Et puis il y a l'Afrique. Ce n'est pas vraiment une Afrique coloniale avec suprématie blanche, comme on la voyait dans la série des Tarzan. Les seuls autochtones que l'on voit sont essentiellement présents au début du film, dans la mission. Mais quelle vision ! Nous avons Samuel qui dirige une assemblée à chanter un cantique : c'est une cacophonie incroyable et s'il n'y avait pas les plans sur le frère et la sœur, on ne saurait pas ce qui se chante. Autre élément à charge quant à la vision des Africains : Allnut se débarrasse de son cigare, s'ensuit une bagarre entre les jeunes hommes pour le récupérer : « c''est bien connu, les Africains sont de grands enfants. » Hum. Et dire que plus de soixante ans après, on trouve encore des gens pour penser ainsi...

Mais c'est une Afrique plutôt animale que nous montre John Huston, du fait de la situation : seuls contre les éléments. Et voir ces images de la vie sauvage en Technicolor, après toutes ces années de Tarzan en noir et blanc, avec recyclage récurrent des mêmes crocodiles s'immergeant, quel plaisir !


Et tout cela pour faire un beau film, avec un duo - improbable, certes - mais tellement attachant, dans des rôles un tantinet différent : Allnut est un homme qui n'est pas si sûr de lui, très sensible et qui s'ouvre à l'amour ; Rose a un aspect initial hautain, rappelant d'anciens rôles de Katherine Hepburn, mais cette femme s'humanise et devient naturelle, sa morgue se dissipant pour notre plus grand plaisir, et celui d'Allnut !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Drame, #Biopic, #Milos Forman
Amadeus (Milos Forman, 1984)

Dix ans.

Dix ans de la vie d'un homme. C'est peu.

Mais quand cet homme, c'est Mozart (Tom Hulce), alors c'est tout.

Il a vingt-six ans quand le film commence. Et normalement toute la vie devant lui.

Mais ce n'est pas le cas. Devant lui, il y a l'école italienne. Et avec, la jalousie.

La jalousie d'être moins bien, de ne pas avoir le don qui fait toute la différence entre un artisan et un artiste.

 

Cette jalousie, c'est Salieri (F. Murray Abraham) qui+ l'exprime. Mais avec en même temps une admiration sans borne. Jaloux certes, mais conscient de la valeur de cette « créature » comme il l'appelle.

Et puis il y a le rire. Ce rire idiot, qui ne colle tellement pas avec le personnage, cette icône qu'on nous a présenté pendant près de deux siècles (nous sommes en 1984, quand le film sort). D'ailleurs, le Mozart qu'on nous présente n'a rien d'académique, si ce n'est sa musique. Mais est-ce si étonnant ? pourquoi Mozart n'aurait-il pas été humain ? Parce que - comme le dit Salieri - sa musique est divine ?

 

Quand le film est sorti, beaucoup de critiques - britanniques entre autres - reprochaient le caractère scatologique du personnage. A priori, ce furent des gens qui n'ont pas dû regarder le film en entier, la scatologie s'effaçant rapidement pour laisser la place à l'expression du génie. Parce qu'il faut tout de même le reconnaître : je ne suis pas un grand admirateur de Mozart, mais tout de même, quel talent, quelle virtuosité !

 

Quant à ses frasques : en quoi sont-elles plus choquantes qu'un Iggy Pop se baladant nu à la télévision, ou qu'un Keith Moon propulsant une Rolls Royce dans une piscine ? Mozart est jeune, il a besoin de vivre, de jouir de la vie. Alors il brûle sa jeunesse, donnant le meilleur de lui-même dans des œuvres impérissables : « hope I'll die before I get old » (My Generation, The Who). Mozart écrivait la musique de son époque, c'est tout. Quant au reste, quelle importance.

 

Mais revenons au film. Le duo Salieri-Mozart est, bien entendu, le clou du spectacle. Cette admiration - ouverte chez Mozart, cachée et réprimée chez Salieri - est magnifiquement montrée. Mais c'est malgré tout Salieri-Abraham qui retient l'attention. Il est magnifique. Son personnage duel est une réussite. Et même si la séquence finale qui le voit assister Mozart dans le Requiem n'a jamais eu lieu, qu'importe, nous sommes au cinéma [« Au cinéma, tout est possible. » (Tex Avery)] Et plus Mozart monte en puissance créatrice, plus Salieri s'enfonce dans la bassesse, sans toutefois se départir de son admiration. Un beau numéro d'acteur (avec Oscar à la clé, évidemment !).

 

Alors que Salieri assiste Mozart, qu'il l'aide à mourir - parce c'est ce qu'il fait, finalement, et sa confession initiale n'est pas si erronée - que nous importe. Nous avons eu un moment d'émotion, indispensable au cinéma : quand l'image se mêle à la musique pour éblouir le spectateur.

 

Parce que quand le film se termine, terriblement - Mozart est mort, son corps déversé à la fosse commune - le spectateur n'est que plus admiratif de ce génial compositeur, en avance sur son temps sur certains points, et avant tout un homme vivant dans un monde en mouvement : quand Mozart meurt, en 1791, la Révolution française a déjà deux ans et s'exporte, ou tout du moins son esprit, qui va changer les mentalités, réveillant un monde ancien qui s'endormait peut-être...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Yves Robert
Un Eléphant, ça trompe énormément (Yves Robert, 1976)

Une jeune femme en rouge.

Un courant d'air.

Une robe qui se soulève.

Et une vie qui bascule...

 

Quatre. Comme les mousquetaires (d'ailleurs ils jouent au tennis).

Daniel (Claude Brasseur), Simon (Guy Bedos), Bouly (Victor Lanoux) et Etienne (Jean Rochefort). C'est Etienne qui raconte, juché au dernier étage d'un hôtel de l'Etoile, avec vue imprenable sur l'Arc.

Il raconte ses amours, les conjugales avec Marthe (Danièle Delorme), et les autres, avec Charlotte (Anny Duperey).
 

Nous sommes chez Yves Robert, alors il s'agit avant tout d'un film sur l'amitié. Celle de quatre quadragénaires, encore un peu adolescents : Bouly est un coureur invétéré, alors évidemment, sa femme le quitte ; Daniel a toujours des tenues incroyables ; Simon a une liaison passionnelle, avec sa mère ; et Etienne aimerait bien une nouvelle liaison avec une jeune femme qu'il vient de rencontrer.

Mais ils sont inséparables, toujours prêts à tout pour rire ou sauver un copain. Et la morale dans tout ça ? On s'assoit un peu dessus, pour peu que le moment présent soit savouré jusqu'au bout : chacun y va de sa relation extraconjugale : Bouly avec tout ce qui se présente ; Simon, avec n'importe quelle femme qui pourrait lui faire oublier sa mère ; Etienne avec Charlotte ; et Daniel...

 

Daniel avec un jeune homme qu'il vient de rencontrer. C'est d'ailleurs un moment fort du film quand son homosexualité est dévoilée, de but en blanc à ses amis de toujours, sans préparation, sans précaution. Et cette annonce, qui n'en est pas une réellement, refroidit les trois autres, prenant conscience - surtout Bouly, une espèce de beauf aux idées plutôt arrêtées - de leur différence. Claude Brasseur est d'une grande dignité dans ce moment tragique pour lui - il sera d'ailleurs récompensé pour ce rôle duel et subtile aux Césars. Une scène très forte. Il y a dans la découverte de cette nouvelle le même état d'esprit que dans Quatre Mariages et un enterrement, quand la bande d'amis apprend la relation entre Gareth et Matthew.

Et puis il y a Mouchi (Marthe Villalonga). C'est la mère de Simon, et un véritable dragon en furie : pied-noir, archétype de la mère juive envahissante. Et cela malgré une très petite différence d'âge avec Guy Bedos (deux ans les séparent !). Un régal.

 

Et avec Dabadie aux dialogues, on a droit à de magnifiques saillies :

« A la maison, les mômes, son transistor, trente-huit piges... J'aime pas les formules, mais, c'est une femme heureuse. »  (Bouly)

« J'aime vos seins. Enfin surtout le gauche. » (Lucien - Christophe Bourseiller - à Marthe)

« Mais si maintenant faut payer pour te voir, dis-le. Je savais pas. Combien je te dois ? » (Mouchi à Simon)

« Je pris conscience de ce que si les femmes sont désirables, les chevaux sont hauts et les forêts profondes. » (Etienne, perdu dans la forêt)

 

C'est un microcosme attachant, où les aventures amoureuses sont et aussi font le sel du film.

On en redemande.

Pas étonnant qu'Yves Robert et Jean-Loup Dabadie en aient tiré une suite pour l'année d'après.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Georges Méliès
Hugo Cabret (Martin Scorsese, 2011)

Quand deux génies se rencontrent...

 

Paris, 1930s.

Hugo (Asa Butterfield), fils de son père (Jude Law), a repris, malgré lui, la suite de son oncle, alcoolique notoire qui n'a pas supporté un séjour prolongé dans la Seine (qui le ferait ?).
Mais surtout, Hugo est le fils d'un horloger qui a su préserver un automate formidable : un tour de clé, et il dessine l'une des images les plus célèbres du cinéma...

C'est normal, cet automate a été créé par le grand Georges. Méliès.

 

Martin Scorsese est  - en plus d'un cinéaste génial - le président de la Film Foundation, un organisme de préservation du cinéma : une espèce de Cinémathèque américaine.

Pas étonnant alors qu'un tel film ait lieu. Du roman de Brian Selznick, Scorsese fait un véritable hommage (c'était déjà le cas) à cet immense maître qu'était Georges Méliès (ici Ben Kingsley, toujours magnifique !).
Et la magie de Méliès transpire dans ce film : non seulement Scorsese réutilise les images des films de son maître, mais en plus il va jusqu'à les recréer ! C'est un festival pour les cinéphiles et une découverte pour les autres. Ben Kingsley est un Méliès plus vrai que nature. Non seulement il accepte la paternité - lourde - des films, mais en plus, il revit les grandes expériences de sa vie.

Et c'est là qu'est la magie. Scorsese nous fait revivre cette époque de création cinématographique où tout était - encore - à inventer. Et Méliès fut le grand magicien du cinéma.

En effet, à partir de 1914, année de la « retraite » de Méliès, que restait-il à inventer ? le parlant,  ? La belle affaire. Tout était prêt. Mis à part peut-être une technique qui fera la gloire (méritée) de King Kong. Mais bon, revenons à nos moutons...

 

Et Scorsese ne résiste pas à cette occasion de célébrer l'un de ses maitres : il se permet (comme souvent) une apparition (le photographe), dans le film, histoire d'être sûr de participer à ce grand moment ! On s'accroche à ce qu'on peut. Et qui pourrait lui en vouloir ?

Pour le reste, c'est un film à portée d'enfant(s) : un roman pour enfant d'abord, et ensuite raconté en suivant Asa Butterfield - alors âgé de 13 ans - un Hugo Cabret plus que convaincant : il faut le voir plaider sa cause auprès de Gustave (Sacha Baron Cohen), le policier de la gare (de Lyon), pour se laisser convaincre.

Mais Hugo Cabret, c'est avant tout un film pour remettre au goût du jour Méliès : ce grand cinéaste disparu et pionnier des effets spéciaux, à une époque où le cinéma s'écrivait, Méliès avait compris les possibilités de ce nouvel art.

 

Mais on a beau tourner cette histoire dans tous les sens, c'est avant tout une histoire pour enfants. Inspirée d'un roman éponyme (j'ai réussi à le placer), c'est un témoignage de ce que fut le cinéma/ Avait. Avant ce que nous connaissons, nous spectateurs du XXIème siècle, mais surtout - et avant tout ! - les spectateurs des années 1920s-1930s. Oui, l'action est supposée se tenir en 12931. Mais qu'importe ? Hugo et son amie Isabelle (Chloë Grace Moretz) sont des enfants ,de cette période et en profite : ils vont au cinéma (les chanceux !) et se gorgent d'images formidable : Le Voleur de Bagdad, Le Mécano de la General, le Kid, Monte là-dessus... sont parmi les films qu'ils peuvent regarder. Alors qu'ils en profitent. Et si la vie les ramène à des choses plus terre à terre, qu'importe : ils ont été heureux à se gorger de chefs-d'œuvre muets, qui peut leur en vouloir ?

 

Pour le reste : savourez...

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