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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Allan Dwan
Le Gorille (The Gorilla - Allan Dwan, 1939)

Pour concurrencer un autre trio très célèbre de la même époque, Les Marx Brothers, la Fox a donc engagé un autre trio fraternel : les frères Ritz. Il s’agit ici de leur onzième film (sur treize). Seulement voilà, les Ritz ne sont pas les Marx, et ça se voit.

Mais surtout : qu’est-ce qu’un réalisateur comme Allan Dwan fabrique dans cette aventure ?

 

« Le Gorille » est un tueur en série qui comptabilise les victimes et fait la nique à la police. Sa prochaine victime ? Walter Stevens (Lionel Atwill), un financier un peu trouble qui gère les affaires de sa nièce Norma (Anita Louise). Il l’a d’ailleurs convié ce soir-là avec son fiancé Jack Marsden (Edward Norris). Mais le Gorille a décidé de frapper ce même soir…

Heureusement (?), Stevens a fait appel à des détectives (1) pour empêcher que quelque chose arrivât, et pourquoi pas mettre la main sur ce dangereux criminel…

 

Avec ce film, le trio comique s’attaque à un genre très développé pendant ces années 1930s : l’épouvante. Et Dwan fait ce pour quoi il est payé : un peu de cinéma. On sent bien que le film est avant tout alimentaire pour ce grand metteur en scène. Mais que voulez-vous, il faut bien vivre.

Alors Dwan accumule les poncifs du genre – nuit orageuse (avec tonnerre très bruyant) ; coupures de courant ; main velue menaçante ; disparitions inexpliquées (etc.) – avec un allié de poids pour le film : Béla « Dracula » Lugosi, qui interprète ici Peters, un majordome très distingué, peut-être d’ailleurs un peu trop : quand le Gorille fait parler de lui, Peters est absent…

 

Mais chacun des différents effets d’épouvante est torpillé par le trio d’idiots, faisant inévitablement basculer le film dans la parodie. Mais comme je l’ai déjà écrit ici, pour qu’une parodie soit efficace, il ne faut pas lésiner sur les moyens. Et c’est là que le bât blesse : les Ritz avaient un potentiel comique mais qui était essentiellement hérité du music-hall. Et leur présence renforce la teinte du film : du théâtre filmé. Mis à part quelques moments véritablement comiques, on en arrive rapidement à s’ennuyer, le trio montrant rapidement ses limites. Difficile de damer le pion aux Marx Brothers ! Et pourtant, je ne suis pas un grand admirateur de cette autre fratrie comique, beaucoup trop bavarde, à mon avis.

 

Et celui qui tire le mieux son épingle du jeu, c’est bien entendu Lugosi, jouant sur son passé (prestigieux) dans ce même domaine. On apprécie ses différentes interventions, surtout celle où il se retrouve seul avec la pauvre jeune femme (Norma)…

Mais cela ne suffit pas. Le trio emmène le film dans une forme de lourdeur due à ces trois personnages pas si drôles que ça.

Dommage.

 

  1. Garrity (Jimmy Ritz), Harrigan (Harry Ritz) & Mulligan (Al Ritz)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Docu-Fiction, #Edwin S. Porter, #Thomas Edison
Life of an American Fireman (Edwin S. Porter & Thomas Edison, 1903)

Un peu plus de 6 minutes et trente secondes, c’est ce que dure ce film de Porter et Edison (l’inventeur du cinéma pour les Américains !).

En ce peu de temps (pas si mal pour l’époque tout de même), nous assistons à une opération d’extinction d’incendie ainsi qu’à un sauvetage de personnes (deux) prises au piège par le feu : une femme et sa fille (Vivian Vaughan).

 

On dit que Robert Flaherty a inventé le documentaire. C’est un tantinet exagéré puisque la vie quotidienne des gens ainsi que les différentes péripéties de la vie ont été les premiers sujets des films de la première décennie de ce qui n’était pas encore un art (1). Il en va de même ici pour ce film élaboré par deux pionniers – et non des moindres – de ce noble art.

Le film s’ouvre par la prouesse technique : la prémonition de l’accident à venir : une femme et sa fille qui se couchent avant le début de l’incendie : le quart haut à droite montre cette scène qui sera interrompue par l’alerte.

Et e n’est pas un petit incendie qui nous est présenté : pas moins de 9 voitures de pompiers – avec en prime un engin léger qui transporte ce qui ressemble au chef de la brigade (James H. White ?).

 

Bien sûr, c’est la catastrophe qui retient toute notre attention, montrant de deux points de vue le sauvetage des deux protagonistes piégées par les flammes. Nous avons donc deux fois la même scènes, selon deux points de vue différents : à l’intérieur de la maison tout d’abord puis de l’extérieur, avec d’autres pompiers qui s’emploient à éteindre l’incendie.

Si la première partie (intérieure) est la plus haletante et proche de l’action, il lui manque tout de même le réalisme :

  • la chambre se situe à l’étage ce que ne montre pas (assez) la première partie. En effet, le point de vue tout comme le temps d’action des pompiers nous fait croire que tout ceci se situe sur un rez-de-chaussée surélevé ;
  • le temps entre les deux sauvetages est raccourci pour privilégier l’action, confortant le spectateur dans l’hypothèse élaborée précédemment.

La seconde partie (extérieure) remet le temps à sa place, mais, bien entendu, son éloignement rend au mieux la séquence redondante, sinon pléonastique. Mais surtout, elle nous montre que le grand déploiement d’engins était un tantinet exagéré au vu des (rares) flammes visibles.

 

Quoi qu’il en soit, on appréciera à sa juste valeur ce petit film, en se disant que cette même année, Porter va quand même poser les bases de ce qui deviendra le genre maître du cinéma américain : le Western.

En attendant, on se dit que si Porter et Edison avaient vu Histoire d’un Crime sorti deux ans plus tôt, ils auraient certainement utilisé le montage parallèle avec champ/contrechamp qui aurait donné une autre dynamique au film et aurait gommé ces petites erreurs temporelles.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir…

 

  1. Flaherty donnera au documentaire toute sa dimension et en posera les bases (surtout dans la durée) de ce que nous connaissons aujourd’hui.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #James Cruze, #Samuel Fuller
La Loi de la pègre (Gangs of New York - James Cruze, 1938)

Une fusillade, trois hommes qui s’engouffrent dans une voiture, et un dernier qui s’écroule, le pistolet à la main, après avoir tiré un dernier coup : il est mort. Ou presque. Il a encore le temps de nommer celui qui l’a fait assassiner : « Rocky » Thorpe (Charles Bickford).

Seulement voilà : Rocky purge une peine de cinq ans de prison. Il doit d’ailleurs être relâché, et pourra donc continuer ses forfaits.

Mais la police veille et elle imagine un stratagème ambitieux et surtout audacieux : infiltrer un homme dans la bande de Rocky. Mais pas n’importe qui : Rocky lui-même. C’est l’agent John Franklyn (Charles Bickford) qui va s’encharger, son physique rappelant fortement celui du caïd qu’on va garder au frais en attendant.

« Rocky » est donc relâché…

 

Eh oui, encore un film de gangsters ! Mais comme c’est ici James Cruze qui dirige le projet, on peut espérer un résultat satisfaisant D’autant plus qu’on y retrouve avec plaisir (en tout cas, pour moi) Ann Dvorak qui a fait ses preuves dans le genre.

Et li n’y a pas lieu d’être déçu, Cruze réalisant ici un film honnête – même s’il est question de gangsters – certes en dessous d’un Hawks ou Wellman du début des années 1930s (Scarface, Public Enemy…), mais qui tient malgré tout ses promesses : du crime, de la violence, et bien sûr une fin morale. (1)

Et la subtilité du scénario – signé par un petit jeune (26 ans) qui monte et prendra bientôt place derrière la caméra (2) – c’est de rendre sympathique le truand, chose alors interdite !

En jouant sur le dédoublement du rôle et cette usurpation d’identité, on peut apprécier le gangster sans réserve : c’est un flic !

Et comme le scénario joue sur l’identité, nous aurons droit à la confrontation – banale – entre le truand et sa (pâle) copie. Cette confrontation est d’ailleurs indispensable à la résolution de l’intrigue.

 

Bien que le titre original soit identique au film de Scorsese sorti une soixantaine d’années plus tard, le propos est très différent : tout d’abord, le film de Cruze peut être qualifié d’actuel (pour 1938) alors que Scorsese fait dans la reconstitution (3). Nous sommes dans un New York qui ressemble à celui des spectateurs et les truands ont autre chose à faire que s’étriper les uns les autres – même si cette idée n’est pas éloignée de l’esprit brutal du vrai Rocky.

L’infiltration au plus haut niveau est d’ailleurs un bon prétexte pour coller au fameux Code Hays : comme c’est un policier et non un gangster qui dirige cette organisation criminelle, le nombre de morts diminue et surtout a tendance à disparaître puisqu’il n’est pas pensable qu’un flic autorise des morts violentes, même dans une telle situation.

 

Au final un film de gangsters de bonne facture, même s’il y manque la patte d’un Hawks ou d’un Walsh. On a plaisir à y retrouver Charles Bickford et consort mais on regrette quand même l’époque des gangsters vraiment durs et surtout impitoyables : Franklyn/Rocky est malgré tout un flic et on aurait aimé voir le vrai Rocky dans ses œuvres afin de pouvoir comparer un peu plus, mais le Code Hays étant ce qu’il était, ce n’était plus possible.

Consolons-nous quand même : nous sommes bel et bien au cinéma,  et c’est tout ce qui compte !

 

  1. Code Hays oblige…
  2. Samuel Fuller
  3. A l’origine des deux films, le même écrivain : Herbert Asbury.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fielder Cook
Rapaces (Patterns - Fielder Cook, 1956)

Il est clair que le terme rapaces est plus accrocheur que structures. Mais en proposant ce titre, le traducteur empiète sur l’intrigue, réduisant le film à une histoire d’intérêt(s).

Parce qu’il s’y a des (gros) intérêts en jeu, ce n’est pas là qu’est le sel de cette intrigue…

 

Fred Staples (Van Heflin) vient d’être embauché par le magnat Walter Ramsey (Everett Sloane) : il vient de quitter un site dans l’Ohio pour la grande ville et une structure plus ambitieuse : ça tombe bien, il est un jeune homme dynamique et ambitieux. Mais dès son premier jour, une forme de malaise s’installe : la secrétaire qu’on lui a attribué, Marge Fleming (Elizabeth Wilson), travaillait depuis sept ans avec le numéro 2 de la boîte, Bill Briggs (Ed Begley). Par ailleurs, les fonctions de Staples empiètent sur celles de ce dernier.

Normal : Ramsey veut se débarrasser de Briggs, un de ceux qui ont créé le groupe avec son père.

Mais Biggs ne veut pas partir.

 

Adapter la télévision au cinéma n’est donc pas une chose nouvelle : ce film est basé sur un téléfilm de l’année précédente où certains interprètes ont rempilé – Sloane et Begley, pour ne citer qu’eux. Mais si le public a boudé ce film à sa sortie – les gens ne voulaient pas payer pour quelque chose qu’ils avaient vu gratuitement -  il a eu bien tort. Fielder Cook signe ici son premier long métrage et s’il s’appuie sur une distribution mitigée – peu de véritable star, excepté Van Heflin – il arrive tout de même à un très bon résultat, en partie dû à cette distribution, mais aussi à l’intemporalité de l’intrigue.

 

L’intrigue, pas les décors ni les costumes : nous sommes en pleines années 1950s, période faste par excellence – pour un peu moins de vingt ans encore – et l’argent est au cœur des préoccupations de ces hommes – les femmes se contentent d’être secrétaires ou femmes au foyer – à n’importe quel prix (c’est le cas de le dire).

Staples, tout comme Ramsey, représente l’avenir du groupe : du neuf et surtout plus de dividendes et de parts de marché. Briggs, c’est le passé. Il a 62 ans et se bat contre Ramsey au nom des vieilles valeurs qui ont fondé ce groupe. Ramsey, lui, est cet héritier qui devait ronger son frein en attendant que son « vieux » casse sa pipe pour pouvoir prendre sa place.

Une fois cette question résolue, il dirige d’une main de fer, défaisant systématiquement ce qu’avait pu faire son père avant lui. C’est là qu’est le fondement de l’opposition qui le voit affronter Briggs, ce vieux dinosaure d’une autre époque.

 

Et au milieu se trouve Staples : d’un côté, il apprécie beaucoup Briggs et sa dimension humaine, mais de l’autre, il ne peut oublier que le grand patron reste Ramsey. Et ses convictions se heurteront toujours à l’intransigeance de ce dernier qui n’a qu’une seule envie : que Staples remplace Briggs.

Et la manière utilisée par Ramsey pour écarter Briggs n’a rien de nouvelle et peut aisément se retrouver dans certaines entreprises actuelles où on pousse parfois certains cadres à la démission (1) : ici, Ramsey parviendra à ses fins avec brio (2), et Cook termine cette séquence par une caméra subjective très pertinente.

 

Seulement voilà : deux ans plus tôt, un certain Robert Wise avait signé Executive Suite où l’intrigue avait tendance à ressembler à celle-là et surtout où on assistait à un même plan subjectif… Plagiat ? Non (3). Mais on peut imaginer que Wise a inspiré Cook. Quoi qu’il en soit, le film de Wise avait une distribution autrement prestigieuse et il faut avouer que celle de Cook se défend bien.

Outre Van Heflin – qui a troqué son stetson et ses bottes pour un complet veston – qui réalise encore une fois une belle prestation, on ne peut que saluer celle d’Ed Begley (3) en Briggs tiraillé entre le passé et le présent – il ne parle à aucun moment d’avenir, ce qui lui sera donc fatal –, père sur le tard – son fils (Ronnie Welsh) est encore adolescent –, trop vieux dans ce monde en mouvement où l’argent reste la principale préoccupation.

Everett Sloane est, encore une fois, un personnage peu recommandable et ses affrontements avec Briggs sont superbes, réussissant à effacer le fait que Begley et lui n’avaient que huit ans d’écart, et même que Van Heflin était plus âgé que lui (1 an d’écart).

 

Au final un film fort sur ce que peuvent être les différentes structures d’un groupe industriel important, où l’argent règne en maître et où, pour éviter d’en perdre, on préfère sacrifier les travailleurs…

Près de 70 ans après, les choses ont peu évolué : les femmes ne sont plus seulement secrétaires.

 

  1. Quand ce n’est pas plus… Hélas !
  2. Si on se place de son côté, autrement on peut trouver cela abject.
  3. Ne l’ayant pas vu, je ne développerai pas. Quoi qu’il en soit, il n’y a eu aucune procédures judiciaires dans ce sens.
  4. On le retrouvera dans 12 Hommes en colère : c’est le juré n°10, bourré de préjugés.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Raoul Walsh, #Dolores del Rio
La Danse rouge (The red Dance - Raoul Walsh, 1928)

Ils s’aiment mais ne peuvent être réunis !

Elle, Tasia (Dolores Del Rio), a été promise au géant Ivan Petroff (Ivan Linow) contre un cheval. Lui, Eugene, doit épouser la douce Varvara (Dorothy Revier) sur ordre du Tsar. Parce que nous sommes dans la Russie tsariste, au milieu des années 1910s, alors que la guerre s’enlise à l’Ouest et que la grogne monte dans les campagnes.

Le véritable problème à leur relation (impossible, donc) c’est que lui est grand-duc alors qu’elle n’est qu’une moujik.

Mais la Révolution va rebattre les cartes et ce qui n’était pas possible le devient. Mais qui dit révolution, dit prise de pouvoir et le général Tanaroff (Andrés de Segurola) veut éliminer tous ceux qui se placent en travers de son chemin. Et Eugene est l’un d’eux…

 

Voilà une dizaine d’années que les Rouges ont pris le pouvoir en Russie et la période de la Révolution de 17 inspire toujours Hollywood. Cette fois-ci, c’est donc Raoul Walsh qui s’y attelle, dans une histoire d’amour très convenue à l’intrigue sans beaucoup de surprise. Par contre, la bonne surprise, ce sont les différents protagonistes et en particulier Ivan Linow. Walsh utilise à merveille sa stature (1), mais sans pour autant en faire un grand benêt. Petroff est un personnage plutôt repoussant de prime abord – surtout qu’il ne s’est pas rasé depuis un moment – mais qui évolue très bien : après avoir dessoûlé, il ne compte plus épouser Tasia, préférant rester un homme à femmes (2). Plus tard, il sera même l’instrument du destin qui scellera le destin des deux amoureux.

 

C’est d’ailleurs l’aboutissement de cet amour qui nous le rend vraiment sympathique : complètement remis de ses beuveries en prenant du galon (il devient général), il se rend compte véritablement du pouvoir (plus ou moins volontaire) de séduction de Tasia et c’est malgré tout à regret qu’il l’aide à partir avec celui qu’elle aime : peut-on rêver meilleure preuve d’amour que celle-ci ?

Quant à Dolores Del Rio, elle est, encore une fois, superbe, interprétant une jeune femme forte – il faut quand on est chez Walsh – et intelligente, dont la beauté n’a d’égal que l’engagement. Elle campe un Tasia fière et lucide, véritable chantre de la liberté après ces siècles d’oppression tsariste.

Et on peut aussi dire qu’elle incarne aussi le ressentiment américain quant à ce nouveau gouvernement communiste : elle ne peut suivre cette bande de menteurs et de meurtriers, incarnés par Tanaroff.

 

Alors face à ces deux personnages, Charles Farrell est beaucoup plus mièvre, incarnant un noble de haute lignée et de haute position : il ne fait pas beaucoup le poids face à la truculence de Petroff et l’engagement de Tasia ! Mais il demeure cet acteur subtil et délicat, et Eugene devient alors celui qui peut amener le calme et la sérénité à cette fougueuse danseuse.

Parce que Tasia danse, mais la « Danse rouge » du titre ne la concerne pas : il s’agit de la révolution russe à proprement parler, avec ses combats, sa violence, ses débordements. Walsh nous gratifie d’une longue séance de bataille de rue avec morts à répétition, charges de cavalerie et pillage, d’une grande portée.

 

Mais malgré tout cela, et aussi une grande maîtrise technique des deux chefs opérateurs – Charles Clarke et Jack Marta – le film reste tout de même mineur, certainement du fait de l’intrigue amoureuse trop présente, reléguant au second plan ce qui aurait pu devenir une grande épopée historique (3), la Révolution Russe.

Mais ne boudons pas notre plaisir : Walsh sait faire du cinéma, et c’est ce qui importe le plus !

 

 

  1. Deux ans plus tard, il sera Hercule dans le remake de The unholy Three : encore un colosse.
  2. Par contre, Eugene épouse la princesse Varvara…
  3. Hollywoodienne, donc avec des approximations, bien entendu…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Wesley Ruggles, #Clara Bow
Quand on a vingt Ans (The plastic Age - Wesley Ruggles, 1925)

Irrésistible !

Pour le spectateur, comme pour Hugh Carver (Donald Keith), Cynthia Day (Clara « It » Bow) est absolument irrésistible.

 

Hugh vient d’arriver à l’université de Prescott où il est attendu impatiemment par le professeur de sport (David Butler) : Hugh est un formidable athlète comme le prouvent ses résultats de l’année passée. Seulement, loin de papa (Henry B. Walthall) et maman (Mary Alden), les tentations sont fortes et surtout sans véritable frein. Et encore plus quand elles s’appellent Cynthia Day !

Alors Hugh commence à sortir, fumer, boire… Et ne plus étudier !

Vertement tancé par son père, et quitté par Cynthia, il ne reste plus qu’à travailler et s’entraîner.

 

Certes, ce n’est pas un grand film que celui-ci mais il a l’avantage d’avoir Clara Bow dans sa distribution (son quinzième film de 1925, décidément son année !). Parce que du côté de l’intrigue, c’est tout de même un peu léger : elle est complètement prévisible du début à la fin (heureuse, évidemment). Non, l’intérêt est ailleurs, dans une tentative de description d’une certaine jeunesse américaine : celle qui a les moyens d’étudier (enfin surtout celle dont les parents les ont pour l’envoyer là-bas). Et parlons-en des études : la seule fois où  nous voyons Hugh se concentrer sur son travail, ça ne dure pas une minute, puisqu’il ne pense qu’à Cynthia. Pour le reste, on ne voit qu’un seul professeur (voir plus haut), difficile donc de deviner ce que Hugh est venu étudier.

 

Par contre, on comprend vite que la seule chose qui compte, ce sont les résultats sportifs et si Hugh est tancé, c’est avant tout parce que ses résultats à la course (sa spécialité) sont catastrophiques : il arrive bon dernier !

Mais nous savons tout des à-côtés des étudiant : l’organisation en confréries avec bizutage (soft, rassurez-vous) obligatoire ; les différents statuts – Freshman (1ère année), Sophomore (2ème année), Junior et enfin Senior (3ème et 4ème années) ; les sorties dansantes plus ou moins arrosées ; et les compétitions sportives (la course et le derby contre l’école voisine de Tremont). Pour les matières enseignées, rien n’est absolument prévu : personne ne rentre jamais dans une salle de classe !

 

Si le film semble nous montrer ce qu’est la vie d’étudiant, il est tout de même rattrapé par l’actualité des spectateurs : alors que Hugh et Cynthia vont danser pour la dernière fois (elle va le quitter juste après), la police décide d’effectuer une descente dans le dancing. Eh oui, c’est toujours la Prohibition et on aura droit alors à une bouteille de gnôle suspecte (la gnôle, pas la bouteille) qu’une cuisinière noire va rapidement escamoter sous ses habits et un passage secret réservé au personnel que va emprunter le couple pour se tirer de ce mauvais pas.

 

Ce film est aussi l’occasion de découvrir un jeune figurant (trois ou quatre fois) de vingt-quatre ans parmi les athlètes : Clark Gable.

Mais pour ce qui est des films universitaires, on préférera tout de même l’université où officie le professeur Kelp (1)…

 

  1. The nutty Professor (1963)

 

Clark Gable & Gilbert Roland

Clark Gable & Gilbert Roland

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Oliver Hermanus
Vivre (Living - Oliver Hermanus, 2022)

Que cela soit clair tout de suite : non, je n’ai pas vu le film de Kurosawa (Ikiru, 1952) (1) dont est tiré ce remake magnifique d’Oliver Hermanus. Bien entendu, je n’ai qu’une envie maintenant : le voir ! Mais ceci sera une autre histoire.

 

[Attention, des éléments de résolution de l’intrigue se sont glissés dans ce qui suit…]

 

Londres, juillet 1953.

Pendant que d’aucuns préparent leur vacances (à Bournemouth, par exemple), Mr. Williams (Bill Nighy) se rend chez son docteur.

Monsieur Williams est un fonctionnaire de la mairie qui dirige un service dont la principale activité semble être de faire durer les projets, les écartant résolument afin de s’en occuper plus tard. Comme le dit Miss Harris (Aimee Lou Wood), plus la pile de dossiers sur votre bureau est importante et plus vous êtes un fonctionnaire productif.

Mais cette visite chez le docteur est différente des autres : le résultat des analyses est sans conteste, Mr. Williams est atteint d’un cancer en phase terminale. Il en lui reste que six mois à vivre. Huit ou neuf tout au plus.

Alors Mr. Williams va changer…

 

Et quel changement: c’est là tout le sel du film, qui voit cet être somme toute insignifiant donner un véritable sens à sa vie. C’est toujours pareil, me direz-vous, quand on sent sa fin proche, on a envie d’employer au mieux ces derniers instants. Encore que… La tentation d’en profiter une dernière fois est là, bien sûr, avec cette séquence qui le voit (à son tour) à Bournemouth, lieu de villégiature de la classe moyenne anglaise (entre autres) dans ce début des années 1950. Mais cette envie de s’amuser (2) va tourner court : tout d’abord, Williams a passé l’âge de ce genre de choses, mais aussi son interprétation de The rowan Tree dans un pub/cabaret le renvoie à son passé, avec sa femme qu’il a perdue si jeune. On sent poindre tout son désespoir quand il interrompt sa chanson : oubli des paroles ? Impossibilité de la mener au bout ? La fin du film répondra à cette question.

Si cette expérience est plutôt malheureuse, elle n’en demeure pas le déclencheur du véritable changement de vie que va opérer Williams : ça commence par un chapeau qui détone par rapport à celui qu’il portait auparavant (un melon, cela va de soi), puis c’est au tour de son travail qu’il va abandonner le temps de se reprendre, comme une courte dépression qui l’empêche de fouler à nouveau l’espace de son bureau. Mais une fois que sa résolution est prise, il va se décider : vivre pleinement ce qu’il connaît le plus, son travail.

 

Hermanus, dès la séquence d’introduction – un film d’archives (en couleur) un tantinet dépoussiéré de cette époque où la guerre est encore un souvenir fort – nous met dans le bain. Le format choisi pour ce film (1.48 : 1) n’est d’ailleurs pas anodin, il rappelle ceux de la période évoquée, bien loin des résolutions extra larges qui constituent la majorité des films actuels. Et la reconstitution qui va avec est de toute beauté. On suit avec délectation les pérégrinations de ce jeune employé de la mairie de Londres, Wakeling (Alex Sharp) qui débarque dans ce service en pleine mutation (3) : il voit le fonctionnement avant le changement de Williams et une fois ce dernier parti.

Parce que l’une des forces de la narration de Hermanus, c’est de ne pas avoir terminé son film sur la mort – annoncée, donc – de son personnage principal : après sa mort, son influence – toute relative selon ses propres mots – se fait toujours sentir dans ce qu’il a fait pour remplir sa vie (ou tout du moins ses derniers six mois).

 

Et Hermanus illustre très bien le principe qui voit sa vie décliner alors que son engagement se renforce, comme s’il ne dépendait plus que de cet ultime projet pour exister. Mais cette idée de rattraper le temps perdu – vieille chimère qui nous prend tous à un moment ou à un autre – se produit à la suite d’une double rupture : le changement d’attitude de Williams et surtout sa mort brutale – dans sa présentation – après avoir décidé d’agir.

Mais cette brusquerie – sa disparition semble nous empêcher de voir ce qu’il a fait une fois au parti – se fait malgré tout en douceur, le temps d’un travelling avant qui se termine sur la photo de Williams, celle qui est posée sur son cercueil. Cette photo est superbement amenée parce que même si on sait que c’est Williams qui repose devant nous, il nous faudra attendre les dernières secondes pour en être sûr : la netteté s’affinant à mesure que nous approchons, jusqu’au couperet que représente cette photo sans plus aucune contestation : Williams est mort.

Et c’est au moment où nous avons donc la preuve qu’il est mort qu’il devient vivant et que le titre du film prend toute sa dimension.

 

Bien sûr, le film de Hermanus repose aussi sur une interprétation irréprochable, Bill Nighy en tête. Il est un Williams magnifique, véritable produit de l’establishment britannique, flegmatique à souhait, mais dont la prise de conscience de sa fin proche va réveiller son instinct de survie. Et cet instinct va surtout se retrouver dans son visage qui, s’il reste (la plupart du temps) impassible n’en est pas moins remplie de cette vie qui lui aurait fait défaut tout ce temps. De plus, sa voix feutrée, à peine plus élevée qu’un murmure fait toute sa force (4) : son autorité et sa réserve, tout comme sa détermination.

Bien sûr, ceux qui l’accompagnent dans ce film – Aimee Lou Wood, Alex Sharp, Adrian Rawlins (Middleton), pour ne citer qu’eux – se hissent au même niveau d’excellence, faisant de ce film un remake qui, je pense, n’a rien à envier à son original.

 

[Il y a un parallèle troublant entre le personnage de Wakeling et celui de Joe Lampton (5), à propos de l’attitude de ce dernier dans le roman : le surnom que Miss Harris donne à Williams n’y est pas étranger. On notera aussi dans cette même idée le vœu que Middleton exprime après la mort de son chef de service : une fois sa place prise, il n’en sera plus rien, et tout rentrera dans l’ordre, ou plutôt le train-train quotidien de ce service. Et même Wakeling s’y résoudra.]

 

  1. C'est fait ! (4-4-2024)
  2. Est-ce que profiter de la vie c’est s’amuser ? Cela semble être en partie la façon de penser du jeune homme qui l’accompagne (Tom Burke).
  3. Encore que…
  4. D’où l’intérêt de voir le film en VO !
  5. Les Chemins de la Haute Ville (Room at the Top – John Braine, 1957)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #King Vidor, #Marion Davies
Une Gamine charmante (The Patsy - King Vidor, 1928)

Bienvenue chez les Harrington : le père (Dell Henderson), la mère (Marie Dressler), Grace (Jane Winton) la fille aînée, et Patricia (Marion Davies) la fille puînée. Bien qu’elle semble être une famille américaine typique, on peut noter toutefois quelques dysfonctionnements : le chef de famille est une cheffe ; et la fille puînée est constamment dévalorisée par rapport à sa grande sœur, par cette même cheffe. En clair, c’est sur elle que tout retombe toujours (1).

Tony Anderson (Orville Caldwell) est le petit ami de Grace et visite souvent la maison Harrington. Hélas pour elle, Patricia est très amoureuse de ce même Tony, au grand dam de Ma Harrington.

Voici que débarque le séduisant (homme à femmes) Billy Caldwell (Lawrence Gray) : Grace va évidemment tomber sous son charme et laisser alors la place à sa sœur. Mais Tony remarque à peine Patricia. Toutefois, il veut bien l’aider à conquérir l’homme qu’elle aime (lui, donc). Elle doit changer de personnalité.

C’est ce qu’elle va faire… Et elle ne sera pas la seule !

 

Je ne le répéterai jamais assez : on a sous-estimé le talent de Marion Davies ! Encore une fois, dirigé par un poids lourd du cinéma (sa première véritable collaboration avec le formidable King Vidor), elle nous montre toute l’étendue de son talent comique ce qui n’est pas peu dire : il est toujours plus facile de faire pleurer que de faire rire, et Marion Davies savait faire les deux choses. Elle est donc éblouissante d’un bout à l’autre du film, se payant la tête au passage de quelques actrices et non des moindres : Mae Murray, Pola Negri et Lillian Gish ! Cette séquence est d’ailleurs irrésistible : elle va se grimer sommairement pour leur ressembler afin d’attirer l’attention de Caldwell. Irrésistible (encore une fois !).

 

Mais n’oublions pas que si une actrice principale est très bonne, c’est avant tout parce qu’elle est bien entourée. Et c’est bel et bien le cas ici. Outre Dell Henderson qui est un père aimant lui aussi assez irrésistible, il faut souligner (de nombreux traits) la performance de Marie Dressler. Elle est absolument épatante dans ce rôle de femme forte (et forte femme), rabrouant sans cesse sa petite fille, livrant une joute comique formidable. Et dire qu’elle avait failli en finir avec le cinéma – et la vie en même temps ! On peut rendre un bel hommage à Allan Dwan qui lui a proposé ce rôle pour Vidor : non seulement elle est repartie de plus belle dans la carrière, mais en plus, elle nous livre ici une prestation de haute volée, formant un duo phénoménal avec Marion Davies.

 

De plus, Vidor dirige avec beaucoup de brio cette comédie très enlevée, au rythme débridé grâce au superbe travail de montage de Hugh Wynn, (son monteur attitré jusqu’à The Champ en 1931), malheureusement disparu trop tôt (2).

Certes, le film est centré sur Davies – normal, elle produit, ainsi que son bon ami Hearst – mais force est de constater qu’elle réussit – encore une fois – à faire passer de nombreuses émotions et si on devine dès la séquence d’ouverture la résolution de l’intrigue, c’est encore une fois le talent de Marion Davies qui nous transporte constamment, nous faisant presque douter de l’issue heureuse inévitable.

 

Bref, une de ces comédies de transitions à la suite du burlesque et avant le parlant (Le Chanteur de Jazz est sorti depuis 5 mois déjà) qu’il faut absolument (re)découvrir : 88 minutes de bonheur et une Marion Davies incroyable.

Et cette comédie illustre bien le fait que si vous voulez que les gens changent, il vous faut d’abord changer vous-même !

 

  1. The Patsy peut se traduire par « le bouc émissaire ».
  2. En 1936, il n’avait que 38 ans.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Luc Bricault, #Ida Techer
Chœur de Rockers (Luc Bricault & Ida Techer, 2022)

Connaissez-vous les Salt’n’Pepper ? Non ? C’et un chœur de personnages âgées (1) qui reprend des standards du rock’n’roll. Ils ont même fait un disque !

A l’origine, il y a la mairie de Dunkerque qui voulait créer du lien avec ses seniors. Et puis comme le répertoire attendu ne convenait pas vraiment aux choristes, ça a commencé à déraper. Surtout avec l’arrivée d’Alex (Mathilde Seigner), une chanteuse de « rades », faute d’avoir Bercy, et qui vivote avec deux enfants en alternance : la galère quoi. Mais comme elle le dit à sa fille : « la galère est un lourd bateau qui avance à la rame, et pour le faire avancer, il faut être très forte. »

Bien entendu, cette histoire de rock n’est pas très bien vue par l’organisateur (Guillaume Marquet), qui voyait plutôt un événement de type atemporel et festif.

Et c’est là qu’il se trompe lourdement : le rock est devenu atemporel (depuis plus de 60 ans, il a toujours le vent en poupe), et pour ce qui est de l’aspect festif, je ne sais pas ce qu’il lui faut !

 

NB : Ce qui suit révèle quelques éléments de résolution de l’intrigue. Lisez à vos risques et périls…

 

Chœur de Rockers, c’est un film qui fait du bien, véritable comédie douce amère – les personnes âgées ont une espérance de vie plus réduite que les enfants – et comme l’oublient parfois ceux qui nous dirigent et veulent nous faire travailler plus longtemps : être en bonne santé quand on est vieux est une gageure, et surtout une illusion.

Quoi qu’il en soit, nos petits vieux (2) sont fringants, bon pied (pas tous) et bon œil, et surtout une pèche digne de celle du grand Mick (3). C’est un plaisir de les écouter reprendre des standards du rock avec leur propre façon de faire, absolument débrider.

Et au-delà de la prouesse, c’est aussi un bel hommage à ce genre musical plus riche que ne pourraient le penser certains « classiques » (4).

 

Et ce film est malgré tout une réussite, parce qu’il fait du bien (sauf à ceux dont je viens de parler) : on en sort avec le sourire et bien sûr cette indispensable larme au coin de l’œil, chère à Chaplin (5). Parce que cette aventure est avant tout une leçon d’humanité : un groupe de laissés de côté – les vieux, comme ils disent – qui se prennent en main et se font plaisir et nous font, par conséquent, plaisir.

On s’amuse de leur progression (lente au début, ne nous en cachons pas), on apprécie le concert pas exactement comme prévu, et surtout, on vibre avec les différentes émotions véhiculées. Mais à chaque fois, il y a cette musique inévitable et surtout indispensable qui rythme ces vies qui s’enfuient.

 

Et tout est abordé : la vie, l’amour, la maladie et bien sûr la mort. Et tout ça avec de fines touches très subtiles. Le cancer de l’une, les, déboires sentimentaux de l’autre, la libido, et aussi la mort inévitable et qui fauche celle qui donnait une certaine âme à ce chœur.

Ses obsèques sont un très beau moment d’émotion, et surtout une superbe illustration de la chanson Space Oddity (Bowie). Parce que la chanson raconte le départ en voyage intersidéral du fameux Major Tom : et d’une certaine façon, c’est aussi son propre voyage intersidéral que ses amis sont venus célébrer. Space Oddity, comme les autres chansons retenues, est une très belle illustration des différentes péripéties du film. Même l’interprétation de Dalida par Nicole (Myriam Boyer) et Noël (Patrick Rocca) est justifiée ! Ce n’est pas du rock, certes, mais tout de même… Vous comprendrez alors pourquoi on va trouver quelques incontournables : Ca (c’est vraiment toi), Should I stay or should I go

Sans oublier le final qui résume bien l'état d'esprit de ces chanteurs animés par cette musique.

 

De plus, la distribution s’accorde tout à fait avec le reste, et Mathilde Seigner nous montre qu’elle sait aussi être sobre dans son jeu ce qui n’est pas pour déplaire.

On appréciera aussi Andréa Ferréol qui contribue beaucoup au débridage de ce chœur, ainsi que Bernard Le Coq, et aussi le duo qui chante Dalida, tout en subtilité et humanité.

 

Bref, une comédie qui fait du bien, et en ce moment, on en a besoin !

 

PS : Avec en prime un clin d’œil à Johnny Cash…

 

  1. Ou des seniors. Des petits vieux, quoi…
  2. J’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop de les appeler ainsi…
  3. Jagger, eh !
  4. J’en ai rencontrés : ces musiciens pour qui la musique s’est arrêtée avec Ravel ou Stravinsky, et qui dégainent leur violon dès qu’on leur parlent guitare électrique !
  5. The Kid (1919)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Fred Guiol, #Laurel & Hardy
Maison à louer (Duck Soup - Fred Guiol, 1927)

Ca y est !

Laurel et Hardy sont véritablement réunis ! Rappelez-vous, dans Lucky Dog, c’était surtout Laurel la vedette et dans Scandale à Hollywood, non seulement c’était au tour de Hardy, mais en plus, ils n’avaient aucun plan en commun.

Et pour la première fois, ils partagent le haut de l’affiche.

Mais ce n’est pas encore le duo que nous connaissons tous, même si les choses se précisent.

 

Les deux compères, à l’instar du Vagabond de Chaplin, sont deux clochards assis sur un banc. Il se trouve que les rangers qui patrouillent et surveillent les forêts et le cas échéant éteignent les incendies sont à la recherche de main-d’œuvre : ils enrôlent – de force, cela va de soi, les SDF qui sont, par essence un tantinet inoccupés.

Bien entendu, nos deux acolytes ne se sentent pas vraiment d’aller manier le tuyau. Ils se réfugient dans une maison désertée par ses occupants. Un couple vient visiter cette même maison pour la louer. Nos deux comparses vont alors essayer d’en profiter. Et alors, le véritable propriétaire arrive…

 

Longtemps considéré comme perdu, ce petit film a été retrouvé en 1974, et cela aurait été fort dommage de ne pas profiter de cette véritable ébauche d’un duo qui allait perdurer presque vingt ans. Certes, les personnages ne sont pas encore bien définis, même si deux fonctions se dessinent :

  • d’un côté un Oliver Hardy faussement sophistiqué (il porte chapeau haut-de-forme et monocle, attributs qu’il perdra rapidement), chef de ce duo singulier, essayant de jouer – sans véritable résultat, heureusement pour nous – les hommes d’importance, alors que ses différents efforts vont se retourner contre lui ;
  • de l’autre, un Stanley Laurel plus enfantin, plus léger et déjà sujet à la pleurnicherie. De plus sa finesse physique – à l’opposé de l’aspect massif et brutal de son compère – lui permet déjà de se métamorphoser en femme.

 

Bref, tous les ingrédients sont presque là pour que le duo évolue vers ce que nous connaissons. Mais on sent tout de même l’influence de Chaplin dans l’accoutrement de ces deux personnages (tout comme Harold Lloyd et son Luke de ses débuts), ainsi que, bien entendu, celle de Mack Sennett : nous sommes de plain (et plein) pied dans le burlesque, voire parfois dans le grand n’importe quoi, avec moult chutes et coups de pieds au derrière… Sans oublier une poursuite à vélo qui amène nos deux héros à la maison susmentionnée.

 

Le duo se met en place, et bientôt, il va déferler sur les écrans, pour notre plus grand bonheur.

Patience !

 

[NB : le titre original, outre une soupe au canard, désigne – en argot – quelque chose de facile à faire. Pas tant que ça, dirait-on…]

 

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